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Incursions dans une vie antérieure avec retours sarcastiques sur des errements sociopolitiques plus actuels,

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De quelques femmes croisées et d’autres qui ne l’ont pas vraiment été !

 

De quelques femmes croisées...

 

Même si un jour ce texte venait à être lu en dehors du petit cercle de mes proches à qui il s’adresse en particulier, que l’on sache que tout ce que j’écris la, est une espèce de confession dont j’ai révélé tous les détails à Alia mon épouse, déjà dès-avant nos fiançailles, détails complétés, au gré des circonstances, au fur et à mesure, pendant et après ces fiançailles…

 

Je préciserais malicieusement que si Alia avait alors, l’air de se foutre absolument de toutes ces fariboles, aujourd’hui, elle ne voit pas du tout pourquoi je tiens tant à ce que nos proches soient mis au courant de ‘toutes ces histoires’ ; et que je lui réponds invariablement que c’était ma vie, avant elle, et que cette tranche de vie là aussi, fait partie, à mes yeux, de ce que je me dois de raconter à mes descendants et aux leurs.

 

Monia, Emna, Selwa, Danielle, Tej  El molk  et quelques autres…

 

Divorcé à l’âge de la trentaine, après avoir vécu maritalement, d'abord pendant 18 mois avec Micheline la belle parisienne, puis durant cinq ans avec une jeune et belle tunisienne, je me retrouvais libre, mais plus ou moins échaudé, me croyant même vacciné contre la tentation féminine et ses pièges, mais je connaissais encore mal les femmes et encore moins ma faiblesse devant leurs attraits ...

 

C’est ainsi qu’en cette année 1971, la première femme aux charmes de laquelle je ne pus, ni ne voulus résister, fut Monia qui, une dizaine d’années avant, nous avait déjà affolés, Hédi et moi, par la perfection de son corps et par son teint naturellement bronzé de danseuse brésilienne…

 

C’était alors une jeune gymnaste tunisienne au corps souple comme une liane qui faisait partie du groupe d’étudiantes d’El Omrane avec lesquelles nous organisions des surboums fréquentes...

 

Elle s’était entichée, Dieu seul sait pour quelles raisons, d’une brute épaisse en la personne de l’un de nos camarades de Ksar Saïd… Et je me souviens que lors de nos examens de natation sportive, de tout le lot de jeunes athlètes féminines qui se joignaient à nous durant ces épreuves de mai/juin 61et 62, parmi celles qui étaient les plus attirantes, Monia venait largement en tête …

 

Depuis mon retour de France je l’avais totalement perdue de vue, mais je savais qu’elle avait divorcé de sa brute qui lui avait fait entre-temps un enfant avant de la quitter, pour une blondasse tchèque…

 

Je la revis par hasard chez mon ami Habib D, qui après avoir connu et épousé une belle hollandaise en Allemagne, était revenu en Tunisie où, et qui, outre son métier de prof d’éducation physique, avait ouvert une salle de mise en forme qui commençait à bien marcher notamment grâce au dynamisme et à la gestion stricte de Marianne son épouse…

 

Habib avait beaucoup insisté pour que je vienne passer un week-end chez lui, où il avait invité également d’autres amis, parmi lesquels se trouvait Monia…

 

Elle avait souffert de sa vie maritale avec un homme brutal et injuste, mais elle ne se plaignait pas, élevait son fils avec l’aide de sa mère à qui elle le confiait de temps à autre, et surtout elle me paraissait ne rien avoir perdu de son charme et de la beauté de son corps …

 

je lui confiais qu’un jour de juin 62, à la piscine du belvédère, Hédi et moi étions à tel point subjugués par sa plastique, que la sachant même liée à un camarade de cours, nous projetions quand même de la harceler, jusqu’à ce qu’elle consente à sortir avec l’un ou l’autre d’entre nous ; elle me dit en souriant tristement qu’elle savait, depuis cette époque, qu’elle me plaisait et elle m’avoua qu’elle aurait préféré de loin, m’avoir pour partenaire lors de nos surboums, mais qu’elle s’était rabattue sur un autre garçon, intimidée qu’elle avait été par mon appartenance à une classe sociale qui n’était pas la sienne…

 

Ce soir là nous fûmes les derniers invités à nous décider à prendre congé d’Habib et Marianne qui, ayant observé que nous avions passé la soirée à flirter, nous proposèrent de rester passer la nuit, si cela nous convenait…

 

Notre liaison dura presque deux ans... Je bénéficiais alors à Nabeul, d’un logement de fonctions que j’avais partiellement meublé et où je passais rarement la nuit, préférant habiter plus régulièrement chez ma mère où je prenais tous mes repas ; durant ma liaison avec Monia, je pris l’habitude de passer les week-ends dans ce logement où je m’installais dès le vendredi matin.

