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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 19:47

#Once_Upon_a_Time

Il était une fois la maison de plage du #Cadhi_Slimène_de_Nabeul…

Durant les années 40 du siècle dernier, l’un des derniers #Cadhisقاضي [qāḍī] (ou juge musulman), n’ayant pas eu peur de passer pour un fou, comme le pensaient les Nabeuliens d’alors de celui qui s’aventurait à construire une maison de plage, s’en fit construire une, sur le sable fin, à dix mètres du ressac marin…

Bon vivant et homme de bien, il avait pour épouse une très belle femme qui lui donna de nombreux beaux enfants ; moi bambin haut comme trois pommes pus bien placer à l’endroit quelques prénoms des garçons plus âgés que moi : mais devant les autres et surtout devant les filles, toutes fort belles, j’étais admiratif, mais sans voix…

Mon père feu Si Hmeida était tellement ami avec le Cadhi Slimène dont s’agit qu’il décida, dans la même décennie, d’accoler une pièce, puis une autre, puis d’autres encore, et finir par ériger contre la sienne une véritable maison mitoyenne, villa jumelée avant l’heure des villas jumelées d’aujourd’hui…

Durant la décennie qui suivit, les deux familles, pères, mères, filles et garçons compris, passâmes souvent ensemble du bon temps, nageant, plongeant, péchant courant et chantant pour les enfants, se baignant et papotant mais régalant quand même les maisonnées de bons plats, pour les mamans ; se racontant ses bonnes et ses mauvaises journées en jouant aux cartes ou aux échecs, pour les deux juges, en la personne du Cadhi Slimène et du Khlifa Haouet….

La belle époque, la belle vie…

‘’Passe, passe le temps, il n’y en a plus pour très longtemps’’

Les meilleures choses ayant une fin, l’un après l’autre, peu importe lequel partit en premier, le Khlifa, devenu entretemps Kéhia, comme le Cadhi, resté Cadhi jusqu’à la fin des Cadhis, tirèrent leur discrète révérence, partant pour un monde dont on dit qu’il serait meilleur, en emportant le meilleur… pour les deux familles meurtries et endolories…

Bon an, mal an, La #Maison_Haouet continua d’abriter, quasi-régulièrement, la maisonnée du même nom ; il en alla différemment de la maison jumelle…sa maisonnée s’éparpillant plus vite… voire plus profond.

Les Slimène, dont #Mokhtar plus assidûment, #Noureddine et les plus jeunes, moins régulièrement, vinrent partager leurs étés, ne serait-ce que partiellement avec les voisins que nous étions, toujours en bonne intelligence, mais le cœur un peu plus serré chaque année par les multiples maux et bobos et autres choses de la vie…

Et #soudain, quoique ça n’ait rien à voir, avec le film #Sudently_Last_Summer, un dernier été survint…fatidique pour la maison du Cadhi…

L’un des plus jeunes #Slimène décida, un printemps de la fin des années 80 ou au début des années 90 je ne sais plus, décida donc de remettre en état la maison parentale qui croulait sous la charges des ans et des vents marins violents… et menaçait ruine…

Rappelons par parenthèse, que comme je l’ai écrit et réécrit ailleurs, le fameux gouverneur #Amor_Chéchia dans la folie des grandeurs de ses années de règne absolu, avait un beau jour décidé de construire une #riviera_espagnole de plusieurs dizaines de kilomètres de corniche s’étalant de Hammamet à Kélibia en passant #sur toutes les maisons de plage de Nabeul…

De ce fait, tous les conseils municipaux successifs avaient surenchéri comme un seul homme, en adoptant la drôle de politique d’empêcher toute plus-value par tous embellissement ou réparation pouvant occasionner éventuellement à l’Etat voyou un surplus d’indemnités, en cas d’éventuelles problématiques et sempiternelles expropriations toujours attendues, toujours suspendues en véritable épée de Damoclès…

Devant cette situation autant aberrante qu’injuste, le bon jeune Slimène, tout feu tout flamme, entamant en douce des travaux plus ou moins frappés d’interdit (sans que cela n’ait jamais été explicitement dit et encore moins écrit), envoya tout le monde officiel paître, comme je l’aurais à sa place fait ; il joua de malchance lorsque les maçons embauchés pour la restauration firent tant et si bien (sic) qu’ils firent tomber le toit, sans vraiment le vouloir, croyant savoir bien placer les étais de soutien, sans vraiment le savoir, comme de plus en plus souvent pour les pseudo-maçons d’aujourd’hui…

Bref, Monsieur Le Maire du jour, alerté par les indics et les flics, fit confisquer les outils et matériaux de construction et s’appuyant sur le fait que partie de la maison était trop proche du littoral, interdit à la famille de #reconstruire… sa maison…alors qu’il ne s’agissait en fait que de réparation !!!!

La Justice étant toujours et partout rendue à la tête du client, celle du jeune Slimène n’a pas du beaucoup plaire aux conseillers municipaux qui appuyèrent la décision de #moossieur le maire…

D’année en année la jolie maisonnette (en fait il y en avait deux accolées l’une à l’autre), de construction pour honnêtes estivants se transforma d’abord en WC pour gens malpropres puis en véritable bouge malfamé pour ivrognes et prostituées…

Cela dura des années …et perdura tant et si mal, que fort de son pouvoir mesquin premier qui lui a fait assumer cette catastrophique situation…et de son devoir moral vis-à-vis des voisins et des autres estivants, ce monsieur le Maire prompt à agir pour interdire la reconstruction, finit par pondre un arrêté de démolition du site bordélique auquel il avait donné naissance par ses bordéliques décisions…

Ainsi, depuis la fin des années 90 à ce jour, le cadavre de la maison de plage du #Cadhi_Slimène gît sous un amas, chaque année plus dense, de gravas, de mauvaises herbes et de pourritures animales et d’excréments humains et de pisses d’ivrognes…

Je crois savoir qu’assez récemment, des membres de la #Famille_Slimène croyant que le vent de la ‘’révolution’’ du fameux pseudo jasmin avait rétabli une certaine justice, firent une apparition sur les lieux pour constater qu’en plus des pourritures diverses qui avaient envahi leur pauvre terrain, un nouveau propriétaire voisin leur en aurait rogné quelques mètres carrés pour élargir, sans frais, sa maison et prendre ses aises, sans façons…

Par parenthèse finale, ce monsieur dont je ne sais s’il a empiété ou pas sur le terrain de ses voisins absents (les absents ont parait-ils toujours tort) a eu lui, l’opportunité non seulement de reconstruire la maison que sa famille a racheté à Feue #Fatma_Khadhara épouse #3Ajmi( et ce, sans provoquer un quelconque courroux d’un quelconque vénérable conseiller ou maire de la ville), mais d’élever aussi un premier étage en dur ce qui, selon les nouveaux responsables d’aujourd’hui serait légal…donc permis !

Je n’ai rien à perdre ni à gagner dans cette affaire, mais je me pose quand même cette question :

Si ce nouveau propriétaire a le droit de #reconstruire et d’ériger un #étage_supplémentaire, je dis #bravo_et_tant_mieux pour lui ; et pour les voisins qui pourraient avoir, le cas échéant le même droit…

Mais alors au nom de quelle loi, posthume ou nouvelle née, les héritiers du Cadhi_Slimène, n’auraient pas le droit légitime, qu’on semble leur refuser #de_nouveau, de reconstruire leur propre maison sur leur terrain de plein droit, d’effacer l’horreur qui a pris sa place …et embellir du même coup ce pauvre coin de notre plage qui en a plus qu’un sérieux besoin…

#A_bon_entendeur_salut… mais y aura-t-il entendeur…par le temps-chaos qui court ? On verra bien.

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 19:42

Je circule sur quelques réseaux sociaux où je fais partie de divers groupes s’occupant, qui de cinéma ou de poésie, qui d’amour de la langue française ou autre, qui de mémoires de villes aussi diverses que passionnées.

Outre le fait banal que certains amoureux de telle ou telle langue prennent un plaisir, inconscient donc bien involontaire, ce-dont je ne les excuse guère, à massacrer leurs amours déclarées, je rencontre aussi, ce qui m’horripile bien davantage en la personne de quelques fanfarons, voire de mensongers et vils personnages :

Tel #facebookien ou tel #tweep qui aligne ‘’normalement’’ une bonne dizaine de fautes et maladresses lorsqu’il produit un court paragraphe voire un simple #tweet de 140 caractères, se permet de plagier un article, une maxime ou une idée de génie ; dont il s’attribue, sans gêne aucune, la paternité…

J’en ai même rencontré certains qui, frappés de la même carence scripturale congénitale, affichent triomphalement, non pas une simple strophe à la gloire de telle ville ou de tel quartier, mais tout un pavé de leurs dits-mémoires personnels ou familiaux, dans une langue châtiée digne du meilleur auteur et exempte, svp, de la moindre erreur, serait-elle une maladresse de ponctuation…Un ‘’nègre’’ habile étant passé par là, à la recherche de boulot et s’étant manifestement chargé des travaux d’aplatissement de l’ego en même temps que d’assainissement des égouts verbaux.

Je ne vise aucun groupe ni personne en particulier, mais libre à celui qui se sent morveux de faire le nécessaire … ou de se taire… au mieux !

Je passe…et je suis ; oui, j’ai joué au basket où l’on pratique, plus qu’en foot, cette technique de passe et va; oui, je suis ce que vous voudrez, par exemple, un présomptueux ego qui prend plaisir à se pavaner, donc inutile (ou presque)… de m’insulter.

Mais vous pouvez aussi vous en donner à cœur joie, ça coûte, de nos jours, si peu…parfois même, moins que ça…

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 15:18

Il faudra un jour examiner ce tout, qui ne peut être n’importe quoi, sauf pour n’importe qui, n'importe qui, que certains sont ; que certains sont si peu, ou pas du tout ; et que certains sont tout à la fois et ne sont pas, en tout, et en rien, en tout cela fondu, en dehors de toute confusion du tout et du rien…

Il faudra un jour savoir …et on saura…

En Histoire, comme en toute histoire de tout un chacun, on saura combien le point final est un début, le point-virgule une respiration, la virgule une aspiration refoulée, la parenthèse courte, capitale ; celle plus longue, un retour à l’aspiration défoulée ; et le retour à la ligne, un vrai faux-départ qui laisse présager un retour à la quadrature du cercle, celle qu’on a cru un jour résoudre, ou au moins pouvoir révéler dans toute sa crudité, toute sa cruauté répétée, sans cesse masquée à défaut de pouvoir ignorer son abîme, son abîme premier, sous forme de mirage, mirage passionnément contracté d’idéologies contrites et contrastées ; et ardemment et répétitivement gobées, par les mouches que nous sommes, les mouches que nous restons, pour un temps …

Il faudra un jour, dans une vie ou dans une autre, prendre le temps d’une virgule, ou mieux encore le temps d’une parenthèse, fut-elle plus ou moins longue, éphémère rouverte ou rallongée, pour s’abîmer dans le mirage d’un miroir de l’une ou de l’autre de ces vies, vécues sans le savoir, ou brisées sans vraiment le vouloir... pour pouvoir enfin redécouvrir l’éternelle renaissance de la vie, après chacune de nos morts, plus ou moins longues, plus ou moins écourtées…puisque chaque mort commence... le premier jour de chaque nouvelle vie.

