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Incursions dans une vie antérieure avec retours sarcastiques sur des errements sociopolitiques plus actuels,

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Embarras du choix...à votre bon cœur l'ami...

Ami lecteur, fais ton choix pour ce survol d’une longue tranche, condensée, de l’une, des plus banales des vies….

Temps éphémère et temps permanent…

Temps de la mort sempiternelle qui investit en permanence et scande le temps, de l’éphémère vie…

Ou discours à moi-même, si tu ne le pénètres et le saisis…toi, l’éternel alter de mon éphémère ego.

Ou encore, danse avec les maux de mes morts ; et danses en tourbillons avec les éternelles maladresses de mes sempiternelles jérémiades… en petits et grands mots.

Titres et sous titres, en gros, en vrac ou en détail, empaqueté à la pesée ou à la criée selon ton choix.

Bref, « fais ce que voudras » comme le pédagogue permissif avant l’heure, le pantagruélique #Rabelais, un jour lointain, sur le fronton de son école, a écrit.

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C’est une histoire éternelle qui tourne en rond et qui se répète indéfiniment, un peu comme le système dit-permanent du cinéma, au spectacle duquel, les spectateurs se relaient pour assister et souvent s’identifier, aux personnages et aux événements, plus ou moins plaisants…

Des personnes entrent dans la salle, alors que d’autres en sortent, comme on entre dans la vie et comme elle vous quitte, vous excluant de son cinéma qui ne dure qu’un éphémère temps …le temps d’une toujours trop courte vie.

C’est une histoire que chacun ressent à sa façon, une histoire que chacun raconte comme il la ressent…l’un en compose une chansonnette, l’autre en fait plaisanteries, mais pour l’un, comme pour l’autre, la vie, cette loterie tour à tour vorace, capricieuse et magique, peut en faire, à chaque instant, une tragédie, voire pire…une tragicomédie…

Pour moi, c’est une longue histoire en litanie.

Alphonse de Lamartine, plus rarement joyeux que triste, a balisé quelques instants de ses amours heureuses par-devant l’#Indifférence_Suprême par ces vers de son ‘’Lac’’…fameux ; ces vers combien sublimes, …jusqu’à l’impossible… de leur possibilité :

« Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices,

Suspendez votre cours,

Laissez-nous savourer les rapides délices,

Des plus beaux de nos jours ! ».

Jours plus ou moins beaux, plus ou moins stériles, banals ou sublimes selon l’histoire racontée et le scénario que la vie vous a réservé et dont, dans le meilleur des cas, vous ne pouvez en modifier que de légères et infimes minorités ; histoire longue ou précipitée selon le casting aveugle auquel, sans le savoir, vous avez participé…

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Hier, j’avais vingt ans, je collectionnais les amourettes et je flirtais avec le temps…

Auparavant, c’était avant-hier, j’avais cinq ans, j’étais heureux, léger et inconscient,… insoucieux de la vitesse à laquelle passait le temps…

Il y a peu de temps, un tout petit plus tard qu’à cinq ans, je voulus accélérer le temps, ce temps que je trouvais trop long, trop lent…. Et cela déjà, juste à quinze ans !

Et voilà que subitement, le lendemain même, j’eus vite vingt ans, ces sacrés vingt ans que je voulais ardemment avoir et que je voulus garder longtemps, très longtemps…. désespérément :

« Nenni, me dit la vie, tu voulais très vite les avoir, tu as accéléré le temps, tu viens de les avoir, et le jour même tu ne les auras plus, tes sacrés vingt ans… »

Ô, ces sacrés vingt ans que je n’ai eu qu’un jour, nonobstant ma rage à vouloir suspendre le temps…et mon désir impérieux de remonter à contrecourant son cours …même au prix de cette douleur exquise que je ressens à ressasser mes chagrins et mes amputations… amputations dont le temps était déjà venu, bien avant mes vingt ans.

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Un cousin très jeune écolier se fait écraser par un trolleybus en sortant de Sadiki, dévalant trop joyeux pour La Vie Inique ; et trop vite, pour ses flutes frêles… une pente trop abrupte pour que ses gambettes maigrichonnes, ne lui évitent de se faire écraser par le chauffeur assassin, qui n’a pu, non plus, actionner à temps, ses grincheux freins ; et qui l’a du coup, stoppé net dans son élan tendu vers sa mère qu’il était impatient de pouvoir étreindre…

Faute de lui permettre d’embrasser sa maman vivant, la mort avide de sa petite vie a voulu que ce soit sa mère meurtrie qui, une dernière fois, a étreint douloureusement son petit corps, fauché…glacé, ratatiné en plus petit….

