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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 16:19

Pendant la dernière campagne présidentielle, le candidat ‪#‎Béji_Caïd_Essibssi‬ a ouvert un compte ‪#‎twitter‬ pour interagir avec les électeurs...

Sentant qu'il risquait de jouer la carte du rapprochement avec le gourou nadhaoui, je lui ai raconté plusieurs versions d'une fable de la Fontaine dont je pensais qu'il la connaissait bien aussi...

C'était celle du crapaud qui se laisse embobiner par le scorpion et lui fait traverser la mare sur son dos, ayant cru en ses promesses susurrées hypocritement et à son serment solennel de ne pas le piquer... il lui disait sournoisement "mais si je te pique mon ami, je me noierai avec toi, je ne suis pas bête à ce point-là, voyons "

Sauf que monsieur le scorpion, ayant profité de l'embarcadère-dos de monsieur le crédule crapaud, arrivé à proximité de la berge, piqua le nigaud de sa queue venimeuse et sauta sur le bord, en disant au crapaud mourant "excuse moi mon ami, je suis né pour piquer à mort...c'est dans ma nature...

‪#‎Apparemment‬, le-candidat-Bejbouj, qui n'a répondu à aucun de mes‪#‎tweets‬, ne connaissait pas c'est cette fable...

‪#‎Plus_probablement‬, c'est l'admin de son compte qui m'a pris pour un fou racontant des histoires à dormir debout et qui n'a pas jugé indiqué d'embêter le ‪#‎candidat_Bejbouj‬ avec "ces bêtises..."

Le résultat est le même..

Le vieux crapaud est piqué, il a la peau dure, c'est peut-être ce qui va l'empêcher de ‪#‎mourir_empoisonné‬...

Mais le poison va au moins l'affaiblir...et il finira bientôt par se noyer...

Je ne sais pas si le scorpion va quand même sauver sa peau.

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 09:00

L’angoisse de celui qui se demande s’il a bien fait d’avoir des enfants qui vont vivre dans ce monde:

Le politicien qui vend son pays, et le peuple avec, pour pas cher, juste pour un fauteuil…

Le syndicaliste qui, juste pour mieux se faire élire, détruit l’économie, sans état d’âme, aucun…

L’employé syndiqué qui ne fout rien, ou pas grand-chose, veut être augmenté, et qui, protégé, menace son patron et sabote l’institution qui nourrit ses enfants…

L’enseignant, parfois ignare, qui multiplie les grèves, prend ses élèves en otages pour une promotion systématique imméritée…

Le gourou religieux, souvent pseudo, qui se prend pour dieu, mais aussi pour un chef de guerre et chef de tous, guide aveugle pour guides perdus, guide autoproclamé pour des gens qui ne lui ont rien demandé…

Le chef, le big boss, ou le grand manitou, trop lâche pour sévir, qui ferme les yeux sur les manquements et les dépassements criminels et surtout sur leurs auteurs et leurs protecteurs…

Les chefs d’Etats, qui se font des guéguerres interminables, entre-tuant leurs peuples, au nom d’un dieu qui est le même, mais qu’ils invoquent différemment pour mieux le masquer derrière l’Or, jaune, blanc ou noir, selon la raison, voire selon la saison…

Et l’‪#‎Homme‬ dans tout cela, qui perd tous les jours un peu plus, son humus d’humanité et se réveille parfois, juste pour se redemander si, après tout, il ne vaut pas mieux achever de se robotiser et accélérer la génération d’enfants déshumanisés, davantage robotisés, pour mieux s’intégrer dans ce monde souffrant de mort du sentiment, de déliquescence de la raison, d’exaspération des passions et de dégénérescence incurable de l’être, qui était censé être d'essence .... ‪#‎humaine‬

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 22:00

Il y a quelques dizaines d’années un super gouverneur de Bourguiba avait fait un voyage en Espagne…et au lieu de se contenter d’y construire un château et de s’y installer, il est rentré dare-dare à Nabeul pour y copier ‘’une Riviera espagnole’’ avec une route de corniche qui longerait la mer, de Hammamet à Kélibia avec des centaines d’hôtels tout le long…

Le hic c’est que plusieurs hôtels avaient déjà été érigés pratiquement ‘’les pieds dans l’eau‘’ et que cette route de corniche ardemment souhaitée, mais trop tard, n’avait plus de place pour passer entre ces hôtels et la mer…

Je ne sais pas, s’il avait eu la possibilité de le faire, #Amor_Chéchia n’aurait pas décidé de démolir les hôtels pour les reconstruire …derrière sa fameuse corniche…

Amor est mort… Paix à son âme, mais sa corniche a longtemps continué à hanter les rêves éveillés de plusieurs édiles municipaux, surtout à Nabeul…et pendant des dizaines d’années des maires successifs ont tenu à en ressortir le dossier et à le triturer dans tous les sens et le torturer assidûment pour qu’il se plie à leurs désirs hérités et qu’il consente à concevoir une corniche de plusieurs kilomètres, le long de la mer, quitte à démolir tout ce qui se trouverait sur son tracé, (quelques hôtels dont le Prince et une partie des Pyramides, les maisons de la plage traditionnelle, la Rotonde, Dar-Jemour et une partie du Nabeul Plage…l’Auberge de la jeunesse etc…)

Chaque fois les riverains s’opposaient à la réalisation obsessionnelle de ce cauchemar... et le dossier disparaissait pour un temps, plus ou moins long…

Entre-temps, la portion congrue de la corniche a été démolie par la fureur des vagues, et reconstruite à deux reprises, en massacrant chaque fois davantage la plage qui la bordait et qui n’existe même plus aujourd’hui, par de nombreux endroits…pour la simple raison que, conçue au départ, comme construction légère, sans fondations profondes, la balustrade de séparation a, chaque fois, été alourdie par des fondations de plus en plus profondes et bétonnées...

Entre-temps, le lit du oued de Dar Chaabane a été bétonné, puis des masses rocheuses ont été déposées près du ‘’Magic-Life’’pour empêcher la mer d’avancer …et la mer s’est vengée aussitôt en agressant la plage du Riadh ; et en la tuant jusques-aux pieds du Club des Trières qui n'a plus du tout de sable, pour hisser dessus ses voiliers, sur cette plage magnifique qui s'étalait jadis sur des dizaines de mètres, plage aujourd'hui largement gommée, avalée par les eaux…

Entre-temps, la portion congrue de la corniche dont les architectes et les ‘’bâtisseurs’’ ont doublement détruit la plage en s’obstinant à vouloir lutter contre la force de la nature, en renforçant chaque fois les fondations en béton ; et en semant des tonnes de gravats et autres déchets à même le sable, côté mer…

Entre-temps la misérable corniche est devenue, coté route, encore plus misérable et plus exécrable, à force de huiles de fritures, de saloperies diverses, déversées à même la route et sur le trottoir envahi par les motos et les voitures, les kiosques sauvages et les vendeurs à la sauvette qui ne se sauvent pas du tout ; et qui polluent à tout va, …pollution polymorphe, acoustique, organique, visuelle, j’en passe et (non) des meilleures…

Quand ? Mais quand donc, les pseudo-bâtisseurs, chasseurs de contrats foireux, comprendront-ils qu’il faut arrêter de vouloir faire semblant d’arrêter la mer en lui opposant du béton …quand comprendra-t-on qu’on ne peut vaincre la nature qu’à une seule condition…non pas en l’affrontant ‘’’de front’’, (excusez la redondance), mais comme en judo, en en suivant le mouvement et en l’accompagnant pour le contrôler harmonieusement…

Les pseudo-bâtisseurs, ‘’baliseurs’’ de la mer ont échoué partout à prétendre l’arrêter par blocs de béton et masses rocheuses, de La Goulette à Hammam-Lif, en passant par Le kram, Ezzahra, Radés…tout ce qu’ils ont réussi à faire… c’est assassiner les plages, jadis magnifiques…

Il faut, pendant qu’il est encore temps,

• Renoncer définitivement à vouloir contenir la mer, par une ridicule barrière de béton chapeautée par une balustrade, et se contenter d’une simple route asphaltée sans trottoirs et sans autre protection telle que cette hideuse construction en béton qu’on s’obstine à reconstruire et à rafistoler,… permettons à la mer de déborder sur cette route quitte à la réparer partiellement et chaque année, (en chaque début d’été) cette route au cas où elle serait rongée par endroits chaque hiver …la mer, comme elle l’a toujours fait avant, se contentera d’avancer de quelques mètres, qu’elle nous rétrocédera chaque début d’été, sous forme de plage régénérée.

• La régénération de notre plage est à ce prix ; sinon, d’ici quelques années, non seulement, il n’y aura plus de plage sablonneuse, mais plus du tout de barrière de béton et plus de route non plus, devant la Rotonde et le Nabeul Plage qui seront en partie submergés…alors qu’à cet emplacement, il y avait une plage large d’une quinzaine de mètres de sable fin, jusques aux années 60/70…

• Le Nabeul-Plage avec ses constructions en hauteur a été une erreur monumentale…

• Quand on fait barrage au vent de font de mer (par des constructions trop hautes), le vent et la mer s’unissent et se vengent…la mer avance et le vent emporte le sable…

• C’est pour cela qu’il ne faut pas, ou plus, accorder de permis de bâtir pour des constructions plus hautes que les arbres, (un seul niveau) ; et le plus bas possible….à moins d’une centaine de mètres, au moins, de la mer…

• Ce n’est pas un hasard, que là où il y a les maisons basses de la plage traditionnelles, la mer avance et recule cycliquement, sans gommer définitivement la plage ; et ne détruit les constructions que si elles sont trop hautes…

• Ce n’est pas un hasard non plus, que les hôtels qui ont construit trop en hauteur et/ou trop près de la mer, ainsi que les organismes commerciaux qui ont voulu bloquer la mer par des masses rocheuses, n’ont plus d’autre plage… que celle, en voie de disparition, rognée qu’elle est par la mer et le vent invincibles, chaque année un peu plus, chaque hiver un peu plus mortellement…

Nabeul, Tunisie, Septembre 2015.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 18:12

Bonjour,

Répondant favorablement à la demande de certains de mes amis qui sont à l’étranger, ou ayant manqué le rendez-vous pour diverses raisons, ou encore celles ou ceux qui n’ont pu rester jusqu’à la fin, je publie ci-après le texte, revu et complété, de mon intervention du 20 août 2015 à l’espace de Sidi-Slimène à Nabeul…

En avant-propos de mon intervention proprement dite (faite le jeudi 20 août, en dialecte tunisien) et dont je vous propose ici la retraduction à partir de mon texte arabe, j’ai tenu à rappeler à l’assistance de haute qualité, que mon âge et mes capacités affaiblies de focalisation sur le fil de mon discours et sur l’enchaînement des idées y développées, m’obligent à toujours avoir un œil collé à mes papiers ; et je m’en suis excusé, en promettant de tacher de ne pas en abuser…

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Bienvenue à tous…

Je vous remercie de votre présence, comme je remercie chaleureusement les organisateurs de cette rencontre, qui m’ont fait l’honneur de m’en confier l’animation…

Petite introduction…On m’a demandé de vous faire une conférence, en me laissant le choix embarrassant du thème, pourvu que l’on parle de Nabeul et des Nabeuliens, comme j’en ai un peu parlé sur ‘’facebook’’, ce qui a eu l’heur de plaire aux ‘’facebookiens’’ nabeuliens …

Après réflexion, il a été convenu que je ne ferai pas de ‘’conférence’’ au sens strict du terme, bien que j’aie là un texte qui vous sera distribué à la fin, et qui pourrait faire l’objet d’une grande conférence historique se basant partiellement sur mes souvenirs de jeune témoin oculaire de l’époque, et surtout sur une publication scientifique signée par un historien tunisien connu, en la personne du Professeur #Karray_Ksantini de la faculté des lettres de la Manouba sur certains aspects méconnus des événements du cap-bon, en 1952, période durant laquelle Hmeida Haouet mon père était Kéhia et Caïd par intérim à Nabeul…

Ce que j’ai décidé de faire se rapprocherait plutôt, de l’histoire d’un #fdaoui, ce personnage qui parcourait les villages et les campagnes pour y raconter des historiettes se rapportant à des personnages réels ou mythiques, ou encore de l’un des contes de #Abdelaziz_Laroui ayant chaque fois un point d’orgue particulier ‘’mhal chahed’’ …sans prétendre du tout, pouvoir égaler les dons fabuleux de conteur de feu #Laroui (dont j’essaierai cependant d’imiter le débit posé, relativement lent, traduit par les nombreux points de suspension… dans ce texte transcrit à partir du dialecte tunisien, ….)

