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Incursions dans une vie antérieure avec retours sarcastiques sur des errements sociopolitiques plus actuels,

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Intervention sous forme de conte historique nabeulien

Bonjour,

Répondant favorablement à la demande de certains de mes amis qui sont à l’étranger, ou ayant manqué le rendez-vous pour diverses raisons, ou encore celles ou ceux qui n’ont pu rester jusqu’à la fin, je publie ci-après le texte, revu et complété, de mon intervention du 20 août 2015 à l’espace de Sidi-Slimène à Nabeul…

En avant-propos de mon intervention proprement dite (faite le jeudi 20 août, en dialecte tunisien) et dont je vous propose ici la retraduction à partir de mon texte arabe, j’ai tenu à rappeler à l’assistance de haute qualité, que mon âge et mes capacités affaiblies de focalisation sur le fil de mon discours et sur l’enchaînement des idées y développées, m’obligent à toujours avoir un œil collé à mes papiers ; et je m’en suis excusé, en promettant de tacher de ne pas en abuser…

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Bienvenue à tous…

Je vous remercie de votre présence, comme je remercie chaleureusement les organisateurs de cette rencontre, qui m’ont fait l’honneur de m’en confier l’animation…

Petite introduction…On m’a demandé de vous faire une conférence, en me laissant le choix embarrassant du thème, pourvu que l’on parle de Nabeul et des Nabeuliens, comme j’en ai un peu parlé sur ‘’facebook’’, ce qui a eu l’heur de plaire aux ‘’facebookiens’’ nabeuliens …

Après réflexion, il a été convenu que je ne ferai pas de ‘’conférence’’ au sens strict du terme, bien que j’aie là un texte qui vous sera distribué à la fin, et qui pourrait faire l’objet d’une grande conférence historique se basant partiellement sur mes souvenirs de jeune témoin oculaire de l’époque, et surtout sur une publication scientifique signée par un historien tunisien connu, en la personne du Professeur #Karray_Ksantini de la faculté des lettres de la Manouba sur certains aspects méconnus des événements du cap-bon, en 1952, période durant laquelle Hmeida Haouet mon père était Kéhia et Caïd par intérim à Nabeul…

Ce que j’ai décidé de faire se rapprocherait plutôt, de l’histoire d’un #fdaoui, ce personnage qui parcourait les villages et les campagnes pour y raconter des historiettes se rapportant à des personnages réels ou mythiques, ou encore de l’un des contes de #Abdelaziz_Laroui ayant chaque fois un point d’orgue particulier ‘’mhal chahed’’ …sans prétendre du tout, pouvoir égaler les dons fabuleux de conteur de feu #Laroui (dont j’essaierai cependant d’imiter le débit posé, relativement lent, traduit par les nombreux points de suspension… dans ce texte transcrit à partir du dialecte tunisien, ….)

Ce faisant, je tâcherais toutefois de ne pas quitter la trame historique bien réelle…

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Parmi les personnages dont je vais parler essentiellement figure bien sûr mon père, que certains parmi les moins jeunes d’entre vous ont connu, mais ce sera toujours en relation avec d’autres figures dont certaines ne vous seront pas du tout connues, mais aussi, en relation avec des Nabeuliens plus connus, comme Mohamed Saad, Ahmed Maamouri, Abdelkader Abdelmoula, Taieb et Hédi Bayoudh, Abdesselem Dimassi et d’autres encore…dont (à titre d’exemple) notre chef de file d’aujourd’hui, la véritable encyclopédie de la mémoire collective nabeulienne : Si #Abdelhak_ Lassoued que je salue en le remerciant de sa présence, tout en saluant celui qui me semble marcher résolument sur ses pas et se transformer, lui aussi de jour en jour, en petite encyclopédie nabeulienne, j’ai cité notre fils et frère si #Mohamed_Rached_Khayati que je félicite…

Mais d’abord, permettez-moi de faire un bref rappel du contexte historique dans lequel mon ‘’conte historique nabeulien’’ se déroule…

Nous étions encore en plein, le sous protectorat français… ; et le pays était sous un gouvernement bicéphale, avec d’un côté l’administration autochtone du Bey, ses Ministres, Caïds, Khlifas et Cheikhs, gouvernement en principe autonome, … et de l’autre côté le véritable pouvoir français qui, de simple protectorat, avait glissé vers une véritable occupation coloniale, avec les pleins pouvoirs sur l’action du Bey et de son administration qui étaient contrôlées, au centre (Tunis), par le Résident Général de France en Tunisie ; et à la périphérie (régions), par le ‘’contrôleur civil français’’ qui avait sous ses ordres directs la police et la gendarmerie françaises en temps ‘’normal’’, mais aussi l’armée française, (en coordination avec ses hauts-gradés), durant les émeutes et autres troubles de la vie sociale en pays colonisé…contrôleur qui s’efforçait constamment de mettre la main sur toutes les affaires du Caïdat (et de les contrôler de près)…

C’est dans ces circonstances, qu’après quelques années passées à Tunis, la famille #Hmeida_Haouet s’installa à ‘’Bab Salah’’ dans une maison à étage appartenant à la famille Mansour et rachetée depuis quelques temps par un commerçant en meubles…

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Les premières dispositions prises par si Hmeida révèlent déjà ses attitudes patriotiques et ses penchants pour ce que j’appellerais ‘’le militantisme nabeulien’’, politique, populaire et sportif :

  • Alors que l’Organisation des Scouts Tunisiens était à peine tolérée par le protectorat qui lui imposait plusieurs restrictions, le nouveau Khlifa y inscrivit ses enfants et proches en âge d’y être admis…mon frère #Bédye_Ezzamane âgé de 11 ans, moi-même #Mohamed_Taoufik, âgé de 8 ans et aussi mon jeune oncle #Badreddine_El_Kamel (14 ans) fûmes présentés à #Mohamed_Sfaxi, et confiés à #Habib_El_Abed et #Abdelhak_Lassoued, tous chefs-scouts, de différents grades ; et nous commençâmes à prendre part aux activités scouts, y compris les défilés en ville et les chants patriotiques pourtant interdits…trois années à peine plus tard, ma petite sœur #Lilia_Faouzia fit son entrée dans le groupe scout des filles avec comme cheftaine principale, la grande militante #Essia_Ghalleb …
  • Au plan populaire, et comme la plupart des enfants nabeuliens des couches moyennes, Bédye et moi avons été intégrés, dès nos premiers mois nabeuliens, à un atelier de menuiserie, en l’occurrence celui de feu #Lamine_Ben_Hammamia, alors artisan parmi les meilleurs dont nous devînmes les apprentis attentifs, parmi de nombreux autres … …
  • De même qu’à nôtre premier été nabeulien, mon père nous confia tous à Monsieur #Eugène_Graph pour la pratique de la natation sportive au sein du Stade Nabeulien qui englobait alors la jeunesse nabeulienne dans toutes ses composantes, tunisienne musulmane et juive, ainsi qu’étrangère, avec des enfants de policiers français et de jeunes italiens …