 

Monia arrivait à Nabeul chaque vendredi soir par le train de Tunis pour venir se glisser de nuit chez moi et ne plus en sortir avant le dimanche après midi, puis elle reprenait discrètement le train pour Tunis...

 

Pendant cette époque de ma vie, Hédi qui, après avoir étudié, puis travaillé, en Allemagne pendant quelques années, s’était installé à Paris et vivait en concubinage avec une gentille française divorcée, surnommée pour je ne sais plus quelle raison, Lulu.

 

Monique de son vrai prénom était aimante, gentille et arrangeante…elle passait à Hédi presque tous ses travers…Celui-ci venait alors deux ou trois fois en Tunisie et plus précisément à Nabeul, où il ramenait des équipes de football françaises pour de courts séjours durant lesquels je lui arrangeais des matchs avec des équipes locales du cap bon…

 

Et si ses protégés étaient logés à l’hôtel, il préférait venir partager mon logement de fonctions pour éviter de les avoir constamment dans les jambes, …

 

Nous avions alors entre 31 et 34 ans et nous collectionnions les conquêtes féminines …

 

Ma liaison avec Monia était dans sa deuxième année, lorsque je remarquai pour la première fois Emna

 

En 1973, au début du mois de juin, une délégation allemande de Duisburg était à Nabeul et organisait, entre autres activités, un stage de natation et de sauvetage au bénéfice d’un groupe de professeurs d’éducation physique.

 

La municipalité de Nabeul et la Protection Civile avaient aménagé un centre de sauvetage sur la plage sur un terrain situé entre l’hôtel Erriadh et l’auberge des jeunes, et les allemands avaient prévu d’équiper ce centre, en fournissant notamment un Zodiac et un autre bateau de sauvetage, outre des cordages, des bouées et des tenues de plages pour les futurs sauveteurs, qu’ils avaient aussi prévu de former…

 

Le stage se déroulait à l’hôtel Neapolis[1]  et y participaient alors, presque tous les jeunes professeurs de sport de la ville, parmi lesquels Emna une ancienne athlète spécialiste du 800m au corps de gazelle…Elle n’était pas née de la dernière pluie et jouait à la vamp, en multipliant les poses de star en bikini, tout en affichant des allures de sainte nitouche, ce qui affolait la majorité de ses collègues masculins qui guère ne l’intéressaient en retour, et à qui elle déclarait qu’elle visait le gros lot (le patron)…

 

Elle s’était arrangée pour recueillir le moindre détail de ma vie et s’était mise en tête de me passer la corde au cou.

 

Dans sa stratégie, elle projetait d’abord de me faire goûter à ses charmes et était persuadée que le reste devait suivre tout naturellement…Elle avait un corps superbe et de longs cheveux châtain clair qu’elle laissait flotter sur ses épaules bronzées ; et Dieu seul sait ce qui se serait passé, si Hédi ne s’était pas mêlé à notre début de liaison…

 

A la mi-juin, la première étape de la stratégie d’Emna la vamp, était déjà réalisée ; elle venait de temps à autre passer quelques temps dans mon logement de fonctions ; elle y jouait à la maîtresse de maison, partageait mon lit, rangeait, dépoussiérait, papotait quelques ragots et partait discrètement…

 

A la mi-juillet, Hédi débarqua à Nabeul comme à son habitude, et Emna, qui avait compris entre temps qu’il n’était nullement question pour moi de me remarier, essaya de lui servir le grand jeu de la fille tombée amoureuse du meilleur ami de son amant

 

Il m’en avisa et, après avoir bien expliqué à son tour à la donzelle, qu’il n’était pas non plus à la recherche d’une future épouse, profita de ses charmes…Emna eut ainsi en nous deux, des amants concomitants ; et cela dura assez longtemps…

 

Deux étés plus tard, Emna fit la connaissance de son futur ex-mari en la personne d’un gentil garçon tunisien émigré installé à Paris et lui tourna la tête, au point qu’il l’épousa en vitesse…Ce gentil garçon est aujourd’hui décédé depuis déjà quelques années.