Ce faisant, je tâcherais toutefois de ne pas quitter la trame historique bien réelle…

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Parmi les personnages dont je vais parler essentiellement figure bien sûr mon père, que certains parmi les moins jeunes d’entre vous ont connu, mais ce sera toujours en relation avec d’autres figures dont certaines ne vous seront pas du tout connues, mais aussi, en relation avec des Nabeuliens plus connus, comme Mohamed Saad, Ahmed Maamouri, Abdelkader Abdelmoula, Taieb et Hédi Bayoudh, Abdesselem Dimassi et d’autres encore…dont (à titre d’exemple) notre chef de file d’aujourd’hui, la véritable encyclopédie de la mémoire collective nabeulienne : Si #Abdelhak_ Lassoued que je salue en le remerciant de sa présence, tout en saluant celui qui me semble marcher résolument sur ses pas et se transformer, lui aussi de jour en jour, en petite encyclopédie nabeulienne, j’ai cité notre fils et frère si #Mohamed_Rached_Khayati que je félicite…

Mais d’abord, permettez-moi de faire un bref rappel du contexte historique dans lequel mon ‘’conte historique nabeulien’’ se déroule…

Nous étions encore en plein, le sous protectorat français… ; et le pays était sous un gouvernement bicéphale, avec d’un côté l’administration autochtone du Bey, ses Ministres, Caïds, Khlifas et Cheikhs, gouvernement en principe autonome, … et de l’autre côté le véritable pouvoir français qui, de simple protectorat, avait glissé vers une véritable occupation coloniale, avec les pleins pouvoirs sur l’action du Bey et de son administration qui étaient contrôlées, au centre (Tunis), par le Résident Général de France en Tunisie ; et à la périphérie (régions), par le ‘’contrôleur civil français’’ qui avait sous ses ordres directs la police et la gendarmerie françaises en temps ‘’normal’’, mais aussi l’armée française, (en coordination avec ses hauts-gradés), durant les émeutes et autres troubles de la vie sociale en pays colonisé…contrôleur qui s’efforçait constamment de mettre la main sur toutes les affaires du Caïdat (et de les contrôler de près)…

C’est dans ces circonstances, qu’après quelques années passées à Tunis, la famille #Hmeida_Haouet s’installa à ‘’Bab Salah’’ dans une maison à étage appartenant à la famille Mansour et rachetée depuis quelques temps par un commerçant en meubles…

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Les premières dispositions prises par si Hmeida révèlent déjà ses attitudes patriotiques et ses penchants pour ce que j’appellerais ‘’le militantisme nabeulien’’, politique, populaire et sportif :

  • Alors que l’Organisation des Scouts Tunisiens était à peine tolérée par le protectorat qui lui imposait plusieurs restrictions, le nouveau Khlifa y inscrivit ses enfants et proches en âge d’y être admis…mon frère #Bédye_Ezzamane âgé de 11 ans, moi-même #Mohamed_Taoufik, âgé de 8 ans et aussi mon jeune oncle #Badreddine_El_Kamel (14 ans) fûmes présentés à #Mohamed_Sfaxi, et confiés à #Habib_El_Abed et #Abdelhak_Lassoued, tous chefs-scouts, de différents grades ; et nous commençâmes à prendre part aux activités scouts, y compris les défilés en ville et les chants patriotiques pourtant interdits…trois années à peine plus tard, ma petite sœur #Lilia_Faouzia fit son entrée dans le groupe scout des filles avec comme cheftaine principale, la grande militante #Essia_Ghalleb …
  • Au plan populaire, et comme la plupart des enfants nabeuliens des couches moyennes, Bédye et moi avons été intégrés, dès nos premiers mois nabeuliens, à un atelier de menuiserie, en l’occurrence celui de feu #Lamine_Ben_Hammamia, alors artisan parmi les meilleurs dont nous devînmes les apprentis attentifs, parmi de nombreux autres … …
  • De même qu’à nôtre premier été nabeulien, mon père nous confia tous à Monsieur #Eugène_Graph pour la pratique de la natation sportive au sein du Stade Nabeulien qui englobait alors la jeunesse nabeulienne dans toutes ses composantes, tunisienne musulmane et juive, ainsi qu’étrangère, avec des enfants de policiers français et de jeunes italiens …

Venons-en maintenant à l’un des personnages dont peu d’entre vous ont entendu parler, il s’agit d’un #fellagh de Ouerdanine (sahel) qui était alors déporté à Nabeul, où curieusement, plusieurs autres figures nationales étaient déportées, comme le grand militant feu #Hédi_Chaker..…ou encore #Hamadi_Bettaieb, un instituteur destourien tunisois, qui comme notre Ouerdani finira par épouser une nabeulienne…

Ce #Ouerdani, condamné donc à la déportation était astreint, matins et après-midi, y compris les dimanches et jours fériés, à venir signer un registre de police et ne pouvait par conséquent trouver de travail régulier pour nourrir sa famille ;… il s’était marié à une jeune nabeulienne fort belle, une certaine #Fadhila d’une famille très pauvre, dont le père venait de mourir, enseveli sous les décombres de ghar-ettfall, du temps où les Nabeuliens voyaient un défilé interminable de charrettes ramenant de l’argile vers les poteries de la ville ; …

Ghar-ettfall était alors une petite montagne argileuse transformée en fromage gruyère par les forages incessants que l’on y faisait et il ne se passait pas une année sans qu’un charretier imprudent ne soit enseveli et secouru, trop tard, pour pouvoir en échapper vivant…

El #Ouerdani ayant approché #Mohamed_Saad et #Abdesslem_Dimassi, responsables de la cellule destourienne, Abdesslem Dimassi (le mari de ma tante Rekaya, sœur de mon père) convint avec celui-ci d’embaucher la jeune dame Fadhila comme aide-ménagère pour assister ma mère dans les trop nombreux travaux de la maison…mais aussi pour servir la cause nationale en rapportant les informations sensibles que mon père transmettait, parfois via sa sœur, ma tante #Rekaya_Haouet_Dimassi, à destination de son mari si Abdesselem, donc de la cellule destourienne ; et plus souvent, en temps de crise, par le biais de Fadhila et son mari El #Ouerdani, quand ma tante Rekaya ne pouvait venir chez nous tous les soirs enveloppée dans son sefsari blanc..…

Je préciserai, pour l’histoire de Nabeul, que ma tante Rekaya cette militante qui s’ignore, a été plus d’une fois sortie de son lit, par mon père qui nous envoyait la chercher, Bédye et moi, souvent accompagnés par mon jeune oncle Badreddine, quand il jugeait devoir transmettre des infos sensibles et urgentes à si Abdesslem….

Bien entendu, l’embauche de Fadhila, femme de résistant déporté, fut inscrite au dossier du Kéhia Hmeida Haouet dont le pouvoir colonial commença tout de suite à se méfier et qui le mit sous surveillance rapprochée…

De son côté, Hmeida Haouet, bénéficiait du support et de l’aide de plusieurs patriotes qui, selon leurs propres fonctions ou positions, pouvaient avoir accès à des informations sensibles et n’hésitaient pas une seconde à entrer en contact avec lui, pour les lui transmettre :

Je citerai parmi ces honorables figures, deux de ses fidèles spahis nabeuliens, #Salah_Saad et #Béchir_Merzoug, qui s’occupaient d’espionner les actions des membres de l’autorité coloniale, tels que le contrôleur civil, le commissaire de police et les brigadiers français, à travers leurs déplacements dans la ville et leurs contacts, les uns avec les autres…

Je citerai ensuite surtout, les défunts, #Mohamed_El_Félah, alors juge cantonal à Nabeul, qui avait accès à certaines données sensibles à travers ses contacts réguliers avec la police et la gendarmerie….#Mohamed_El_Fahem, brigadier local dans la police française et patriote, qui considérait qu’il était d’abord citoyen tunisien avant d’être membre de la police et qui n’hésitait pas à transmettre les infos qui pouvait être utiles à ses concitoyens…#Mohamed_Ameur qui était bien introduit parmi les familles françaises, surtout celles des gradés de la police…

C’est ainsi que mon père si Hmeida, informé à temps, put à plusieurs reprises, éviter que les manifestants nabeuliens ne tombent dans des guets apens meurtriers programmés par la police ou la gendarmerie,… pendant ces années particulièrement mouvementées…

Parenthèse témoignange : J’ai eu récemment confirmation du fait que #Mohamed_Ameur était un militant patriote par une lettre manuscrite signée par #Mohamed_El_Karma et adressée à son ami intime, mon oncle maternel feu #Mustapha_El_Kamel, du fin fond du sud tunisien où il avait été déporté à la fin des années 40 dans un camp militaire, en compagnie, notamment de Mohamed Ameur ‘’le garagiste’’, comme le précisait si Mohamed Karma dans cette lettre retrouvée dans nos archives familiales ; lettre rédigée dans un français fluide et élégant…

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Je vais maintenant vous parler de mon père, tel que je l’ai connu ; et surtout tel que je l’ai découvert plus tard, lorsque j’ai eu l’occasion d’examiner son parcours, moins en tant que fils… et davantage en tant que chercheur ; notamment pour avoir pu étudier son dossier administratif classé aux Archives Nationales, (en ma qualité de sociologue de la connaissance et des idéologies) ; et également tel que décrit par le Professeur El Karraï Ksantini dans sa publication dans ‘’La Revue d’Histoire Maghrébine de la Fondation Abdeljelil Témimi pour la Recherche Scientifique et l’Information, n° 144 en date de janvier 2004….et dont copie, sera disponible pour ceux que cela intéresse…

L’identité complète de mon défunt père se décline comme suit :

Hmeida ben Mohamed, ben Hmeida, ben Mohamed, ben Hmeida ben Mohamed, El HAOUET (ce dernier Mohamed, grand-père de mon propre grand-père était, tout comme lui, tisserand de son métier et plus connu sous l’appellation de #Derouiche El Haouet, dont je dirais quelques mots si on en a le temps…)

Si Hmeida mon père, paix à son âme, est né à Nabeul en janvier 1910 et y décédera le 16 mai 1966…à l’âge de 56 ans, donc 4 ans avant de pouvoir bénéficier de sa pension de retraite….j’y reviendrai.

Il était l’aîné d’une nombreuse phratrie qui a compté autant de mort-nés ou de décès durant la petite enfance, que de survivants dans la famille de mon pauvre tisserand de grand-père, sachant que les enfants survivants épouseront plus tard des membres de plusieurs familles nabeuliennes, telles que les familles, Kamel, Maamouri, Dimassi, Saad, Marzouki, Hassine, Ghérib, Gouddi, et je rapporte ceci, uniquement pour souligner la forte imbrication des familles nabeuliennes, imbrication et nombreuses ramifications qui apparaissent plus clairement à l’examen de notre arbre généalogique qui vous sera projeté et qui montre bien que toutes les familles de Nabeul sont plus ou moins apparentées…

Le jeune Hmeida fit sa scolarité primaire à Nabeul, y a obtenu le certificat d’études primaires et réussi l’examen d’entrée au Collège Sadiki…

En ces temps bénis où les Nabeuliens de Tunis étaient tellement solidaires qu’ils estimaient de leur devoir moral d’accueillir les enfants nabeuliens indigents dont les parents ne pouvaient subvenir à leurs frais d’hébergement et de scolarité, et alors que le jeune Hmeida était destiné par son père à devenir tisserand comme ses ancêtres, un parent de sa mère (Khaddouja Aounallah), #Bakha_El_Kamel qui était auxiliaire médical à l’Hôpital Sadiki à Tunis, s’engagea à le prendre en charge…

Pendant ses ‘’années Sadiki’’, le jeune Hmeida, devenu boursier du Royaume, bien assisté par si Bakha El Kamel, se distingua par son sens aigu de la responsabilité, par son désir exacerbé de réussir dans ses études, mais aussi par son esprit d’étudiant révolté contre le colonialisme… il se fit renvoyer et punir à plusieurs reprises pour avoir participé et conduit des manifestations d’étudiants ;… et également pour avoir distribué des tracts politiques au sein de l’association des anciens de Sadiki qu’il intégra très tôt…

Diplômé de Sadiki et ayant réussi des certificats de Droit Tunisien, il fut recruté en 1931, d’abord en qualité de premier secrétaire au sein du Secrétariat Général du Gouvernement Tunisien… puis en 1934 en qualité de ‘’Moutarjem’’, interprète, étant parfait bilingue, comme la plupart des Sadikiens destinés à gravir les échelons de la fonction publique…

Entre 1935 et 1944, Il fut affecté dans plusieurs villes telles que Gafsa, Tozeur le Kef et Teboursouk, puis à Tunis où il fut de nouveau affecté au secrétariat général du gouvernement en tant que ‘’Moutarjem en Chef’’ ; puis, ayant réussi à un concours interne, en qualité de #Khliha de Tunis-Kasbah…

Par parenthèse de ‘’petite histoire’’, ce fut la première et dernière fois que mon père bénéficia, au cours de sa carrière administrative, d’un bureau officiel confortable, presque luxueux, où gamin je me plaisais à lui rendre visite pour en admirer le mobilier et le magnifique décor d’époque, ainsi que les uniformes impressionnants des chaouchs et spahis affectés à son service…

Par comparaison, le bureau qu’on lui attribua en tant que Khlifa de Nabeul en 1949, à ‘’Dar-El-Bey’’, (quartier général du Caïdat), était d’une indigence lamentable, comme d’ailleurs tous les bureaux de ce Centre du Pouvoir Régional Tunisien, à tel point que le bureau du Caïd lui-même était comparable à un bureau de petit secrétaire plutôt qu’à celui du Premier Responsable de la Région…

Autre petite parenthèse à titre anecdotique, à notre arrivée à Nabeul en 1949, la population locale eut vite fait de nous coller l’appellation de ‘’dar el khlifa’’ et nous servit du ‘’fils du khlifa’’, ‘’fille du khlifa’’, ‘’épouse du khlifa’’, au point d’oblitérer ou presque, notre vrai patronyme HAOUET…

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Si le Professeur Ksantini (ayant eu connaissance de son parcours de militant sadikien) souligne sans s’en étonner, la parfaite symbiose qui s’opéra tout de suite entre le nouveau Khlifa et la société nabeulienne, tant celle besogneuse, que celle des notables et des intellectuels, qui toute entière formait bloc contre la colonisation, il ne savait pas que ce Khlifa descendait d’une famille nabeulienne de tisserands depuis au moins cinq générations ; et il ne savait pas forcément que si Hmeida était en outre, parent plus ou moins proche de chaque nabeulien et de chaque destourien et qu’il ne pouvait qu’épouser la cause commune du petit peuple nabeulien dont il était issu et au sein duquel il a grandi et muri…

Il savait cependant, pour l’avoir lu dans les publications de #Selwa_Khaddar_Zangar, universitaire nabeulienne spécialiste du ‘’Mouvement National’’ et de l’histoire mouvementée du pays, que le Cap Bon et en particulier Nabeul étaient caractérisés par la grande cohésion de leurs couches sociales qui n’intègrent pas de collabos ….et que cette région a été la première à se dresser contre la France coloniale, comme ne cesse de le rappeler notre professeur et grand militant #Abdelhak_Lassoued dans ses prestigieuses et nombreuses interventions, tout en fournissant des dizaines d’exemples de militants nabeuliens, mal connus et mal récompensés…et dont il faudra bien qu’un jour on puisse leur consacrer l’attention nécessaire à la réhabilitation de leur mémoire au sein de l’histoire véritable de notre ville…

Par contre, tout le long de sa publication consacrée aux événements du cap bon de janvier 1952, le professeur Ksantini n’arrête pas de s’étonner de l’attitude inhabituelle de ce représentant du gouvernement tunisien qui n’hésite pas à contrer de front, systématiquement et à répétition, l’action du contrôleur civil de Nabeul (représentant du pouvoir de l’occupant français) et ce, pour protéger les intérêts de ses concitoyens et administrés,… comme il le fit notamment en ce jour où, en janvier 1952, assumant l’intérim du Caïdat, (comme chaque fois que les choses s’envenimaient et que le titulaire du poste #Mohamed_Lajimi se mettait en congé de maladie), il prit part à une réunion d’urgence au bureau du contrôleur qui avait reçu instructions du Résident Général de faire des perquisitions générales, à la recherche d’armes et de résistants cachés dans les maisons de Nabeul et de tous les villages alentours…

Ce jour-là le Caïd Lajimi, vint voir mon père en son bureau et lui dit ’’ Ya si Hmeida, ma santé et mes nerfs ne me permettent plus de supporter le cynisme et la brutalité de ce contrôleur civil qui vient de décider le ratissage de tout le cap bon ; je vous confie la direction du Caïdat et je vous souhaite du courage face à ces dictateurs’’….

