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Incursions dans une vie antérieure avec retours sarcastiques sur des errements sociopolitiques plus actuels,

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Sésame ouvre toi ou les miracles involontaires de ZABA*, précédés par les errements d'une caricature grotesque de Bourguiba !

 

Dans mon dernier post j’ai indiqué comment la simple évocation de la ‘présidence’ en présence d’un ministre vindicatif a suffi à le calmer, lui laissant supposer que j’y avais des protections occultes…Cela se passait à un moment où j’avais déjà des responsabilités importantes de doyen dans un milieu universitaire.

 

Mais quelques années auparavant ZABA déjà, sans le savoir, ni le vouloir vraiment, m’avait permis d’éviter de gros problèmes, notamment concernant une expropriation programmée en véritable épée de Damoclès…via une liste d’errements d’une mauvaise copie de Bourguiba :

 

J’ai maintes fois stigmatisé les comportements tyranniques de Bourguiba et de ceux qui l’ont singé à leur niveau, entendant, comme lui, ‘dire la loi’, décider de tout, selon leur bon plaisir du moment ;  et commencer à exécuter leurs décisions arbitraires, en faisant abstraction non seulement des droits des citoyens qu’ils piétinent résolument, mais parfois même en contradiction flagrante avec le simple bon sens.

 

C’est ainsi que durant les années 1956/60, parmi certaines caricatures grotesques de Bourguiba toutes-puissantes-par-ricochet du pouvoir exorbitant de leur maître, (détenteur sans conteste de toutes les vérités), figurait en bonne place le gouverneur de Nabeul et de Kairouan[1], tout deux réunis sous son joug, un certain Amor Chéchia de triste renommée.

 

Celui-ci avait servi jusqu’en 54/55 comme l’homme des basses œuvres du Bourguiba des années de vache maigre, lorsque le chef fort contesté du néo-destour luttait par tous les moyens, y compris la torture, notamment contre ses opposants au sein de ce même parti, et en particulier les partisans du malchanceux Salah Ben Youssef.

 

Chéchia était ainsi à la tête d’une équipe de tortionnaires, équipe terroriste qui s’employait à punir ceux qui n’étaient pas d’accord avec Le Combattant Suprême, en les enfermant pendant de longues heures, voire des jours entiers,  et en leur infligeant les pires sévices dont le moindre était la bastonnade, et ce dans un sombre local sis à Sabbat Edhlem[2]Avant  de créer sa propre prison secrète, dans le même dessein, à Béni-khalled,  son village.

 

 

Et aussitôt que Bourguiba parvint à assouvir sa soif de pouvoir en se faisant introniser Président d’une république qui n’en demandait pas tant,[3] en destituant au passage le Bey (qui, contraint et forcé, en avait fait son Grand Vizir) et en occupant son palais, Chéchia fut l’un de ceux, nombreux,  qui eurent à bénéficier de parcelles de son pouvoir et qui surent en user et en abuser à satiété…

 

Et comme son idole et modèle, ce Chéchia qui avait pour tout cursus académique quelques années de Koutteb et de Jemaa Ezzitouna, se mit à jouer au réformateur et au bâtisseur de la Cité Idéale, selon ses propres canons, ignares…

 

A Nabeul, il s’en prit tout d’abord à un charmant petit hôtel de type colonial sis sur la plage avec une vaste terrasse donnant directement sur la mer avec une clôture basse en fer forgé artisanal d’une beauté rare ; le ‘Nabeul Plage’ qui avait été dès ses débuts le lieu privilégié de toutes les festivités locales et fêtes familiales de Nabeul.

 

On y organisait des bals hebdomadaires ainsi que  les mariages des familles qui en avaient les moyens. Le ‘Nabeul Plage’ avait par ailleurs une quinzaine de bungalows, enfouis parmi de majestueux arbres pluri-centenaires, qui abritaient les quelques dizaines de pensionnaires, notamment allemands, précurseurs du tourisme nabeulien des années 1960…

 

Le Chéchia, voulant y mettre à tout prix son grain de sel, commença par raser quelques dizaines de platanes majestueux à l’intérieur de l’enceinte ainsi que la totalité des bungalows de cet hôtel pour faire construire en leurs lieux et places des chambres modernes à son goût, ou plutôt, avec une absence de goût criarde…

 

Dans la foulée, il détruisit la petite clôture de la terrasse qui permettait aux clients y installés, de déjeuner ou prendre des rafraîchissements, et d’avoir sous les yeux les sables dorés de la belle plage ainsi que l’azur merveilleux et infini de la méditerranée. Il érigea  à sa place une enceinte de prison, haute de près de deux mètres, destinée selon lui à masquer les futures masses de touristes qu’il entendait y amener ; et à les protéger des regards, à ses yeux indiscrets, de la population locale…Sans réaliser, dans sa  bêtise immense, qu’il pénalisait surtout ces touristes en les privant de la vue d’un panorama magnifique en même temps que d’un environnement naturel des plus poétiques qu’il avait littéralement assassinés, par étouffement systématique…

 

Pire encore, moosieur Chéchia en grand gouverneur de Bourguiba, décida d’agrandir  la surface de cet hôtel pour lui permettre d’accueillir les milliers de touristes qu’il rêvait d’y faire amener et se mit à exproprier, tout seul comme un grand, et sans détour (inutile à ses yeux) via les tribunaux et /ou des textes de loi.