 

A Paris, Emna le trompa copieusement durant des années avec ses profs de l’université où elle s’était inscrite, ainsi qu’avec nombre d’autres étudiants tunisiens ; elle eut de lui deux filles qui sont aujourd’hui installées à Paris…

 

En 2004, Emna s’est de nouveau remariée avec un autre gentil garçon qui n’a pas l’air de lui faire confiance…elle se plaint qu’il la surveille constamment, mais je trouve qu’il a entièrement raison…

 

Elle a vieilli, mais elle se fait toujours provocante, elle rappelle de plus en plus sa mère que j’ai entrevue quelques fois durant les années 70 ; celle-ci devait avoir alors près de 55 ans, mais avait gardé des allures de vielle vamp ; elle avait compris que je couchais avec sa fille et me servait des regards pour le moins ambigus, à la fois complices et provocants, me signifiant sans vergogne que si le cœur m’en disait, je pouvais avoir la mère… en plus de la fille.

 

Adnène n’a connu ni Monia ni Emna, mais il a entrevu quelques fois  Danielle une belle blonde au corps sculptural et au visage avenant, il a aussi entrevu Tej el molk, une mignonne tunisoise de bonne famille, trop pressée de mettre la main sur un mari …

 

Ma liaison avec Monia prit un coup de froid, juste avant ma rencontre avec Emna ; Hédi, à qui Monia plaisait énormément, avait essayé sa chance avec elle et s’était fait sèchement jeter par une amante furieuse qui vint se plaindre auprès de moi de la conduite de mon ami

 

Ma réaction, (dont j’ai aujourd’hui honte), ne fut pas celle qu’elle attendait : je lui dis qu’Hédi, avant de lui faire des avances, m’avait averti et j’ajoutais encore plus cyniquement que je n’aurais vu aucun inconvénient à ce qu’elle donnât suite à ses avances…

 

Elle partit sans ajouter un mot et je ne la revis plus avant longtemps ; notre liaison reprit à la fin de l’épisode Emna, après une bonne explication et se poursuivit cycliquement pendant quelques temps.

 

Monia ne s’est pas remariée, elle a beaucoup grossi, mais elle garde un certain charme, et, à la différence d’Emna pour laquelle j’éprouve, presque malgré moi,  un brin de mépris, elle a donné plus que la preuve que, pour elle au moins, notre liaison était fondée sur un amour sincère, amour qui, malheureusement, n’était partagé par moi, que dans ses composantes physiques…

 

Nous sommes restés bons amis, mais cela fait des décades que je ne l’ai revue...

 

J’ai acheté ma Borgward en 1963 et je l’ai gardée jusqu’en 1970 ; je l’ai revendue pour une bouchée de pain pour acheter une belle Simca Aronde bleu ciel, (avec le toit noir) ; j’ai gardée la Simca pendant deux ans, avant de tomber amoureux fou d’une Ford Fiesta Sport jaune canari, que j’ai presque forcé un ami dentiste à me vendre durant le printemps 1973…

 

L’administration régionale étant alors fort démunie, je disposais d’une vielle Renault 4L comme voiture de service que j’utilisais très rarement, en dehors des heures administratives, bien que je fusse habilité à le faire, par autorisation expresse de mon ministre…

 

Danielle la parisienne.

 

Fin juin 73, j’avais pris quelques jours de congé et je faisais des longueurs de bassin en crawl dans la petite piscine de l’hôtel Erriadh, en effectuant un virage culbuté de compétition à chaque fin de bassin…ma technique de nage était toujours excellente, mais dans la mer, je ne pouvais entretenir ma technique de virage et je profitais de ce bassin  agréable pour essayer de ne pas trop perdre la main dans cette technique …

 