Il faudra un jour, lointain, je crois savoir, ou un jour plus proche que je ne l’eus cru, découvrir ou découvrir à nouveau, qu’on n’a jamais cessé d’être floué et que ce paradis dont on nous fait rêver tout éveillé, n'existe que dans la vie et la mort entremêlées, flottant toujours inextricables, tour à tour sur un fleuve tumultueux et sur une rivière tranquille ; ces tous deux intarissables, charriant ce tout-deux inséparable, que sont le point de la virgule et la virgule de ce même point … point-virgule de la vie et sa respiration en virgule ; pour un retour à la vie, à travers le point, point qu’on a cru final et qui n’est qu’un nouvel autre début ; une espèce de défunte chrysalide d’un nouveau-né, éphémère papillon ; qui un jour, surement ou peut-être, redeviendra chrysalide éphémère, puis éphémère nouveau papillon, renaissant de la dépouille ou des décombres de son cocon moribond déserté ; déserté pour une autre vie éphémère, (?)...

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » a été la thèse du Grand Lavoisier.

Mon hypothèse, moi, toute petite chenille devant le faux grand vide de la forêt de la mort, supposée, des multiples cellules, synapses, gènes et ADN, tous morts noyés dans la mare profonde des idéologies morbides, est que, la vie se transforme et jamais elle ne tarit; elle ne se perd en rien ; et rien ne s’en perd, il n’y a ni rebut, ni enfer; la mort n’est qu’une des étapes du recyclage de la vie qui, par-delà tous les au-delà, ici ou ailleurs, se poursuit…

L’être quel que fut l’état du moment de sa nature au sein de cette Mère Nature, l’être donc, animal, végétal ou d’un quelconque autre état transitoire, par nature et définition provisoire, n’a nul besoin d’un quelconque autre purgatoire, le sien propre lui suffit ; il y purgera les faits et méfaits, qu’il a faits ou fait subir dans sa vie transitoire où il n’a fait que croiser d’autres êtres, transitoires dans d’autres éphémères vies…

Les apparents cimetières des différents morts officiels, ne sont, en fin de compte, que l’une des manifestations officielles de l’idéologie officielle de la mort ; les vrais océans de la vie éternellement recyclée se situent ailleurs, ils sont encore à rechercher...un jour on saura #où.

Mais dès à présent, je vous le #pré_dis.

Ces cimetières officiels ne sont en rien la porte d’aucuns, enfers ou purgatoires d’une quelconque idéologie…

Ils ne sont en rien celle d’aucun, quelconque infernal éden ...ou paradis.

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 11:01
Les amitiés éternelles…qui ne durent qu’un temps.

Il est arrivé à chacune et à chacun d’entre nous de contracter des amitiés dont, sur le coup, et pendant longtemps, on peut jurer qu’elles seront éternelles…

En lisant ces premières lignes, chacune et chacun d’entre vous aura pensé à certains exemples personnels de ces amitiés…

Pour ma part, j’enregistrerai ici, avec une certaine nostalgie sereine, quelques-unes de mes propres amitiés ‘’éternelles…’’

#Hamadi_E_B était un garçon issu d’une famille nabeulienne très modeste, je l’ai connu à l’époque où encore à l’école primaire, je suivais les cours d’été de natation que nous dispensait monsieur #Eugène_Graph un jeune ingénieur suisse allemand devenu amoureux de Nabeul jusqu’à sa mort…

Hamadi n’était jamais allé à l’école qu’il ne fréquentera d’ailleurs jamais ; il était alors employé dans une boulangerie familiale et se chargeait de livrer le #pain_italien croustillant aux familles nabeuliennes aisées qui ne consommaient, déjà, plus de pain fait maison, durant ces années cinquante.

Je me suis lié d’amitié avec ce garçon poli, timide, respectueux, qui avait l’avantage sur moi alors de travailler, de gagner son argent propre et qui avait plein de projets en tête, projets qu’il me détaillait et dont je ne tenais compte qu’en guise de rêves enfantins de richesse et opulence futures d’un gamin pauvre qui plus est, était analphabète, malgré son intelligence exacerbée…

Il fut mon camarade nageur et basketteur pendant de nombreuses années de notre enfance ; il quitta la boulangerie pour le métier d’ébéniste qu’il pratiqua longtemps sous la férule d’un maitre ébéniste italien de Nabeul…et notre camaraderie se mua en amitié durable pendant mes années du primaire, pour devenir, pendant mes années #Lycée_Kahaznadar durant lesquelles je quittai mon cocon familial, une amitié qu’on pouvait qualifier sans aucun doute d’éternelle…

Il était devenu premier ouvrier qualifié de son ébénisterie nabeulienne et son patron italien lui faisait une confiance absolue.

Par ailleurs ne nous quittant pratiquement pas durant les week-ends et les vacances, je lui avais appris, sur son insistance, les bases de la lecture et de l’écriture et à force de volonté et de constance, il en était arrivé à pouvoir déchiffrer un petit texte et à écrire laborieusement de petites lettres qu’il m’adressait et dont je corrigeais les fautes avant de les lui expliciter à notre prochaine rencontre…

Entretemps, ses rêves de grandeur et de richesse avaient grandi avec lui, ses plans avaient gagné en précision et il envisageait, ayant compris, bien avant moi, qu’il n’y avait que ce chemin-là qui menait à la richesse,… de devenir plus tard, un grand commerçant…

Pendant les premières années de l’indépendance, il était parti en France, parmi un groupe de jeunes que le pays avait envoyé en perfectionnement dans le cadre de l’un des nombreux programmes de coopération en formation professionnelle ; et son excellente maitrise de l’ébénisterie lui permit de devenir rapidement un chef d’atelier reconnu dans une entreprise parisienne spécialisée.

Les lettres qu’il continuait de m’adresser régulièrement devenaient plus lisibles, moins maladroites et il y était de plus en plus convaincu que ses projets allaient se concrétiser et qu’il allait bientôt revenir au pays avec en poche un joli magot qui lui permettrait de s’installer à son compte.

Pendant ce temps-là je m’esquintais les yeux et me fatiguais la tête dans des études de plus en plus ardues et de moins en moins convaincantes de représenter vraiment, la voie royale du succès et de la véritable ascension sociale…

Au début des années 60, parti moi-même à Paris pour y poursuivre des études supérieures, je l’y retrouvais, comme si on s’était quittés la veille, et je constatais, sans surprise, qu’il était toujours hanté par ses rêves…toujours les mêmes, de richesse et d’opulence.

Il avait quitté l’ébénisterie et était dorénavant chauffeur-livreur dans une entreprise polonaise de confection de grandes marques de cravates, chemises et autres pulls …

Il me raconta qu’il avait rencontré, un soir au comptoir d’un bar, un polonais, saoul (ausi saoul que le polonais de l’exemple de la langue française) ; et se liant d’amitié avec lui, il apprit que c’était le riche patron de l’entreprise... dont il allait devenir ipso facto, le chauffeur livreur…

Hamadi s’était marié, il habitait un grand studio de la banlieue et possédait une belle Citroën #Déesse_19 au volant de laquelle, il me faisait parcourir fièrement, les avenues de la Ville Lumières, me ressassant toujours ses mêmes rêves de grandeur et me taquinant sur ‘’le temps que je perdais bêtement à faire de longues études inutiles…’’me promettant gravement, et le pus sincèrement du monde, que j’étais son seul et unique véritable ami ; que notre amitié sera #éternelle et qu’à son retour, je serai son associé et son conseiller au sein de la grande entreprise commerciale qu’il allait fonder à Tunis.

Hamadi, me cacha longtemps, avant de m’avouer alors en rigolant, qu’il commençait à devenir riche…il m’emmena avec lui quelques fois dans sa tournée des bars, cafés et restaurants parisiens dans lesquels il avait de fidèles clients.

Au volant d’une petite fourgonnette de service dont la malle était bourrée d’effets, il s’arrêtait chaque fois devant un établissement différent, me laissant dans la voiture, il s’absentait quelques minutes pour revenir avec une liste de commandes de cravates; de pulls et de chemises de marques, puisait dans sa malle les articles commandés, s’absentait de nouveau pour les livrer à ses clients et revenait en souriant les mains pleines de billets…

Lorsque je compris enfin qu’il se faisait ainsi du pognon facile, en se servant dans les marchandises de son ‘’ami’’ et patron polonais, il continua allégrement à se moquer de moi me qualifiant de petit bourgeois ne connaissant rien à la #vraie_vie…

Quelques années plus tard, je le retrouvai à Tunis à la tête d’une petite société de confection, petite société qui ne tarda pas à grandir ; il avait des dizaines d’ouvriers et d’employés, des dizaines de jolies femmes qui virevoltaient autour de lui…et déjà des dizaines de ministres, directeurs et officiers-flics qui lui mangeaient dans la main et qui lui rendaient de nombreux et variés services, pas toujours désintéressés.

Aujourd’hui, il est ce qu’on peut qualifier d’homme d’affaires respecté, toujours assailli ‘’d’amis plus ou moins respectables’’.

Il possède, villas et voitures, et même un ou deux hôtels, s’est marié et a divorcé une bonne dizaine de fois ; il m’a toujours invité à ses mariages et aussi pour fêter ses divorces ; il continue à me taquiner pour avoir toujours refusé de devenir son associé et de n’avoir pas voulu devenir, comme lui, riche et respecté ; je le revois une fois tous les deux ou trois ans ; il me téléphone très souvent ; et chaque fois qu’il apprend que l’un ou l’autre de nos camarades de jeunesse est décédé, il m’appelle pour pleurer au téléphone et invoquer nos années d’insouciance.

#Hamadi est l’un de mes deux ou trois amis dont on peut dire sans conteste que notre #amitié_est_éternelle ; elle est morte depuis longtemps, sans mourir vraiment ; chaque fois que nous nous rencontrons, tous les deux ou trois ans, c’est comme si on s’était quittés la veille…ainsi va la vie ; c’est ce qu’on peut appeler, parmi d’autres, les choses de la vie.

Une autre fois, je vous parlerai d’une autre de mes quelques rares #amitiés_éternelles, qui même mortes de leur belle mort, gardent encore et toujours une petite flamme… qui vacille dans le noir de la vie…

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 13:21

Présentation du personnage et des étapes parcourues qui vous sont proposées.

« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. » Charles Aznavour.

