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Incursions dans une vie antérieure avec retours sarcastiques sur des errements sociopolitiques plus actuels,

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Elle n'est pas belle...la vie-les pieds-dans-l'eau ?

Ephéméride ou petit compte rendu…

Hier, la chaleur suffocante de ce début de fin juillet, vers 19 h, un vent frais a soufflé, se transformant doucement en agréable brise…

De gros nuages gris foncé se sont formés laissant présager, aux yeux de mon épouse exténuée par la chaleur et visiblement aussi à ceux des oiseaux assoiffés, l’arrivée imminente d’ondées rafraîchissantes…

Une nuée de petits oiseaux s’est concentrée, presqu’au raz du gazon virevoltant, en myriade, entre les arbres, les transats et chaises longues, en virages de plus en plus serrés, se poursuivant et se croisant par escadrilles de quatre à cinq, réussissant à s’éviter toujours au dernier centième de seconde, sans jamais se cogner brutalement les becs, toujours gazouillant d’excitation, sans même s’effaroucher des cris et gesticulations d’admiration joyeuse de mon petit-fils sautillant malgré son bras plâtré…

Mais l’instinct des joyeux oiseaux les avait pour une fois trompés ; si mon épouse s’est satisfaite de la brise rafraîchissante et, autant amusée, que mon petit-fils du spectacle de haute et basse voltige croisée des oiseaux ; ces derniers, les pauvres, malgré la frénésie de leurs odes à la pluie, cette dernière a dédaigné leurs appels éperdus et n’a pas daigné y répondre et les satisfaire…

J’eus beau leur proposer de l’eau fraîche dans deux bassines, vexés et frustrés par le rendez-vous manqué avec la pluie, ils ont quitté mon jardin, sans songer à se baigner dans mes bassines, comme le font souvent leurs congénères, ni même y tremper leurs becs pourtant haletants…

Quelques heures plus tard, dans mon lit, si la brise amie parvenait, sans peine, à mon visage …et à l’apaiser, des bruits multiples, à travers mes mêmes persiennes y parvenaient aussi…les uns, ceux des légers clapotis du ressac, tentaient de me bercer…les autres, ceux de bruits intrus, à les en empêcher, avec encore moins de peine…

Il y avait là, la douce musique orientale de la buvette, qui, à force de monotonie se faisait désagréable ; il y avait aussi les décibels occidentaux lâchés sans frein aucun, depuis la piscine de l’hôtel voisin qui était loin d’être plein, et qui m’écorchaient méchamment les tympans, surtout qu’ils s’associaient pour cela et s’entrecoupaient avec la voix, non moins agressive du bellâtre de service, beuglant dans la boite de nuit, du côté opposé mais aussi voisin, et qui s’employait consciencieusement à massacrer de fort belles chansons libanaises qui, pas plus que moi, ne pouvaient rien faire, devant ce châtiment…

Cette cacophonie, vous le comprendrez sans peine, parvenait à étouffer le beau duo de ma brise amie couplée au doux ressac de mon enfance, qui tentait vainement de me bercer…

Les musiques ennemies éteintes enfin, vers deux heures du matin, et à peine assoupi malgré les bavardages ininterrompus, à peine supportables des familles noctambules, non loin étalées sur le sable généreusement empierré de la plage martyre, voilà déjà venus les deux ou trois baigneurs habituels de 4 h du matin qui, ayant probablement fini de se saouler au restaurant-taverne-halal du coin, viennent tenter de se dessaouler en braillant comme des sourds et en poussant les rugissements mi-noyés des lions de mer, que tout jeunes, jadis on poussait la tête à moitié enfoncée sous l’eau…, mais seulement de jour.

Une heure à peine écoulée, durant laquelle j’ai somnolé comme drogué, et voilà venue la voix forte et fortement éraillée du chef de la tribu habituelle qui, de toute l’immensité de la plage, ailleurs déserte d’habitations aucunes, n’entend jamais se baigner ailleurs, que juste devant ma maison, tous les jours, à partir de cinq heures du matin…

Cette voix, ô cette voix combien horrible qui ne peut jamais adopter le parler-normal, mais ne peut exprimer que les hurlements avec lesquels son maître rameute habituellement ses chiens de berger, de la montagne, au loin … dont il vient.

En fait, je ne sais pas d’où il vient l’illustre et vaillant aïeul, je sais seulement qu’il conduit fidèlement sa troupe bruyante sous mes fenêtres, chaque jour que le bon dieu fait …toujours ponctuel, à notre rendez-vous, jamais concerté mais toujours respecté à mes dépens, toujours et tous les jours, sans aucune exception…

Le meilleur ou le pire, à votre choix, je vous le réserve pour la fin et vous rassure…non le conducteur de l’engin à qui j’ai demandé d’aller se faire pendre ailleurs, ne m’a pas écouté ; le conducteur du cribleur de sable de la plage empierrée, est lui aussi, fidèle au rendez-vous ; il m’a fait cependant la fleur, fin de ramadan oblige, de ne plus venir à l’aube raser mes murs ; il vient un peu plus tard, mais son chariot entraîné par son moteur bruyant, emballé sciemment et vicieusement à répétition sous mes fenêtres, son chariot vaste, je vous le jure de nouveau, ne contient pas plus de pierre que le jour où, il y a plus d’une semaine, à vous seuls, je m’en suis plaint, son chariot qu’il traîne pour rien, ne contient rien, absolument rien…rien de rien

Les pierres et les cailloux qui jonchent horriblement la plage de Nabeul, comme la #statue de la chanson du ‘’télégramme’’ d’Yves Montand, sont toujours à la même place, en bonne compagnie de cadavres de bouteilles et de monticules de diverses saloperies ; et aucun employé ou autre officiel, ne songera à les ramasser…’’Les feuilles mortes se ramassent à la pelle…’’ dit encore une autre chanson du même Montand…mais on se souviendra encore l’année prochaine de ma complainte d’aujourd’hui… j’espère être encore là pour constater si les choses auront quelque peu bougé…et si le cribleur de sable, censé ramasser ces saloperies…les ramasse vraiment ou s’il se contente, comme cette année, de caresser le sable, sans jamais rien ramasser…

Nabeul, Tunisie, 23 juillet 2015

Post-scriptum du 24 juillet…

Ce qui me désole aujourd’hui, et à la fois me console, c’est que le vent de terre qui aplatissait la mer pour la rendre encore plus splendide, vient de laisser la place à un vent du sud-est qui est en train d’humidifier l’air, en même temps que de réveiller les vagues qui vont mieux me bercer et qui feront taire, je l’espère, ou au moins couvrir les divers bruits polluants de sommeil ; hélas, vent de terre ou vent de mer, aucun des deux ne contribuera à rendre un peu plus propre le sable empierré et martyrisé, qui faisait jadis la fierté de cette ville balnéaire et de ses anciens citoyens devenus aujourd’hui frustrés….

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