Cette réunion houleuse eut lieu en présence, d’une part du contrôleur civil, des officiers de l’armée, des gradés de la gendarmerie et de la police françaises,… et du côté tunisien notamment de #Ahmed_Maamouri, Caïd retraité et militant notoire, #Mohamed_El_Jazy, Président honorifique des tribunaux tunisiens au sein du Ministère de la Justice, #Abdelkader_Abdel_Moula, médecin de l’hôpital, #Mohamed_Saad, Président de la cellule destourienne ainsi que d’autres nabeuliens un peu moins connus…

Elle eut lieu dans une atmosphère de passion exacerbée et d’énervement général, les responsables français étant déterminés à réaliser le fameux ‘’ratissage du cap bon’’ (et essayant de convaincre les Tunisiens présents de le faciliter par leur ‘’coopération’’) …et les patriotes tunisiens et à leur tête, le Caïd par intérim Hmeida Haouet, encore plus déterminés à s’y opposer et à l’empêcher…et ne voilà-t-il pas que Si Hmeida prend la parole le plus calmement du monde pour asséner au contrôleur civil, cette affirmation :

‘’ Vous savez très bien qu’il n’y a pas d’armes cachées, ni dans les maisons ni ailleurs, pour la simple raison qu’elles ont été confisquées par les autorités tunisiennes qui tiennent à éviter les confrontations armées, et ce aussi bien à Grombalia, qu’à Menzel Temin, Tazarka, Maamoura et Hammamet; quant aux citoyens recherchés pour de prétendus actes de sabotage et autres, monsieur Mohamed Saad, ici présent, pourrait très bien (s’il en est d’accord), se charger de les convaincre de se livrer d’eux-mêmes aux autorités tunisiennes et éviter ainsi les inconvénients du ratissage et des fouilles brutales des maisons et de leurs habitants…’’

Cette proposition fut immédiatement acceptée par Mohamed Saad, chef de la cellule destourienne et appuyée par les patriotes présents qui craignaient, tous, les débordements de la soldatesque française connue pour sa brutalité et sa grande sauvagerie…

La discussion s’envenimant, notamment entre les officiers de police d’un côté et Mohamed Saad et Mohamed Jazy de l’autre, le contrôleur civil agressa verbalement ces derniers, ce qui incita le Caïd par intérim Haouet, à s’élever énergiquement contre ces agressions, et à demander au contrôleur civil d’arrêter de crier, en menaçant de quitter la réunion avec tous ses compatriotes…

Ou encore en ces autres jours de ce même mois de janvier 52, au cours de manifestations à Hammamet, à Grombalia, Maamoura ou Tazarka, …où on vit encore ce Caïd par intérim empêcher le contrôleur civil d’attraper un jeune hammametois qui portait le drapeau national, en lui disant que son rôle ne consistait pas à arrêter les gens dans la rue et permettre ainsi au jeune de s’échapper… et de l’empêcher de même en ce même jour, quelques minutes plus tard, d’agresser physiquement monsieur #Amor_Nadhour, secrétaire général de la cellule destourienne locale, que le contrôleur tenait par le cou dans le poste de police, en s’interposant énergiquement entre les deux hommes et en demandant au contrôleur à se calmer….

A Tazarka pendant les perquisitions qui eurent lieu malgré ce qui avait été (presque) convenu avec le contrôleur, on vit le Caïd par intérim Hmeida Haouet montrer avec colère à ce contrôleur civil français, des bijoux de femmes (que lui a remis l’Imam orateur de la mosquée du village, père de si Mahmoud Messâdi, feu #Abderrahmane_Messâdi qui les avait récupérés, dieu sait comment, auprès d’un soldat qui les avait volés)… et lui reprocher avec véhémence et sarcasme, les dépassements de l’armée et de la police françaises, ‘’représentantes du pays des libertés et des droits de l’Homme’’…

Bien entendu ces faits et gestes du Kéhia Hmeida Haouet, furent rapportés aux autorités centrales françaises et la police fut chargée d’espionner tous ses déplacements et de noter les noms de tous ceux qui lui rendaient visite à la maison et surtout à son bureau qui se transformait au fil de ces semaines de braises de janvier 1952, en véritable centre de concertation et de coordination avec ses concitoyens (dûment fichés par la police) comme notamment Mohamed Saad, Abdesselem Dimassi, les deux frères militants Hédi et Sadok Bayoudh et d’autres patriotes…tels que Ahmed Maamouri, le Caïd retraité, ainsi que Mahmoud Maamouri le jeune destourien intellectuel, ou encore Taieb Sellem, les époux Ghalleb et les frères Reguig ou Rékik….

Laissé seul face aux autorité françaises, Si Hmeida n’arrêtait pas de demander le secours de son ministère et de son ministre en particulier, qui demeuraient sourds à ses appels, malgré son insistance ; étant eux-mêmes incapables de s’opposer à ces autorités françaises avec lesquelles le Ministère Chenik était en pourparlers (avec à l’horizon une indépendance encore mal définie à tous points de vue) et avec les divergences internes, déjà affichées, entre #Salah_Ben_Youssef, ministre de ce gouvernement Chenik et le clan bourguibien ; ainsi qu’entre le Gouvernement Lamine-Bey-Chénik et les représentants officiels de la France coloniale de l’autre côté…

Hmeida Haouet, ce nabeulien de souche, se retrouve ainsi isolé à Nabeul, face à un contrôleur civil français de plus en plus agressif… et un Caïd titulaire maladif qui se mettait en congé chaque fois que les choses s’envenimaient,… et il fut ainsi le seul représentant officiel du gouvernement tunisien, avec deux juges d’instruction, à prendre la tête du cortège mortuaire pour l’enterrement des martyrs le surlendemain du massacre du lundi 21 janvier 1952…

Quelques jours avant, en ce jour de marché du vendredi 18 janvier 52, l’arrestation de leaders de premier plan du néo-destour étant parvenue aux oreilles nabeuliennes, une grève fut décrétée… la foule défila en criant des slogans hostiles à l’occupation, sans heurts majeurs avec la soldatesque…signalons ici par parenthèse à plus d’un point significative,… que ce 18 janvier fut choisi par le Kéhia Hmeida Haouet pour prendre l’attache de feu le #Cheikh_Amor_El_Mezghini_Sfaxi, le trésorier de la cellule destourienne, pour régler le solde de sa cotisation et adhérer au néo-destour, faisant fi des recommandations du gouvernement tunisien central qui entendait que ses représentants régionaux et locaux adoptent une position neutre, apolitique, ce qui était une aberration…

C’est aussi, en ce vendredi 18 janvier, que fut programmé une grande manifestation pour le lundi 21 suivant, durant laquelle certains résistants seraient porteurs d’armes blanches et de fusils de chasse pour en découdre avec les soldats et les gendarmes et en tuer si possible quelques-uns….; bien entendu, l’information filtra et l’armée se prépara au massacre avec ce bel alibi ; …cette nouvelle information parvint à son tour aux oreilles de Hmeida Haouet, qui en concertation avec les responsables locaux du destour, parvint à empêcher le port d’armes pour ne pas donner un prétexte gratuit, à un bain de sang froidement programmé…

J’ouvre ici une #nouvelle_ parenthèse pour une info inédite :

En 1952 de jeunes corses dont les parents étaient officiers de police, pratiquaient la natation sportive avec moi dans le groupe entraîné par Monsieur Eugène Graph ; nous étions devenus, tellement liés d’amitié que, durant cet hiver 52 où notre nouvelle maison de la rue Pascal (aujourd’hui rue Ibn Khaldoune) était en finition, juste à côté de l’ancien poste de police et de leur logement y attenant, ils venaient me rejoindre avec ma mère lors de nos visites à notre maison que nous nous préparions à meubler et y aménager…

C’est ainsi que tout naturellement, mes jeunes amis corses, me rapportèrent certaines ‘’discussions familiales’’ les ayant alarmés au sujet du ‘’père de leur ami Taoufik’’ et des dangers qu’il encourait pour s’être ouvertement rangé contre les intérêts de la France (en taisant cette info de gens armés se préparant à attaquer les policiers et gendarmes français)…Mon père était ainsi menacé de mort et au mieux, il risquait d’être arrêté….Je me dépêchai bien entendu de rapporter cette information cruciale à mon père, et celui-ci la mit à profit, pour se protéger, en même temps que les manifestants nabeuliens, en les prévenant des menaces qui pesaient conjointement sur eux …d’autant plus que mon ami corse, m’avait appris que lors de la conversation déroulée entre son père et le contrôleur civil, celui-ci avait cité in extenso, les instructions du Résident Général de France en Tunisie qui avait déclaré : ’’ Je veux des morts, beaucoup de morts, surtout s’il s’avère qu’il y aura des salauds armés, parmi cette racaille d’imbéciles ‘’…

Plus de 62 ans sont passés aujourd’hui, il en faut beaucoup moins pour la prescription des faits… et je peux révéler cette info sans risque de porter tort à mes amis corses, dont l’un a remporté, deux ans plus tard, le titre de champion de Tunisie du 100 et 200m brasse au profit du Stade Nabeulien, juste une année après que #Hédi_Bahroune, nôtre défunt champion l’ait été en premier, devant des nageurs tunisois, tant tunisiens que français ou italiens qui disposaient de piscine pendant plus de six mois, alors que nous ne pouvions nous entraîner à Nabeul, que pendant 2 mois et demi…

J’ai tenu à faire ce témoignage pour enrichir l’histoire de la ville par des faits inconnus ; et aussi pour rappeler, qu’en ces jours bénis de mon enfance, certains jeunes nabeuliens, par-delà leurs nationalités ou leurs religions, étaient liés d’une profonde amitié qui fit qu’un jeune Corse (chrétien), ayant vécu quelques années à Nabeul et ayant rapporté un titre de champion de Tunisie au Stade Nabeulien, n’hésita pas à faire courir à sa famille certains dangers en essayant de protéger celle de son ami (musulman)…Je préciserai ici que, si au cours de mon intervention orale, je me suis permis de citer le nom complet de mon ami, je m’en abstiendrai dans cette version écrite pour ne pas risquer de porter atteinte à la mémoire de sa famille aux yeux de certains Français trop rapidement enclins à accuser de trahison leurs compatriotes sympathisants des luttes de libération, …

J’en reviens maintenant à ce fameux lundi 21 janvier 1952 ; une foule imposante de manifestants se rassembla devant le Caïdat avec à sa tête plusieurs nabeuliennes et en tout premier lieu, l’immense #Essia_Ghalleb, certaines en safsari et d’autres, tête nue ;… le caïd titulaire, pour une fois présent, parvint avec l’aide de si Hmeida à persuader les femmes de quitter le cortège et de rentrer chez elles ; …mais au dernier moment les meneurs du grouper les dissuadèrent de quitter le cortège et quelques minutes plus tard, Si Hmeida entendant les crépitements des armes, se dirigea avec ses spahis #Béchir_Merzoug et #Salah_Saad vers Place de France toute proche, …tandis que le Caïd titulaire se trouva subitement mal et prit un congé de maladie, en prenant auparavant la peine de convoquer le médecin de l’hôpital et de téléphoner l’information au ministère tunisien concerné...

Le reste vous le savez, les morts en martyrs qui auraient pu être beaucoup plus nombreux s’ils avaient été armés, furent d’abord déposés dans l’entrée du hammam avant d’être évacués ensuite avec les blessés vers l’hôpital….

Le jour même, Hmeida Haouet en pleine concertation avec Mohamed Saad, eut la ruse de demander au contrôleur civil ‘’si les autorités françaises allaient permettre à la population nabeulienne d’enterrer ses martyrs ou s’il allait (le contrôleur) s’en charger lui-même au nom de la France occupante’’…et bien entendu, le contrôleur civil, craignant des manifestations encore plus graves et après concertation avec le Résident Général de Tunis, autorisa le Caïdat à superviser la cérémonie de l’enterrement, en promettant que ni la gendarmerie, ni l’armée française ne viendraient en perturber le cours, promesse qui ne fut pas tenue…

En effet, le surlendemain, bien que les autorités centrales françaises et tunisiennes aient convenu de ne pas autoriser la présence de l’armée française au cimetière pour la mise en terre des martyrs, le mercredi 23 janvier, les militaires et la gendarmerie ont, dans un premier temps, empêché la sortie des cercueils des martyrs de la mosquée Sebtia de Bab Salah, après ‘’la prière du mort’’ ; et Hmeida Haouet dut les affronter et se faire menacer de mort, un soldat lui ayant collé sa mitraillette au ventre, (alors que j’étais, gamin de 11 ans, installé sur la terrasse faisant face à la maison de feu Abdelkader Haouet, en compagnie de plusieurs femmes nabeuliennes (dont Fadhila l’épouse de #El_Ouerdeni), les femmes toutes en pleurs et criant ‘’Oh mon dieu, protégez le, ses enfants sont encore tout petits…)

Une demi-heure plus tard, après que le cortège mortuaire eut été autorisé à se diriger vers le ‘’cimetière des oliviers’’ (Jebanet Ezzitoun) Hmeida Haouet, seul officiel à la tête du cortège, dut encore palabrer pendant de longues minutes avec d’autres officiers de la police dont les hommes armés avaient envahi les allées du cimetière, avant que ceux-ci ne quittent enfin le cimetière, …pour se contenter de l’encercler avec la gendarmerie et l’armée et d’observer de loin l’immense foule en colère venue accompagner nos martyrs à leur dernière demeure…

Que nos martyrs reposent en paix, …

Que reposent en paix nos véritables militants.