Personnellement je vous parlerai d’un Nabeul que les moins de quarante ans, n’ont seulement pas connu, mais dont ils ne peuvent même pas concevoir qu’il ait pu exister :

Le Nabeul de mon enfance et celui de mon adolescence où les familles musulmanes ou juives, ou encore chrétiennes, françaises, maltaises et italiennes notamment, vivaient dans une paix sociale conviviale, à tel point que certains quartiers abritaient toutes ces confessions et que parfois même, certaines familles juives et musulmanes se partageaient, non seulement la même rue, mais la même maison…

Le Nabeul où les Abdelmoula, Zine ou Ezzine, Gastli ou Castalli/Castelli, Haouet, Kamel ou El-Kamel, Félah, Maamouri Kaddour, Ben-Sedrine, Turki, Aounallah, Ameur, Garali, Kerkenni, Chelly, Khadhar, Fékih, Saad, Dimassi, Gouddi, Hassine, Slimane et Ben-slimène, Sellam et Ben-Abdeslam, Nenna et Ben-Hafsa, Kallel, Bahroune, Bichiou, Belhassen, Boughzala, Hriga, Ben-Chaabane, Zitouna, Chelbi, Marzouki, Mabrouk, Mbarek, Miled, Lassoued et Kort, Zegdane, Gmiha Omrane et Haddad, entre autres[u1] familles musulmanes, vivaient en bonne intelligence avec celles juives, des Youssef, Omrane, Haddad, Uzan, Guez, Chiche, Fartoukh, Gabison, KochKache/Koskas, Valensi, Parienti, Bonan, Kakou, Karila, Cohen et autres ; ou encore avec des familles européennes telles que les Lafitte, Lederley, Giannitrapani, Gabrielli, Paladino, Zorbaïdess, Pidinelli, Camiliari, Caminiti, Orsoni, Orsini, Dimalta, Batista et autres….

Le Nabeul des années 50/60, où sur la plage, toute propre de sable fin, entre ‘’terchet el maamouri’’, ‘’terchet lihoud’’, le Nabeul-plage, Laskala et bien au-delà, devant le club des trières, on voyait déambuler toutes les familles en maillots, les jeunes filles souvent en bikini, sans cache-maillot, sans gêne ni complexes, aux côtés des garçons, courant, sautant, jouant au volley ou au foot et faisant de joyeux plongeons dans l’eau cristalline…

En définitive, le Nabeul de tous les adolescents de ces familles qui étaient sérieusement amoureux ou simplement emmourachés de l’une ou de l’autre de ces adolescentes… au-delà de toute confession ; et parfois même, comme moi, énamouré de toutes ces jeunes et belles musulmanes, juives, françaises et italiennes, en même temps…

Il y a quelques jours, je vous avais promis une promenade souvenirs à travers le Nabeul des années 40/50/60/70/80/90 et dont la plupart d’entre vous n’ont connu que quelques-unes de ses différentes époques; je vais tacher de tenir parole ; ce faisant, vous aurez droit aussi à quelques-unes des facettes du personnage dont quelques-uns seulement d’entre vous, en connaissent plus d’une seule…

Mais d’abord quelques avertissements et/ou précautions :

Mon père, ma mère et tous mes ancêtres connus sont nabeuliens, mais je ne suis pas né à Nabeul, ma famille, comme plusieurs familles de fonctionnaires et/ou de commerçants ayant du bourlinguer à travers le pays et je suis né au Kef, comme j’aurais pu voir le jour à Téboursouk, Tunis, Tozeur ou ailleurs…et c’est pourquoi, avant d’aborder ma vie nabeulienne, je vous proposerai quelques escales ailleurs.

Je suis né et je vis, à une époque où la très grande majorité des familles de ce pays est musulmane….j’ai une certaine disposition à croire, peu ou prou, à la réincarnation des âmes et si musulman, je suis né dans cette vie, il est tout à fait envisageable que dans des vies antérieures, j’aie pu être berbère juif ou romain chrétien, voire barbare nordique croyant en des dieux pluriels, sur cette terre d’Ifrikya, sur ce même cap-bon, en cette même Néapolis ou ailleurs……

Cette même terre envahie et occupée à travers les millénaires par différentes hordes de peuples plus ou moins barbares, plus ou moins hostiles, mais qui tous ont dû être tour à tour phagocytés dans le creuset culturel, dans son sens large de modes et manières de vie, de la société tunisienne en perpétuel remodelage.

A titre de simples exemples, ce n’est pas pur hasard que des dizaines de patronymes et même de prénoms juifs et musulmans sont les mêmes, ni que des têtes de Juifs, de Musulmans, ou mêmes de Français, d’Italiens, de Turcs, voire même de Suédois, soient parfois peu distinguables, parmi la grande variété de têtes simplement tunisiennes…

Au cours d’une enquête sur les ’’poupées de sucre de Nabeul’’, le court métrage dont j’ai écrit le scénario et le texte du narrateur à la demande du jeune cinéaste nabeulien Anis Lassoued, il m’a été donné de faire la connaissance des quelques Juifs qui restaient encore à Nabeul durant les années 96/97.

Ce faisant, j’ai rencontré des juifs nabeuliens qui parlaient ‘’nabeulien’’ mieux que ne peuvent le faire les jeunes nabeuliens musulmans actuels qui ont tous, plus ou moins, perdu le ‘’techtich’’ chantonnant, si caractéristique du patois pur et dur du fond du terreau nabeulien ; juifs dont il était tout à fait impossible de deviner s’ils le sont ou non, à travers leur accoutrement quotidien, dans leur échoppe de cordonnier-chausseur, d’épicier, de gargotier ou de fabricant d’harissa…

J’ai été enfant gâté dans une famille plus ou moins aisée de fonctionnaire moyen, puis de grand commis de l’Etat, fils d’un ancien sadikien, patriote et révolté qui sera plus tard, très mal récompensé par un autre patriote, ayant eu le tort de croire avoir été le seul, à combattre la colonisation, pour la liberté et l’indépendance du pays…

J’ai été élève d’écoles coraniques à Tunis, puis à Nabeul, ânonnant en chœur des bribes de sourates auxquelles je ne comprenais rien, élève du primaire endormi et récalcitrant chaque jour à retourner à l’école, devenant plus tard, au secondaire, quelque peu rebelle et imprévisible…

J’ai été l’élève de Monsieur Graph qui a enseigné la natation sportive à plusieurs générations de nageurs nabeuliens dont très rares sont ceux qui ont survécu à la mort de la natation nabeulienne qui a connu ses années de gloire sous la férule de ce très grand Monsieur qui avait fait de moi un tout jeune champion de Tunisie benjamin et minime ; et dont j’ai déjà publié ici sous pseudo, un portrait essayant de lui rendre justice…et que je vous soumettrai avec plaisir de nouveau.

J’ai été aussi le petit nabeulien des années 50, trop bien habillé parmi les gamins de mon âge, à découvrir le basket, assis, à même la poussière, à marquer le score parterre, derrière la ligne de touche du terrain jouxtant l’hôpital, terrain dont sont très rares parmi vous, ceux qui se souviennent encore et qui se situait juste en face du ‘’Stade Mohamed Ali Chelly’’ sur lequel on a construit depuis le complexe commercial Néapolis…

Mes rares camarades des écoles Sadiki Tunis/Place de France Nabeul (Place des martyrs aujourd’hui) et/ou des lycées Khaznadar et Sadiki, qui sont encore en vie reconnaitront et revivront, avec plaisir et nostalgie, les personnages et les anecdotes que je serai amené à vous relater ici …

J’ai été le basketteur élégant ayant pratiqué le tir en suspension et le double-saut, bien avant leur apprentissage par les basketteurs nabeuliens dont la plupart ne connaissaient alors que le tir à l’arrêt de loin à l’image de feu Mohamed Marzouki, alias #Stop pour les connaisseurs ; ou le tir en course en contre-attaque (à l’instar de René Caminiti, l’inoubliable #Rénato ou le rusé Tahar Bahroune qui déroutait ses adversaires par son regard de travers…). Il y eu cependant de rares exceptions, celle de feu l’irremplaçable Hamadi Chelly pour le tir en suspension ; et celle de Habib Garali l’inénarrable #Bruno pour le double saut suivi du tir acrobatique en cuillère… deux tirs dont je maitrisais déjà doublement la pratique à Khaznadar et à la Zitouna Sports, en minimes et cadets, bien avant…

J’ai été le junior surclassé sénior pour intégrer brièvement l’équipe nationale dirigée par Hamadi Driss puis Bob Saidane ; ce dernier, dont on dit que c’est mon homonyme et cousin Taoufik Haouet (tailleur de son métier) qui l’aurait balafré, lors d’un jour noir à Nabeul, d’un tesson de bouteille, pour avoir jugé qu’il avait fait perdre le Stade Nabeulien par un arbitrage partisan…ce que l’intéressé a toujours démenti…

J’ai été le joueur vedette de la Zitouna Sports avec mes ainés Barbirou, Ben Tahar et Rachid Bey sans oublier le Capitaine entraineur Hamadi Driss qui a fini par me jouer un mauvais tour, me forçant à devenir un joueur très prometteur du Stade Nabeulien, mais un joueur condamné à occuper le banc des remplaçants, parce que le pseudo manager de ce temps-là ne savait pas utiliser un joueur d’exception ; joueur qui a fini par perdre et sa patience et ses dons….à regarder jouer une équipe ne sachant se baser sur aucune combinaison, à part la course de contrattaque des 5 joueurs inamovibles sous la houlette d’un capitaine alors, déjà vieillissant et ventru, mais toujours omnipotent et omniprésent sur le terrain, quoique souvent ne pouvant même plus, respirer ou faire une passe en marchant…

J’ai été l’étudiant plus ou moins brillant, mais toujours rebelle sinon arrogant à Kassar-Said Tunis, puis à l’Institut Supérieur des Sports de Paris Vincennes…

J’ai été professeur d’éducation physique dans des lycées et collèges, à Carthage, au Kef, à Sousse, à Zaghouan ; puis fonctionnaire au ministère de la jeunesse et des sports durant ses années de gloire et de décadence…

J’ai été inspecteur régional de ce ministère à Nabeul (puis directeur régional de ce secteur) durant ces années 1970/1977 où les écoles et lycées du Cap-bon, notamment ceux de Nabeul, raflaient les coupes et les championnats scolaires…; et plus nombreux seront probablement mes élèves et collègues qui ont connu cette étape et qui en revivront avec moi, (peut-être), avec plaisir certains de nos souvenirs communs ou parallèles…

J’ai été celui qui a tout claqué à l’âge de 37 ans pour reprendre, avec une détermination sans égale, des études supérieures abandonnées des décennies auparavant, et pouvoir intégrer l’Enseignement Supérieur, avec un DESS des Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS) à l’Ecole Normale Supérieure de Paris-Vincennes et un Doctorat de Sociologie de la Connaissances et des idéologies, à Paris7 Jussieu…

Certains de mes étudiants et collègues de cette époque relativement plus proche (de l’ISSEP Kassar-Said et plus généralement de l’Université de Tunis I) trouveront aussi ici, matière à souvenir et éventuellement nostalgie…

J’ai été, à différentes périodes, l’entraineur-manager du Stade Nabeulien qui a créé le plus de problèmes aux équipes de l’Espérance, de l’Etoile de Sousse et de Radés et même à la Zitouna entrainée alors par le renard Hamadi Driss que j’ai épuisé par les changements de tactiques et que je suis arrivé à battre sur le fil après avoir été mené de 20 points.

Je me souviens aussi d’un jour à Sousse, où empêché d’entrer sur le terrain par les soussiens qui se méfiaient de moi, j’ai ‘’managé’’ à travers le grillage en soufflant les consignes à mon ami le docteur Rachid Mbarek. Ce jour-là nous avions rendu fou l’entraineur adverse en faisant entrer tour à tour sur le terrain, les deux frères Benna (pour la première fois pour ces derniers), les frères Belhassen et les deux Taoufik Ben Abdallah…

J’ai été, j’ai été, j’ai été ….oui, je sais il semble bien que je souffre d’une drôle d’inflation du JE, je peux même, à la limite, rivaliser avec l’immense Ego Bajboujien….je n’en rajouterai plus, passons au présent.