Venons-en maintenant à l’un des personnages dont peu d’entre vous ont entendu parler, il s’agit d’un #fellagh de Ouerdanine (sahel) qui était alors déporté à Nabeul, où curieusement, plusieurs autres figures nationales étaient déportées, comme le grand militant feu #Hédi_Chaker..…ou encore #Hamadi_Bettaieb, un instituteur destourien tunisois, qui comme notre Ouerdani finira par épouser une nabeulienne…

Ce #Ouerdani, condamné donc à la déportation était astreint, matins et après-midi, y compris les dimanches et jours fériés, à venir signer un registre de police et ne pouvait par conséquent trouver de travail régulier pour nourrir sa famille ;… il s’était marié à une jeune nabeulienne fort belle, une certaine #Fadhila d’une famille très pauvre, dont le père venait de mourir, enseveli sous les décombres de ghar-ettfall, du temps où les Nabeuliens voyaient un défilé interminable de charrettes ramenant de l’argile vers les poteries de la ville ; …

Ghar-ettfall était alors une petite montagne argileuse transformée en fromage gruyère par les forages incessants que l’on y faisait et il ne se passait pas une année sans qu’un charretier imprudent ne soit enseveli et secouru, trop tard, pour pouvoir en échapper vivant…

El #Ouerdani ayant approché #Mohamed_Saad et #Abdesslem_Dimassi, responsables de la cellule destourienne, Abdesslem Dimassi (le mari de ma tante Rekaya, sœur de mon père) convint avec celui-ci d’embaucher la jeune dame Fadhila comme aide-ménagère pour assister ma mère dans les trop nombreux travaux de la maison…mais aussi pour servir la cause nationale en rapportant les informations sensibles que mon père transmettait, parfois via sa sœur, ma tante #Rekaya_Haouet_Dimassi, à destination de son mari si Abdesselem, donc de la cellule destourienne ; et plus souvent, en temps de crise, par le biais de Fadhila et son mari El #Ouerdani, quand ma tante Rekaya ne pouvait venir chez nous tous les soirs enveloppée dans son sefsari blanc..…

Je préciserai, pour l’histoire de Nabeul, que ma tante Rekaya cette militante qui s’ignore, a été plus d’une fois sortie de son lit, par mon père qui nous envoyait la chercher, Bédye et moi, souvent accompagnés par mon jeune oncle Badreddine, quand il jugeait devoir transmettre des infos sensibles et urgentes à si Abdesslem….

Bien entendu, l’embauche de Fadhila, femme de résistant déporté, fut inscrite au dossier du Kéhia Hmeida Haouet dont le pouvoir colonial commença tout de suite à se méfier et qui le mit sous surveillance rapprochée…

De son côté, Hmeida Haouet, bénéficiait du support et de l’aide de plusieurs patriotes qui, selon leurs propres fonctions ou positions, pouvaient avoir accès à des informations sensibles et n’hésitaient pas une seconde à entrer en contact avec lui, pour les lui transmettre :

Je citerai parmi ces honorables figures, deux de ses fidèles spahis nabeuliens, #Salah_Saad et #Béchir_Merzoug, qui s’occupaient d’espionner les actions des membres de l’autorité coloniale, tels que le contrôleur civil, le commissaire de police et les brigadiers français, à travers leurs déplacements dans la ville et leurs contacts, les uns avec les autres…

Je citerai ensuite surtout, les défunts, #Mohamed_El_Félah, alors juge cantonal à Nabeul, qui avait accès à certaines données sensibles à travers ses contacts réguliers avec la police et la gendarmerie….#Mohamed_El_Fahem, brigadier local dans la police française et patriote, qui considérait qu’il était d’abord citoyen tunisien avant d’être membre de la police et qui n’hésitait pas à transmettre les infos qui pouvait être utiles à ses concitoyens…#Mohamed_Ameur qui était bien introduit parmi les familles françaises, surtout celles des gradés de la police…

C’est ainsi que mon père si Hmeida, informé à temps, put à plusieurs reprises, éviter que les manifestants nabeuliens ne tombent dans des guets apens meurtriers programmés par la police ou la gendarmerie,… pendant ces années particulièrement mouvementées…

Parenthèse témoignange : J’ai eu récemment confirmation du fait que #Mohamed_Ameur était un militant patriote par une lettre manuscrite signée par #Mohamed_El_Karma et adressée à son ami intime, mon oncle maternel feu #Mustapha_El_Kamel, du fin fond du sud tunisien où il avait été déporté à la fin des années 40 dans un camp militaire, en compagnie, notamment de Mohamed Ameur ‘’le garagiste’’, comme le précisait si Mohamed Karma dans cette lettre retrouvée dans nos archives familiales ; lettre rédigée dans un français fluide et élégant…

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Je vais maintenant vous parler de mon père, tel que je l’ai connu ; et surtout tel que je l’ai découvert plus tard, lorsque j’ai eu l’occasion d’examiner son parcours, moins en tant que fils… et davantage en tant que chercheur ; notamment pour avoir pu étudier son dossier administratif classé aux Archives Nationales, (en ma qualité de sociologue de la connaissance et des idéologies) ; et également tel que décrit par le Professeur El Karraï Ksantini dans sa publication dans ‘’La Revue d’Histoire Maghrébine de la Fondation Abdeljelil Témimi pour la Recherche Scientifique et l’Information, n° 144 en date de janvier 2004….et dont copie, sera disponible pour ceux que cela intéresse…

L’identité complète de mon défunt père se décline comme suit :

Hmeida ben Mohamed, ben Hmeida, ben Mohamed, ben Hmeida ben Mohamed, El HAOUET (ce dernier Mohamed, grand-père de mon propre grand-père était, tout comme lui, tisserand de son métier et plus connu sous l’appellation de #Derouiche El Haouet, dont je dirais quelques mots si on en a le temps…)

Si Hmeida mon père, paix à son âme, est né à Nabeul en janvier 1910 et y décédera le 16 mai 1966…à l’âge de 56 ans, donc 4 ans avant de pouvoir bénéficier de sa pension de retraite….j’y reviendrai.

Il était l’aîné d’une nombreuse phratrie qui a compté autant de mort-nés ou de décès durant la petite enfance, que de survivants dans la famille de mon pauvre tisserand de grand-père, sachant que les enfants survivants épouseront plus tard des membres de plusieurs familles nabeuliennes, telles que les familles, Kamel, Maamouri, Dimassi, Saad, Marzouki, Hassine, Ghérib, Gouddi, et je rapporte ceci, uniquement pour souligner la forte imbrication des familles nabeuliennes, imbrication et nombreuses ramifications qui apparaissent plus clairement à l’examen de notre arbre généalogique qui vous sera projeté et qui montre bien que toutes les familles de Nabeul sont plus ou moins apparentées…

Le jeune Hmeida fit sa scolarité primaire à Nabeul, y a obtenu le certificat d’études primaires et réussi l’examen d’entrée au Collège Sadiki…

En ces temps bénis où les Nabeuliens de Tunis étaient tellement solidaires qu’ils estimaient de leur devoir moral d’accueillir les enfants nabeuliens indigents dont les parents ne pouvaient subvenir à leurs frais d’hébergement et de scolarité, et alors que le jeune Hmeida était destiné par son père à devenir tisserand comme ses ancêtres, un parent de sa mère (Khaddouja Aounallah), #Bakha_El_Kamel qui était auxiliaire médical à l’Hôpital Sadiki à Tunis, s’engagea à le prendre en charge…