Au moment où je m’étais mis à l’eau, la piscine était déserte, les touristes de l’hôtel étaient tous, ou presque, sur la plage…Je fus donc surpris de buter contre un jambe tendue dans l’eau, à quelques centimètres du mur du bassin contre lequel je projetais mes propres jambes pour mon virage culbuté ; ayant stoppé mon geste et m’apprêtant à m’excuser auprès de la personne que je croyais avoir heurtée, je relevais la tête de l’eau pour voir une blonde sculpturale assisse sur le bord et riant aux éclats qui me servit cette tirade d’un seul trait :…

 

‘‘Voila,… tant-pis pour vous, vous m’avez rendue jalouse par votre aisance dans l’eau, moi qui ne peux faire, péniblement, quelques brassées sans risquer de boire la tasse et je n’ai pas pu résister à l’envie de vous faire ce croc en jambes, j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop…’’

 

Cinq minutes plus tard Danielle, allongée face à moi sur un transat,  m’apprit que j’avais attiré son attention depuis déjà deux ou trois jours… qu’elle m’avait d’abord pris pur un touriste français, mais qu’à la réception de l’hôtel où elle était allée se renseigner, elle avait appris sans vouloir le croire que j’étais tunisien et inspecteur régional des sports et qu’elle avait alors décidé de faire ma connaissance, surtout après m’avoir épié, hier, jusqu’à ma sortie de l’hôtel et m’avoir vu faire démarrer une Ford Fiesta jaune canari, identique à celle qu’elle avait laissée à Paris… 

 

Ce fut ainsi que quelques jours plus tard, Adnène qui était venu passer ses vacances chez moi fit la connaissance de Danielle, laquelle venait passer une partie de la journée dans mon logement de fonctions, et avec laquelle il était obligé de me partager pendant l’après midi, sur la plage…

 

Bien entendu, elle ne trouva guère grâce à ses yeux malgré sa beauté et la grande gentillesse qu’elle affichait envers lui, c’est à peine s’il lui disait bonjour du bout des lèvres quand ils se rencontraient, pour l’ignorer superbement tout de suite après…

 

Ma liaison avec Danielle dura le temps des vacances, soit trois semaines et nous nous quittâmes en projetant de nous revoir à Paris où elle tenait un commerce florissant de prêt-à-porter dans un quartier chic…

 

Emna, que j’avais délaissée entre temps, fit bien entendu sa connaissance à Nabeul et se vanta auprès d’elle d’avoir toujours une liaison avec moi ; curieusement, au lieu de les monter l’une contre l’autre, cela en fit des amies, et, une fois rentrées toutes les deux à Paris, elles continuèrent à se rencontrer…

 

Au cours du mois d’août 73, j’eus une autre relation inattendue, avec Selwa, une ancienne camarade d’études qui s’était énamourée de moi durant nos études sportives dans les années 60 et qui s’était mariée ensuite avec un copain ; (parmi les quelques liaisons dont je suis le moins fier, celle-ci est d’ailleurs celle dont je suis le plus honteux aujourd’hui et j’aurais aimé qu’elle n’ait jamais eu lieu, mais on ne refait pas le monde avec des regrets…

 

J’avais la trentaine, j’étais fraîchement divorcé et je pensais, à tort, que j’avais alors une certaine revanche à prendre sur la femme

 

Selwa m’avait beaucoup plu durant notre prime jeunesse, mais elle voulait se marier, ce qui n’entrait pas du tout dans mes projets en 60/62…et après avoir sondé mes intentions, elle avait compris que je n’étais pas mûr pour son projet, et avait décidé de faire un mariage de raison…

 

Mais lorsque, nous nous rencontrâmes sur la plage de Nabeul en ce fatidique mois d’août 73 et bien qu’elle fût mariée et déjà mère, ni elle ni moi, ne pûmes résister à la tentation du diable…

 

Durant les vacances de Noël suivantes, j’avais décidé d’aller à Paris passer quelque temps chez Hédi, rue Focillon dans le 14ème et surtout chez Danielle qui, informée de mon arrivée prochaine, se faisait une joie de me rencontrer et de m’inviter chez elle, dans le 18ème pour tout le temps que je voulais…

 

Le lendemain de mon arrivée chez Hédi, un coup de sonnette retentit et Hédi et moi étions persuadés qu’il s’agissait bien de Danielle ; mais ayant ouvert la porte, c’est Selwa qui était venue me faire la surprise, en prenant l’avion pour me rejoindre à mon insu…

 

