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Incursions dans une vie antérieure avec retours sarcastiques sur des errements sociopolitiques plus actuels,

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A propos de la route de corniche qui participe de la mort de la plage de Nabeul...

Il y a quelques dizaines d’années un super gouverneur de Bourguiba avait fait un voyage en Espagne…et au lieu de se contenter d’y construire un château et de s’y installer, il est rentré dare-dare à Nabeul pour y copier ‘’une Riviera espagnole’’ avec une route de corniche qui longerait la mer, de Hammamet à Kélibia avec des centaines d’hôtels tout le long…

Le hic c’est que plusieurs hôtels avaient déjà été érigés pratiquement ‘’les pieds dans l’eau‘’ et que cette route de corniche ardemment souhaitée, mais trop tard, n’avait plus de place pour passer entre ces hôtels et la mer…

Je ne sais pas, s’il avait eu la possibilité de le faire, #Amor_Chéchia n’aurait pas décidé de démolir les hôtels pour les reconstruire …derrière sa fameuse corniche…

Amor est mort… Paix à son âme, mais sa corniche a longtemps continué à hanter les rêves éveillés de plusieurs édiles municipaux, surtout à Nabeul…et pendant des dizaines d’années des maires successifs ont tenu à en ressortir le dossier et à le triturer dans tous les sens et le torturer assidûment pour qu’il se plie à leurs désirs hérités et qu’il consente à concevoir une corniche de plusieurs kilomètres, le long de la mer, quitte à démolir tout ce qui se trouverait sur son tracé, (quelques hôtels dont le Prince et une partie des Pyramides, les maisons de la plage traditionnelle, la Rotonde, Dar-Jemour et une partie du Nabeul Plage…l’Auberge de la jeunesse etc…)

Chaque fois les riverains s’opposaient à la réalisation obsessionnelle de ce cauchemar... et le dossier disparaissait pour un temps, plus ou moins long…

Entre-temps, la portion congrue de la corniche a été démolie par la fureur des vagues, et reconstruite à deux reprises, en massacrant chaque fois davantage la plage qui la bordait et qui n’existe même plus aujourd’hui, par de nombreux endroits…pour la simple raison que, conçue au départ, comme construction légère, sans fondations profondes, la balustrade de séparation a, chaque fois, été alourdie par des fondations de plus en plus profondes et bétonnées...

Entre-temps, le lit du oued de Dar Chaabane a été bétonné, puis des masses rocheuses ont été déposées près du ‘’Magic-Life’’pour empêcher la mer d’avancer …et la mer s’est vengée aussitôt en agressant la plage du Riadh ; et en la tuant jusques-aux pieds du Club des Trières qui n'a plus du tout de sable, pour hisser dessus ses voiliers, sur cette plage magnifique qui s'étalait jadis sur des dizaines de mètres, plage aujourd'hui largement gommée, avalée par les eaux…

Entre-temps, la portion congrue de la corniche dont les architectes et les ‘’bâtisseurs’’ ont doublement détruit la plage en s’obstinant à vouloir lutter contre la force de la nature, en renforçant chaque fois les fondations en béton ; et en semant des tonnes de gravats et autres déchets à même le sable, côté mer…

Entre-temps la misérable corniche est devenue, coté route, encore plus misérable et plus exécrable, à force de huiles de fritures, de saloperies diverses, déversées à même la route et sur le trottoir envahi par les motos et les voitures, les kiosques sauvages et les vendeurs à la sauvette qui ne se sauvent pas du tout ; et qui polluent à tout va, …pollution polymorphe, acoustique, organique, visuelle, j’en passe et (non) des meilleures…

Quand ? Mais quand donc, les pseudo-bâtisseurs, chasseurs de contrats foireux, comprendront-ils qu’il faut arrêter de vouloir faire semblant d’arrêter la mer en lui opposant du béton …quand comprendra-t-on qu’on ne peut vaincre la nature qu’à une seule condition…non pas en l’affrontant ‘’’de front’’, (excusez la redondance), mais comme en judo, en en suivant le mouvement et en l’accompagnant pour le contrôler harmonieusement…

Les pseudo-bâtisseurs, ‘’baliseurs’’ de la mer ont échoué partout à prétendre l’arrêter par blocs de béton et masses rocheuses, de La Goulette à Hammam-Lif, en passant par Le kram, Ezzahra, Radés…tout ce qu’ils ont réussi à faire… c’est assassiner les plages, jadis magnifiques…

Il faut, pendant qu’il est encore temps,

• Renoncer définitivement à vouloir contenir la mer, par une ridicule barrière de béton chapeautée par une balustrade, et se contenter d’une simple route asphaltée sans trottoirs et sans autre protection telle que cette hideuse construction en béton qu’on s’obstine à reconstruire et à rafistoler,… permettons à la mer de déborder sur cette route quitte à la réparer partiellement et chaque année, (en chaque début d’été) cette route au cas où elle serait rongée par endroits chaque hiver …la mer, comme elle l’a toujours fait avant, se contentera d’avancer de quelques mètres, qu’elle nous rétrocédera chaque début d’été, sous forme de plage régénérée.

• La régénération de notre plage est à ce prix ; sinon, d’ici quelques années, non seulement, il n’y aura plus de plage sablonneuse, mais plus du tout de barrière de béton et plus de route non plus, devant la Rotonde et le Nabeul Plage qui seront en partie submergés…alors qu’à cet emplacement, il y avait une plage large d’une quinzaine de mètres de sable fin, jusques aux années 60/70…

• Le Nabeul-Plage avec ses constructions en hauteur a été une erreur monumentale…

• Quand on fait barrage au vent de font de mer (par des constructions trop hautes), le vent et la mer s’unissent et se vengent…la mer avance et le vent emporte le sable…

• C’est pour cela qu’il ne faut pas, ou plus, accorder de permis de bâtir pour des constructions plus hautes que les arbres, (un seul niveau) ; et le plus bas possible….à moins d’une centaine de mètres, au moins, de la mer…

• Ce n’est pas un hasard, que là où il y a les maisons basses de la plage traditionnelles, la mer avance et recule cycliquement, sans gommer définitivement la plage ; et ne détruit les constructions que si elles sont trop hautes…

• Ce n’est pas un hasard non plus, que les hôtels qui ont construit trop en hauteur et/ou trop près de la mer, ainsi que les organismes commerciaux qui ont voulu bloquer la mer par des masses rocheuses, n’ont plus d’autre plage… que celle, en voie de disparition, rognée qu’elle est par la mer et le vent invincibles, chaque année un peu plus, chaque hiver un peu plus mortellement…

Nabeul, Tunisie, Septembre 2015.

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