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Incursions dans une vie antérieure avec retours sarcastiques sur des errements sociopolitiques plus actuels,

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C'était dans une autre vie....

C’était dans une autre vie ?

Dans une autre vie peut-être, dans une autre vie, probablement.

J’avais quelques cinquante ans de moins et une infinité d’illusions en plus…mais déjà des prémonitions…..

C’était au cinéma #Le_Mondial de Tunis, je m’en souviens comme si c’était hier ou #demain, je le ressens encore comme si c’était au jour d’aujourd’hui….

On passait un film américain qui avait pour titre #Hawaï…où l’on projetait, en plans-décors, parallèles ; magiques et bouleversants, l’épopée de certaines familles irlandaises et celle des tribus autochtones indiennes qui vivaient encore les dernières années de leur authentique vie saine de peuple fier, libre, heureux et uni….

Quelques jeunes couples irlandais dont les familles avaient été décimées par les épidémies et par la grande famine avaient été contraints à l’exil et à l’aventure de survie et avaient embarqué vers le nouveau monde où les familles autochtones indiennes vivaient encore leur terrestre paradis…

Deux scènes m’avaient étranglé d’émotion…dans la première en premier plan, je voyais le fringuant, jeune et bel homme blond de vingt ans, ayant vaillamment traversé l’océan en serrant contre son cœur sa magnifique jeune épouse blonde qui avait depuis, affronté avec lui, avec courage et constance, tous les dangers de l’intégration au nouveau monde, après ceux, terribles de l’exode, et ceux d’avant…

Ce jeune et fougueux blond, était là devant moi, devenu vite riche fermier argentier ; et aussi vite ’’vieil Alzheimer’’ aux cheveux neige et coton, confondant son épouse morte, avec sa fille sosie née et donnée de leur amour d’hier, il y avait déjà 25 ans …

Il était heureux, le petit vieux, il pleurait de joie devant le beau fantôme vivant de son épouse …il lui chuchotait d’une voix tremblotante d’amour, ‘’tu es là’’… ‘’C’est toi’’ ‘’oh tu es revenue, mon amour’’… .

Sa fille, en sanglots aussi, était enserrée dans les bras faibles de son vieux papa, elle ne disait rien, elle était là, face à lui et face à moi, elle sur son écran projetée, moi dans mon fauteuil enfoncé ; nous étions immobiles et dans nos mondes parallèles, chacun de son côté, mais tous les deux ensemble, d’émotion étranglés…

La deuxième séquence était aussi terrible de triste et magnifique poésie…

On y voyait un vieux sachem, hier encore vaillant jeune guerrier aux cheveux longs, tuant sans merci le visage pâle envahisseur, voleur de ses terres ancestrales, devenu, lui aussi bien trop vite vieux et résigné, malgré ses cheveux auburn, toujours aussi longs… comme ses ancêtres et comme les vieux éléphants dont on dit qu’ils s’enfoncent au cœur de la forêt pour s’y cacher et mourir, il avait embarqué dans sa vielle pirogue et s’était mis à pagayer en cadence en s’enfonçant sous les lianes de plus en plus denses surplombant le fleuve qu’il avait déjà exploré en bande lors des chasses fécondes de sa valeureuse tribu…

Aujourd’hui il est seul, nul compagnon alerte d’antan ne lui tient compagnie et ce qu’il murmure de sa grosse voix grave, à la fois triste et résolue, c’est à ses ancêtres qu’il l’adresse, ses valeureux ancêtres qui l’attendent quelque part, dans un endroit qu’il ne situe pas trop encore, mais dont il est sûr qu’ils vont l’y guider…

Sa longue pirogue flotte à côté d’un vieux crocodile, presqu’aussi long que l’embarcation qu’il frôle, et dont la légende hawaïenne prétend qu’il avait été, dans une vie précédente, un vieux sachem courageux et qu’il est là pour assister à la mort de l’un de ses valeureux et ultimes descendants…