Elle savait bien entendu que j’allais passer quelques jours chez Hédi dont elle avait soigneusement noté l’adresse ...elle savait que Hédi et moi étions des amis intimes et que nous ne nous cachions rien (ou presque…) Elle ne s’était pas doutée que, peu fier de ma trahison envers son mari qui était un copain commun, je m’étais bien gardé de mettre Hédi dans la confidence…

 

Aussi, c’est tout éberlué que celui-ci la vit me sauter au cou et m’embrasser fougueusement sur la bouche …Il reprit péniblement ses esprits et exigea calmement des explications, ce qui eut le don de doucher la fougue de mon amoureuse et elle se fit toute petite. Voulant lui éviter toute humiliation supplémentaire, je pris ses bagages et je les installai d’autorité dans ma chambre, lançant à Hédi : Chaque chose en son temps, laissons la d’abord s’installer…

 

Hédi, dûment informé, cessa de faire la tête et déclara à l’invitée surprise, on ne peut plus confuse et contrite : Vous êtes tous les deux mes amis…, ton mari est également un bon copain,… tu as connu et aimé Taoufik avant lui, je considère donc votre liaison (qui ne me plaît guère) comme une espèce de ‘régularisation’ pour quelque chose qui aurait dû se passer bien avant … j’espère pour vous qu’elle ne durera pas et que tu reprendras sagement ta vie de famille, en fermant définitivement cette parenthèse le plus vite possible… mais c’est à vous de voir…de toute façon, je ne suis au courant de rien et pour le moment vous êtes tous les deux mes invités…

 

Ce soir là ce fut donc Selwa qui passa la nuit dans mon lit et le matin, vers 8 heures, … Danielle que nous attendions pour la veille, sonna à la porte…

 

Durant la nuit, j’avais expliqué à Selwa que j’étais à Paris en partie, pour rencontrer Danielle et, étant d’une gentillesse extrême, au lieu de se monter jalouse, elle s’en voulut énormément d’être venue déranger mes plans et s’était proposée de se rendre tout de suite chez les amis parisiens, auprès desquels sa famille croyait savoir qu’elle irait loger pendant son court séjour …

 

L’appartement de Hédi était un petit deux pièces avec deux chambres communicantes dont l’une faisait office de séjour pendant la journée…à notre mine et au remue ménage qui eut lieu, alors qu’elle attendait sur le palier qu’on veuille bien lui ouvrir la porte, Danielle eut tôt fait de saisir que quelque chose d’inattendu était en train de se passer, mais elle joua à celle qui n’avait rien compris…

 

Elle passa un moment avec nous, en devisant comme si de rien n’était, mais j’avais compris qu’elle avait été froissée, elle qui était bien plus belle que Selwa et qui se faisait une joie de m’avoir tout à elle, durant ces vacances ; et, en prenant congé de nous, une petite heure après, elle et moi savions, que nous n’allions plus nous revoir…

 

A mon retour à Nabeul, je fis la connaissance de Tej El molk ; elle avait un frère architecte qui était copain avec Bédye (mon frère aîné) et qui avait voulu s’inspirer de l’architecture de note maison et celui-ci l’avait amenée avec lui pour nous rendre visite, mais ne voulant pas trop nous déranger, il l’avait laissée à l’attendre dans la voiture… 

 

Ayant garé, comme à mon habitude, ma voiture sur la surface asphaltée qui prolongeait notre perron, je me retrouvais nez à nez avec une autre voiture garée sur la même surface et appartenant visiblement à un visiteur ;  et en franchissant le perron pour entrer, je remarquais à la place du passager avant, une mignonne blonde aux yeux clairs et à l’air quelque peu timide.

 

Quelques instants après, ayant compris qu’il s’agissait de la sœur de notre visiteur, je reprochai gentiment à celui-ci de l’avoir laissée à attendre dehors et je ressortis pour l’inviter à entrer, ce qu’elle fit sans trop se faire prier.