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Je me permets maintenant une petite digression pour souligner un fait révélateur de la mentalité avant-gardiste de si Hmeida mon père, souvenir qui a marqué ma mémoire de jeune garçon :

Je ne sais pas si, à Nabeul, durant le mois de ramadan, il y a #encore le #bou_tbila qui vient réveiller les gens pour leur denier repas d’avant-jeûne ‘’le shour’’,… ( à titre d’info, à la Marsa il existe encore et il continue de nous réveiller en chantonnant…)

Pendant les années 50, Si #Hamrouni qui habitait près de la maison de feu #Guesmi_Kharraz, le père de notre défunt ami Hassen (paix à leur âme tous)… si Hamrouni donc, était alors le ‘’bou_tbila’’ de Nabeul ; …il avait coutume de venir crier dans la rue, sous nos fenêtres de Bab-Salah en égrenant chacun de nos prénoms précédés de la particule sidi ou lella…’’sidi Hmeida, lella Mongia et même sidi Bédye, sidi Taoufik et lella essghira…

Dès la première semaine du premier ramadan, sur instructions fermes de si Hmeida ce fut dorénavant, ‘’Si Hmeida et non plus sidi, ella Mongia et non lella… et pour les enfants oueldi flen et benti feltana’’….et ce, bien que cette particule de #sidi soit alors, et jusqu’à aujourd’hui, une simple marque de respect et pas du tout de soumission (les enfants aînés de chaque famille avaient alors droit à cette petite distinction de la part de leurs cadets, tenus de les appeler ‘’sidi’’ ou ‘’lella’’, selon leur genre…

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Je voudrais maintenant faire un clin d’œil post mortem à trois de mes instituteurs de l’école franco-arabe (#elmahfar) Place de France, rebaptisée Place des Martyrs en signe de reconnaissance posthume vis-à-vis de ceux qui sont tombés au champ d’honneur en ce 21 janvier funèbre ; …et dont les noms commencent à s’effacer sur la stèle qui leur y est dédiée…

Pour clore momentanément la question de ces événements douloureux, soulignons quand même que c’est grâce à ce soulèvement populaire de tout le cap bon (à la suite de Nabeul), que la Tunisie, put (en déposant une plainte officielle auprès de l’ONU), commencer à gagner son long et douloureux bras de fer avec la France coloniale…On aura beau dire que le Sahel a eu la part du lion dans la lutte de libération ou que d’autres régions ont produit de grands résistants en armes, c’est un fait avéré que c’est au cap bon, grâce à la grande cohésion sociale qui le caractérise, que les choses ont commencé à bien prendre forme (pas particulièrement pour la lutte armée), mais dans les mouvements hostiles et généralisés des foules et de la désobéissance civile de l’ensemble des populations locales.…

Venons-en maintenant à mon clin d’œil :

#Feu_Mohamed_Daghfous a été l’un de mes instits les plus respectés et les plus aimés, il était alors relativement jeune, mais rondelet, avec son petit ventre rebondi qui l’empêchait d’attraper les élèves qu’il voulait châtier en leur tapant sur les doigts avec sa règle ; je me souviens….qu’il avait aménagé un petit piège des deux côtés de sa salle de classe, juste en décalant la première table de 50 cm loin du mur, pour créer un petit espace, où il demandait à l’un de nos camarades bien charpenté, d’amener le garçon à châtier et de l’empêcher d’en sortir pendant que si Mohamed, Allah Yarhmou, faisait mine de lui casser les doigts, …alors qu’il les effleurait à peine du bout de sa règle, ce qui n’empêchait nullement sa victime de crier comme si on l’égorgeait…

Je me souviens que notre camarade chargé par si Mohamed d’attraper le garçon à punir et de le ‘’fourrer’’ (yahchiiiih) littéralement dans, ce que notre vénérable défunt maître appelait, la ‘’#mehchacha’’ (fourreau-piège), avait alors le surnom de ‘’mulet de charrette, (bghal karrita), étant le plus grand et le plus fort parmi nous ; … après la création de ce fourreau-piège par feu si Mohamed, notre copain porta dorénavant le sobriquet de ‘’#bghal_el_mehchacha’’ (mulet du fourreau-piège…).

Je ne sais plus pour quelle raison, nous avions pris l’habitude de nous rassembler devant l’école, après la leçon de si Mohamed Daghfous en 1950/51 ( et pas après celle d’un autre instit )… pour aller faire les idiots dans les ruelles menant à Souk El Balgha et nous attaquer à ce que nous pensions être les maisons de juifs, en tapant sur les portes à coups de pieds…(maisons qui étaient en fait alors occupées en majorité, conjointement, par des familles juives et musulmanes qui se partageaient souvent les pièces d’une même maison) ;… et je me souviens que c’est à la suite de l’une de ces ‘’razzias’’ dont l’écho était parvenu à Si Hmeida mon père que celui-ci me servit ma première vraie raclée, tout en m’expliquant que les juifs nabeuliens étaient tunisiens, autant que lui et moi ; et qu’ils n’étaient pour rien dans qui se passait en Palestine, ( alors que je ne savais rien de ce qui s’y passait… et qui continue de plus belle jusqu’à ce jour…)

Feu si #Mohamed_Ben_Abda a également une place de choix dans mon cœur et dans ma mémoire…il nous enseignait le français et notamment une matière au nom sublime, ‘’la leçon de choses’’ que l’on appelle aujourd’hui, biologie, sciences naturelles ou sciences de la terre et de la vie…et il utilisait, en 1952/53, les méthodes empiriques d’observation, de manipulation et de comparaison qui ne sont généralisées aujourd’hui, en 2015, ni au primaire, ni au secondaire, ni même au supérieur… ; sa grande taille et ses lunettes lui donnaient une apparence extrêmement sévère alors qu’il était en réalité d’une très grande bonté et gentillesse…

Je me souviens qu’il était le seul à organiser pour nous des sorties sur le terrain, …il nous accompagnait sur le sentier qui menait au cimetière juif, sentier qui était alors bordé des deux côtés par les #sénias et les champs de blé parsemés de coquelicots et nous demandait de récolter des herbes, des branches, des fleurs et même, si possible, des lézards et des crapauds…

Il étalait ensuite son mouchoir blanc immaculé au pied d’un majestueux caroubier… et s’adossait à ce dernier pour examiner (et commenter scientifiquement pour nous), notre récolte du jour….RIP Si Mohamed…

Mon troisième instit préféré est monsieur #Couret un Français, originaire de Toulouse, qui m’accordait régulièrement 10/10 en dictée et en grammaire, 8,5/10 en rédaction française et devenait furieux n’hésitant pas à me distribuer des coups de règle plate sur les mollets, parce que je n’arrivais pas à résoudre ses problèmes de temps de remplissage de baignoire à un débit donné de fuite du robinet, ou de temps de croisement de deux trains, d’une certaine vitesse et d’une certaine longueur…mais ce n’est pas pour cela que je le cite à ce tableau de reconnaissance et d’honneur posthumes :

Monsieur Couret, tout français qu’il était, un certain jour de de l’année scolaire 1952/53, alors que nous étions tous dans la cour d’école, en train de crier, des slogans hostiles envers le Résident Général de France (Jean de Hautecloque) et le directeur central de l’instruction publique (Lucien Paye) : ‘’A bas Paye, à bas Paye, Hautecloque aux cabinets’’,… et alors qu’un autre instit français courait derrière l’un d’entre nous pour le punir, monsieur Couret attrapa, d’abord gentiment, son collègue par l’épaule pour l’en empêcher…mais quand celui-ci se débattit et voulut quand même attraper l’élève fuyard, il le prit au cou et lui cria en plein visage ‘’ si tu touches à un seul cheveu de l’un de mes élèves, je te casse la gueule, sale fasciste…’’

Messieurs Ben Abda, Daghfous et Couret firent des mains et des pieds auprès de mon père si Hmeida Haouet pour qu’il me fasse inscrire au Lycée Carnot en 1953, lorsque je fus admis au concours de la sixième, en lui prédisant pour moi un avenir brillant en lettres françaises, en latin et grec (ce que l’on continue d’appeler les #humanités, (‘’les cultures humaines’’, alors que la culture humaine est bien plus large que cette culture, au mieux européenne ; et que l’Egypte, l’Inde, la Chine, la Perse et bien d’autres pays y ont imprimé leur marque indélébile…)

Mon père en Sadikien patriote, ne voulut jamais les entendre, …pas plus qu’il ne consentit à entendre mes propres supplications,… il me disait alors, ‘’tu es le fils d’un Tunisien libre… et fils de Sadikien patriote… tu seras donc, obligatoirement, patriote et Sadikien ….et tu n’iras ni à Carnot, ni ailleurs’’…

Une année et demie plus tard, Bourguiba, (qui ne voulut rien entendre et refusait les avis contraires véhéments à sa décision, tant de la part de Mahmoud Messâdi, que de celle de Mohamed Saad et autres patriotes comme Hamadi Bettaieb, l’instit tunisois déporté et devenu proche de Bourguiba, tous ces responsables, qui connaissaient tous, les attitudes constantes de ce ‘’Kéhia rebelle à l’arrogance coloniale’’), le mit à la retraite d’office,.. en acceptant toutefois, de faire une fleur à Mahmoud Messâdi, et de ne pas confisquer à ce Kéhia-là, ses droits à la retraite, comme il le fit pour un grand nombre de commis d’Etat, Caïds, Kéhias et Khlifas qui ont eu le tort d’avoir été recrutés dans la fonction publique tunisienne, qui n’était pas encore bourguibienne…

  • ‘’Allah Youncir men sbah’’le roi est mort, vive le roi…
  • ‘’Kol dawla tikhdimha rejelha ‘’ chaque Etat est servi par ses propres hommes (même s’ils sont des gamins en matière de gestion politique et administrative…) et l’exemple bourguibien en matière de limogeage des cadres tunisiens et leur remplacement systématique par les partisans inconditionnels de nouveaux gouvernants est, comme vous le savez, largement suivi jusqu’à ce jour…et cet exemple est suivi, non seulement dans notre pays, pais aussi, dans la totalité des pays caractérisés par l’absence de textes et de lois à même de l’empêcher…

’’Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser….dit Montesquieu que je cite de mémoire…et qui ajoute plus loin, (je cite toujours de mémoire) ‘’c’est pour cela que par l’agencement des choses et des lois, le pouvoir puisse arrêter le pouvoir …’’ (le législatif et le judiciaire qui doivent contenir le pouvoir exécutif…) ; alors que c’est souvent le contraire qui a cours chez nous…

Bourguiba ne confisqua pas les droits à la retraite de mon père, (Feu Mahmoud Messâdi, ne cessait de lui répéter, ya ‘’Si Lahbib, je connais très bien l‘homme et la bravoure constante de ses attitudes….’’ et Bourguiba lui répondait, ‘’moi je les connais tous…ils ont tous collaboré avec les contrôleurs civils’’…

Si Hmeida mis au chômage à l’âge de 45 ans put, et dut, se reconvertir comme avocat grâce à ses diplômes de droit, mais il ne survécut pas assez longtemps pour toucher un seul centime de sa pension de Caïd, puisqu’il décéda quatre ans avant l’âge de la retraite après avoir vu quelques-uns des Caïds et Khlifas qui ont, eux, bien ‘’coopéré’’, avec la France coloniale,… devenir gouverneurs et autres grands commis de l’Etat bourguibien…

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Pour ne pas finir sur une note triste je vous soumets cette petite histoire dont la conclusion peut constituer le point d’orgue à ma causerie ; je vous ai parlé plus haut de mon ancêtre tisserand, fileur de soieries de son état et content de l’être à tel point qu’il n’arrêtait de remercier Allah de lui avoir permis d’exercer ce noble métier qu’il adorait ; il n’arrêtait jamais de psalmodier des sourates et des ‘’dou3as’’, tout en filant et en tissant tissus et soieries…à tel point que les Nabeuliens de son époque, au lieu de l’appeler de son vrai nom Mohamed El Haouet l’affublèrent du sobriquet, respectueux, voire obséquieux dans leurs bouches, de #Derouiche_El_Haouet…sachant que le terme ‘’derouiche’’ avait une connotation de sainteté…

Vers le milieu du 19ème il décida d’aller à la Mecque pour le Hadj (pèlerinage) et comme vous le savez, en ces temps-là, (1850, approximativement), on allait aux lieux-saints en caravane de chameaux et mulets et on s’y préparait des mois à l’avance, puisque le voyage durait entre 40 et 60 jours et parfois plus…

Les futurs compagnons du Derouiche n’arrêtaient pas de lui rappeler qu’il devait d’urgence se préparer… et imperturbable et souriant, il ne cessait de les rassurer en leur disant ‘’Incha_Allah, Incha_Allah’’ jusqu’au jour du grand départ…

Le miracle rapporté depuis ces temps, c’est que Derouiche El Haouet était tout le temps avec les pèlerins durant le voyage et durant les tours rituels autour de la Kaaba, en même temps qu’il était à Nabeul, dans son atelier de tissage, en train de servir ses clients et de psalmodier sourates et dou3ates (prières en litanies)…

Lorsque, intrigués par ces faits étranges, ses amis et clients lui demandèrent de les leur expliquer, il s’interrompit dans ses psalmodies un instant et leur dit :

« Allah Kébir, kébir.. wahwa 3ala kolli chay2in kadir, kadir… »

‘’Tout ce que ce je sais, c’est que Allah est Grand, Très Grand et qu’Il Est Capable en tout et Capable de tout … Et il ajoutait invariablement à ses questionneurs :

« Nulle, est la force, qui ne provient d’Allah, … et nul, est le pouvoir qui ne provient de Lui… »

Wa la hawla wa la kouweta illa Billah »

Durant ses dernière années mon père Hmeida, ben Mohamed, ben Hmeida ben Mohamed El derouiche El Haouet fit rénover la tombe de son ancêtre et érigea une petite coupole blanche du côté de la tête, quelques années plus tard, ceux que j’appelle les #sur_musulmans (ces musulmans qui le sont plus que tous les autres à leurs propres yeux) sont venus saccager une grande partie du cimetière et raser la coupole blanche du vénérable Derouiche…

J’ai toujours voulu réaménager cette tombe et en reconstruire la coupole…des raisons multiples m’en ont empêché pendant toutes ces années… …

Il y a quelques années #Taoufik_Haouet a pris l’initiative de réaménager le tout, il a reconstruit la coupole… et y a accolé un carreau de faïence portant les noms et qualités de notre ancêtre commun…

Ce Taoufik, ce n’est pas moi, mais mon cousin homonyme, #Taoufik_ben_Mahmoud_Haouet, connu pour sa grande piété et qui a pour noble métier où il excelle, non pas le tissage des soieries comme mes ancêtres, mais la couture, la haute couture nabeulienne…

Maintenant et ici s’achève mon conte historique nabeulien et j’ai presqu’envie d’ajouter, comme le faisait ma mère et avant elle, ma grand-mère…’’Khrafitna taba taba, wel aam ejjey, tjina saba’’ …

Que Dieu étende sa miséricorde sur tous …‘’Allah Yarham wisameh al jemii…’’

Que Dieu récompense chacun selon ses mérites… ‘’Allah ijazi al jamii kama yestehik…”

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A la fin de ce petit voyage nostalgique et un tantinet tristounet, je tiens à remercier chaleureusement chacun des membres du comité directeur de l’Association pour la Sauvegarde de la Ville de Nabeul, association qui m’a procuré le bonheur de votre rencontre.