Je suis, au jour d’aujourd’hui, le retraité qui, depuis quelques années déjà, lit et relit des dizaines d’anciens et nouveaux ouvrages, d’histoire, de littérature, de politique et de science-fiction ; et égrène ses souvenirs mixés à quelques modestes réflexions, non pas pour lui seul, mais surtout pour mes enfants et ma famille, pour mes amis et, plus généralement, pour ceux qui, surement nombreux, ont parfois, ici ou là, croisé ne serait-ce que pour un moment, ma longue route…

Je vous souhaite à toutes et à tous, une bonne promenade durant laquelle vous m’excuserez certaines lenteurs et longueurs, surtout vous les plus jeunes, à qui la vie d’aujourd’hui ne laisse pas toujours le temps de vous arrêter, pour prendre le temps…

Ce-dont je serai le dernier à vous en vouloir….

[u1]Ces familles étant citées à titre indicatif et pas du tout exclusif…

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 14:35

 

J'ai plusieurs fois utilisé le néologisme #NaziSionisme, parallèlement à celui de #NaziIslamisme, ce qui m'a valu d'être interpelé par plusieurs personnes sur les réseaux sociaux, je leur expose donc, à nouveau, mon point de vue ci dessous...

 

Du concept nouveau #NaziSionisme
#USIsraéloAustraloEuropéen,
résumé en #UsraëlEurop
ou en plus court  #Usraël …



Le Nazisme est une notion #dynamique, essentiellement basée sur celle  de « la race aryenne », seule digne de vie.

Les Nazis ont commencé par rassembler les juifs, ce qui n’était qu’une 1ère étape ; d’abord les masser en attentant de décider d’une solution finale, au sujet de laquelle le monde n’est et ne sera jamais d’accord :
Soit les déporter  en dehors de l’Europe, soit les éliminer physiquement, ce qui a commencé à être réalisé, à petite, puis à plus grande échelle…

Les Juifs n’étaient pas les seuls à devoir être « épurés », mais les Nazis n’ont pu aborder les autres étapes concernant Romanichels, Arabes et autres races « inférieures »…

Au milieu du 20ème  siècle, le nazisme s’est  marié à l’impérialisme déjà en vogue, qui dynamique lui aussi, est basé également sur un complexe de « supériorité ethnique », non loin de la notion « de race arienne »,  et considère que seuls les peuples puissants ont le droit de vivre dans le confort économique et social ; et que les richesses des pays incapables, technologiquement d’en profiter, devaient être exploitées au seul profit des races-et-pays capables de les apprécier à leur valeur…

Parmi ces richesses, il y eut d’abord les espaces géographiques razziés par le colonialisme du 17ème, 18ème 19ème, 20ème mais qui se poursuit encore, notamment en Palestine…en même temps que la main d’œuvre bon marché fournie abondamment par les « peuples inférieurs »
Il y eut ensuite voire en même temps, d’autres richesses du sous sol, allant du bois, charbon, pétrole et autres richesses minières tels que l’or, le diamant et autres métaux précieux…jusqu’à l’eau potable (qui aura très bientôt ses guerres ; et pourquoi pas dans quelques temps, l’air respirable…)

L’impérialisme d’abord européen, et dans la foulée, américain, a engendré, naturellement le sionisme qui couvait dans le bain de culpabilité européenne vis-à-vis de la Shoa et dont la déclaration Balfour (1917)  représente le certificat de naissance officielle qui nous amène tout naturellement à ce qui se passe en Palestine depuis 1948.

A la lumière de cette analyse, rapide je le sais bien, le sionisme né en Europe et qui n’était qu’européen, et non pas seulement allemand, est devenu dans sa forme évolutive contemporaine la chose des Américains et autres peuples « évolués », tels que les Israéliens, trop puissants et trop « intelligents », pour se mélanger avec des autochtones sous développés, méritant à peine le droit de vivre sur la terre de leurs ancêtres, dont on a commencé à les expulser (en 1948),  puis à les exproprier jusqu’à ce jour et de plus en plus massivement, grâce justement à la large collaboration internationale, d’abord implicite tacite, puis actuellement plus explicite, avec armements sophistiqués et milliards de milliards de dollars pleuvant comme la pluie, sans oublier  l’appui « mondial » via l’ONU inféodée elle aussi, au « pauvre peuple du Juif errant » menacé dans son existence.... par le ''sale Arabe Palestinien'' dont on en
arrive même à lui dénier la possession historique de la terre de ses ancêtres…

Le Juif persécuté en Europe, par le Nazisme, est ainsi transformé en Europe en Sioniste persécuteur, adepte du Nazi-Sionisme nouveau fléau du monde avec ses lobbys puissants et influents implantés à travers toute la planète y compris dans les pays arabes et/ ou à majorités  musulmanes…

Voila ce que j’appelle et ça n’engage que moi, le #NaziSionisme, israélien d’abord, mais plus largement #Us_Australo_Européen que je ramasse parfois dans cette contraction, à certains yeux abusive, d’#Usraël, étant donné que pour moi Israël est en train de devenir le centre-cœur du « monde évolué »  et que son peuple d’abord « seul élu de Dieu » puis des Hommes», devient du coup, seul digne de confort, voire de vie !!!

Soulignons enfin, pour illustrer l’implantation des lobbys #NaziSionistes  dans les pays arabes, cette intégration blasphématoire de certains pays arabes et musulmans à ce mouvement planétaire officieux, mais combien ravageur qui voit, essentiellement le Qatar, ce petit point minuscule du mappemonde et le Royaume Saoudite ainsi que d’autres principautés ridicules du Golfe Persique se joindre au hallali, conviés qu’ils sont en cela  par les USA (leur véritable Bon Dieu), qui les amènent, sans autre forme de procès, à  renier La Cause Arabe Palestinienne en s’alliant ouvertement à la politique impérialiste ET Sioniste d’Israël contre le peuple arabe et musulman palestinien…

Sans oublier que ces pays arabes et musulmans se trouvent au centre d’un mouvement islamiste intégriste suicidaire de l’Islam originel, dont ils se prétendent Les Protecteurs, mouvement sournoisement encouragé par les Sionistes israéliens et leurs marionnettes américaines…

Ce qui m'autorise à mettre à jour ma liste de néologismes en introduisant celui de #NaziSionIslamisme, (avec son nouvel avatar #daéchien...).ce que j'ai déjà fait depuis quelques temps.

Mais personne n’est obligé d’adopter ces analyses, dont aucuns peuvent considérer que ce sont des raccourcis, ramassés en ce #NaziSionisme, néologisme de départ appelé éventuellement à connaître d'autres filiations; et que je qualifie parfois d’ #UsRaélien, ce qui semble beaucoup déranger #certains que je m’abstiendrai bien de qualifier …  Cordialement !

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 13:22

 

Si le peuple tunisien, ignare politique, par la faute conjuguée de nos deux premiers tyrans, a offert une 3ème tyrannie à Ghannouchi, ce n’est certainement pas à ce dernier de la refuser.

 

Il est admis que Charfi et Jazy, nos défunts démocrates, champions déclarés des droits de l’Homme ont du, certainement sous les menaces de mort de ZABA, rafistoler, chacun à son tour, quelques  articles de la Constitution déjà violée plusieurs fois, par notre super faux-démocrate Bourguiba dans les mêmes desseins de présidence tyrannique prolongée.

 

On pourrait à la limite, pardonner à nos deux défunts ministres, universitaires malades et vieillissants, craignant (tant pour leurs propres vies que pour l’intégrité physique des membres de leurs familles), les colères froides et criminelles du dernier président déchu,

 

Mais, comment accepter qu’un Moncef Marzouki et un Mustapha Ben Jaafar abdiquent et se renient, en  déviant franchement des lignes directrices des politiques arrêtées en commun avec les bases respectives de leurs deux partis.[1]

 

Ces deux partis définis républicains de centre et de gauche, démocrates par essence, anti-tyranniques par définition, présidés par deux hommes se définissant eux-mêmes comme des intellectuels indépendants réfractaires à toute tentative de récupération par le pouvoir  et qui en arrivent à cet état de compromission totale face à l’hégémonie idéologique des Nahdhaouis de l’Assemblée Constituante qui n’éprouvent même plus le besoin de cacher leur soif de pouvoir absolu et qui chargent explicitement ces deux ‘drôles de médecins-présidents’ de maquiller leurs desseins aux yeux d’une certaine élite 'intélo' qui ne demande qu’à se laisser rassurer par des  propos ronflants et contradictoires de leaders qui, non seulement acceptent, mais défendent un régime parlementaire avec des majorités taillées sur mesures pour conforter  une 3ème tyrannie qui n’éprouve aucun scrupule à affubler son essence de Califat par destination, du costume d’une pseudo-démocratie islamique dite ‘hadathiya, mais on ne peut plus ‘Salafiya’ dans les faits.

 

La mascarade jouée avec le concours (dis) gracieux de  MM et MBJ, serait franchement comique avec ces deux présidents réduits au statut de marionnettes, si elle n’était tragique pour notre ‘bon peuple généreux et ignare’ qui n’en finira pas de s’en mordre les doigts, longtemps entraîné qu’il le sera, bardé de chaînes,… vers le mirage d’un paradis déjà perdu !

 

Ce paradis démocratique mort-né dès avant son esquisse via le scénario des fameux spots publicitaires ‘Intikhabèt, Alèche Woukifèche’ où l’on nous détaille (encore aujourd’hui et  si bien), les valeurs d’une certaine démocratie au sein de laquelle tous les Tunisiens vivraient, (c'est-à-dire penseraient et agiraient) comme ils croiraient bon de le faire, sans être contraints dans leurs libertés multiples et variées, tout en s’efforçant de respecter les libertés multiples et variées de leurs concitoyens ; ces libertés qui devraient être garanties, et non pas menacées comme elles le sont déjà, par une constitution en voie de viol collégial par la majorité sous tutelle d’ ‘Ennahdha’ cette fausse Renaissance[2] qui VEUT avoir, vaille que vaille,… la peau de toutes nos libertés !

 

La petite histoire nous dira (bientôt) quel a été le vrai cachet des deux médecins-présidents pour leurs rôles de marionnettes, la grande Histoire ne le leur pardonnera pas…ou si peu !

 

Avec le temps va…avec le temps va,…tout s’en va (Georges Brassens) !

 

Malgré les convictions affichées ! Seules restent les ambitions cachées/ou cachetées !)  (Mézigue alias fidelfisher98).

 

Cet article a été publié le 26/11/2011, aujourd'hui 30/12/2014 beaucoup d'eau a coulé sous les ponts du pseudo_printemps tunisien sournoisement fomenté pour permettre aux islamistes de prendre possession de la Tunisie, pour la désosser de ses droits politiques, civiques et plus généralement humains et la noyer définitivement dans l'obscurantisme religieux conjugué criminellement au #terrorisme_dEtat_nazisionIslamiste.