Pendant ses ‘’années Sadiki’’, le jeune Hmeida, devenu boursier du Royaume, bien assisté par si Bakha El Kamel, se distingua par son sens aigu de la responsabilité, par son désir exacerbé de réussir dans ses études, mais aussi par son esprit d’étudiant révolté contre le colonialisme… il se fit renvoyer et punir à plusieurs reprises pour avoir participé et conduit des manifestations d’étudiants ;… et également pour avoir distribué des tracts politiques au sein de l’association des anciens de Sadiki qu’il intégra très tôt…

Diplômé de Sadiki et ayant réussi des certificats de Droit Tunisien, il fut recruté en 1931, d’abord en qualité de premier secrétaire au sein du Secrétariat Général du Gouvernement Tunisien… puis en 1934 en qualité de ‘’Moutarjem’’, interprète, étant parfait bilingue, comme la plupart des Sadikiens destinés à gravir les échelons de la fonction publique…

Entre 1935 et 1944, Il fut affecté dans plusieurs villes telles que Gafsa, Tozeur le Kef et Teboursouk, puis à Tunis où il fut de nouveau affecté au secrétariat général du gouvernement en tant que ‘’Moutarjem en Chef’’ ; puis, ayant réussi à un concours interne, en qualité de #Khliha de Tunis-Kasbah…

Par parenthèse de ‘’petite histoire’’, ce fut la première et dernière fois que mon père bénéficia, au cours de sa carrière administrative, d’un bureau officiel confortable, presque luxueux, où gamin je me plaisais à lui rendre visite pour en admirer le mobilier et le magnifique décor d’époque, ainsi que les uniformes impressionnants des chaouchs et spahis affectés à son service…

Par comparaison, le bureau qu’on lui attribua en tant que Khlifa de Nabeul en 1949, à ‘’Dar-El-Bey’’, (quartier général du Caïdat), était d’une indigence lamentable, comme d’ailleurs tous les bureaux de ce Centre du Pouvoir Régional Tunisien, à tel point que le bureau du Caïd lui-même était comparable à un bureau de petit secrétaire plutôt qu’à celui du Premier Responsable de la Région…

Autre petite parenthèse à titre anecdotique, à notre arrivée à Nabeul en 1949, la population locale eut vite fait de nous coller l’appellation de ‘’dar el khlifa’’ et nous servit du ‘’fils du khlifa’’, ‘’fille du khlifa’’, ‘’épouse du khlifa’’, au point d’oblitérer ou presque, notre vrai patronyme HAOUET…

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Si le Professeur Ksantini (ayant eu connaissance de son parcours de militant sadikien) souligne sans s’en étonner, la parfaite symbiose qui s’opéra tout de suite entre le nouveau Khlifa et la société nabeulienne, tant celle besogneuse, que celle des notables et des intellectuels, qui toute entière formait bloc contre la colonisation, il ne savait pas que ce Khlifa descendait d’une famille nabeulienne de tisserands depuis au moins cinq générations ; et il ne savait pas forcément que si Hmeida était en outre, parent plus ou moins proche de chaque nabeulien et de chaque destourien et qu’il ne pouvait qu’épouser la cause commune du petit peuple nabeulien dont il était issu et au sein duquel il a grandi et muri…

Il savait cependant, pour l’avoir lu dans les publications de #Selwa_Khaddar_Zangar, universitaire nabeulienne spécialiste du ‘’Mouvement National’’ et de l’histoire mouvementée du pays, que le Cap Bon et en particulier Nabeul étaient caractérisés par la grande cohésion de leurs couches sociales qui n’intègrent pas de collabos ….et que cette région a été la première à se dresser contre la France coloniale, comme ne cesse de le rappeler notre professeur et grand militant #Abdelhak_Lassoued dans ses prestigieuses et nombreuses interventions, tout en fournissant des dizaines d’exemples de militants nabeuliens, mal connus et mal récompensés…et dont il faudra bien qu’un jour on puisse leur consacrer l’attention nécessaire à la réhabilitation de leur mémoire au sein de l’histoire véritable de notre ville…

Par contre, tout le long de sa publication consacrée aux événements du cap bon de janvier 1952, le professeur Ksantini n’arrête pas de s’étonner de l’attitude inhabituelle de ce représentant du gouvernement tunisien qui n’hésite pas à contrer de front, systématiquement et à répétition, l’action du contrôleur civil de Nabeul (représentant du pouvoir de l’occupant français) et ce, pour protéger les intérêts de ses concitoyens et administrés,… comme il le fit notamment en ce jour où, en janvier 1952, assumant l’intérim du Caïdat, (comme chaque fois que les choses s’envenimaient et que le titulaire du poste #Mohamed_Lajimi se mettait en congé de maladie), il prit part à une réunion d’urgence au bureau du contrôleur qui avait reçu instructions du Résident Général de faire des perquisitions générales, à la recherche d’armes et de résistants cachés dans les maisons de Nabeul et de tous les villages alentours…

Ce jour-là le Caïd Lajimi, vint voir mon père en son bureau et lui dit ’’ Ya si Hmeida, ma santé et mes nerfs ne me permettent plus de supporter le cynisme et la brutalité de ce contrôleur civil qui vient de décider le ratissage de tout le cap bon ; je vous confie la direction du Caïdat et je vous souhaite du courage face à ces dictateurs’’….

Cette réunion houleuse eut lieu en présence, d’une part du contrôleur civil, des officiers de l’armée, des gradés de la gendarmerie et de la police françaises,… et du côté tunisien notamment de #Ahmed_Maamouri, Caïd retraité et militant notoire, #Mohamed_El_Jazy, Président honorifique des tribunaux tunisiens au sein du Ministère de la Justice, #Abdelkader_Abdel_Moula, médecin de l’hôpital, #Mohamed_Saad, Président de la cellule destourienne ainsi que d’autres nabeuliens un peu moins connus…

Elle eut lieu dans une atmosphère de passion exacerbée et d’énervement général, les responsables français étant déterminés à réaliser le fameux ‘’ratissage du cap bon’’ (et essayant de convaincre les Tunisiens présents de le faciliter par leur ‘’coopération’’) …et les patriotes tunisiens et à leur tête, le Caïd par intérim Hmeida Haouet, encore plus déterminés à s’y opposer et à l’empêcher…et ne voilà-t-il pas que Si Hmeida prend la parole le plus calmement du monde pour asséner au contrôleur civil, cette affirmation :

‘’ Vous savez très bien qu’il n’y a pas d’armes cachées, ni dans les maisons ni ailleurs, pour la simple raison qu’elles ont été confisquées par les autorités tunisiennes qui tiennent à éviter les confrontations armées, et ce aussi bien à Grombalia, qu’à Menzel Temin, Tazarka, Maamoura et Hammamet; quant aux citoyens recherchés pour de prétendus actes de sabotage et autres, monsieur Mohamed Saad, ici présent, pourrait très bien (s’il en est d’accord), se charger de les convaincre de se livrer d’eux-mêmes aux autorités tunisiennes et éviter ainsi les inconvénients du ratissage et des fouilles brutales des maisons et de leurs habitants…’’