Mes remerciements vont en particulier, à Monsieur Zouheir Ben Lamine son Président et à Monsieur Chiheb Ben Hammamia son secrétaire général…

En m’excusant d’avoir été aussi long et en espérant vous avoir été agréable, voire utile à notre mémoire collective, je vous remercie tous, Mesdames et Messieurs, vous qui m’avez fait l’honneur de venir à cette rencontre familiale conviviale et surtout qui avez fait preuve de cette grande qualité d’écoute qui caractérise les gens de qualité…

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Pour être un peu plus complet dans cette version écrite et essayer de rendre compte de l’atmosphère générale de cette rencontre conviviale du jeudi 20 août à sidi Slimène, je ferai les remarques suivantes :

*Monsieur Abdelhak Lassoued, prenant la parole en premier, à la fin de mon intervention, il réaffirma avec force que plusieurs Nabeuliens, à l’image de Ahmed Maamouri, Hmeida Haouet, Abdelkader Abdelmoula, Mohamed Saad, Mohamed Jazy et des dizaines d’autres nabeuliens ont énormément fait pour Nabeul et pour le pays ; et nous avons le devoir de commémorer leurs mémoires et de faire savoir aux nabeuliens d’aujourd’hui et de demain ce que Nabeul et le cap bon leur doivent… Il a cité certaines caractéristiques des uns et des autres et a promis de faire son possible pour, qu’avec tous ceux qui sont à même d’y contribuer, honorer la mémoire de nos vrais militants…il a réaffirmé de même l’apport déterminant de Nabeul et de tout le cap bon, dans la lutte de libération, et notamment les femmes de Nabeul qui ont été les premières Tunisiennes à faire, en grand nombre, une manifestation au cours de laquelle il y eut des martyrs de la Nation et des dizaine de blessés…Faisant allusion aux élections municipales de 1957, pendant lesquelles certains nabeuliens courageux ( et à leur tête Mohamed Saad ) se sont portés candidats sous une liste verte, contre la liste rouge du parti bourguibien qui voulait gagner toutes les circonscriptions du pays, Si Abdelhak a rapporté l’anecdote historique authentique suivante…

Pour éviter tout risque de perdre cette élection locale, sachant qu’à cette époque l’électorat juif était important à Nabeul…et sachant que Mohamed Saad avait eu l’intelligence politique d’intégrer Albert Karila dans sa liste verte, le gouverneur de Nabeul, convoqua le rabbin et lui donna l’ordre de faire jurer (‘’sur la Thora’’) tous les juifs en âge de voter, qu’ils le feront au bénéfice de la liste rouge…

Monsieur Mohamed Saad alerté par les juifs qui tenaient à voter pour la liste verte comprenant l’un de leurs coreligionnaires se concerta avec si Hmeida Haouet qui était pourtant retraité et avait déjà embrassé la carrière d’avocat et rassura l’électorat juif en lui disant qu’il pouvait, sans se parjurer (le panachage étant alors autorisé pour ces premières municipales), laisser un seul nom sur la liste rouge en barrant tous les autres et faire l’inverse sur la liste verte…

La liste rouge fut battue à plates coutures, accusa la liste verte de Mohamed Saad de falsification, porta plainte…mais les résultats furent authentifiés par le juge, compte tenu de la légalité du panachage….

*Monsieur Thameur Saad, fils de feu Mohamed Saad, a pris ensuite la parole… il a confirmé l’authenticité de cette anecdote de 1957, ainsi que le fait que son père s’est chargé (en janvier 1952) de convaincre ceux qui étaient recherchés pour sabotages et autres prétendus crimes, de se rendre aux autorités, pour éviter les dangers des fouilles sauvages des maisons ; il a notamment cité son père qui disait alors aux récalcitrants hésitant à se rendre : ‘’lorsque ces soldats français sauvages seront venus saccager ta maison et frapper ta femme et tes enfants, que vas-tu faire et que vas-tu dire à ta famille ?…’’ ce qui achevait de convaincre le résistant recherché de se rendre, pour éviter de gros ennuis à sa famille…

Thameur a également rappelé que sa famille et son propre père ont été lésés par le pouvoir bourguibien, après l’indépendance, mais que son père qui gardait un grand portrait de Bourguiba dans le salon et ne voulait pas le décrocher, lui disait, ‘’lorsque tu seras plus vieux, tu comprendras que c’est quand même un grand homme’’…et s’adressant plus directement à moi, mon ami Thameur voulut bien m’expliquer que ‘’Bourguiba avait finalement raison…il avait pour lui, la raison d’Etat’’ ( j’y reviendrai)…

*Certains intervenants dont un jeune, dont je n’ai pas retenu le nom, (je m’en excuse), sont venus ensuite contrebalancer ce point de vue et déclarer que si Bourguiba a fait de très bonnes choses, il a commis par ailleurs bien des excès… et laissé son entourage commettre tous les excès possibles et imaginables… ce jeune étudiant a appelé par ailleurs à une révision de l’histoire (qui comme toute histoire a été écrite, modelée et imposée unilatéralement par ceux qui ont eu le pouvoir…)

*Maître Anis El Félah, fils de feu Mohamed El Félah a pris brièvement la parole pour souligner que durant ces années de braises, les responsables de Nabeul étaient à la hauteur de leurs responsabilités et il a cité l’exemple de son père juge cantonal, qui en l’absence de textes et malgré l’opposition des autorités françaises a fait procéder à l’autopsie d’un criminel de droit commun, condamné à mort et pendu ; il a ajouté que ni le juge, ni le médecin légiste n’ont reculé devant l’opposition des autorités françaises…ils ont assumé leur responsabilité ; et cela a fait jurisprudence depuis, en la matière…

******Je me permets de prendre le mot de la fin****** pour rappeler, au risque de déplaire à ceux auprès de qui Bourguiba connait un regain de popularité, voire de vénération, en ces temps pollués par l’intégrisme ravageur , que Habib Bourguiba avait fait sienne la conception de la raison d’Etat qui valait pour certains Rois de France…tels François Premier, qui signait ses décrets en ajoutant après son paraphe ‘’Car tel est mon bon plaisir’’…et Louis XIV (le Roi Soleil, sur l’empire duquel le soleil ne se couchait jamais) qui déclarait à qui voulait l’entendre, ‘’l’Etat, c’est Moi’’.

Je ne veux pas du tout minimiser l’action résolument moderniste de Bourguiba, mais nul ne doit essayer de masquer ses tendances tyranniques et mégalomaniaques fort connues, je n’en citerai qu’un seul exemple parmi des centaines d’autres, celui-ci mettant en scène, comme par hasard, un Nabeulien, un autre grand…

Du temps où l’on fêtait (à coups de milliards) l’anniversaire du Combattant Suprême, qui s’était même proclamé ‘’Combattant Solitaire’’ entendant par là qu’il aurait sorti, tout seul, la France du pays…et alors que Tijani Chelly étant ministre des finances de Hédi Nouira, essayait de rogner un tant soit peu sur le budget d’Etat consacré aux festivités du 3 août, qu’il jugeait excessif, le ‘’Roi Bourguiba’’, président lui-même le conseil des ministres, s’est mis dans une colère noire et s’est tourné vers Nouira en criant ‘’mais qui est cet hurluberlu qui croit pouvoir me dire à MOI, ce que JE peux faire et ce que JE ne peux pas… ? Et Tijani Chelly de ramasser ses documents et de quitter, avec courage et dignité, le Roi et sa Cour réunis…

Bourguiba n’a jamais osé dire explicitement, ‘’l’Etat c’est moi’’ ou encore ‘’tel est mon bon plaisir’’ mais ce qu’il faisait dans les faits, n’était pas loin du tout… de cette conception abusive de l’Etat et de sa pseudo raison. /.

Nabeul Tunisie, août 2015.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 16:08

Ephéméride ou petit compte rendu…

Hier, la chaleur suffocante de ce début de fin juillet, vers 19 h, un vent frais a soufflé, se transformant doucement en agréable brise…

De gros nuages gris foncé se sont formés laissant présager, aux yeux de mon épouse exténuée par la chaleur et visiblement aussi à ceux des oiseaux assoiffés, l’arrivée imminente d’ondées rafraîchissantes…

Une nuée de petits oiseaux s’est concentrée, presqu’au raz du gazon virevoltant, en myriade, entre les arbres, les transats et chaises longues, en virages de plus en plus serrés, se poursuivant et se croisant par escadrilles de quatre à cinq, réussissant à s’éviter toujours au dernier centième de seconde, sans jamais se cogner brutalement les becs, toujours gazouillant d’excitation, sans même s’effaroucher des cris et gesticulations d’admiration joyeuse de mon petit-fils sautillant malgré son bras plâtré…

Mais l’instinct des joyeux oiseaux les avait pour une fois trompés ; si mon épouse s’est satisfaite de la brise rafraîchissante et, autant amusée, que mon petit-fils du spectacle de haute et basse voltige croisée des oiseaux ; ces derniers, les pauvres, malgré la frénésie de leurs odes à la pluie, cette dernière a dédaigné leurs appels éperdus et n’a pas daigné y répondre et les satisfaire…

J’eus beau leur proposer de l’eau fraîche dans deux bassines, vexés et frustrés par le rendez-vous manqué avec la pluie, ils ont quitté mon jardin, sans songer à se baigner dans mes bassines, comme le font souvent leurs congénères, ni même y tremper leurs becs pourtant haletants…

Quelques heures plus tard, dans mon lit, si la brise amie parvenait, sans peine, à mon visage …et à l’apaiser, des bruits multiples, à travers mes mêmes persiennes y parvenaient aussi…les uns, ceux des légers clapotis du ressac, tentaient de me bercer…les autres, ceux de bruits intrus, à les en empêcher, avec encore moins de peine…

Il y avait là, la douce musique orientale de la buvette, qui, à force de monotonie se faisait désagréable ; il y avait aussi les décibels occidentaux lâchés sans frein aucun, depuis la piscine de l’hôtel voisin qui était loin d’être plein, et qui m’écorchaient méchamment les tympans, surtout qu’ils s’associaient pour cela et s’entrecoupaient avec la voix, non moins agressive du bellâtre de service, beuglant dans la boite de nuit, du côté opposé mais aussi voisin, et qui s’employait consciencieusement à massacrer de fort belles chansons libanaises qui, pas plus que moi, ne pouvaient rien faire, devant ce châtiment…

Cette cacophonie, vous le comprendrez sans peine, parvenait à étouffer le beau duo de ma brise amie couplée au doux ressac de mon enfance, qui tentait vainement de me bercer…

Les musiques ennemies éteintes enfin, vers deux heures du matin, et à peine assoupi malgré les bavardages ininterrompus, à peine supportables des familles noctambules, non loin étalées sur le sable généreusement empierré de la plage martyre, voilà déjà venus les deux ou trois baigneurs habituels de 4 h du matin qui, ayant probablement fini de se saouler au restaurant-taverne-halal du coin, viennent tenter de se dessaouler en braillant comme des sourds et en poussant les rugissements mi-noyés des lions de mer, que tout jeunes, jadis on poussait la tête à moitié enfoncée sous l’eau…, mais seulement de jour.

Une heure à peine écoulée, durant laquelle j’ai somnolé comme drogué, et voilà venue la voix forte et fortement éraillée du chef de la tribu habituelle qui, de toute l’immensité de la plage, ailleurs déserte d’habitations aucunes, n’entend jamais se baigner ailleurs, que juste devant ma maison, tous les jours, à partir de cinq heures du matin…

Cette voix, ô cette voix combien horrible qui ne peut jamais adopter le parler-normal, mais ne peut exprimer que les hurlements avec lesquels son maître rameute habituellement ses chiens de berger, de la montagne, au loin … dont il vient.

En fait, je ne sais pas d’où il vient l’illustre et vaillant aïeul, je sais seulement qu’il conduit fidèlement sa troupe bruyante sous mes fenêtres, chaque jour que le bon dieu fait …toujours ponctuel, à notre rendez-vous, jamais concerté mais toujours respecté à mes dépens, toujours et tous les jours, sans aucune exception…

Le meilleur ou le pire, à votre choix, je vous le réserve pour la fin et vous rassure…non le conducteur de l’engin à qui j’ai demandé d’aller se faire pendre ailleurs, ne m’a pas écouté ; le conducteur du cribleur de sable de la plage empierrée, est lui aussi, fidèle au rendez-vous ; il m’a fait cependant la fleur, fin de ramadan oblige, de ne plus venir à l’aube raser mes murs ; il vient un peu plus tard, mais son chariot entraîné par son moteur bruyant, emballé sciemment et vicieusement à répétition sous mes fenêtres, son chariot vaste, je vous le jure de nouveau, ne contient pas plus de pierre que le jour où, il y a plus d’une semaine, à vous seuls, je m’en suis plaint, son chariot qu’il traîne pour rien, ne contient rien, absolument rien…rien de rien

Les pierres et les cailloux qui jonchent horriblement la plage de Nabeul, comme la #statue de la chanson du ‘’télégramme’’ d’Yves Montand, sont toujours à la même place, en bonne compagnie de cadavres de bouteilles et de monticules de diverses saloperies ; et aucun employé ou autre officiel, ne songera à les ramasser…’’Les feuilles mortes se ramassent à la pelle…’’ dit encore une autre chanson du même Montand…mais on se souviendra encore l’année prochaine de ma complainte d’aujourd’hui… j’espère être encore là pour constater si les choses auront quelque peu bougé…et si le cribleur de sable, censé ramasser ces saloperies…les ramasse vraiment ou s’il se contente, comme cette année, de caresser le sable, sans jamais rien ramasser…

Nabeul, Tunisie, 23 juillet 2015

Post-scriptum du 24 juillet…

Ce qui me désole aujourd’hui, et à la fois me console, c’est que le vent de terre qui aplatissait la mer pour la rendre encore plus splendide, vient de laisser la place à un vent du sud-est qui est en train d’humidifier l’air, en même temps que de réveiller les vagues qui vont mieux me bercer et qui feront taire, je l’espère, ou au moins couvrir les divers bruits polluants de sommeil ; hélas, vent de terre ou vent de mer, aucun des deux ne contribuera à rendre un peu plus propre le sable empierré et martyrisé, qui faisait jadis la fierté de cette ville balnéaire et de ses anciens citoyens devenus aujourd’hui frustrés….