 

Il se contenta de convoquer bulldozers et agents soumis pour démolir alentours une petite dizaine de charmantes maisons de plage dont les propriétaires catastrophés ne purent rien y faire, en dehors d’essayer de se jeter devant les excavatrices enragées qui dévoraient leurs maisonnettes…à l’instar de ce que faisaient déjà en catimini, et de ce que font à plus grande échelle, et aux yeux de l’occident complice, les sionistes d’Israël en terre palestinienne, tous les jours un peu plus colonisée, par les blindés américains destructeurs !

 

Et je me souviens que parmi ces charmantes maisons sauvagement démolies, il y avait le bijou architectural et artistique de la plage de Nabeul, en la maison du Cheik TLATLI, père d’Abdelmadjid, l’artiste et poète connu  et de Khaled, le chroniqueur érudit et brillant, notamment de la TV nationale …

 

Cette toute petite maison était enfouie dans un domaine planté des mêmes arbres majestueux de l’hôtel, avec un puits et une citerne à l’ancienne et des chambres basses aux toits en arcades et arabesques magnifiques, aux murs sertis de mosaïques et de fresques en argile cuite, dessinées avec une patience rare et un goût raffiné auxquels la mentalité imbécile du Super Gouverneur du Super Président, était hermétiquement imperméable.

 

Et tout cela partit irrémédiablement en poussières … gâchis et mauvais goût !

 

Ces agissements expéditifs de brigand, remontèrent jusques aux oreilles présidentielles éclairées du despote en chef ; Bourguiba fit mine de ne pas avoir été consulté et transmit des instructions à son démolisseur en chef qui se calma un tantinet et arrêta d’exproprier abusivement dans cette zone là où le mal était déjà fait.

 

Pour la petite histoire, cet élargissement et cette modernisation du ‘Nabeul Plage’ lui furent fatals, puisqu’ayant perdu définitivement son âme, cet établissement n’eut jamais la côte auprès des touristes, et vendu et revendu à plusieurs reprises, ses acquéreurs successifs y ont perdront tour à tour, leurs illusions et investissements…

 

C’est à croire que le fantôme perfide de son ‘concepteur’ continue de le hanter !

 

Bis repetita placent, le Sieur Chéchia, eut le loisir de visiter, entre autre, la riviera espagnole, pour se familiariser avec les bases du développement touristique dont il ignorait tout (comme tout le reste d’ailleurs).

 

A son retour de ces tournées d’études,  notre gouverneur ignorant décida quelques dizaines de mois plus tard de réaliser une riviera tunisienne et commença son projet à l’envers.

 

Au lieu de procéder d’abord à la construction de la route de corniche qu’il voulait tracer pour desservir les dizaines d’établissements touristiques planifiés, il commença par octroyer généreusement[4] aux futurs hôteliers des terrains expropriés pour cause d’utilité publique[5].

 

Ces commerçants se dépêchèrent de faire construire leurs vastes lots, dont de nombreux espaces étaient situés à proximité immédiate de la mer ; et plusieurs de leurs entrepreneurs poussèrent leur outrecuidance jusqu’à faire déborder leurs ouvrages de leurs espaces originels, en les dotant d’annexes et de bungalows les pieds dans l’eau, … de Hammamet à Nabeul.

 

Exit la route de corniche qui ne disposait plus de tracé pour cheminer le long de la mer ? Que Nenni ! Un Chéchia, comme un Bourguiba, ça ne se trompe pas …et ça désarme encore moins !

 

Entouré de présidents de municipalités dépassés par les événements et d’ingénieurs de ponts et chaussées plus que dociles, il traça, d’abord de son bras tendu décrivant d’autorité les courbes envisagées pour faire passer sa route de corniche, juste derrière les hôtels déjà érigés, et devant ceux qui avaient laissé un espace suffisant devant la mer, il fit ensuite réunir illico presto une équipe d’hommes de l’art qu’il contrôla de près, pour faire passer, sur les papiers techniques ad hoc, son rêve de corniche, sur les cadavres de ce qui restait comme maisons de plage de Nabeul, dont la nôtre et celles de nos voisins !  