Cette proposition fut immédiatement acceptée par Mohamed Saad, chef de la cellule destourienne et appuyée par les patriotes présents qui craignaient, tous, les débordements de la soldatesque française connue pour sa brutalité et sa grande sauvagerie…

La discussion s’envenimant, notamment entre les officiers de police d’un côté et Mohamed Saad et Mohamed Jazy de l’autre, le contrôleur civil agressa verbalement ces derniers, ce qui incita le Caïd par intérim Haouet, à s’élever énergiquement contre ces agressions, et à demander au contrôleur civil d’arrêter de crier, en menaçant de quitter la réunion avec tous ses compatriotes…

Ou encore en ces autres jours de ce même mois de janvier 52, au cours de manifestations à Hammamet, à Grombalia, Maamoura ou Tazarka, …où on vit encore ce Caïd par intérim empêcher le contrôleur civil d’attraper un jeune hammametois qui portait le drapeau national, en lui disant que son rôle ne consistait pas à arrêter les gens dans la rue et permettre ainsi au jeune de s’échapper… et de l’empêcher de même en ce même jour, quelques minutes plus tard, d’agresser physiquement monsieur #Amor_Nadhour, secrétaire général de la cellule destourienne locale, que le contrôleur tenait par le cou dans le poste de police, en s’interposant énergiquement entre les deux hommes et en demandant au contrôleur à se calmer….

A Tazarka pendant les perquisitions qui eurent lieu malgré ce qui avait été (presque) convenu avec le contrôleur, on vit le Caïd par intérim Hmeida Haouet montrer avec colère à ce contrôleur civil français, des bijoux de femmes (que lui a remis l’Imam orateur de la mosquée du village, père de si Mahmoud Messâdi, feu #Abderrahmane_Messâdi qui les avait récupérés, dieu sait comment, auprès d’un soldat qui les avait volés)… et lui reprocher avec véhémence et sarcasme, les dépassements de l’armée et de la police françaises, ‘’représentantes du pays des libertés et des droits de l’Homme’’…

Bien entendu ces faits et gestes du Kéhia Hmeida Haouet, furent rapportés aux autorités centrales françaises et la police fut chargée d’espionner tous ses déplacements et de noter les noms de tous ceux qui lui rendaient visite à la maison et surtout à son bureau qui se transformait au fil de ces semaines de braises de janvier 1952, en véritable centre de concertation et de coordination avec ses concitoyens (dûment fichés par la police) comme notamment Mohamed Saad, Abdesselem Dimassi, les deux frères militants Hédi et Sadok Bayoudh et d’autres patriotes…tels que Ahmed Maamouri, le Caïd retraité, ainsi que Mahmoud Maamouri le jeune destourien intellectuel, ou encore Taieb Sellem, les époux Ghalleb et les frères Reguig ou Rékik….

Laissé seul face aux autorité françaises, Si Hmeida n’arrêtait pas de demander le secours de son ministère et de son ministre en particulier, qui demeuraient sourds à ses appels, malgré son insistance ; étant eux-mêmes incapables de s’opposer à ces autorités françaises avec lesquelles le Ministère Chenik était en pourparlers (avec à l’horizon une indépendance encore mal définie à tous points de vue) et avec les divergences internes, déjà affichées, entre #Salah_Ben_Youssef, ministre de ce gouvernement Chenik et le clan bourguibien ; ainsi qu’entre le Gouvernement Lamine-Bey-Chénik et les représentants officiels de la France coloniale de l’autre côté…

Hmeida Haouet, ce nabeulien de souche, se retrouve ainsi isolé à Nabeul, face à un contrôleur civil français de plus en plus agressif… et un Caïd titulaire maladif qui se mettait en congé chaque fois que les choses s’envenimaient,… et il fut ainsi le seul représentant officiel du gouvernement tunisien, avec deux juges d’instruction, à prendre la tête du cortège mortuaire pour l’enterrement des martyrs le surlendemain du massacre du lundi 21 janvier 1952…

Quelques jours avant, en ce jour de marché du vendredi 18 janvier 52, l’arrestation de leaders de premier plan du néo-destour étant parvenue aux oreilles nabeuliennes, une grève fut décrétée… la foule défila en criant des slogans hostiles à l’occupation, sans heurts majeurs avec la soldatesque…signalons ici par parenthèse à plus d’un point significative,… que ce 18 janvier fut choisi par le Kéhia Hmeida Haouet pour prendre l’attache de feu le #Cheikh_Amor_El_Mezghini_Sfaxi, le trésorier de la cellule destourienne, pour régler le solde de sa cotisation et adhérer au néo-destour, faisant fi des recommandations du gouvernement tunisien central qui entendait que ses représentants régionaux et locaux adoptent une position neutre, apolitique, ce qui était une aberration…

C’est aussi, en ce vendredi 18 janvier, que fut programmé une grande manifestation pour le lundi 21 suivant, durant laquelle certains résistants seraient porteurs d’armes blanches et de fusils de chasse pour en découdre avec les soldats et les gendarmes et en tuer si possible quelques-uns….; bien entendu, l’information filtra et l’armée se prépara au massacre avec ce bel alibi ; …cette nouvelle information parvint à son tour aux oreilles de Hmeida Haouet, qui en concertation avec les responsables locaux du destour, parvint à empêcher le port d’armes pour ne pas donner un prétexte gratuit, à un bain de sang froidement programmé…

J’ouvre ici une #nouvelle_ parenthèse pour une info inédite :

En 1952 de jeunes corses dont les parents étaient officiers de police, pratiquaient la natation sportive avec moi dans le groupe entraîné par Monsieur Eugène Graph ; nous étions devenus, tellement liés d’amitié que, durant cet hiver 52 où notre nouvelle maison de la rue Pascal (aujourd’hui rue Ibn Khaldoune) était en finition, juste à côté de l’ancien poste de police et de leur logement y attenant, ils venaient me rejoindre avec ma mère lors de nos visites à notre maison que nous nous préparions à meubler et y aménager…

C’est ainsi que tout naturellement, mes jeunes amis corses, me rapportèrent certaines ‘’discussions familiales’’ les ayant alarmés au sujet du ‘’père de leur ami Taoufik’’ et des dangers qu’il encourait pour s’être ouvertement rangé contre les intérêts de la France (en taisant cette info de gens armés se préparant à attaquer les policiers et gendarmes français)…Mon père était ainsi menacé de mort et au mieux, il risquait d’être arrêté….Je me dépêchai bien entendu de rapporter cette information cruciale à mon père, et celui-ci la mit à profit, pour se protéger, en même temps que les manifestants nabeuliens, en les prévenant des menaces qui pesaient conjointement sur eux …d’autant plus que mon ami corse, m’avait appris que lors de la conversation déroulée entre son père et le contrôleur civil, celui-ci avait cité in extenso, les instructions du Résident Général de France en Tunisie qui avait déclaré : ’’ Je veux des morts, beaucoup de morts, surtout s’il s’avère qu’il y aura des salauds armés, parmi cette racaille d’imbéciles ‘’…