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 19:13

C’était dans une autre vie ?

Dans une autre vie peut-être, dans une autre vie, probablement.

J’avais quelques cinquante ans de moins et une infinité d’illusions en plus…mais déjà des prémonitions…..

C’était au cinéma #Le_Mondial de Tunis, je m’en souviens comme si c’était hier ou #demain, je le ressens encore comme si c’était au jour d’aujourd’hui….

On passait un film américain qui avait pour titre #Hawaï…où l’on projetait, en plans-décors, parallèles ; magiques et bouleversants, l’épopée de certaines familles irlandaises et celle des tribus autochtones indiennes qui vivaient encore les dernières années de leur authentique vie saine de peuple fier, libre, heureux et uni….

Quelques jeunes couples irlandais dont les familles avaient été décimées par les épidémies et par la grande famine avaient été contraints à l’exil et à l’aventure de survie et avaient embarqué vers le nouveau monde où les familles autochtones indiennes vivaient encore leur terrestre paradis…

Deux scènes m’avaient étranglé d’émotion…dans la première en premier plan, je voyais le fringuant, jeune et bel homme blond de vingt ans, ayant vaillamment traversé l’océan en serrant contre son cœur sa magnifique jeune épouse blonde qui avait depuis, affronté avec lui, avec courage et constance, tous les dangers de l’intégration au nouveau monde, après ceux, terribles de l’exode, et ceux d’avant…

Ce jeune et fougueux blond, était là devant moi, devenu vite riche fermier argentier ; et aussi vite ’’vieil Alzheimer’’ aux cheveux neige et coton, confondant son épouse morte, avec sa fille sosie née et donnée de leur amour d’hier, il y avait déjà 25 ans …

Il était heureux, le petit vieux, il pleurait de joie devant le beau fantôme vivant de son épouse …il lui chuchotait d’une voix tremblotante d’amour, ‘’tu es là’’… ‘’C’est toi’’ ‘’oh tu es revenue, mon amour’’… .

Sa fille, en sanglots aussi, était enserrée dans les bras faibles de son vieux papa, elle ne disait rien, elle était là, face à lui et face à moi, elle sur son écran projetée, moi dans mon fauteuil enfoncé ; nous étions immobiles et dans nos mondes parallèles, chacun de son côté, mais tous les deux ensemble, d’émotion étranglés…

La deuxième séquence était aussi terrible de triste et magnifique poésie…

On y voyait un vieux sachem, hier encore vaillant jeune guerrier aux cheveux longs, tuant sans merci le visage pâle envahisseur, voleur de ses terres ancestrales, devenu, lui aussi bien trop vite vieux et résigné, malgré ses cheveux auburn, toujours aussi longs… comme ses ancêtres et comme les vieux éléphants dont on dit qu’ils s’enfoncent au cœur de la forêt pour s’y cacher et mourir, il avait embarqué dans sa vielle pirogue et s’était mis à pagayer en cadence en s’enfonçant sous les lianes de plus en plus denses surplombant le fleuve qu’il avait déjà exploré en bande lors des chasses fécondes de sa valeureuse tribu…

Aujourd’hui il est seul, nul compagnon alerte d’antan ne lui tient compagnie et ce qu’il murmure de sa grosse voix grave, à la fois triste et résolue, c’est à ses ancêtres qu’il l’adresse, ses valeureux ancêtres qui l’attendent quelque part, dans un endroit qu’il ne situe pas trop encore, mais dont il est sûr qu’ils vont l’y guider…

Sa longue pirogue flotte à côté d’un vieux crocodile, presqu’aussi long que l’embarcation qu’il frôle, et dont la légende hawaïenne prétend qu’il avait été, dans une vie précédente, un vieux sachem courageux et qu’il est là pour assister à la mort de l’un de ses valeureux et ultimes descendants…

Tous les deux naviguaient ensemble, le vieux guerrier encore vivant vers sa mort dont il psalmodiait doucement les litanies lancinantes ; l’autre, le sachem mort devenu crocodile ne disait rien ; il avait de grosses larmes aux yeux, il ne disait rien, mais il pleurait la mort de celui qu’il allait bientôt croquer, comme le voulait la légende, cette légende des hommes libres et heureux ; pour en faire, demain peut-être, mais cela n’est pas sûr….un croqueur d’hommes libres avant de mourir à son tour, pour donner vie, à un nouveau sachem crocodile croqueur d’hommes libres…; mais, y a-t-il encore d’hommes libres…dans cet enfer, jadis paradis … las, Il n’y a plus que des robots affairés, à leurs moteurs, au mieux de recherche, au pire de course contre le temps…tous enchaînés.

Plus haut, tout au début de ma propre litanie, j’ai fait allusion aux illusions et aux prémonitions miennes…

Ce jour-là en sortant du cinéma, dans une autre vie où il y avait encore des cinémas…ce jour-là, en roulant vers Nabeul qui était alors un #Hawaï aussi beau que le Hawaï original, qui lui, se transformait déjà, de paradis originel, en enfer pour boys américains en mal d’exotisme ; ce jour-là déjà, je le jure, j’avais compris et ressenti que tout comme Capri, Nabeul, ce Nabeul que je chérissais alors encore du moins, ‘’mon Nabeul à moi’’…Ce sera, très bientôt, fini …

La légende nabeulienne prétend depuis des siècles déjà, que la ville ancienne a été engloutie par les eaux… et qu’elle y git encore en ruines….et qu’une ville nouvelle, jadis baptisée Néapolis est née de ses entrailles, à ce jour sous la mer, et pour toujours, y enfouies …

Le sphinx de ses cendres sèches et mouillées, a maintes fois et maintes fois jailli et rejailli depuis, mais à chaque mort et chaque renaissance, il semble bien que sa progéniture, un peu plus vite dégénère ; et que son humus d’humanité, tout comme l’humus de la terre qui le porte, davantage se pourrit….

Une récente étude scientifique a conclu que pour bénéficier de la valeur nutritive d’une seule pomme d’il y a cinquante ans, il faudra en consommer quarante aujourd’hui.

Pour Rousseau ‘’l’homme naît bon, c’est la société qui le pervertit…On a toutes les raisons de le croire, tant paraît évident, que les travers de l’#american_way_ of_life, qui envahissent le monde et le poussent notamment à la surconsommation et à la sur-pollution, ont perverti l’humus d’humanité de l’homme, en même temps que les sociétés d’exploitation intensives et extensives (américaines et plus largement occidentales) épuisaient frénétiquement les couches nourricières de sa terre…

Hier encore Carthage était, non seulement le grenier de Rome, mais elle en était aussi la pépinière fruitière, en même temps qu’avec la Grèce, son génie…

Aujourd’hui le Cap-Bon est encore la pépinière et le vivier du pays…mais à quels prix et pour combien de temps ! La nappe phréatique est tarie tant on y a, mal à propos, puisé ; et chaque jour, les coûts de production et donc de survie, sont davantage exorbitants…

Cerise sur le gâteau mortel, voilà que l’arsenic de l’idéologie terroriste, minutieusement manipulé via les voix pseudo-saintes et les voies présumées sacrées et dont on sait, sans savoir vraiment, l’origine et le mode d’inoculation, pénètre plus profond notre fruit sociétal préalablement apprêté, lobotomisé à souhait et de cancreries bourré, cancérisé …

Et dire, que bien avant le début de cette métastase, la Tunisie et son Cap-Bon pratiquaient le meilleur de l’islam, pacifiste et convivial envers toutes les confessions….toutes les confréries.

C’était décidément…dans une autre vie.

Nabeul Tunisie, 22 juillet 2015.

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 17:10

Ami lecteur, fais ton choix pour ce survol d’une longue tranche, condensée, de l’une, des plus banales des vies….

Temps éphémère et temps permanent…

Temps de la mort sempiternelle qui investit en permanence et scande le temps, de l’éphémère vie…

Ou discours à moi-même, si tu ne le pénètres et le saisis…toi, l’éternel alter de mon éphémère ego.

Ou encore, danse avec les maux de mes morts ; et danses en tourbillons avec les éternelles maladresses de mes sempiternelles jérémiades… en petits et grands mots.

Titres et sous titres, en gros, en vrac ou en détail, empaqueté à la pesée ou à la criée selon ton choix.

Bref, « fais ce que voudras » comme le pédagogue permissif avant l’heure, le pantagruélique #Rabelais, un jour lointain, sur le fronton de son école, a écrit.

**************************************************

C’est une histoire éternelle qui tourne en rond et qui se répète indéfiniment, un peu comme le système dit-permanent du cinéma, au spectacle duquel, les spectateurs se relaient pour assister et souvent s’identifier, aux personnages et aux événements, plus ou moins plaisants…

Des personnes entrent dans la salle, alors que d’autres en sortent, comme on entre dans la vie et comme elle vous quitte, vous excluant de son cinéma qui ne dure qu’un éphémère temps …le temps d’une toujours trop courte vie.

C’est une histoire que chacun ressent à sa façon, une histoire que chacun raconte comme il la ressent…l’un en compose une chansonnette, l’autre en fait plaisanteries, mais pour l’un, comme pour l’autre, la vie, cette loterie tour à tour vorace, capricieuse et magique, peut en faire, à chaque instant, une tragédie, voire pire…une tragicomédie…

Pour moi, c’est une longue histoire en litanie.

Alphonse de Lamartine, plus rarement joyeux que triste, a balisé quelques instants de ses amours heureuses par-devant l’#Indifférence_Suprême par ces vers de son ‘’Lac’’…fameux ; ces vers combien sublimes, …jusqu’à l’impossible… de leur possibilité :

« Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices,

Suspendez votre cours,

Laissez-nous savourer les rapides délices,

Des plus beaux de nos jours ! ».

Jours plus ou moins beaux, plus ou moins stériles, banals ou sublimes selon l’histoire racontée et le scénario que la vie vous a réservé et dont, dans le meilleur des cas, vous ne pouvez en modifier que de légères et infimes minorités ; histoire longue ou précipitée selon le casting aveugle auquel, sans le savoir, vous avez participé…

*********************************************************************************

Hier, j’avais vingt ans, je collectionnais les amourettes et je flirtais avec le temps…

Auparavant, c’était avant-hier, j’avais cinq ans, j’étais heureux, léger et inconscient,… insoucieux de la vitesse à laquelle passait le temps…

Il y a peu de temps, un tout petit plus tard qu’à cinq ans, je voulus accélérer le temps, ce temps que je trouvais trop long, trop lent…. Et cela déjà, juste à quinze ans !

Et voilà que subitement, le lendemain même, j’eus vite vingt ans, ces sacrés vingt ans que je voulais ardemment avoir et que je voulus garder longtemps, très longtemps…. désespérément :

« Nenni, me dit la vie, tu voulais très vite les avoir, tu as accéléré le temps, tu viens de les avoir, et le jour même tu ne les auras plus, tes sacrés vingt ans… »

Ô, ces sacrés vingt ans que je n’ai eu qu’un jour, nonobstant ma rage à vouloir suspendre le temps…et mon désir impérieux de remonter à contrecourant son cours …même au prix de cette douleur exquise que je ressens à ressasser mes chagrins et mes amputations… amputations dont le temps était déjà venu, bien avant mes vingt ans.

************************************************

Un cousin très jeune écolier se fait écraser par un trolleybus en sortant de Sadiki, dévalant trop joyeux pour La Vie Inique ; et trop vite, pour ses flutes frêles… une pente trop abrupte pour que ses gambettes maigrichonnes, ne lui évitent de se faire écraser par le chauffeur assassin, qui n’a pu, non plus, actionner à temps, ses grincheux freins ; et qui l’a du coup, stoppé net dans son élan tendu vers sa mère qu’il était impatient de pouvoir étreindre…

Faute de lui permettre d’embrasser sa maman vivant, la mort avide de sa petite vie a voulu que ce soit sa mère meurtrie qui, une dernière fois, a étreint douloureusement son petit corps, fauché…glacé, ratatiné en plus petit….

J’avais quelques années de plus que lui, mais sa mort m’a appris La Mort…et aussi le chagrin qu’on croit ne jamais pouvoir oublier, et que pourtant on oublie…même si un jeune premier chagrin d’une toute première mort vous marque pour la vie…

Les amputations qui vous crucifient s’accélèrent et s’intensifient ; mais la mort de votre père malade que vous pressentez vous accorde bizarrement un sursis…

Alors que vos proches viennent vous annoncer à l’université le décès de votre père (vous le croyez, vous en êtes sûrs, vous appréhendez le pire), un horrible sentiment de soulagement coupable vous submerge lorsque, on vous apprend que ’’c’est seulement’’ le décès d’un autre cousin, dont s’agit ; cousin ‘’fauché à la fleur de l’âge’’,’’ bon vivant’’ et ‘’plein de vie’’, et le voilà annoncé, mort seul, asphyxié et noyé dans son dernier bain de week-end, alors que tout heureux, il s’apprêtait à rentrer chez lui rejoindre sa famille,…il prenait ainsi, sans le savoir son dernier bain de vie, avant les ablutions de la mort que lui assureront les foutus croque-mort qui, eux, continueront à croquer cette foutue vie…

Passe, passe le temps, on oublie ce que l’on est censé ne jamais oublier…les morts on les enterre, et on y survit ; on les enterre et on leur survit, et à force…on les oublie ! Même si souvent ils ne vous quittent jamais, continuant inlassablement à vous tenir, discrètement et sourdement compagnie…

Hier encore, j’avais à peine vingt-cinq ans, je collectionnais toujours les amours, mais je ne flirtais plus avec le temps ; je commençais à m’en méfier ; seules mes amours m’empêchaient de le haïr… pas pour longtemps, cependant !

Passe, passe le temps, il n’y en a plus pour très longtemps…

Le sursis n’étant que vague délai, le pire… même si vous vous y attendez en l’appréhendant à chaque instant, même si vous l’attendez depuis longtemps, inévitablement il vous surprend !