Un vrai_printemps_quelque_peu_hivernal est en train de clore, les vendus pseudodémocrates cités ici et tous les autres obscurs comparses de l'islamisme tunisien ont été défaits par une société civile, essentielement féminine et de nouveaux partis agrégés à une forte coalition de l'oppostion.

De nouvelles élections, législatives, puis présidentielles viennent de se tenir et qui ont terrassés tous les hypocites marchands de religion et de mauvaise foi poltique.

Depuis quelques semaines déjà une nouvelle assemblée nationale siège à la place de l'assemblée constituante scélérate qui a été forcée de renoncer à imposer une constitution se référant essentiellement à la #sharia  et accepter de la revoir de fond en comble, sous  la pression irrésistible de la société civile insurgée contre la dictature des barbus et de leurs larbins.

Et demain, 31/12/2014 si tout va bien, un nouveau président prêtera serment de servir le pays et d'en respecter la nouvelle Constitution; entretemps le  président déchu, ce vil esclave des islamistes déguisés en faux démocrates, aura été délogé du Palais de la Présidence qu'il a largement confondu avec un hôtel 15 étoiles sous enseigne de Carthage_Plaisance où, pendant près de trois ans, il a dilapidé notre argent.

Et bis repetita :Avec le temps, avec le temps va, tout s'en va....

 

[1] A moins qu’il ne s’agisse, là encore du ‘salaire de la peur’,… revu et corrigé à la mode nahdhouie !

 

[2] Ennahdha est l’équivalent arabe de Renaissance ; et si renaissance il y a en l’occurrence, ce n’est malheureusement ni celle des arts, des lettres ou de la créativité, mas bel et bien … de la Tyrannie, sous toutes ses formes.

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 18:06

 

 

En Tunisie, presque tout le monde sait que le jeune Tunisien est le champion du Monde toutes catégories en jurons blasphématoires dans lesquels il s'ingénie à décliner les culs, le ciel, le père, le fils, le cousin et les voisins de tous les Bons-Dieux réunis dans les vagins des voisines et des cousines de tous le saints désunis.

 

Pour s'en convaincre, si ce n'est déjà fait, je vous suggère d'aller faire un tour à la sortie des lycées des quartiers populeux, ou sur une plage populaire, sans besoin de vous aventurer parmi les supporters déchaînés des clubs tunisois et/ou sur tous les stades de l'intérieur; ce que vous entendrez achèvera de vous convaincre...

 

Il restera alors à préciser que par ‘jeune Tunisien’, il faut entendre toute personne de sexe masculin âgée de 5 à 35 ans (sauf rares exceptions où il reste possible d’inclure dans cette tranche d’âge quelques membres de la gente féminine, en mal de virilité et qui n’ont, à l’occasion, rien à envier à la verve blasphématoire hautement vulgaire masculine).

 

Et, en apparence, mais en apparence seulement, on peut être plus qu’étonné, ces jours ci, de voir, qu’en réaction à la diffusion de ‘Persépolis’, ce film iranien par qui le scandale arrive, plusieurs de ces hordes sauvages de jeunes tunisiens, experts en blasphèmes à leurs heures perdues, se mettent à déferler en vagues furieuses et vengeresses, et à tout saccager, au nom du respect du à la sacralité d’Allah, promettant de bruler et d’assassiner tout ce qui aurait la moindre velléité d’y attenter un tant soit peu…même à travers le songe imagé d’une enfant traumatisée…

 

Or, au-delà de cette contradiction apparente dans le comportement syncrétique de la jeunesse tunisienne, telle que définie par sa tranche d’âge indicative plus qu’exhaustive, il nous faut être attentif à deux facteurs :

 

·       D’une part à l’action politicienne manipulatoire foudroyante des partis islamistes en course pour les élections imminentes du Conseil Constitutionnel qui va sceller pour longtemps l’avenir du pays ;

 

·    d’autre part au fond plus ou moins irrationnel de la religiosité du Tunisien, qu’il soit barbu et enturbanné depuis peu ou prou, imberbe par induction familiale ou par choix moderniste plus personnel, pieux observant tous les préceptes de l’islam ou se limitant au seul jeûne ramadanesque, Tunisien qui, fût-il le plus grand soulard, le plus versé dans la déclinaison des jurons blasphématoires, s’arrête subitement de se saouler  et  de jurer,  la veille même de Ramadhan, pour se replonger dans ses vices favoris, presto illico, la veille même du jour de l’aïd…    

 

Il est donc moins étonnant qu’il ne parait de prime abord que des centaines de milliers de jeunes de tous bords se mettent à manifester et à hurler à qui veut,  et à qui ne veut pas les entendre, leur profond attachement au respect de la sacralité divine et manifester dans le feu de leur réaction, leur désir/intention déclamés de mettre le feu à tous ceux qui auront l’air de vouloir y attenter, d’autant pire, que les politiciens islamistes ont su rebondir sur la connerie d’un minet vieillissant, mais toujours en mal d’exhibitionnisme enfantin ayant à sa disposition un miroir magique dénommé Nessma, dans lequel il n’arrête pas de mirer son narcissisme pathologique.

 

Ah, si Nébil Karoui, puisque c'est de lui qu'il s'agit, pouvait arrêter de faire sa star et se contenter de réorganiser sa petite StarAcadémy maghrégine pour s'amuser, et nous foutre la paix pour un moment...

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 16:36

 

Dans mon dernier post j’ai indiqué comment la simple évocation de la ‘présidence’ en présence d’un ministre vindicatif a suffi à le calmer, lui laissant supposer que j’y avais des protections occultes…Cela se passait à un moment où j’avais déjà des responsabilités importantes de doyen dans un milieu universitaire.

 

Mais quelques années auparavant ZABA déjà, sans le savoir, ni le vouloir vraiment, m’avait permis d’éviter de gros problèmes, notamment concernant une expropriation programmée en véritable épée de Damoclès…via une liste d’errements d’une mauvaise copie de Bourguiba :

 

J’ai maintes fois stigmatisé les comportements tyranniques de Bourguiba et de ceux qui l’ont singé à leur niveau, entendant, comme lui, ‘dire la loi’, décider de tout, selon leur bon plaisir du moment ;  et commencer à exécuter leurs décisions arbitraires, en faisant abstraction non seulement des droits des citoyens qu’ils piétinent résolument, mais parfois même en contradiction flagrante avec le simple bon sens.

 

C’est ainsi que durant les années 1956/60, parmi certaines caricatures grotesques de Bourguiba toutes-puissantes-par-ricochet du pouvoir exorbitant de leur maître, (détenteur sans conteste de toutes les vérités), figurait en bonne place le gouverneur de Nabeul et de Kairouan[1], tout deux réunis sous son joug, un certain Amor Chéchia de triste renommée.

 

Celui-ci avait servi jusqu’en 54/55 comme l’homme des basses œuvres du Bourguiba des années de vache maigre, lorsque le chef fort contesté du néo-destour luttait par tous les moyens, y compris la torture, notamment contre ses opposants au sein de ce même parti, et en particulier les partisans du malchanceux Salah Ben Youssef.

 

Chéchia était ainsi à la tête d’une équipe de tortionnaires, équipe terroriste qui s’employait à punir ceux qui n’étaient pas d’accord avec Le Combattant Suprême, en les enfermant pendant de longues heures, voire des jours entiers,  et en leur infligeant les pires sévices dont le moindre était la bastonnade, et ce dans un sombre local sis à Sabbat Edhlem[2]Avant  de créer sa propre prison secrète, dans le même dessein, à Béni-khalled,  son village.

 

 

Et aussitôt que Bourguiba parvint à assouvir sa soif de pouvoir en se faisant introniser Président d’une république qui n’en demandait pas tant,[3] en destituant au passage le Bey (qui, contraint et forcé, en avait fait son Grand Vizir) et en occupant son palais, Chéchia fut l’un de ceux, nombreux,  qui eurent à bénéficier de parcelles de son pouvoir et qui surent en user et en abuser à satiété…

 

Et comme son idole et modèle, ce Chéchia qui avait pour tout cursus académique quelques années de Koutteb et de Jemaa Ezzitouna, se mit à jouer au réformateur et au bâtisseur de la Cité Idéale, selon ses propres canons, ignares…

 

A Nabeul, il s’en prit tout d’abord à un charmant petit hôtel de type colonial sis sur la plage avec une vaste terrasse donnant directement sur la mer avec une clôture basse en fer forgé artisanal d’une beauté rare ; le ‘Nabeul Plage’ qui avait été dès ses débuts le lieu privilégié de toutes les festivités locales et fêtes familiales de Nabeul.

 

On y organisait des bals hebdomadaires ainsi que  les mariages des familles qui en avaient les moyens. Le ‘Nabeul Plage’ avait par ailleurs une quinzaine de bungalows, enfouis parmi de majestueux arbres pluri-centenaires, qui abritaient les quelques dizaines de pensionnaires, notamment allemands, précurseurs du tourisme nabeulien des années 1960…

 

Le Chéchia, voulant y mettre à tout prix son grain de sel, commença par raser quelques dizaines de platanes majestueux à l’intérieur de l’enceinte ainsi que la totalité des bungalows de cet hôtel pour faire construire en leurs lieux et places des chambres modernes à son goût, ou plutôt, avec une absence de goût criarde…

 

Dans la foulée, il détruisit la petite clôture de la terrasse qui permettait aux clients y installés, de déjeuner ou prendre des rafraîchissements, et d’avoir sous les yeux les sables dorés de la belle plage ainsi que l’azur merveilleux et infini de la méditerranée. Il érigea  à sa place une enceinte de prison, haute de près de deux mètres, destinée selon lui à masquer les futures masses de touristes qu’il entendait y amener ; et à les protéger des regards, à ses yeux indiscrets, de la population locale…Sans réaliser, dans sa  bêtise immense, qu’il pénalisait surtout ces touristes en les privant de la vue d’un panorama magnifique en même temps que d’un environnement naturel des plus poétiques qu’il avait littéralement assassinés, par étouffement systématique…

 

Pire encore, moosieur Chéchia en grand gouverneur de Bourguiba, décida d’agrandir  la surface de cet hôtel pour lui permettre d’accueillir les milliers de touristes qu’il rêvait d’y faire amener et se mit à exproprier, tout seul comme un grand, et sans détour (inutile à ses yeux) via les tribunaux et /ou des textes de loi.

 

Il se contenta de convoquer bulldozers et agents soumis pour démolir alentours une petite dizaine de charmantes maisons de plage dont les propriétaires catastrophés ne purent rien y faire, en dehors d’essayer de se jeter devant les excavatrices enragées qui dévoraient leurs maisonnettes…à l’instar de ce que faisaient déjà en catimini, et de ce que font à plus grande échelle, et aux yeux de l’occident complice, les sionistes d’Israël en terre palestinienne, tous les jours un peu plus colonisée, par les blindés américains destructeurs !

 

Et je me souviens que parmi ces charmantes maisons sauvagement démolies, il y avait le bijou architectural et artistique de la plage de Nabeul, en la maison du Cheik TLATLI, père d’Abdelmadjid, l’artiste et poète connu  et de Khaled, le chroniqueur érudit et brillant, notamment de la TV nationale …

 

Cette toute petite maison était enfouie dans un domaine planté des mêmes arbres majestueux de l’hôtel, avec un puits et une citerne à l’ancienne et des chambres basses aux toits en arcades et arabesques magnifiques, aux murs sertis de mosaïques et de fresques en argile cuite, dessinées avec une patience rare et un goût raffiné auxquels la mentalité imbécile du Super Gouverneur du Super Président, était hermétiquement imperméable.