Plus de 62 ans sont passés aujourd’hui, il en faut beaucoup moins pour la prescription des faits… et je peux révéler cette info sans risque de porter tort à mes amis corses, dont l’un a remporté, deux ans plus tard, le titre de champion de Tunisie du 100 et 200m brasse au profit du Stade Nabeulien, juste une année après que #Hédi_Bahroune, nôtre défunt champion l’ait été en premier, devant des nageurs tunisois, tant tunisiens que français ou italiens qui disposaient de piscine pendant plus de six mois, alors que nous ne pouvions nous entraîner à Nabeul, que pendant 2 mois et demi…

J’ai tenu à faire ce témoignage pour enrichir l’histoire de la ville par des faits inconnus ; et aussi pour rappeler, qu’en ces jours bénis de mon enfance, certains jeunes nabeuliens, par-delà leurs nationalités ou leurs religions, étaient liés d’une profonde amitié qui fit qu’un jeune Corse (chrétien), ayant vécu quelques années à Nabeul et ayant rapporté un titre de champion de Tunisie au Stade Nabeulien, n’hésita pas à faire courir à sa famille certains dangers en essayant de protéger celle de son ami (musulman)…Je préciserai ici que, si au cours de mon intervention orale, je me suis permis de citer le nom complet de mon ami, je m’en abstiendrai dans cette version écrite pour ne pas risquer de porter atteinte à la mémoire de sa famille aux yeux de certains Français trop rapidement enclins à accuser de trahison leurs compatriotes sympathisants des luttes de libération, …

J’en reviens maintenant à ce fameux lundi 21 janvier 1952 ; une foule imposante de manifestants se rassembla devant le Caïdat avec à sa tête plusieurs nabeuliennes et en tout premier lieu, l’immense #Essia_Ghalleb, certaines en safsari et d’autres, tête nue ;… le caïd titulaire, pour une fois présent, parvint avec l’aide de si Hmeida à persuader les femmes de quitter le cortège et de rentrer chez elles ; …mais au dernier moment les meneurs du grouper les dissuadèrent de quitter le cortège et quelques minutes plus tard, Si Hmeida entendant les crépitements des armes, se dirigea avec ses spahis #Béchir_Merzoug et #Salah_Saad vers Place de France toute proche, …tandis que le Caïd titulaire se trouva subitement mal et prit un congé de maladie, en prenant auparavant la peine de convoquer le médecin de l’hôpital et de téléphoner l’information au ministère tunisien concerné...

Le reste vous le savez, les morts en martyrs qui auraient pu être beaucoup plus nombreux s’ils avaient été armés, furent d’abord déposés dans l’entrée du hammam avant d’être évacués ensuite avec les blessés vers l’hôpital….

Le jour même, Hmeida Haouet en pleine concertation avec Mohamed Saad, eut la ruse de demander au contrôleur civil ‘’si les autorités françaises allaient permettre à la population nabeulienne d’enterrer ses martyrs ou s’il allait (le contrôleur) s’en charger lui-même au nom de la France occupante’’…et bien entendu, le contrôleur civil, craignant des manifestations encore plus graves et après concertation avec le Résident Général de Tunis, autorisa le Caïdat à superviser la cérémonie de l’enterrement, en promettant que ni la gendarmerie, ni l’armée française ne viendraient en perturber le cours, promesse qui ne fut pas tenue…

En effet, le surlendemain, bien que les autorités centrales françaises et tunisiennes aient convenu de ne pas autoriser la présence de l’armée française au cimetière pour la mise en terre des martyrs, le mercredi 23 janvier, les militaires et la gendarmerie ont, dans un premier temps, empêché la sortie des cercueils des martyrs de la mosquée Sebtia de Bab Salah, après ‘’la prière du mort’’ ; et Hmeida Haouet dut les affronter et se faire menacer de mort, un soldat lui ayant collé sa mitraillette au ventre, (alors que j’étais, gamin de 11 ans, installé sur la terrasse faisant face à la maison de feu Abdelkader Haouet, en compagnie de plusieurs femmes nabeuliennes (dont Fadhila l’épouse de #El_Ouerdeni), les femmes toutes en pleurs et criant ‘’Oh mon dieu, protégez le, ses enfants sont encore tout petits…)

Une demi-heure plus tard, après que le cortège mortuaire eut été autorisé à se diriger vers le ‘’cimetière des oliviers’’ (Jebanet Ezzitoun) Hmeida Haouet, seul officiel à la tête du cortège, dut encore palabrer pendant de longues minutes avec d’autres officiers de la police dont les hommes armés avaient envahi les allées du cimetière, avant que ceux-ci ne quittent enfin le cimetière, …pour se contenter de l’encercler avec la gendarmerie et l’armée et d’observer de loin l’immense foule en colère venue accompagner nos martyrs à leur dernière demeure…

Que nos martyrs reposent en paix, …

Que reposent en paix nos véritables militants.

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Je me permets maintenant une petite digression pour souligner un fait révélateur de la mentalité avant-gardiste de si Hmeida mon père, souvenir qui a marqué ma mémoire de jeune garçon :

Je ne sais pas si, à Nabeul, durant le mois de ramadan, il y a #encore le #bou_tbila qui vient réveiller les gens pour leur denier repas d’avant-jeûne ‘’le shour’’,… ( à titre d’info, à la Marsa il existe encore et il continue de nous réveiller en chantonnant…)

Pendant les années 50, Si #Hamrouni qui habitait près de la maison de feu #Guesmi_Kharraz, le père de notre défunt ami Hassen (paix à leur âme tous)… si Hamrouni donc, était alors le ‘’bou_tbila’’ de Nabeul ; …il avait coutume de venir crier dans la rue, sous nos fenêtres de Bab-Salah en égrenant chacun de nos prénoms précédés de la particule sidi ou lella…’’sidi Hmeida, lella Mongia et même sidi Bédye, sidi Taoufik et lella essghira…

Dès la première semaine du premier ramadan, sur instructions fermes de si Hmeida ce fut dorénavant, ‘’Si Hmeida et non plus sidi, ella Mongia et non lella… et pour les enfants oueldi flen et benti feltana’’….et ce, bien que cette particule de #sidi soit alors, et jusqu’à aujourd’hui, une simple marque de respect et pas du tout de soumission (les enfants aînés de chaque famille avaient alors droit à cette petite distinction de la part de leurs cadets, tenus de les appeler ‘’sidi’’ ou ‘’lella’’, selon leur genre…

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Je voudrais maintenant faire un clin d’œil post mortem à trois de mes instituteurs de l’école franco-arabe (#elmahfar) Place de France, rebaptisée Place des Martyrs en signe de reconnaissance posthume vis-à-vis de ceux qui sont tombés au champ d’honneur en ce 21 janvier funèbre ; …et dont les noms commencent à s’effacer sur la stèle qui leur y est dédiée…