Vous avez beau savoir votre père blessé à mort dans son honneur de patriote et de militant par un despote plus illuminé qu’éclairé, un tyranneau se tenant toujours droit comme un I minuscule, et se croyant toujours infaillible dans ses jugements, même les plus biaisés par ses idées toutes faites et ses fausses certitudes, au grand jamais revues, ni rectifiées…bien que plus d’une fois, sur les autres, nonchalamment délestées…

Vous avez beau savoir que, devenu diabétique, par l’Injustice du nouveau prince et par l’arrogance du nouvel Autocrate Suprême bien installé dans les certitudes du nouveau gouvernant solitaire et affamé de pouvoir absolu, votre père, l’une de ses nombreuses victimes, après avoir vivoté quelque temps, votre père est mourant ; vous avez beau savoir… sa mort vous surprend davantage même qu’elle ne vous meurtrit.

Elle vous révolte et vous crucifie…

Vous blasphémez de rage, vous injuriez le Bon Dieu, tous ses prophètes … tous ses grands saints réunis ; vous insultez le nouvel ‘’arrogant suprême’’ et son nouvel entourage subalterne uni pour la lèche, mais dispersé et désuni dans la chasse éperdue des miettes du pouvoir personnel et de l’intérêt égoïstement suprême…de l’énorme ego qui sait se faire petit …tout petit.

Seul, longtemps, de douleur vous vous cognez la tête contre le mur, sans ressentir de douleur ; et puis…

Puis, anormalement, vous vous calmez subitement, vous avez votre mère, votre sœur, vos frères à soutenir et à consoler ; un gros morceau dans votre cœur est mort, nécrosé et amputé, vous le savez, vous le sentez, mais anormalement vous souriez ; vous vous sentez défaillir, mais vous soutenez vos proches, vous souriez aux condoléances et vous remerciez, vous remerciez…

Quelque chose de capital, de vital, vient d’être enterré avec votre père, votre cœur est glacial et glacé ; le temps dont vous avez commencé à vous méfier, dorénavant vous le haïssez, vous n’y croyez plus du tout, vous ne croyez plus à rien,… vous ne croyez plus en rien !

Vous ne cherchez plus à comprendre, il n’y a rien à comprendre ...

L’être qui vous était le plus cher, votre référence et votre modèle suprême, votre boussole, votre asile, votre repaire et vos repères sont à jamais partis, perdus avec votre père et vous vous sentez plus que perdu, vous êtes anéanti…votre existence n’a plus de sens, mais la misérable ne veut pas s’arrêter …elle ne veut pas vous lâcher.

Passe, passe le temps, la vie s’accroche à vous, la vie, la vôtre propre continue, semant encore et encore la mort autour de vous…

Les amputations continuent, un oncle meurt, puis une tante décède ou l’inverse ; qu’importe la chronologie pour la grande faucheuse qui, de son long bras mortel, enfourche et amoncelle, aveuglément, les mortes vies…

Un autre cousin adolescent se tue, au pied d’un kart immobilisé, fauché par un autre kart emballé, un kart aveugle, un kart fou…puis voilà votre oncle préféré, bon vivant et généreux, qui dépérit, lui aussi de rage et de chagrin devant l’ingratitude et l’injustice officielles ; un autre oncle, grand nageur, défaille et se noie à quelques brassées de sa villa ; secouru, presque à temps, par votre frère ainé, superbe athlète qui le ranime et le garde en vie, le temps que les secours officiels accourent, sans matériels de survie,.. et le confient aux soins officiels d’un hôpital dont le matériel de réanimation est sous clé, clé gardée précieusement dans la poche du réanimateur officiel dont le scénario et le metteur en scène ont prévu qu’il s’absente à ce moment précis, le temps que le temps fasse son œuvre et ôte encore une vie…

Et voilà que soudain la roue de la grande faux s’emballe et tourne de nouveau plus près de vous…la voix étranglée de votre fils éperdu vous apprend au téléphone que votre ex-épouse… sa mère, vient de se faire tuer par son amie au volant d’une voiture dont elle a mal contrôlé le dérapage dans les sinuosités d’une route réputée tueuse…. et que le scénariste a prévu de leur faire emprunter ce jour précis pour cueillir une vie et semer le froid du désarroi dans votre cœur, via le chagrin de la chair de votre chair, doublement meurtrie…

Passe le temps encore et encore, passe le temps que votre vie ignore, vous avez refait depuis longtemps votre vie…mais le souvenir de tous vos morts vous hante constamment, de jour comme de nuit.

Passe, passe le temps, vous croyez vous être habitué à la mort, mais elle vous surprend encore et encore…

Votre mère, votre #maman que vous avez connue pleine de joie, d’espièglerie, d’élégance et d’allant, s’était, comme la rose de Ronsard, trop rapidement fanée,… comme la rose de Ronsard elle a courbé subitement la tête…mais durant de longues années, elle l’a gardée courbée, par le précoce et long veuvage infligé par le départ de son époux plus que chéri…votre mère, votre maman était devenue trop vite vieille et affaiblie, tant qu’à la fin, elle n’attendait plus rien, rien d’autre que la fin de sa triste vie…

Oui, bien sûr, il y a eu de brefs et épars éclairs de courte gaité vivifiant son âme le temps de la présence de ses petits enfants autour d’elle gazouillant…oui bien sûr elle se remettait à sourire de son éclatant sourire d’antan, ou presque, en songeant à sa joie de voir sa première petite fille, ma jeune nièce, en robe de mariée…

Le scénario écrit était cependant différent, il imposait à la jeune fille de perdre sa grand-mère adulée quelques heures à peine avant de devoir, malgré son immense chagrin, enfiler sa robe blanche, aussi blanche que le beau visage de ma mère subitement éteinte dans son lit…

J’avais, comme je l’ai dit, déjà bien mûri, ...mais le bois de mon cœur a encore rabougri… le départ de ma mère, dans ces circonstances, bien qu’attendu, comme celui de mon père trente ans auparavant, m’a ébranlé et surpris ; devenu à mon tour petit-vieux, grand commis de l’Etat, je n’ai pas enragé, je n’ai pas blasphémé, je n’ai injurié personne, mais personne ou presque, je n’ai remercié pour ses condoléances ‘’attristées’’ et je n’ai presque personne, dans notre triste chagrin commun, assisté…je me suis simplement astreint, à assister à toutes les péripéties des noces de ma nièce, endeuillée…

Un genou fatigué génère un épanchement de synovie…

Mon cœur malade me fait injonction d’arrêter-là cet épanchement de survie…

Ma mère, ma #maman, il y a déjà 19 ans qu’elle est partie ; je suis vieux, mais je reste un tout petit garçon…et aujourd’hui encore, j’en suis à la suivre partout dans cette maison d’été qu’elle adorait, au point de continuer à l’habiter et à m’y accueillir…chaque été…

Mon père, lui, cela fait déjà 49 ans ; et depuis, il continue à me tenir, discrètement, compagnie…

Nabeul, Tunisie, 15 juillet 2015.

Post-scriptum; Je me refuse à vous parler, aujourd’hui, de la mort de mes deux frères, partis la même année, à deux moins d’intervalle … ça fera l’objet, peut-être, d’une autre ’’ode au grand départ’’… pour une autre vie ?

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 21:26

Peste ou choléra, nous avons peut-être encore le choix.

Certains rappellent, à juste titre que le fascisme est né en Italie, dans un climat, entre autres, #antigrèves et #antisyndicats...

Ils le rappellent pour nous prévenir et nous appeler à ne pas condamner les revendications, fussent-elles abusives….

Mais ceux qui disent craindre ce retour du fascisme, n’ont pas l’air de saisir que le choix qui nous reste à faire aujourd’hui n’est pas entre le fascisme et la liberté, mais entre un fascisme et un autre, puisque cette liberté est mal comprise et mal utilisée par des gens ayant rompu unilatéralement avec toute notion de responsabilité, civisme ou patriotisme dont ils bafouent, sans hésitation aucune, les fondements par leur soif d’argent facile, argent qui leur serait dû pour leur simple nationalité vidée de toute citoyenneté, de tout effort et de toute productivité…

C’est effectivement ce même climat d’émergence du fascisme #mussolinien qui semble de plus en plus régner de nos jours dans notre pays où confréries et syndicats multiples (dont les instituteurs ne sont qu’une infime partie), contribuent plus ou moins consciemment à semer la zizanie et le chaos dans tous les secteurs socio-économiques et qui étouffent du même coup notre société, en annihilant tout effort productif, amorçant ainsi sa mort lente, mais qui, est de plus, en plus, en train de s’accélérer.

Les défenseurs des revendications n’ont pas l’air non plus, que pendant que les #revendicards_patentés saignent nos finances, un autre danger de mort plus rapide voire plus fulgurante, nous guette sous la forme hideuse de hordes malfaisantes, qui attendent le moment propice pour mettre le pays en pièces au sens propre au sens figuré….

Certaines sociétés s’acculent d’elles-mêmes dans un cul de sac, formé de gabegie populiste et financière d’un côté et terrorismes variés de l’autre, à tel point qu’elles n'ont plus d’autre choix que d’opter pour la peste ou pour le choléra ; pour choisir entre un fascisme #autoritariste policier ou militaire ou un autre fascisme non moins dictatorial au nom d’une certaine conception de la religion ; entre une dictature qui massacre et décapite en masse pour le plaisir d'imposer ses fanatismes tordus qui viennent de loin, dans une société qui ne lui demande rien; et un autre diktat fasciste plus local, qui ne tue ta liberté, voire te tue physiquement, que si tu défies ouvertement ses pouvoirs absolus....

Tel sera très bientôt, s'il en est encore temps, le triste choix qui reste à faire à la Tunisie....

Soit renoncer à plusieurs facettes de cette liberté que l’on n’a pas su utiliser et accepter une démarche quelque peu révisionniste qui autorise le retour de l’Etat policier pour une plus grande sécurité, tout en essayant d’empêcher l’Ogre de devenir Cyclope, voire Aveugle Violent et Surpuissant à force de vigilance de la Société Civile…

Soit continuer à réclamer à cor et à cri cette #liberté incomprise, au nom de laquelle sont commis les divers crimes par lesquels on saigne à mort le pays, tout en facilitant d’autant l’avènement de multiples sectes sanguinaires qui priveront la société #et de sécurité #et de l’ombre de toute autre liberté que celle de s’aplatir devant la volonté aveugle de Califes autoproclamés

Il existe encore un choix plus tristement absurde vers lequel semble pencher nos gouvernants qui ont renoncé à gouverner et à choisir….c’est malheureusement le chemin que semble prendre le cours des événements de moins en moins maîtrisé, par ce pouvoir qui n’a de pouvoir que le nom.

Rappelons que ne pas choisir, c’est choisir le pire, et bien malgré nous.

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 20:05

« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. » Charles Aznavour.

Personnellement je vous parlerai d’un Nabeul que les moins de quarante ans, non seulement n'ont pas connu, mais dont ils ne peuvent même pas concevoir qu’il ait pu exister :

Le Nabeul de mon enfance et celui de mon adolescence où les familles musulmanes ou juives, ou encore chrétiennes, françaises, maltaises et italiennes notamment, vivaient dans une paix sociale conviviale, à tel point que certains quartiers abritaient toutes ces confessions et que parfois même, certaines familles juives et musulmanes se partageaient, non seulement la même rue, mais la même maison…

Le Nabeul où les Abdelmoula, Zine ou Ezzine, Gastli ou Castalli/Castelli, Haouet, Kamel ou El-Kamel, Félah, Maamouri, Kaddour, Ben-Sedrine, Turki, Aounallah, Ameur, Garali, Kerkenni, Chelly, Khadhar, Fékih, Saad, Dimassi, Gouddi, Hassine, Slimane et Ben-slimène, Sellam et Ben-Abdeslam, Nenna et Ben-Hafsa, Kallel, Bahroune, Bichiou, Belhassen, Boughzala, Bouaouina, Hriga, Ben-Chaabane, et Chaabane, Zitouna, Chelbi, Marzouki, Mbarek, Miled, Lassoued et Kort, Zegdane, Tabbane, Gmiha, Chérif, Mabrouk, Daghfous, Hicheri, Bettaieb, Najjar, Kharraz, Khayati, Ghalleb, Ghodhbane, Bayoudh, Ben-Abdallah, Rezig, Hadidane, Loussaif*, Mansour*, Khalfallah*, Dhane*, Daoud* Ghérib*, Khouaja* ,Benhamamia* Azouz*, Chaouachi* Baatout, El-béhi*,Benarbia*, Benzayed*, Karma*, Selmane*, Rékik*, El-Jazy* Mhir*, Mrabet, Dhoueib*, Chouchane*,Maatouk,*Akacha,* Lazrak*, Abdekhalak* Msallam*Gannar*, Mejdoub* Ben-Abda*Jemaa* Jemour*, Keddidi* Mghirbi*, Marzoug* ou marzouk*, Ayed* Gharbi* Skandaji* Zangar, Bouhnak, Taguia, Benbrahem, Alleya, Fahem, Ladhib, Bennani, Hdoussa, Soukah, Hamrouni, Omrane et Haddad, entre autres familles musulmanes, vivaient en bonne intelligence avec celles juives, des Youssef, Omrane, Haddad, Uzan, Guez, Chiche, Fartoukh, Gabison, KochKache/Koskas, Valensi, Parienti, Bonan, Kakou, Karila, Cohen et autres ; ou encore avec des familles européennes telles que les Graph*, Lafitte, Lederley, Giannitrapani, Gabrielli, Paladino, Zorbaïdess, Pidinelli, Camiliari, Caminiti, Orsoni, Orsini, Dimalta, Batista et autres….