 

Et tout cela partit irrémédiablement en poussières … gâchis et mauvais goût !

 

Ces agissements expéditifs de brigand, remontèrent jusques aux oreilles présidentielles éclairées du despote en chef ; Bourguiba fit mine de ne pas avoir été consulté et transmit des instructions à son démolisseur en chef qui se calma un tantinet et arrêta d’exproprier abusivement dans cette zone là où le mal était déjà fait.

 

Pour la petite histoire, cet élargissement et cette modernisation du ‘Nabeul Plage’ lui furent fatals, puisqu’ayant perdu définitivement son âme, cet établissement n’eut jamais la côte auprès des touristes, et vendu et revendu à plusieurs reprises, ses acquéreurs successifs y ont perdront tour à tour, leurs illusions et investissements…

 

C’est à croire que le fantôme perfide de son ‘concepteur’ continue de le hanter !

 

Bis repetita placent, le Sieur Chéchia, eut le loisir de visiter, entre autre, la riviera espagnole, pour se familiariser avec les bases du développement touristique dont il ignorait tout (comme tout le reste d’ailleurs).

 

A son retour de ces tournées d’études,  notre gouverneur ignorant décida quelques dizaines de mois plus tard de réaliser une riviera tunisienne et commença son projet à l’envers.

 

Au lieu de procéder d’abord à la construction de la route de corniche qu’il voulait tracer pour desservir les dizaines d’établissements touristiques planifiés, il commença par octroyer généreusement[4] aux futurs hôteliers des terrains expropriés pour cause d’utilité publique[5].

 

Ces commerçants se dépêchèrent de faire construire leurs vastes lots, dont de nombreux espaces étaient situés à proximité immédiate de la mer ; et plusieurs de leurs entrepreneurs poussèrent leur outrecuidance jusqu’à faire déborder leurs ouvrages de leurs espaces originels, en les dotant d’annexes et de bungalows les pieds dans l’eau, … de Hammamet à Nabeul.

 

Exit la route de corniche qui ne disposait plus de tracé pour cheminer le long de la mer ? Que Nenni ! Un Chéchia, comme un Bourguiba, ça ne se trompe pas …et ça désarme encore moins !

 

Entouré de présidents de municipalités dépassés par les événements et d’ingénieurs de ponts et chaussées plus que dociles, il traça, d’abord de son bras tendu décrivant d’autorité les courbes envisagées pour faire passer sa route de corniche, juste derrière les hôtels déjà érigés, et devant ceux qui avaient laissé un espace suffisant devant la mer, il fit ensuite réunir illico presto une équipe d’hommes de l’art qu’il contrôla de près, pour faire passer, sur les papiers techniques ad hoc, son rêve de corniche, sur les cadavres de ce qui restait comme maisons de plage de Nabeul, dont la nôtre et celles de nos voisins !  

 

Fort heureusement, pour nos familles, Chéchia fut empêché par les événements de réaliser notre cauchemar de route touristique qui passerait, à défaut d’une corniche déjà polluée par le béton des hôtels, sur nos maisonnettes.

 

Mais, même après cet empêchement de Chéchia,  son épée de Damoclès demeurera suspendue au-dessus de nos têtes.

 

En effet, bien après ce gouverneur que Bourguiba sera obligé d’embastiller pour diverses malversations sous l’effet des émeutes populaires déclenchées  à la fin des années 60 contre le collectivisme et les coopératives pensées par le super ministre Ahmed Ben Salah et imposées brutalement par les deux gouverneurs Hédi Baccouche et Amor Chéchia [6], ce projet de route de corniche sera systématiquement ressorti des tiroirs par tous les directeurs des ponts et chaussées et tous les présidents de municipalité, durant toute la fin de règne de Bourguiba, …puis, fort heureusement, ZAZA[7], comme le Grand Zorro, est arrivé…

 

Entre 1968 et 1987, les conseils municipaux successifs de Nabeul  empêchèrent les propriétaires de ces maisons de plage de les réaménager, embellir ou même de les restaurer, refusant systématiquement de leur accorder des permis de travaux à entreprendre à cet effet ; ils prétextaient, quand ils daignaient répondre aux requêtes, qu’un projet de route de corniche était programmé qui passerait par cette zone et que dans ces conditions, l’Etat pourra leur reprocher d’avoir accordé des permis de reconstructions susceptibles d’alourdir les indemnités de compensation qu’il serait amené à verser en cas d’expropriation légale[8]

 

Dans le même temps, ce projet de route de corniche sera exhumé à une dizaine de reprises par les pseudo-techniciens régionaux soucieux d’embellir la zone de la plage, soi-disant  pour des visées touristiques, alors qu’ils agissaient uniquement en vue de toucher des royalties confortables de la part des riches entrepreneurs et autres sociétés de promotion immobilière qui louchaient sur des terrains qu’ils croyaient pouvoir acquérir pour une bouchée de pain et les revendre sous forme de villas et duplex somptueux, pour d’autres propriétaires, parmi les nouveaux riches de Nabeul et surtout d’ailleurs…

 

Pendant cette même période, j’occupais les fonctions de directeur régional de la Jeunesse et des Sports et j’avais mes bureaux à Nabeul même, c’est dire que j’étais bien informé de ce qui se tramait dans notre dos et je commençais à sensibiliser les propriétaires de ces maisons, à commencer par mes voisins immédiats, ainsi qu’une poignée de restaurateurs de la zone menacée par ce projet.

 

Pour ce qui me concerne plus directement, je ne me formalisais plus des fins de non recevoir que m’adressait, verbalement, (sic), le chargé des travaux de la municipalité, en réponse à mes demandes écrites d’autorisation de restauration, ni même de ses tentatives d’intimidation ; et je fis construire des pans de clôture ainsi qu’un vaste abri-voiture, puis entrepris des travaux intérieurs importants de consolidation et d’embellissement, prenant certains risques vis-à-vis des autorités locales, qui ne réagirent mystérieusement pas…

 

Au niveau des riverains qui hésitaient à suivre mon exemple et à entreprendre des travaux d’embellissement, je réussis à leur faire signer une première, puis toute une série de pétitions et de rappels que j’adressais de temps à autre à tous les responsables, locaux, régionaux et nationaux, y rappelant l’historique du projet né des méandres de l’esprit malade de Chéchia et de ses malversations diverses et variées, y soulignant surtout l’aberration d’une route de corniche là où il n’y avait plus que l’espace linéaire des 300mètres occupés par nos maisons et tout l’intérêt qu’aurait la municipalité à nous autoriser à embellir nos demeures, quitte à nous imposer un type architectural adapté aux visées touristiques officiellement mises en avant…

 

L’administration bourguibienne n’ayant jamais réagi à ces missives répétées, l’épée de Damoclès était toujours là qui risquait de nous tomber dessus un jour où l’autre, quand survint le coup d’Etat médical de ZABA et surtout le fameux discours pondu par Hédi Baccouche le 7 novembre 1987 et que nous servit ZABA pour nous enflammer et nous ramener sous sa bannière, pas encore mauve, tous ou presque, comme un seul homme…

 

Il nous lisait des passages pathétiques sur les droits de l’homme, sur plus jamais d’injustice, plus jamais de présidence à vie, plus jamais de malversations ni de corruptions…

 

Un mois après je lui adressais une lettre personnelle accompagnée de copies certifiées conformes de nos dernières pétitions, tous documents qui furent réorientés par les services de la présidence, en direction de la municipalité de Nabeul dont le maire était alors, un ami de longue date, un copain de basket et un camarade de classe de Khaznadar que j’avais déjà essayé de convaincre (mais en vain), de laisser tomber ce projet boiteux et de nous réintégrer dans nos pleins-droits de propriété et de jouissance sereine de nos maisons menacées depuis des décades…

 

Jusque-là, mon ami-copain-camarade, monsieur le maire, avait essayé de me convaincre du bien-fondé du projet Chéchia, de l’aspect inesthétique et délabré de ces maisons qui gagneraient à être rasées (sic), pour laisser la place à une belle route de corniche…essayant même de nier toute responsabilité de la commune dans le processus de délabrement qui les a rongées au fil des années, …

 

Mais un jour de début décembre 87, monsieur le maire me téléphona chez moi pour me tenir un discours d’une heure, plein de reproches amicaux, se déclarant surpris de me voir me plaindre auprès de la présidence, m’affirmant que jamais, il ne se serait permis d’entreprendre quelque chose qui aurait nui à notre très longue amitié.

 

Monsieur le maire, mon camarade-ami-copain avait en fait lu des instructions présidentielles manuscrites sur la marge de ma lettre, instructions qui l’incitaient à ne rien entreprendre qui puisse porter atteinte aux droits inaliénables des citoyens, et à s’efforcer d’agir dans le respect des principes de la nouvelle ère de la Tunisie libre et démocratique,… c’était incroyable, mais vrai, pour un temps !

 

Ben Ali qui ne me connaissait ni d’Adam ni d’Eve, venait de me rendre un premier service, via l’esprit du 7novembre tout neuf, qui malheureusement ne devait durer que le temps d’une rose…pour cette Tunisie démocratique, seulement en surface…

 

Le deuxième service de ZABA me fut rendu, quelques années plus tard, lorsque le projet de raser nos maisons, que nous pensions mort de sa belle mort, ressurgit cette fois sous la forme d’un plan d’aménagement d’une zone dite touristique mixte, dans lequel ces maisons laisseraient place à un ensemble de complexes touristiques et d’animation, entendez par là des boites-de-nuit-lupanars, des casinos, des gargotes et restaurants, mixés avec des ensembles résidentiels à étages multiples…

 

Tout cela, encore une fois, localisé juste sur le cadavre de nos maisons et pas ailleurs, là où il y avait de vastes espaces vierges de toute construction !!

 

Cette fois-ci le maire qui s’était embourbé dans ce marécage-traquenard aménagé de longue date par les sociétés de promotion immobilière, via les techniciens véreux de la municipalité, n’était autre que l’expert en finances qui avait servi de témoin à charge dans le procès d’Ahmed Ben Salah et d’Amor Chéchia en 70 ; et qui avait contribué à établir les malversations et falsifications reprochées aux accusés, condamnés depuis…

 

Au cours d’une réunion mémorable, réclamée à ce maire par des demandes écrites individuelles et collectives des riverains concernés, celui-ci commença par exposer son projet et se fit agresser une première fois par plusieurs intervenants ; puis, au moment où il expliquait vouloir dédommager  honnêtement  les riverains dans le cadre d’une convention appropriée, il se fit à nouveau agresser de manière encore plus virulente, et perdant son sang froid, il menaça de faire jouer le principe de l’expropriation.

 

Je me levais alors dans la salle de conseil remplie de citoyens en colère qui, devinant ce que j’allais dire, sachant ce que j’avais fait pour la défense de nos intérêts communs, se mirent à m’applaudir sans que j’eusse encore prononcé un seul mot.