Pour clore momentanément la question de ces événements douloureux, soulignons quand même que c’est grâce à ce soulèvement populaire de tout le cap bon (à la suite de Nabeul), que la Tunisie, put (en déposant une plainte officielle auprès de l’ONU), commencer à gagner son long et douloureux bras de fer avec la France coloniale…On aura beau dire que le Sahel a eu la part du lion dans la lutte de libération ou que d’autres régions ont produit de grands résistants en armes, c’est un fait avéré que c’est au cap bon, grâce à la grande cohésion sociale qui le caractérise, que les choses ont commencé à bien prendre forme (pas particulièrement pour la lutte armée), mais dans les mouvements hostiles et généralisés des foules et de la désobéissance civile de l’ensemble des populations locales.…

Venons-en maintenant à mon clin d’œil :

#Feu_Mohamed_Daghfous a été l’un de mes instits les plus respectés et les plus aimés, il était alors relativement jeune, mais rondelet, avec son petit ventre rebondi qui l’empêchait d’attraper les élèves qu’il voulait châtier en leur tapant sur les doigts avec sa règle ; je me souviens….qu’il avait aménagé un petit piège des deux côtés de sa salle de classe, juste en décalant la première table de 50 cm loin du mur, pour créer un petit espace, où il demandait à l’un de nos camarades bien charpenté, d’amener le garçon à châtier et de l’empêcher d’en sortir pendant que si Mohamed, Allah Yarhmou, faisait mine de lui casser les doigts, …alors qu’il les effleurait à peine du bout de sa règle, ce qui n’empêchait nullement sa victime de crier comme si on l’égorgeait…

Je me souviens que notre camarade chargé par si Mohamed d’attraper le garçon à punir et de le ‘’fourrer’’ (yahchiiiih) littéralement dans, ce que notre vénérable défunt maître appelait, la ‘’#mehchacha’’ (fourreau-piège), avait alors le surnom de ‘’mulet de charrette, (bghal karrita), étant le plus grand et le plus fort parmi nous ; … après la création de ce fourreau-piège par feu si Mohamed, notre copain porta dorénavant le sobriquet de ‘’#bghal_el_mehchacha’’ (mulet du fourreau-piège…).

Je ne sais plus pour quelle raison, nous avions pris l’habitude de nous rassembler devant l’école, après la leçon de si Mohamed Daghfous en 1950/51 ( et pas après celle d’un autre instit )… pour aller faire les idiots dans les ruelles menant à Souk El Balgha et nous attaquer à ce que nous pensions être les maisons de juifs, en tapant sur les portes à coups de pieds…(maisons qui étaient en fait alors occupées en majorité, conjointement, par des familles juives et musulmanes qui se partageaient souvent les pièces d’une même maison) ;… et je me souviens que c’est à la suite de l’une de ces ‘’razzias’’ dont l’écho était parvenu à Si Hmeida mon père que celui-ci me servit ma première vraie raclée, tout en m’expliquant que les juifs nabeuliens étaient tunisiens, autant que lui et moi ; et qu’ils n’étaient pour rien dans qui se passait en Palestine, ( alors que je ne savais rien de ce qui s’y passait… et qui continue de plus belle jusqu’à ce jour…)

Feu si #Mohamed_Ben_Abda a également une place de choix dans mon cœur et dans ma mémoire…il nous enseignait le français et notamment une matière au nom sublime, ‘’la leçon de choses’’ que l’on appelle aujourd’hui, biologie, sciences naturelles ou sciences de la terre et de la vie…et il utilisait, en 1952/53, les méthodes empiriques d’observation, de manipulation et de comparaison qui ne sont généralisées aujourd’hui, en 2015, ni au primaire, ni au secondaire, ni même au supérieur… ; sa grande taille et ses lunettes lui donnaient une apparence extrêmement sévère alors qu’il était en réalité d’une très grande bonté et gentillesse…

Je me souviens qu’il était le seul à organiser pour nous des sorties sur le terrain, …il nous accompagnait sur le sentier qui menait au cimetière juif, sentier qui était alors bordé des deux côtés par les #sénias et les champs de blé parsemés de coquelicots et nous demandait de récolter des herbes, des branches, des fleurs et même, si possible, des lézards et des crapauds…

Il étalait ensuite son mouchoir blanc immaculé au pied d’un majestueux caroubier… et s’adossait à ce dernier pour examiner (et commenter scientifiquement pour nous), notre récolte du jour….RIP Si Mohamed…

Mon troisième instit préféré est monsieur #Couret un Français, originaire de Toulouse, qui m’accordait régulièrement 10/10 en dictée et en grammaire, 8,5/10 en rédaction française et devenait furieux n’hésitant pas à me distribuer des coups de règle plate sur les mollets, parce que je n’arrivais pas à résoudre ses problèmes de temps de remplissage de baignoire à un débit donné de fuite du robinet, ou de temps de croisement de deux trains, d’une certaine vitesse et d’une certaine longueur…mais ce n’est pas pour cela que je le cite à ce tableau de reconnaissance et d’honneur posthumes :

Monsieur Couret, tout français qu’il était, un certain jour de de l’année scolaire 1952/53, alors que nous étions tous dans la cour d’école, en train de crier, des slogans hostiles envers le Résident Général de France (Jean de Hautecloque) et le directeur central de l’instruction publique (Lucien Paye) : ‘’A bas Paye, à bas Paye, Hautecloque aux cabinets’’,… et alors qu’un autre instit français courait derrière l’un d’entre nous pour le punir, monsieur Couret attrapa, d’abord gentiment, son collègue par l’épaule pour l’en empêcher…mais quand celui-ci se débattit et voulut quand même attraper l’élève fuyard, il le prit au cou et lui cria en plein visage ‘’ si tu touches à un seul cheveu de l’un de mes élèves, je te casse la gueule, sale fasciste…’’

Messieurs Ben Abda, Daghfous et Couret firent des mains et des pieds auprès de mon père si Hmeida Haouet pour qu’il me fasse inscrire au Lycée Carnot en 1953, lorsque je fus admis au concours de la sixième, en lui prédisant pour moi un avenir brillant en lettres françaises, en latin et grec (ce que l’on continue d’appeler les #humanités, (‘’les cultures humaines’’, alors que la culture humaine est bien plus large que cette culture, au mieux européenne ; et que l’Egypte, l’Inde, la Chine, la Perse et bien d’autres pays y ont imprimé leur marque indélébile…)

Mon père en Sadikien patriote, ne voulut jamais les entendre, …pas plus qu’il ne consentit à entendre mes propres supplications,… il me disait alors, ‘’tu es le fils d’un Tunisien libre… et fils de Sadikien patriote… tu seras donc, obligatoirement, patriote et Sadikien ….et tu n’iras ni à Carnot, ni ailleurs’’…

Une année et demie plus tard, Bourguiba, (qui ne voulut rien entendre et refusait les avis contraires véhéments à sa décision, tant de la part de Mahmoud Messâdi, que de celle de Mohamed Saad et autres patriotes comme Hamadi Bettaieb, l’instit tunisois déporté et devenu proche de Bourguiba, tous ces responsables, qui connaissaient tous, les attitudes constantes de ce ‘’Kéhia rebelle à l’arrogance coloniale’’), le mit à la retraite d’office,.. en acceptant toutefois, de faire une fleur à Mahmoud Messâdi, et de ne pas confisquer à ce Kéhia-là, ses droits à la retraite, comme il le fit pour un grand nombre de commis d’Etat, Caïds, Kéhias et Khlifas qui ont eu le tort d’avoir été recrutés dans la fonction publique tunisienne, qui n’était pas encore bourguibienne…