J’avais quelques années de plus que lui, mais sa mort m’a appris La Mort…et aussi le chagrin qu’on croit ne jamais pouvoir oublier, et que pourtant on oublie…même si un jeune premier chagrin d’une toute première mort vous marque pour la vie…

Les amputations qui vous crucifient s’accélèrent et s’intensifient ; mais la mort de votre père malade que vous pressentez vous accorde bizarrement un sursis…

Alors que vos proches viennent vous annoncer à l’université le décès de votre père (vous le croyez, vous en êtes sûrs, vous appréhendez le pire), un horrible sentiment de soulagement coupable vous submerge lorsque, on vous apprend que ’’c’est seulement’’ le décès d’un autre cousin, dont s’agit ; cousin ‘’fauché à la fleur de l’âge’’,’’ bon vivant’’ et ‘’plein de vie’’, et le voilà annoncé, mort seul, asphyxié et noyé dans son dernier bain de week-end, alors que tout heureux, il s’apprêtait à rentrer chez lui rejoindre sa famille,…il prenait ainsi, sans le savoir son dernier bain de vie, avant les ablutions de la mort que lui assureront les foutus croque-mort qui, eux, continueront à croquer cette foutue vie…

Passe, passe le temps, on oublie ce que l’on est censé ne jamais oublier…les morts on les enterre, et on y survit ; on les enterre et on leur survit, et à force…on les oublie ! Même si souvent ils ne vous quittent jamais, continuant inlassablement à vous tenir, discrètement et sourdement compagnie…

Hier encore, j’avais à peine vingt-cinq ans, je collectionnais toujours les amours, mais je ne flirtais plus avec le temps ; je commençais à m’en méfier ; seules mes amours m’empêchaient de le haïr… pas pour longtemps, cependant !

Passe, passe le temps, il n’y en a plus pour très longtemps…

Le sursis n’étant que vague délai, le pire… même si vous vous y attendez en l’appréhendant à chaque instant, même si vous l’attendez depuis longtemps, inévitablement il vous surprend !

Vous avez beau savoir votre père blessé à mort dans son honneur de patriote et de militant par un despote plus illuminé qu’éclairé, un tyranneau se tenant toujours droit comme un I minuscule, et se croyant toujours infaillible dans ses jugements, même les plus biaisés par ses idées toutes faites et ses fausses certitudes, au grand jamais revues, ni rectifiées…bien que plus d’une fois, sur les autres, nonchalamment délestées…

Vous avez beau savoir que, devenu diabétique, par l’Injustice du nouveau prince et par l’arrogance du nouvel Autocrate Suprême bien installé dans les certitudes du nouveau gouvernant solitaire et affamé de pouvoir absolu, votre père, l’une de ses nombreuses victimes, après avoir vivoté quelque temps, votre père est mourant ; vous avez beau savoir… sa mort vous surprend davantage même qu’elle ne vous meurtrit.

Elle vous révolte et vous crucifie…

Vous blasphémez de rage, vous injuriez le Bon Dieu, tous ses prophètes … tous ses grands saints réunis ; vous insultez le nouvel ‘’arrogant suprême’’ et son nouvel entourage subalterne uni pour la lèche, mais dispersé et désuni dans la chasse éperdue des miettes du pouvoir personnel et de l’intérêt égoïstement suprême…de l’énorme ego qui sait se faire petit …tout petit.

Seul, longtemps, de douleur vous vous cognez la tête contre le mur, sans ressentir de douleur ; et puis…

Puis, anormalement, vous vous calmez subitement, vous avez votre mère, votre sœur, vos frères à soutenir et à consoler ; un gros morceau dans votre cœur est mort, nécrosé et amputé, vous le savez, vous le sentez, mais anormalement vous souriez ; vous vous sentez défaillir, mais vous soutenez vos proches, vous souriez aux condoléances et vous remerciez, vous remerciez…

Quelque chose de capital, de vital, vient d’être enterré avec votre père, votre cœur est glacial et glacé ; le temps dont vous avez commencé à vous méfier, dorénavant vous le haïssez, vous n’y croyez plus du tout, vous ne croyez plus à rien,… vous ne croyez plus en rien !

Vous ne cherchez plus à comprendre, il n’y a rien à comprendre ...

L’être qui vous était le plus cher, votre référence et votre modèle suprême, votre boussole, votre asile, votre repaire et vos repères sont à jamais partis, perdus avec votre père et vous vous sentez plus que perdu, vous êtes anéanti…votre existence n’a plus de sens, mais la misérable ne veut pas s’arrêter …elle ne veut pas vous lâcher.