 

Sadok B... le maire me regarda intrigué, il m’avait connu en tant que jeune basketteur du Stade Nabeulien dont il était alors un fervent supporter, mais cela faisait plus de vingt ans qu’on ne s’était plus rencontrés, il me fit un signe de la main m’autorisant à parler. Et pendant dix bonnes minutes, je lui retraçais d’une voix posée qui tranchait avec l’hystérie dans laquelle il s’était laissé entraîner, l’historique détaillé de ce projet navrant…

 

Tout y passa, Amor Chéchia et ses malversations qu’il  était censé   connaître particulièrement bien, les diverses magouilles qui ont accompagné cette tentative répétée  de nous déposséder et  de s’enrichir sur notre dos, les pots de vin sous jacents à ces magouilles, les réclamations cycliques des riverains de leurs droits à embellir leurs propriétés et le silence que la commune leur a chaque fois opposé, nos diverses pétitions et notamment la dernière adressée à ZABA (qui datait déjà de quelques années et alors même que l’esprit de la déclaration du 7novembre n’avait guère plus cours).

 

Je conclus posément en conseillant amicalement à monsieur le maire,  qui n’était après tout que notre concitoyen respecté,  de prendre connaissance, avant toute décision hâtive, des instructions manuscrites que le Président avait consignées à l’intention de notre ami commun Ezzedine Ch...,  sur la marge de ma lettre.

 

La magie du sésame ZABA joua encore une fois, pleinement et contre toute attente.

 

Monsieur le maire me remercia d’une manière contrite et glacée, mais me demanda si j’avais quelque chose d’autre à ajouter, avant de lever la séance daredare … ZABA venait de me rendre un deuxième service… sans même s’en douter.

 

Les nouveaux maires qui se succédèrent, ainsi que les gouverneurs successifs, bien informés de l’historique du projet et des réactions des diverses parties, ont jusqu’à présent évité de menacer nos droits, tel ne fut pourtant pas le cas pour un triste président d’une certaine association locale bidon…

 

Il y a quelques années, peu nombreuses, le spectre de ce projet fut de nouveau agité par un jeune cadre, parvenu trop vite aux hautes sphères du pouvoir, réussissant à se faire nommer parmi la pléthore de conseillers de ZABA, grâce à des accointances douteuses dont on découvre aujourd’hui le caractère, officiellement reconnu maléfique…

 

Mais durant la fin des années 2000, ce monsieur s’était approprié les clés de tous les arcanes de l’administration régionales, et comme tous les opportunistes, il ne se priva pas d’en abuser…et surtout de se faire valoir auprès  de toutes ces administrations …   

 

Il créa en catimini une association de sauvegarde de la médina et en prit d’autorité la présidence en se faisant entourer par une équipe de jeunes nabeuliens motivés par la sauvegarde de leur ville, mais dont la majorité dût très vite déchanter en découvrant que le monsieur avait lancé son association pour servir son image de marque et accroître son pouvoir local.

 

Portant tour à tour sa casquette de 'conseiller de palais' et celle de président de cette association de 'sauvegarde', (censée préserver un patrimoine) il se permit même le luxe de souvent les porter les deux à la fois, en convoquant  littéralement le Mootamed (sous-préfet) ou même le Wali (préfet de région) du moment, pour leur faire faire des tournées de prospection de la plage, en faisant de grands gestes quasi-bourguibiens, en traçant en l’air des lignes et des projets et en les commentant à mi-voix.

 

Ce cinéma se répétant à chaque nomination d’un nouveau responsable régional, je sautai sur l’occasion d’une nouvelle tournée, pour aborder la petite troupe qu’il promenait et adresser au nouveau gouverneur du jour mes salutations de bienvenue.

 

Notre bonhomme fut bien obligé de me présenter à tout le monde et je pris part à la prospection ; bien entendu, cela me permit de lui apporter la contradiction, lorsqu’il fut obligé, malgré ma présence, de continuer à présenter son projet de route de corniche, maintes fois reporté selon lui, ainsi que son projet d’embellissement et d’animation de la zone… comme si son association de sauvegarde de la médina avait vocation de promotion immobilère, par expropriation interposée...

 

Au cours des corrections et compléments que je me fis un plaisir d’apporter à la connaissance de ces responsables qu’il s’évertuait de désinformer, je mis carrément les pieds dans le plat, en rappelant brièvement l’historique, surtout récent de ce fameux projet ; je parlai des pétitions, de ma lettre à ZABA et de ses instructions annotées à la marge de celle-ci, ce qui, ne pouvant être démenti par notre lascar, (qui ne savait plus où se mettre), fit capoter sa tournée de prospection, le gouverneur s’excusant de ne pouvoir rester plus longtemps, s’engouffrant dans sa voiture et quittant rapidement les lieux.

 

Connaissant bien ce genre d’individus, capables de rebondir encore et toujours, je me dépêchais d’adresser copies d'une nouvelle requête  à tous les responsables sectoriels régionaux, Gouvernorat, Commune, Délégation, Ponts et Chaussées, Tourisme, etc. J’y rapportais toutes les péripéties, à commencer par celles  premières d'Amor Chéchia et consorts, jusqu'à celles de ZABA et des derniers présidents de la Commune.

 

Ce petit personnage, c'est maintenant de notoriété publique, a servi, directement et indirectement, pendant ces toutes dernières années, les intérêts maffieux des familles alliées de Ben Ali, dont une bonne partie est actuellement en fuite, qui dans les pays du Golfe, qui au Canada et ailleurs…

 

Il essaie donc de se faire oublier, en se faisant tout petit, mais en bon tourneur de veste professionnel, je ne doute pas du tout qu’un jour prochain, il n'essaiera de refaire surface, dans l’un ou l’autre parti actuellement en quête d’une nouvelle virginité révolutionnaire…

 

Qui vivra verra, j’espère que la jeunesse tunisienne, qui actuellement se bat farouchement contre les nombreuses tentatives de récupération de sa révolution, saura réduire au silence, les voix qui s’élèvent de plus en plus nombreuses, pour prétendre que tous les Tunisiens, y compris les traîtres et les ripoux, devraient avoir droit au chapitre de l’édification de la Tunisie nouvelle, hic et nunc, et ce, sans même le moindre mea culpa.

 

Ô contre-révolution, si jamais tu nous tiens encore…

ce serait à désespérer…de tout !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Je rappelle encore une fois que ZABA est l'acronyme de Zine El Abidine Ben Ali...

 

[1] Bourguiba lui adjoindra même un troisième gouvernorat, celui de Sousse tant il était satisfait de sa mauvaise caricature qui passait son temps à l’imiter et à anticiper ses désirs et ordres, avant de le faire jeter en prison quelques années plus tard.

 

[2] Sabbat (rue couverte quasi-souterraine) Edhlem (obscurité) ; ce local se situait à la Kasbah de Tunis, dans une ruelle sombre serpentant sous de vieilles maisons traditionnellement occupées par les ouvriers des nombreuses teintureries des alentours vivant alors dans des conditions où l’hygiène n’avait pas l’ombre d’une place…

 

[3] L’assemblée Constituante envisageait alors d’établir une Monarchie Constitutionnelle, limitant le pouvoir du bey, en lui adjoignant un Premier Ministre investi des plus larges prérogatives de l’exécutif en la personne de Bourguiba, mais l’appétit venant en mangeant et Bourguiba étant déjà Grand Vizir depuis deux ans, fomenta, avec un cercle restreint de ses collabos, un véritable hold-up en prenant la parole pour attaquer via un discours enflammé, la Régence et le Bey, et se faire désigner par acclamation, en 1957, comme Premier Président de La République Tunisienne ; il enverra dans la foulée, le jour même, Driss Gigua, directeur de la Sûreté Nationale, signifier à Lamine Bey sa destitution et le chasser de son palais, convoité par le Combattant de plus en plus Suprême…Bourguiba se fera introniser, deux décades plus tard, en 1975, Président à Vie, par une autre cour, aux désirs de laquelle, il se déclara prêt d’accéder, en acceptant cette nouvelle marque de confiance qui lui était due…

 

[4] Contre royalties généreuses en retour, s’entend !

 

[5] Guidé en cela par le Combattant Suprême, il se permit  cette fois le luxe, inutile à ses yeux, de recourir aux tribunaux dorénavant aux ordres de l’exécutif bourguibien omnipotent,  pour exproprier expéditivement, mais  dans une forme légale avec publications conséquentes sur le JO  de la République Tunisienne…

 

[6] Comme à chaque soubresaut populaire, Bourguiba se dépêcha de faire porter le chapeau de ses errements à ses collaborateurs : en 1970 la Haute Cour de Justice fut convoquée pour juger et condamner et le  24 mai 1970, elle formula ses accusations : ‘‘haute trahison, manque de loyauté envers le chef de l’Etat, irrégularités financières et administratives, falsifications des statistiques, manœuvres politiques en vue d’accaparer le pouvoir’’ ». Et elle prononça sa sentence : 10 ans de travaux forcés, et 10 autres d’interdiction de séjour avec privation des droits civiques et politiques à l’encontre de Ben Salah ; 5 ans des mêmes peines pour Amor Chéchia ; et une peine de prison avec sursis  pour Hédi Baccouche le futur ex-premier ministre de Ben Ali…

.

[7] Je rappelle, pour ceux qui ne le sauraient pas que ZAZA est l’acronyme De Zine El Abidine Ben Ali le président déchu, déboulonné de son piédestal par le peuple tunisien le 14 janvier 2011.

 

[8] Ce qui était hypocrite et fallacieux de leur part, puisque chacun savait pertinemment que ces indemnités auraient été unilatéralement fixées par les proches collaborateurs de Bourguiba et qu’elles seraient dans tous les cas de figures ridicules pour des maisons en bord de mer qui prenaient au fil des ans, une plus value inestimable, ne serait-ce que sur la seule valeur du mètre carré de terrain, les pieds dans l’eau !

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 19:04

 

Le jour où j’ai eu peur de mes réactions face à ZABA*,

ce « président-qui-connaît-tout-mieux-que-personne !» 

 

 

Durant ma carrière, j’ai été appelé à diriger quelques institutions nationales relevant  de divers ministères.

 

Pendant les années 88/90, j’étais à la tête d’un institut supérieur de formation de cadres de l’enseignement qui, comme la majorité des institutions similaires, était doté d’infrastructures usées jusqu’à la corde, de personnel administratif et ouvrier poussif, de budget dérisoire et de collègues parsemés de quelques intrigants, pâles ‘’RCDéistes’’1 jaloux et incompétents et de ‘‘Khobsistes’’2 frileux, mais fort exigeants envers la direction, presque jamais envers eux-mêmes…

 

Parmi ces ‘‘hauts cadres’’ de la Nation, figurait en bonne place un directeur des études, qui aurait du quitter son poste automatiquement à la fin du mandat de mon prédécesseur, comme l’exige le règlement pour permettre au nouveau boss de constituer une équipe de collaborateurs ne comptant pas trop de saboteurs ni de bras cassés.