  • ‘’Allah Youncir men sbah’’le roi est mort, vive le roi…
  • ‘’Kol dawla tikhdimha rejelha ‘’ chaque Etat est servi par ses propres hommes (même s’ils sont des gamins en matière de gestion politique et administrative…) et l’exemple bourguibien en matière de limogeage des cadres tunisiens et leur remplacement systématique par les partisans inconditionnels de nouveaux gouvernants est, comme vous le savez, largement suivi jusqu’à ce jour…et cet exemple est suivi, non seulement dans notre pays, pais aussi, dans la totalité des pays caractérisés par l’absence de textes et de lois à même de l’empêcher…

’’Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser….dit Montesquieu que je cite de mémoire…et qui ajoute plus loin, (je cite toujours de mémoire) ‘’c’est pour cela que par l’agencement des choses et des lois, le pouvoir puisse arrêter le pouvoir …’’ (le législatif et le judiciaire qui doivent contenir le pouvoir exécutif…) ; alors que c’est souvent le contraire qui a cours chez nous…

Bourguiba ne confisqua pas les droits à la retraite de mon père, (Feu Mahmoud Messâdi, ne cessait de lui répéter, ya ‘’Si Lahbib, je connais très bien l‘homme et la bravoure constante de ses attitudes….’’ et Bourguiba lui répondait, ‘’moi je les connais tous…ils ont tous collaboré avec les contrôleurs civils’’…

Si Hmeida mis au chômage à l’âge de 45 ans put, et dut, se reconvertir comme avocat grâce à ses diplômes de droit, mais il ne survécut pas assez longtemps pour toucher un seul centime de sa pension de Caïd, puisqu’il décéda quatre ans avant l’âge de la retraite après avoir vu quelques-uns des Caïds et Khlifas qui ont, eux, bien ‘’coopéré’’, avec la France coloniale,… devenir gouverneurs et autres grands commis de l’Etat bourguibien…

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Pour ne pas finir sur une note triste je vous soumets cette petite histoire dont la conclusion peut constituer le point d’orgue à ma causerie ; je vous ai parlé plus haut de mon ancêtre tisserand, fileur de soieries de son état et content de l’être à tel point qu’il n’arrêtait de remercier Allah de lui avoir permis d’exercer ce noble métier qu’il adorait ; il n’arrêtait jamais de psalmodier des sourates et des ‘’dou3as’’, tout en filant et en tissant tissus et soieries…à tel point que les Nabeuliens de son époque, au lieu de l’appeler de son vrai nom Mohamed El Haouet l’affublèrent du sobriquet, respectueux, voire obséquieux dans leurs bouches, de #Derouiche_El_Haouet…sachant que le terme ‘’derouiche’’ avait une connotation de sainteté…

Vers le milieu du 19ème il décida d’aller à la Mecque pour le Hadj (pèlerinage) et comme vous le savez, en ces temps-là, (1850, approximativement), on allait aux lieux-saints en caravane de chameaux et mulets et on s’y préparait des mois à l’avance, puisque le voyage durait entre 40 et 60 jours et parfois plus…

Les futurs compagnons du Derouiche n’arrêtaient pas de lui rappeler qu’il devait d’urgence se préparer… et imperturbable et souriant, il ne cessait de les rassurer en leur disant ‘’Incha_Allah, Incha_Allah’’ jusqu’au jour du grand départ…

Le miracle rapporté depuis ces temps, c’est que Derouiche El Haouet était tout le temps avec les pèlerins durant le voyage et durant les tours rituels autour de la Kaaba, en même temps qu’il était à Nabeul, dans son atelier de tissage, en train de servir ses clients et de psalmodier sourates et dou3ates (prières en litanies)…

Lorsque, intrigués par ces faits étranges, ses amis et clients lui demandèrent de les leur expliquer, il s’interrompit dans ses psalmodies un instant et leur dit :

« Allah Kébir, kébir.. wahwa 3ala kolli chay2in kadir, kadir… »

‘’Tout ce que ce je sais, c’est que Allah est Grand, Très Grand et qu’Il Est Capable en tout et Capable de tout … Et il ajoutait invariablement à ses questionneurs :

« Nulle, est la force, qui ne provient d’Allah, … et nul, est le pouvoir qui ne provient de Lui… »

Wa la hawla wa la kouweta illa Billah »

Durant ses dernière années mon père Hmeida, ben Mohamed, ben Hmeida ben Mohamed El derouiche El Haouet fit rénover la tombe de son ancêtre et érigea une petite coupole blanche du côté de la tête, quelques années plus tard, ceux que j’appelle les #sur_musulmans (ces musulmans qui le sont plus que tous les autres à leurs propres yeux) sont venus saccager une grande partie du cimetière et raser la coupole blanche du vénérable Derouiche…

J’ai toujours voulu réaménager cette tombe et en reconstruire la coupole…des raisons multiples m’en ont empêché pendant toutes ces années… …

Il y a quelques années #Taoufik_Haouet a pris l’initiative de réaménager le tout, il a reconstruit la coupole… et y a accolé un carreau de faïence portant les noms et qualités de notre ancêtre commun…

Ce Taoufik, ce n’est pas moi, mais mon cousin homonyme, #Taoufik_ben_Mahmoud_Haouet, connu pour sa grande piété et qui a pour noble métier où il excelle, non pas le tissage des soieries comme mes ancêtres, mais la couture, la haute couture nabeulienne…

Maintenant et ici s’achève mon conte historique nabeulien et j’ai presqu’envie d’ajouter, comme le faisait ma mère et avant elle, ma grand-mère…’’Khrafitna taba taba, wel aam ejjey, tjina saba’’ …

Que Dieu étende sa miséricorde sur tous …‘’Allah Yarham wisameh al jemii…’’

Que Dieu récompense chacun selon ses mérites… ‘’Allah ijazi al jamii kama yestehik…”

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A la fin de ce petit voyage nostalgique et un tantinet tristounet, je tiens à remercier chaleureusement chacun des membres du comité directeur de l’Association pour la Sauvegarde de la Ville de Nabeul, association qui m’a procuré le bonheur de votre rencontre.