Passe, passe le temps, la vie s’accroche à vous, la vie, la vôtre propre continue, semant encore et encore la mort autour de vous…

Les amputations continuent, un oncle meurt, puis une tante décède ou l’inverse ; qu’importe la chronologie pour la grande faucheuse qui, de son long bras mortel, enfourche et amoncelle, aveuglément, les mortes vies…

Un autre cousin adolescent se tue, au pied d’un kart immobilisé, fauché par un autre kart emballé, un kart aveugle, un kart fou…puis voilà votre oncle préféré, bon vivant et généreux, qui dépérit, lui aussi de rage et de chagrin devant l’ingratitude et l’injustice officielles ; un autre oncle, grand nageur, défaille et se noie à quelques brassées de sa villa ; secouru, presque à temps, par votre frère ainé, superbe athlète qui le ranime et le garde en vie, le temps que les secours officiels accourent, sans matériels de survie,.. et le confient aux soins officiels d’un hôpital dont le matériel de réanimation est sous clé, clé gardée précieusement dans la poche du réanimateur officiel dont le scénario et le metteur en scène ont prévu qu’il s’absente à ce moment précis, le temps que le temps fasse son œuvre et ôte encore une vie…

Et voilà que soudain la roue de la grande faux s’emballe et tourne de nouveau plus près de vous…la voix étranglée de votre fils éperdu vous apprend au téléphone que votre ex-épouse… sa mère, vient de se faire tuer par son amie au volant d’une voiture dont elle a mal contrôlé le dérapage dans les sinuosités d’une route réputée tueuse…. et que le scénariste a prévu de leur faire emprunter ce jour précis pour cueillir une vie et semer le froid du désarroi dans votre cœur, via le chagrin de la chair de votre chair, doublement meurtrie…

Passe le temps encore et encore, passe le temps que votre vie ignore, vous avez refait depuis longtemps votre vie…mais le souvenir de tous vos morts vous hante constamment, de jour comme de nuit.

Passe, passe le temps, vous croyez vous être habitué à la mort, mais elle vous surprend encore et encore…

Votre mère, votre #maman que vous avez connue pleine de joie, d’espièglerie, d’élégance et d’allant, s’était, comme la rose de Ronsard, trop rapidement fanée,… comme la rose de Ronsard elle a courbé subitement la tête…mais durant de longues années, elle l’a gardée courbée, par le précoce et long veuvage infligé par le départ de son époux plus que chéri…votre mère, votre maman était devenue trop vite vieille et affaiblie, tant qu’à la fin, elle n’attendait plus rien, rien d’autre que la fin de sa triste vie…

Oui, bien sûr, il y a eu de brefs et épars éclairs de courte gaité vivifiant son âme le temps de la présence de ses petits enfants autour d’elle gazouillant…oui bien sûr elle se remettait à sourire de son éclatant sourire d’antan, ou presque, en songeant à sa joie de voir sa première petite fille, ma jeune nièce, en robe de mariée…

Le scénario écrit était cependant différent, il imposait à la jeune fille de perdre sa grand-mère adulée quelques heures à peine avant de devoir, malgré son immense chagrin, enfiler sa robe blanche, aussi blanche que le beau visage de ma mère subitement éteinte dans son lit…

J’avais, comme je l’ai dit, déjà bien mûri, ...mais le bois de mon cœur a encore rabougri… le départ de ma mère, dans ces circonstances, bien qu’attendu, comme celui de mon père trente ans auparavant, m’a ébranlé et surpris ; devenu à mon tour petit-vieux, grand commis de l’Etat, je n’ai pas enragé, je n’ai pas blasphémé, je n’ai injurié personne, mais personne ou presque, je n’ai remercié pour ses condoléances ‘’attristées’’ et je n’ai presque personne, dans notre triste chagrin commun, assisté…je me suis simplement astreint, à assister à toutes les péripéties des noces de ma nièce, endeuillée…

Un genou fatigué génère un épanchement de synovie…

Mon cœur malade me fait injonction d’arrêter-là cet épanchement de survie…

Ma mère, ma #maman, il y a déjà 19 ans qu’elle est partie ; je suis vieux, mais je reste un tout petit garçon…et aujourd’hui encore, j’en suis à la suivre partout dans cette maison d’été qu’elle adorait, au point de continuer à l’habiter et à m’y accueillir…chaque été…

Mon père, lui, cela fait déjà 49 ans ; et depuis, il continue à me tenir, discrètement, compagnie…

Nabeul, Tunisie, 15 juillet 2015.

Post-scriptum; Je me refuse à vous parler, aujourd’hui, de la mort de mes deux frères, partis la même année, à deux moins d’intervalle … ça fera l’objet, peut-être, d’une autre ’’ode au grand départ’’… pour une autre vie ?

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