 

Mais ce magouilleur invétéré et saboteur très qualifié en  RCDéiste patenté qu’il était, s’est maintenu en place contre vents et marées et contre la volonté même du ministre qui m’avait fait nommer, et ce grâce à des appuis occultes parés de mauve*…

 

Ce qui devait arriver, arriva, après m'avoir cependant laissé quelques mois de répit…

 

Ayant demandé et obtenu, dans les premières semaines, une inspection générale administrative et financière, j’eus en mains une pièce officielle constatant dûment l’état général on ne peut plus médiocre de l’établissement, rapport dans la conclusion duquel étaient énoncées plusieurs mesures urgentes, notamment budgétaires en vue de parer au plus pressé…

 

Bien entendu, ces recommandations adressées au ministère restèrent lettre morte, d’autant plus irrémédiablement qu’un nouveau ministre fut désigné à la tête de la tutelle, bien avant que des fonds de sauvetage puissent être envisagés …

 

Bien entendu, des lettres anonymes ‘‘dénonçant’’ la précarité de l’état des lieux que l’on attribuait courageusement à la ‘‘déficience’’ de ma direction, commencèrent à affluer à l’attention bienveillante du nouveau ministre. 

 

De pareilles lettres avaient déjà atterri de temps à autre sur le bureau de l’ancien ministre, qui bien informé quant à la situation et soupçonnant fortement l’identité de leur courageux auteur anonyme, qui spécifiait chaque fois agir pour le bien de l’institution, les jetait à la poubelle…

 

Bien entendu, connaissant bien moi-même la musique, j’avais décidé d’adresser de temps à autre un rapport de rappel reprenant l’essentiel du document de l’Inspection Générale et ses recommandations, y ajoutant un descriptif encore plus détaillé des carences endémiques qui empiraient, faute de mesures énergiques, notamment financières…

 

Et surtout, ayant eu vent des premières dénonciations et me doutant bien qu’elles allaient redoubler avec la nomination d’un nouveau ministre, j’avais décidé d’adresser une copie personnalisée de mon dernier rapport au Président de la République, sous le couvert de mon ministre…

 

Celui-ci, débarquant juste au ministère, tout occupé à marquer son terrain, à pavaner et à faire semblant d'écouter, ne put prendre connaissance de ce rapport, malheureusement pour lui et pour Le magouilleur en chef.

 

Puisque, ce dernier voulant battre le fer tant qu’il était chaud, lui adressa des copies fraiches de ses œuvres souterraines, toujours anonymes et toujours pour le bien de l’institution…

 

Monsieur le (tout-nouveau) ministre, ne fit, ni une, ni deux et débarqua dans l’institution, sans s’annoncer, imitant en cela ZABA... il dirigea aussitôt vers le restaurant universitaire de l’institut, accompagné de deux délateurs internes qui s’étaient ‘miraculeusement’ tenus prêts à le recevoir, renonçant ‘courageusement’ de leur anonymat protecteur…

 

Chauffé à blanc par mon directeur des études et par une autre taupe RCDéiste en la personne d’un vague secrétaire, monsieur le ministre constatant l’état insalubre du resto et la bouffe immangeable servie aux étudiants, monta sur ses ergots et m’envoya chercher en urgence, avec l'intention de me ''sonner les cloches’ comme il se doit…

 

Dûment informé par le chef cuisine dépêché pour me convoquer (qui s’empressa de me préciser, par qui, le ministre était encadré), je lui dis de retourner au resto et d’annoncer que je le suivais de près…

 

Puis, après m’être efforcé de perdre quelques minutes supplémentaires, je saluai un ministre passablement énervé qui commença à m’agresser verbalement en hurlant, presque...

 

Je lui répliquai calmement, mais ironiquement que nous aurions tout intérêt à continuer cet entretien dans mon bureau, pour que je ne sois pas forcé de lui manquer de respect en public et surtout en présence de deux connards de délateurs patentés…fort connus de la Présidence.

 

Douché par mon calme, ma détermination et surtout par l’allusion magique à la Présidence, monsieur le ministre consentit aisément à me suivre, plantant là le directeur des études et sa vague sentinelle…et c’est tout juste si, déjà en me suivant vers mon bureau, il ne s’excusa pas de s’être laissé emporter…

 

Cet épisode fut bouclé normalement lorsque, dûment informé par mes soins et saisi de copies de mes rapports dont celui à la Présidence, ce ministre, comme pour se faire pardonner, croyant bien à tort, que j’avais des protections occultes, me proposa un poste en son cabinet à la place de mes fonctions du moment…

 

Il faut préciser que nous étions alors au cours de la 2ème année du coup d'Etat du 7 novembre et que ZABA, s’il terrorisait déjà ses collaborateurs et ses ministres, jouait encore aux yeux du bon peuple le rôle du réformateur exigeant et incorruptible…J’ajouterais que bien entendu, je déclinai l’offre du ministre, ce qui ne m’empêchera pas de collaborer avec lui en lui adressant, à la demande, des rapports d’expertise sur des sujets pointus.

 

***********

Quelques années plus tard, je fus désigné à la tête d’un autre institut supérieur de la banlieue de Tunis et je retrouvais, sans réelle surprise, une situation comparable à celle qui prévalait dans le premier… restaurant U lamentable à tout point de vue, routes intérieures défoncées, salles de cours et amphis tiers-mondistes navrants et frigorifiants l’hiver, cuisants en été, administration démunie etc. etc.

 

Ben Ali était alors dans sa période de Président-sait-tout-mieux-que-quiconque, s’affichant à la TV7mauve, en visites quotidiennes dans divers patelins perdus dont il déclarait vouloir développer les infrastructures et y soulager les citoyens via les fonds du fameux 26/26 qui s’avéreront, bien plus tard des fonds quasi-familiaux et personnels…

 

Il débarquait dans ces contrées le plus souvent en hélico, faisait semblant d’écouter les doléances, faisait prendre des notes à ses accompagnateurs empressés, embrassait les vieilles paysannes ébahies et reconnaissantes, caressait les cheveux de quelques bambins et s’envolait…

 

Dans le même temps, il visitait aussi des institutions économiques, sécuritaires, observatoires de météo et autres et même d’enseignement et de recherche scientifique…

 

Bien entendu, il faisait tout ce cinéma pour amuser la galerie et donner l’illusion de ne pas se contenter de présider aux destinées du pays de loin, dans son palais usurpé, et qu’il assumait son rôle d’homme de pouvoir qui privilégie le terrain et qui veut se rendre compte de lui-même de la marche du pays.

 

Il faut reconnaître que ce cinéma a largement fonctionné et lui a rapporté un paquet de dividendes en monnaies sonnantes et trébuchantes et en crédibilité aux yeux de très larges masses du bon peuple, facilement bernées, et même auprès de nombre de personnes se croyant moins crédules…

 

Et si lors de ses bains de foules déguisés en visites surprises, il se donnait des airs bon-enfant, en rabrouant gentiment un Omda par-ci, un Mootamed par-là, leur reprochant leur manque d’efficacité,... dans les institutions il en allait tout autrement…

 

On voyait des chefs d’entreprises ou d’établissements affolés de le voir investir les lieux sans crier gare, et se mettre quelque peu à les bousculer :

 

Le Président, coupant constamment la parole, à l’expert en informatique, pour le contredir en lui affirmant qu’il savait de quoi il parlait ... face à l'officier chef de poste de police, il était arrogant, soulignant avec une ironie vindicative sa qualité d'ex-ministre de l'intérieur, dans le laboratoire de l’expert agronome il en savait davantage que le maître des lieux ; face au médecin, il critiquait et conseillait sans savoir vraiment de quoi il parlait ... et même devant le chercheur consterné par tant d’arrogance ignare, il osait avoir son mot à dire !

 

Bien entendu, tous ses interlocuteurs, même maladroitement bousculés, constamment interrompus et vexés de ne pouvoir s’exprimer ni expliquer, ne se sentaient pas le courage de se rebeller, conscients du danger qu’ils encourraient à oser le contredire… et ils se taisaient, lui laissant immanquablement  et toujours le dernier mot !

 

J’avais quant à moi, une trouille bleue qu’un jour il ne se décidât à venir me faire la leçon dans mon bureau en présence de mes étudiants et de mes collègues enseignants-chercheurs, voire en celle de la majorité du peuple via sa TV7mauve…

 

Ce n’était pas tant lui que je craignais,… j’étais quasi-certain de ne pas pouvoir me contrôler et me taire, j’avais peur de mes réactions et de leurs retombées, surtout sur ma famille et particulièrement mon épouse et mes enfants.

 

Ceux de mes lecteurs qui, dans mes précédentes publications sur ce blog, ont déjà pris connaissance de mes attitudes respectives face à l’inspecteur français raciste Boulogne, face au président du tribunal du Kef et à son procureur qui m’accusaient, à tort, de crime et délit de fuite ou face à d’autres détenteurs de parcelles de pouvoir tyrannique savent combien je suis allergique à leurs velléités d’injustices et combien facilement, je peux me transformer en révolté enragé, risquant de grands ennuis…

 

Mais avec Ben Ali, j’étais vaguement persuadé que je lui devais, ne serait-ce qu’indirectement, quelques services et coups de main dans des situations dans lesquelles je m’étais fourré et d’autres dans lesquelles l’injustice des hommes m’avaient mis en demeure de me rebeller…

 

Et je craignais de me rebeller, d’être irrespectueux et surtout ingrat, face ce président qui même sans le savoir expressément, m’avait pensais-je, rendu ces services, sur lesquels je reviendrais, si Dieu Veut, un jour prochain.

 

Toujours est-il que chaque fois que je voyais ZABA bousculer et vexer ces gens qui s’efforçaient de faire leur travail du mieux qu’ils pouvaient, et ce, dans le seul objectif de se confirmer dans la peau du président-qui-sait-tout-mieux-que-le-meilleur-expert, j’avais réellement peur qu’il vienne me bousculer et qu’il finisse par me faire coffrer au grand dam de ma famille, tant j’étais certain de ne pas pouvoir me laisser humilier, sans réagir…

 

Aujourd’hui, je remercie Allah le Magnanime de m’avoir préservé de devoir être acculé à me rebeller publiquement contre ce ‘tyranneau’ ignare et sans envergure, comparé au Grand Bourguiba qui, lui au moins,  était un tyran éclairé.

 

ZABA, est quant à lui, un-Grand-Brigand-et-tout-petit-homme-ignare-sans-scrupules qui ne sut même pas tirer sa révérence dignement et qui a préféré lâchement fuir son pays en emportant avec lui, l’argent de tout le peuple tunisien qui n’a pas fini de le maudire...

 

Dans le post qui suit, je reviendrai InchaAllah, sur les services que ZABA m’a rendus… sans le savoir, ni le vouloir vraiment…

 

 

*********

 

*ZABA, c'est l'acronyme fort connu des Tunisiens de Zine el Abidine Ben Ali, le président  maffieux déserteur.

*Le mauve étant la couleur de ralliement des 'adorateurs' inconditionnels de ZABA, les inféodés au parti maudit  le RCD.

 

  1 Rcédéistes ce sont, dans le jargon tunisien de ces jours, les adhérents au RCD, Rassemblement Constitutionnel Démocratique ancien parti au pouvoir dissous après la fuite de Ben Ali, parce que complices dans tous les crimes du président maffieux...

 

2 Khobzistes ce sont les gens frileux qui se contentent de se taire et de gagner leur Khobz, pain en tunisien.

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