Mes remerciements vont en particulier, à Monsieur Zouheir Ben Lamine son Président et à Monsieur Chiheb Ben Hammamia son secrétaire général…

En m’excusant d’avoir été aussi long et en espérant vous avoir été agréable, voire utile à notre mémoire collective, je vous remercie tous, Mesdames et Messieurs, vous qui m’avez fait l’honneur de venir à cette rencontre familiale conviviale et surtout qui avez fait preuve de cette grande qualité d’écoute qui caractérise les gens de qualité…

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Pour être un peu plus complet dans cette version écrite et essayer de rendre compte de l’atmosphère générale de cette rencontre conviviale du jeudi 20 août à sidi Slimène, je ferai les remarques suivantes :

*Monsieur Abdelhak Lassoued, prenant la parole en premier, à la fin de mon intervention, il réaffirma avec force que plusieurs Nabeuliens, à l’image de Ahmed Maamouri, Hmeida Haouet, Abdelkader Abdelmoula, Mohamed Saad, Mohamed Jazy et des dizaines d’autres nabeuliens ont énormément fait pour Nabeul et pour le pays ; et nous avons le devoir de commémorer leurs mémoires et de faire savoir aux nabeuliens d’aujourd’hui et de demain ce que Nabeul et le cap bon leur doivent… Il a cité certaines caractéristiques des uns et des autres et a promis de faire son possible pour, qu’avec tous ceux qui sont à même d’y contribuer, honorer la mémoire de nos vrais militants…il a réaffirmé de même l’apport déterminant de Nabeul et de tout le cap bon, dans la lutte de libération, et notamment les femmes de Nabeul qui ont été les premières Tunisiennes à faire, en grand nombre, une manifestation au cours de laquelle il y eut des martyrs de la Nation et des dizaine de blessés…Faisant allusion aux élections municipales de 1957, pendant lesquelles certains nabeuliens courageux ( et à leur tête Mohamed Saad ) se sont portés candidats sous une liste verte, contre la liste rouge du parti bourguibien qui voulait gagner toutes les circonscriptions du pays, Si Abdelhak a rapporté l’anecdote historique authentique suivante…

Pour éviter tout risque de perdre cette élection locale, sachant qu’à cette époque l’électorat juif était important à Nabeul…et sachant que Mohamed Saad avait eu l’intelligence politique d’intégrer Albert Karila dans sa liste verte, le gouverneur de Nabeul, convoqua le rabbin et lui donna l’ordre de faire jurer (‘’sur la Thora’’) tous les juifs en âge de voter, qu’ils le feront au bénéfice de la liste rouge…

Monsieur Mohamed Saad alerté par les juifs qui tenaient à voter pour la liste verte comprenant l’un de leurs coreligionnaires se concerta avec si Hmeida Haouet qui était pourtant retraité et avait déjà embrassé la carrière d’avocat et rassura l’électorat juif en lui disant qu’il pouvait, sans se parjurer (le panachage étant alors autorisé pour ces premières municipales), laisser un seul nom sur la liste rouge en barrant tous les autres et faire l’inverse sur la liste verte…

La liste rouge fut battue à plates coutures, accusa la liste verte de Mohamed Saad de falsification, porta plainte…mais les résultats furent authentifiés par le juge, compte tenu de la légalité du panachage….

*Monsieur Thameur Saad, fils de feu Mohamed Saad, a pris ensuite la parole… il a confirmé l’authenticité de cette anecdote de 1957, ainsi que le fait que son père s’est chargé (en janvier 1952) de convaincre ceux qui étaient recherchés pour sabotages et autres prétendus crimes, de se rendre aux autorités, pour éviter les dangers des fouilles sauvages des maisons ; il a notamment cité son père qui disait alors aux récalcitrants hésitant à se rendre : ‘’lorsque ces soldats français sauvages seront venus saccager ta maison et frapper ta femme et tes enfants, que vas-tu faire et que vas-tu dire à ta famille ?…’’ ce qui achevait de convaincre le résistant recherché de se rendre, pour éviter de gros ennuis à sa famille…

Thameur a également rappelé que sa famille et son propre père ont été lésés par le pouvoir bourguibien, après l’indépendance, mais que son père qui gardait un grand portrait de Bourguiba dans le salon et ne voulait pas le décrocher, lui disait, ‘’lorsque tu seras plus vieux, tu comprendras que c’est quand même un grand homme’’…et s’adressant plus directement à moi, mon ami Thameur voulut bien m’expliquer que ‘’Bourguiba avait finalement raison…il avait pour lui, la raison d’Etat’’ ( j’y reviendrai)…

*Certains intervenants dont un jeune, dont je n’ai pas retenu le nom, (je m’en excuse), sont venus ensuite contrebalancer ce point de vue et déclarer que si Bourguiba a fait de très bonnes choses, il a commis par ailleurs bien des excès… et laissé son entourage commettre tous les excès possibles et imaginables… ce jeune étudiant a appelé par ailleurs à une révision de l’histoire (qui comme toute histoire a été écrite, modelée et imposée unilatéralement par ceux qui ont eu le pouvoir…)

*Maître Anis El Félah, fils de feu Mohamed El Félah a pris brièvement la parole pour souligner que durant ces années de braises, les responsables de Nabeul étaient à la hauteur de leurs responsabilités et il a cité l’exemple de son père juge cantonal, qui en l’absence de textes et malgré l’opposition des autorités françaises a fait procéder à l’autopsie d’un criminel de droit commun, condamné à mort et pendu ; il a ajouté que ni le juge, ni le médecin légiste n’ont reculé devant l’opposition des autorités françaises…ils ont assumé leur responsabilité ; et cela a fait jurisprudence depuis, en la matière…

******Je me permets de prendre le mot de la fin****** pour rappeler, au risque de déplaire à ceux auprès de qui Bourguiba connait un regain de popularité, voire de vénération, en ces temps pollués par l’intégrisme ravageur , que Habib Bourguiba avait fait sienne la conception de la raison d’Etat qui valait pour certains Rois de France…tels François Premier, qui signait ses décrets en ajoutant après son paraphe ‘’Car tel est mon bon plaisir’’…et Louis XIV (le Roi Soleil, sur l’empire duquel le soleil ne se couchait jamais) qui déclarait à qui voulait l’entendre, ‘’l’Etat, c’est Moi’’.

Je ne veux pas du tout minimiser l’action résolument moderniste de Bourguiba, mais nul ne doit essayer de masquer ses tendances tyranniques et mégalomaniaques fort connues, je n’en citerai qu’un seul exemple parmi des centaines d’autres, celui-ci mettant en scène, comme par hasard, un Nabeulien, un autre grand…

Du temps où l’on fêtait (à coups de milliards) l’anniversaire du Combattant Suprême, qui s’était même proclamé ‘’Combattant Solitaire’’ entendant par là qu’il aurait sorti, tout seul, la France du pays…et alors que Tijani Chelly étant ministre des finances de Hédi Nouira, essayait de rogner un tant soit peu sur le budget d’Etat consacré aux festivités du 3 août, qu’il jugeait excessif, le ‘’Roi Bourguiba’’, président lui-même le conseil des ministres, s’est mis dans une colère noire et s’est tourné vers Nouira en criant ‘’mais qui est cet hurluberlu qui croit pouvoir me dire à MOI, ce que JE peux faire et ce que JE ne peux pas… ? Et Tijani Chelly de ramasser ses documents et de quitter, avec courage et dignité, le Roi et sa Cour réunis…

Bourguiba n’a jamais osé dire explicitement, ‘’l’Etat c’est moi’’ ou encore ‘’tel est mon bon plaisir’’ mais ce qu’il faisait dans les faits, n’était pas loin du tout… de cette conception abusive de l’Etat et de sa pseudo raison. /.

Nabeul Tunisie, août 2015.

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