 

Une demi-heure plus tard, elle repartit avec son frère, mais je savais déjà qu’elle avait arrêté ses études qui l’ennuyaient et elle m’avait, aussi, noté le numéro de téléphone de sa famille où je pouvais l’appeler sans problèmes…

 

Cette rencontre s’était faite au début de l’année 76, alors que j’avais déjà presque 36 ans et alors que maman était on ne peut plus désireuse de me remarier, pour qu’elle puisse avoir le temps de voir grandir mes autres enfants avec leur frère Adnène et qu’elle soit tranquillisée quant à mon sort…  

 

Tej El molk avait 23 ans, elle était assez petite de taille, mais avait un corps bien proportionné, de beaux cheveux, de beaux yeux vert clair et un joli sourire qui la rajeunissait encore davantage…

 

Je lui téléphonai à trois ou quatre reprises et chaque fois, elle s’arrangea pour me rejoindre presqu’aussitôt, dans la rue, au bas de leur immeuble, au cœur du centre ville de Tunis.

 

Sa conversation était assez agréable, mais elle m’apparaissait un peu trop tourmentée par l’idée du mariage, répétant, un peu trop souvent, qu’elle avait hâte de quitter sa famille et d’emménager chez un mari qu’elle aimerait de tout son cœur, et ce, bien qu’elle n’eût alors pas de raison particulière de craindre le célibat tardif ; et elle eut le tort de vouloir aller plus vite que la musique, en essayant de me forcer la main…

 

Un jour que nous étions au parc du belvédère, à échanger nos premiers baisers dans ma voiture garée à l’ombre d’un magnifique caoutchoutier, un gamin mal embouché cria à mon intention : « Vas-y qu’est-ce que tu attends ? Culbute la sur la banquette et baise la ».

 

Croyant devoir éviter d’offusquer davantage Tej El molk par ce langage ordurier, je mis le moteur en marche et changeai la voiture de place, loin du petit voyou, mais je fus choqué d’entendre la fille de famille traditionnelle de la vielle bourgeoisie tunisoise qui était à mes cotés, me dire, d’un air effronté et en me regardant dans les yeux : « Tu sais le conseil du gamin…eh bien,  c’est un excellent conseil et tu devrais le suivre… ».

 

Je lui répondis que j’allais y réfléchir et je la reconduisis illico presto devant chez elle…

 

Avant cette dernière rencontre qui devait sonner le glas pour notre idylle naissante, nos promenades nous avait amenés dans un établissement huppé de Carthage où nous avions pris à plusieurs reprises, quelques rafraîchissements et passé une bonne partie de l’après midi ; et quelques six mois plus tard, j’étais assis dans le même coin du même établissement avec Alia, à laquelle je venais de me fiancer, lorsque je vis Tej El molk accompagnée de l’un de mes anciens copains que j’avais perdu de vue…

 

Elle avançait devant lui, le conduisant dans notre direction, puis, m’ayant aperçu, elle fit subitement demi-tour, entraînant presque de force, le copain qui, m’ayant reconnu à son tour, faisait mine de venir me saluer ; surpris de la réaction de sa compagne, il se contenta de m’adresser un sourire et un signe de la main, tout en la suivant…

 

J’appris quelque temps après, qu’ils s’étaient mariés, à peine deux mois après leur première rencontre. Tej El molk qui avait décidément de la suite dans les idées, avait visiblement réussi à pécher le garçon qui lui convenait et qui n’a pas dû rejeter son invite leitmotiv, à la culbuter d’abord et à l’épouser ensuite, pour réparer, en garçon bien élevé que je connais…

 

J’espère pour lui, qu’elle tiendra sa promesse et qu’elle l’aimera de tout son cœur… et réciproquement…Ce n’était pas du tout une mauvaise fille, elle était seulement un peu (trop) pressée à mon goût.

 

Jélila, c’était une grande jeune fille aux cheveux châtain foncé et au visage avenant que je remarquai un jour chez un couple nabeulien de mes amis.

 

Fatma m’apprit qu’elle était étudiante et préparait une maîtrise pour l’enseignement et Farouk ajouta, qu’elle était elle-même nabeulienne et sœur de l’un de nos amis communs, médecin installé à Paris depuis assez longtemps.

 

Ce couple d’amis, ayant remarqué qu’elle ne me déplaisait pas, s’arrangea pour nous inviter tout deux à dîner, ce qui ne posait aucun problème pour Jélila, qui résidait dans le foyer universitaire dont Fatma était justement la directrice.