Le Nabeul des années 50/60, où sur la plage, toute propre de sable fin, entre ‘’terchet el maamouri’’, ‘’terchet lihoud’’, le Nabeul-plage, Laskala et bien au-delà, devant le club des trières, on voyait déambuler toutes les familles en maillots, les jeunes filles souvent en bikini, sans cache-maillot, sans gêne ni complexes, aux côtés des garçons, courant, sautant, jouant au volley ou au foot et faisant de joyeux plongeons dans l’eau cristalline…

En définitive, le Nabeul de tous les adolescents de ces familles qui étaient sérieusement amoureux ou simplement emmourachés de l’une ou de l’autre de ces adolescentes… au-delà de toute confession ; et parfois même, comme moi, énamouré de toutes ces jeunes et belles musulmanes, juives, françaises et italiennes, en même temps…

Il y a quelques jours, je vous avais promis une promenade souvenirs à travers le Nabeul des années 40/50/60/70/80/90 et dont la plupart d’entre vous n’ont connu que quelques-unes de ses différentes époques; je vais tacher de tenir parole ; ce faisant, vous aurez droit aussi à quelques-unes des facettes du personnage dont quelques-uns seulement d’entre vous, en connaissent plus d’une seule…

Mais d’abord quelques avertissements et/ou précautions :

Mon père, ma mère et tous mes ancêtres connus sont nabeuliens, mais je ne suis pas né à Nabeul, ma famille, comme plusieurs familles de fonctionnaires et/ou de commerçants ayant dû bourlinguer à travers le pays et je suis né au Kef, comme j’aurais pu voir le jour à Téboursouk, Tunis, Tozeur ou ailleurs…et c’est pourquoi, avant d’aborder ma vie nabeulienne, je vous proposerai quelques escales ailleurs.

Je suis né et je vis, à une époque où la très grande majorité des familles de ce pays est musulmane….j’ai une certaine disposition à croire, peu ou prou, à la réincarnation des âmes et si musulman, je suis né dans cette vie, il est tout à fait envisageable que dans des vies antérieures, j’aie pu être berbère juif ou romain chrétien, voire barbare nordique croyant en des dieux pluriels, sur cette terre d’Ifrikya, sur ce même cap-bon, en cette même Néapolis ou ailleurs……

Cette même terre envahie et occupée à travers les millénaires par différentes hordes de peuples plus ou moins barbares, plus ou moins hostiles, mais qui tous ont dû être tour à tour phagocytés dans le creuset culturel, dans son sens large de modes et manières de vie, de la société tunisienne en perpétuel remodelage.

A titre de simples exemples, ce n’est pas pur hasard que des dizaines de patronymes et même de prénoms juifs et musulmans sont les mêmes, ni que des têtes de Juifs, de Musulmans, ou mêmes de Français, d’Italiens, de Turcs, voire même de Suédois, soient parfois peu distinguables, parmi la grande variété de têtes simplement tunisiennes…

Au cours d’une enquête sur les ’’poupées de sucre de Nabeul’’, le court métrage dont j’ai écrit le scénario et le texte du narrateur à la demande du jeune cinéaste nabeulien Anis Lassoued, il m’a été donné de faire la connaissance des quelques Juifs qui restaient encore à Nabeul durant les années 96/97.

Ce faisant, j’ai rencontré des juifs nabeuliens qui parlaient ‘’nabeulien’’ mieux que ne peuvent le faire les jeunes nabeuliens musulmans actuels qui ont tous, plus ou moins, perdu le ‘’techtich’’ chantonnant, si caractéristique du patois pur et dur du fond du terreau nabeulien ; juifs dont il était tout à fait impossible de deviner s’ils le sont ou non, à travers leur accoutrement quotidien, dans leur échoppe de cordonnier-chausseur, d’épicier, de gargotier ou de fabricant d’harissa…

J’ai été enfant gâté dans une famille plus ou moins aisée de fonctionnaire moyen, puis de grand commis de l’Etat, fils d’un ancien sadikien, patriote et révolté qui sera plus tard, très mal récompensé par un autre patriote, ayant eu le tort de croire avoir été le seul, à combattre la colonisation, pour la liberté et l’indépendance du pays…

J’ai été élève d’écoles coraniques à Tunis, puis à Nabeul, ânonnant en chœur des bribes de sourates auxquelles je ne comprenais rien, élève du primaire endormi et récalcitrant chaque jour à retourner à l’école, devenant plus tard, au secondaire, quelque peu rebelle et imprévisible…

J’ai été l’élève de Monsieur Graph qui a enseigné la natation sportive à plusieurs générations de nageurs nabeuliens dont très rares sont ceux qui ont survécu à la mort de la natation nabeulienne qui a connu ses années de gloire sous la férule de ce très grand Monsieur qui avait fait de moi un tout jeune champion de Tunisie benjamin et minime ; et dont j’ai déjà publié ici sous pseudo, un portrait essayant de lui rendre justice…et que je vous soumettrai avec plaisir de nouveau.

J’ai été aussi le petit nabeulien des années 50, trop bien habillé parmi les gamins de mon âge, à découvrir le basket, assis, à même la poussière, à marquer le score parterre, derrière la ligne de touche du terrain jouxtant l’hôpital, terrain dont sont très rares parmi vous, ceux qui se souviennent encore et qui se situait juste en face du ‘’Stade Mohamed Ali Chelly’’ sur lequel on a construit depuis le complexe commercial Néapolis…

Mes rares camarades des écoles Sadiki Tunis/Place de France Nabeul (Place des martyrs aujourd’hui) et/ou des lycées Khaznadar et Sadiki, qui sont encore en vie reconnaitront et revivront, avec plaisir et nostalgie, les personnages et les anecdotes que je serai amené à vous relater ici …

J’ai été le basketteur élégant ayant pratiqué le tir en suspension et le double-saut, bien avant leur apprentissage par les basketteurs nabeuliens dont la plupart ne connaissaient alors que le tir à l’arrêt de loin à l’image de feu Mohamed Marzouki, alias #Stop pour les connaisseurs ; ou le tir en course en contre-attaque (à l’instar de René Caminiti, l’inoubliable #Rénato ou le rusé Tahar Bahroune qui déroutait ses adversaires par son regard de travers…). Il y eut cependant de rares exceptions, celle de feu l’irremplaçable Hamadi Chelly pour le tir en suspension ; et celle de Habib Garali l’inénarrable #Bruno pour le double saut suivi du tir acrobatique en cuillère… deux tirs dont je maitrisais déjà doublement la pratique à Khaznadar et à la Zitouna Sports, en minimes et cadets, bien avant…

J’ai été le junior surclassé sénior pour intégrer brièvement l’équipe nationale dirigée par Hamadi Driss puis Bob Saidane ; ce dernier, dont on dit que c’est mon homonyme et cousin Taoufik Haouet (tailleur de son métier) qui l’aurait balafré, lors d’un jour noir à Nabeul, d’un tesson de bouteille, pour avoir jugé qu’il avait fait perdre le Stade Nabeulien par un arbitrage partisan…ce que l’intéressé a toujours démenti…

J’ai été le joueur vedette de la Zitouna Sports avec mes ainés Barbirou, Ben Tahar et Rachid Bey sans oublier le Capitaine entraineur Hamadi Driss qui a fini par me jouer un mauvais tour, me forçant à devenir un joueur très prometteur du Stade Nabeulien, mais un joueur condamné à occuper le banc des remplaçants, parce que le pseudo manager de ce temps-là ne savait pas utiliser un joueur d’exception ; joueur qui a fini par perdre et sa patience et ses dons….à regarder jouer une équipe ne sachant se baser sur aucune combinaison, à part la course de contrattaque des 5 joueurs inamovibles sous la houlette d’un capitaine alors, déjà vieillissant et ventru, mais toujours omnipotent et omniprésent sur le terrain, quoique souvent ne pouvant même plus, respirer ou faire une passe en marchant…

J’ai été l’étudiant plus ou moins brillant, mais toujours rebelle sinon arrogant à Kassar-Said Tunis, puis à l’Institut Supérieur des Sports de Paris Vincennes…

J’ai été professeur d’éducation physique dans des lycées et collèges, à Carthage, au Kef, à Sousse, à Zaghouan ; puis fonctionnaire au ministère de la jeunesse et des sports durant ses années de gloire et de décadence…

J’ai été inspecteur régional de ce ministère à Nabeul (puis directeur régional de ce secteur) durant ces années 1970/1977 où les écoles et lycées du Cap-bon, notamment ceux de Nabeul, raflaient les coupes et les championnats scolaires…; et plus nombreux seront probablement mes élèves et collègues qui ont connu cette étape et qui en revivront avec moi, (peut-être), avec plaisir certains de nos souvenirs communs ou parallèles…

J’ai été celui qui a tout claqué à l’âge de 37 ans pour reprendre, avec une détermination sans égale, des études supérieures abandonnées des décennies auparavant, et pouvoir intégrer l’Enseignement Supérieur, avec un DESS des Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS) à l’Ecole Normale Supérieure de Paris-Vincennes et un Doctorat de Sociologie de la Connaissances et des idéologies, à Paris7 Jussieu…

Certains de mes étudiants et collègues de cette époque relativement plus proche (de l’ISSEP Kassar-Said et plus généralement de l’Université de Tunis I) trouveront aussi ici, matière à souvenir et éventuellement nostalgie…

J’ai été, à différentes périodes, l’entraineur-manager du Stade Nabeulien qui a créé le plus de problèmes aux équipes de l’Espérance, de l’Etoile de Sousse et de Radés et même à la Zitouna entraînée alors par le renard Hamadi Driss que j’ai épuisé par les changements de tactiques et que je suis arrivé à battre sur le fil après avoir été mené de 20 points....

Je me souviens aussi d’un jour à Sousse, où empêché d’entrer sur le terrain par les soussiens qui se méfiaient de moi, j’ai ‘’managé’’ à travers le grillage en soufflant les consignes à mon ami le docteur Rachid Mbarek. Ce jour-là nous avions rendu fou l’entraineur adverse en faisant entrer tour à tour sur le terrain, les deux frères Benna (pour la première fois pour ces derniers), les frères Belhassen et les deux Taoufik Ben Abdallah…

J’ai été, j’ai été, j’ai été ….oui, je sais il semble bien que je souffre d’une drôle d’inflation du JE, je peux même, à la limite, rivaliser avec l’immense Ego Bajboujien….je n’en rajouterai plus, passons au présent.

Je suis, au jour d’aujourd’hui, le retraité qui, depuis quelques années déjà, lit et relit des dizaines d’anciens et nouveaux ouvrages, d’histoire, de littérature, de politique et de science-fiction ; et égrène ses souvenirs mixés à quelques modestes réflexions, non pas pour lui seul, mais surtout pour mes enfants et ma famille, pour mes amis et, plus généralement, pour ceux qui, surement nombreux, ont parfois, ici ou là, croisé ne serait-ce que pour un moment, ma longue route…

Je vous souhaite à toutes et à tous, une bonne promenade durant laquelle vous m’excuserez certaines lenteurs et longueurs, surtout vous les plus jeunes, à qui la vie d’aujourd’hui ne laisse pas toujours le temps de vous arrêter, pour prendre le temps…

Ce dont je serai le dernier à vous en vouloir…

Publié sur ma page FB

Post n°2 destiné aux divers groupes s’intéressant à la mémoire tunisienne plus particulière à la mémoire de Nabeul:

#Quartier_Général_des_Nabeuliens ; #Si_Nabeul_m’est_conté (je suggère d’ailleurs ‘’m’était ‘’ au lieu de ‘’m’est’’)

#Connaître le Cap-bon’’…. Ainsi qu’à tout le peuple du #Barr_El_Guebli’’, cette appellation du Cap-Bon de la génération des anciens, qui n’existe plus à peine, que dans la mémoire embuée de ceux encore en vie…

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 19:58

Il était une fois, le Nabeul du Respect

Je me souviens que durant les années 40/50 (et certainement les années d’avant), les baigneurs et vacanciers de Nabeul, respectaient les gens, la terre et le sable fin de la plage bénie de nos aïeux…

Même les vieilles dames qui se baignaient toutes nues et avaient les fesses à l’air, le faisaient naturellement et sans aucune malice, à tel point que personne n’en était offusqué et personne n’osait les gronder ou les moquer…elles se croyaient au bain maure ou en l’une de ses filiales estivales, #hammam_gratuit ; à preuve, la #Kessa et le #Tfal étaient présents à leurs ablutions…et personne n’osait les détromper…

Entre #Terchet_Lihoud, presque en vis-à-vis de la #Rotonde, (rotonde qui avait d’abord été érigée sur pilotis, sur ce-même dit #Rocher_Des_Juifs) avant d’être bâtie en dur, là où elle est encore aujourd’hui ; entre cette #terchet_Lihoud donc et #Terchet_El_Maamouri, l’autre rocher émergé à quelques trois cents mètres à l’ouest et jusque devant les maisons Marzouki, Daghfous, Chelly, Mghirbi, Loussaif Maamouri et autres, dans toute cette zone, ces vieilles, accompagnées de flopées de jeunes gamines et gamins piaillant comme des oisillons, ne se baignaient que très tôt, au lever du soleil…et assez tard, à son coucher…

Les estivants le savaient et même leurs persiennes étaient fermées, pour ne pas gêner nos baigneuses dénudées ni risquer de les intimider… et ni les jeunes ni les adultes des familles installées en vacances dans ces maisonnées, s’interdisaient d’eux-mêmes le partage de ces fraiches baignades, quoique à regret… respect mutuel obligeait !

Il était une fois le Nabeul de la propreté…

Durant ces années-là, ne venait à personne l’idée de laisser une trace quelconque de ses victuailles ou saletés, on remettait les restes des repas de plage dans le #couffin_nabeulien, on ramenait avec soi, les tapis-nattes, ou draps sur lesquels on s’asseyait, on évitait de casser #Kolla ou #berrada et le cas échéant, de laisser les débris de ces cruches dans lesquelles on a bu ; au pire, on enterrait bien profond, les pelures de melons et pastèques dégustés ; la nature faisait son œuvre et ces pelures étaient, au bout de quelques jours phagocytées par le sable fin, avec la complicité du sel marin…

Temps béni, où il n’y avait ni bouteilles en plastique, ni sacs éventrés, ni encore moins de propos grossiers…

En ces temps-là, point de gravas, non plus ; les maçons qui bâtissaient, qui réparaient et entretenaient les jolies maisonnettes, s’interdisaient toute pollution et tout était proprement ramassé et emporté loin du sable, vierge, blanc et gardé soigneusement immaculé…

Les peintres, électriciens et menuisiers de passage saisonnier, au même régime respectueux de l’environnement et de l’habitant, et d’eux-mêmes, (s’il vous plait) s’astreignaient…

Temps béni d’une certaine mentalité bénie… temps et mentalité révolus depuis.

La modernité (sic), dorénavant, partout et en toutes occasions, sévit !!!

#A_plus_tard peut-être ou à demain, pour d’autres élucubrations nostalgiques d’un vieux nabeulien largement dépassé…mais toujours debout pour dénoncer tout aspect d’une certaine modernité, un peu top mal comprise, à son goût.

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