Tous les deux naviguaient ensemble, le vieux guerrier encore vivant vers sa mort dont il psalmodiait doucement les litanies lancinantes ; l’autre, le sachem mort devenu crocodile ne disait rien ; il avait de grosses larmes aux yeux, il ne disait rien, mais il pleurait la mort de celui qu’il allait bientôt croquer, comme le voulait la légende, cette légende des hommes libres et heureux ; pour en faire, demain peut-être, mais cela n’est pas sûr….un croqueur d’hommes libres avant de mourir à son tour, pour donner vie, à un nouveau sachem crocodile croqueur d’hommes libres…; mais, y a-t-il encore d’hommes libres…dans cet enfer, jadis paradis … las, Il n’y a plus que des robots affairés, à leurs moteurs, au mieux de recherche, au pire de course contre le temps…tous enchaînés.

Plus haut, tout au début de ma propre litanie, j’ai fait allusion aux illusions et aux prémonitions miennes…

Ce jour-là en sortant du cinéma, dans une autre vie où il y avait encore des cinémas…ce jour-là, en roulant vers Nabeul qui était alors un #Hawaï aussi beau que le Hawaï original, qui lui, se transformait déjà, de paradis originel, en enfer pour boys américains en mal d’exotisme ; ce jour-là déjà, je le jure, j’avais compris et ressenti que tout comme Capri, Nabeul, ce Nabeul que je chérissais alors encore du moins, ‘’mon Nabeul à moi’’…Ce sera, très bientôt, fini …

La légende nabeulienne prétend depuis des siècles déjà, que la ville ancienne a été engloutie par les eaux… et qu’elle y git encore en ruines….et qu’une ville nouvelle, jadis baptisée Néapolis est née de ses entrailles, à ce jour sous la mer, et pour toujours, y enfouies …

Le sphinx de ses cendres sèches et mouillées, a maintes fois et maintes fois jailli et rejailli depuis, mais à chaque mort et chaque renaissance, il semble bien que sa progéniture, un peu plus vite dégénère ; et que son humus d’humanité, tout comme l’humus de la terre qui le porte, davantage se pourrit….

Une récente étude scientifique a conclu que pour bénéficier de la valeur nutritive d’une seule pomme d’il y a cinquante ans, il faudra en consommer quarante aujourd’hui.

Pour Rousseau ‘’l’homme naît bon, c’est la société qui le pervertit…On a toutes les raisons de le croire, tant paraît évident, que les travers de l’#american_way_ of_life, qui envahissent le monde et le poussent notamment à la surconsommation et à la sur-pollution, ont perverti l’humus d’humanité de l’homme, en même temps que les sociétés d’exploitation intensives et extensives (américaines et plus largement occidentales) épuisaient frénétiquement les couches nourricières de sa terre…

Hier encore Carthage était, non seulement le grenier de Rome, mais elle en était aussi la pépinière fruitière, en même temps qu’avec la Grèce, son génie…

Aujourd’hui le Cap-Bon est encore la pépinière et le vivier du pays…mais à quels prix et pour combien de temps ! La nappe phréatique est tarie tant on y a, mal à propos, puisé ; et chaque jour, les coûts de production et donc de survie, sont davantage exorbitants…

Cerise sur le gâteau mortel, voilà que l’arsenic de l’idéologie terroriste, minutieusement manipulé via les voix pseudo-saintes et les voies présumées sacrées et dont on sait, sans savoir vraiment, l’origine et le mode d’inoculation, pénètre plus profond notre fruit sociétal préalablement apprêté, lobotomisé à souhait et de cancreries bourré, cancérisé …

Et dire, que bien avant le début de cette métastase, la Tunisie et son Cap-Bon pratiquaient le meilleur de l’islam, pacifiste et convivial envers toutes les confessions….toutes les confréries.

C’était décidément…dans une autre vie.

Nabeul Tunisie, 22 juillet 2015.

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