 

Pendant les deux week-ends suivants, je ramenai ma nouvelle connaissance de Tunis à Nabeul, en faisant chaque fois un crochet par Hammamet, ce qui nous permit de faire plus ample connaissance et je ne pus m’empêcher de remarquer des manières assez gauches, une ossature massive, sans un zeste de finesse et une irrésolution criarde  quant à ses projets d’attaches…

 

Elle était plus ou moins fiancée à un jeune qui lui plaisait bien, mais pas assez à sa famille, elle avait parlé de moi à sa mère qui l’avait plus qu’encouragée à rompre avec son ami et à m’inciter à venir demander sa main

 

Pour ce qui me concerne, je ne connaissais pas bien sa famille, bien que l’un de ses frères ait été mon camarade de classe à Khaznadar. Et lorsque je demandais à maman son avis, elle se montra assez réticente, tout en me disant qu’elle connaissait vaguement la mère et qu’après tout, si j’y tenais, et si la fille me plaisait vraiment, nous pourrions aller tous les deux leur rendre visite chez eux pour mieux apprécier la situation…

 

Cette visite eut lieu au milieu de l’année 77 dans des conditions bizarres.

 

Nous fûmes accueillis par la mère entourée de toutes ses filles ; on nous sourit beaucoup, on nous servit des rafraîchissements et des pâtisseries tunisiennes, la mère de Jélila fêta la mienne lui servant Ella Mongia, par-ci, Ella Mongia par-là, lui répétant à plusieurs reprises, qu’elle serait enchantée que nos familles soient dorénavant plus proches.

 

Mongia quant à elle souriait, en répétant chaque fois InchaAllah, en me regardant, signifiant ainsi, sans le dire, que c’était à moi d’en décider… Après avoir parlé de tout et de rien, en évoquant toutes les connaissances communes ainsi que les familles amies et alliées respectives, nous prîmes congé, Maman chuchotant à la mère de Jélila que nous reviendrions

 

Durant cette visite, la mère de Jélila me rappela celle d’Emna par ses manières et œillades appuyées ; elle avait la même allure de vielle vamp et le même jargon plébéien et je compris la réticence de maman quand je lui avais demandé son avis ; je compris aussi qu’elle avait suggéré cette visite uniquement pour me voir renoncer à pousser les choses plus avant …

 

Mais ce qui me conduisit à le faire, plus fondamentalement, provint de Jélila elle-même, à laquelle je ne voulais pas faire porter la responsabilité des manières douteuses de sa mère…

 

Deux jours après notre visite chez elle, elle vint me voir à mon bureau, à l’inspection régionale et je l’invitai aussitôt à aller boire un coca dans un hôtel de Nabeul où nous pouvions discuter plus à notre aise que dans un bureau officiel.

 

Outre l’impression négative que j’avais acquise au sujet de sa mère, j’avais appris entre-temps que Jélila était liée au frère de l’un de mes amis et qu’ils étaient amoureux l’un de l’autre…

 

Lorsque je lui rapportai ces faits et lui demandai de les commenter, elle les confirma, en ajoutant que l’un de ses frères ne voulait pas entendre parler de son ami…que sa mère et son père préféreraient plutôt s’allier à ma propre famille…et à ma question directe : et toi dans cette affaire quel est ton avis ? Qu’en penses tu…elle répondit qu’elle préférait s’en remettre à l’avis de ses frères et sœurs, que son frère parisien n’allait pas tarder à venir passer quelques jours à Nabeul et qu’elle serait fixée d’ici là… 

 

Trois semaines plus tard, Tata Jamila, ma future belle mère rencontra la mère de Jélila au bain maure ; celle-ci ayant eu vent de pourparlers avancés entre ma famille et celle d’Alia en vue de nos prochaines fiançailles, se hasarda à poser la question de savoir si ces rumeurs étaient fondées ; et à la réponse innocente et affirmative qu’elle reçut, elle ne put que s’écrier de rage contenue…mais Ella Mongia est venue, il y a peu de temps me demander la main de ma fille… ?

 

Ce qui ne correspond pas vraiment à la réalité, puisque lors de notre visite, aucun engagement et aucune promesse n’ont jamais été formulés en dehors du nous reviendrions de ma mère, dont le mode poli et conditionnel a, peut être, été mal interprété… 

 

**********

 

 

[1] Actuel Club Med de Nabeul.

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