 

Fort heureusement, pour nos familles, Chéchia fut empêché par les événements de réaliser notre cauchemar de route touristique qui passerait, à défaut d’une corniche déjà polluée par le béton des hôtels, sur nos maisonnettes.

 

Mais, même après cet empêchement de Chéchia,  son épée de Damoclès demeurera suspendue au-dessus de nos têtes.

 

En effet, bien après ce gouverneur que Bourguiba sera obligé d’embastiller pour diverses malversations sous l’effet des émeutes populaires déclenchées  à la fin des années 60 contre le collectivisme et les coopératives pensées par le super ministre Ahmed Ben Salah et imposées brutalement par les deux gouverneurs Hédi Baccouche et Amor Chéchia [6], ce projet de route de corniche sera systématiquement ressorti des tiroirs par tous les directeurs des ponts et chaussées et tous les présidents de municipalité, durant toute la fin de règne de Bourguiba, …puis, fort heureusement, ZAZA[7], comme le Grand Zorro, est arrivé…

 

Entre 1968 et 1987, les conseils municipaux successifs de Nabeul  empêchèrent les propriétaires de ces maisons de plage de les réaménager, embellir ou même de les restaurer, refusant systématiquement de leur accorder des permis de travaux à entreprendre à cet effet ; ils prétextaient, quand ils daignaient répondre aux requêtes, qu’un projet de route de corniche était programmé qui passerait par cette zone et que dans ces conditions, l’Etat pourra leur reprocher d’avoir accordé des permis de reconstructions susceptibles d’alourdir les indemnités de compensation qu’il serait amené à verser en cas d’expropriation légale[8]

 

Dans le même temps, ce projet de route de corniche sera exhumé à une dizaine de reprises par les pseudo-techniciens régionaux soucieux d’embellir la zone de la plage, soi-disant  pour des visées touristiques, alors qu’ils agissaient uniquement en vue de toucher des royalties confortables de la part des riches entrepreneurs et autres sociétés de promotion immobilière qui louchaient sur des terrains qu’ils croyaient pouvoir acquérir pour une bouchée de pain et les revendre sous forme de villas et duplex somptueux, pour d’autres propriétaires, parmi les nouveaux riches de Nabeul et surtout d’ailleurs…

 

Pendant cette même période, j’occupais les fonctions de directeur régional de la Jeunesse et des Sports et j’avais mes bureaux à Nabeul même, c’est dire que j’étais bien informé de ce qui se tramait dans notre dos et je commençais à sensibiliser les propriétaires de ces maisons, à commencer par mes voisins immédiats, ainsi qu’une poignée de restaurateurs de la zone menacée par ce projet.

 

Pour ce qui me concerne plus directement, je ne me formalisais plus des fins de non recevoir que m’adressait, verbalement, (sic), le chargé des travaux de la municipalité, en réponse à mes demandes écrites d’autorisation de restauration, ni même de ses tentatives d’intimidation ; et je fis construire des pans de clôture ainsi qu’un vaste abri-voiture, puis entrepris des travaux intérieurs importants de consolidation et d’embellissement, prenant certains risques vis-à-vis des autorités locales, qui ne réagirent mystérieusement pas…

 

Au niveau des riverains qui hésitaient à suivre mon exemple et à entreprendre des travaux d’embellissement, je réussis à leur faire signer une première, puis toute une série de pétitions et de rappels que j’adressais de temps à autre à tous les responsables, locaux, régionaux et nationaux, y rappelant l’historique du projet né des méandres de l’esprit malade de Chéchia et de ses malversations diverses et variées, y soulignant surtout l’aberration d’une route de corniche là où il n’y avait plus que l’espace linéaire des 300mètres occupés par nos maisons et tout l’intérêt qu’aurait la municipalité à nous autoriser à embellir nos demeures, quitte à nous imposer un type architectural adapté aux visées touristiques officiellement mises en avant…

 

L’administration bourguibienne n’ayant jamais réagi à ces missives répétées, l’épée de Damoclès était toujours là qui risquait de nous tomber dessus un jour où l’autre, quand survint le coup d’Etat médical de ZABA et surtout le fameux discours pondu par Hédi Baccouche le 7 novembre 1987 et que nous servit ZABA pour nous enflammer et nous ramener sous sa bannière, pas encore mauve, tous ou presque, comme un seul homme…

 

Il nous lisait des passages pathétiques sur les droits de l’homme, sur plus jamais d’injustice, plus jamais de présidence à vie, plus jamais de malversations ni de corruptions…

 

Un mois après je lui adressais une lettre personnelle accompagnée de copies certifiées conformes de nos dernières pétitions, tous documents qui furent réorientés par les services de la présidence, en direction de la municipalité de Nabeul dont le maire était alors, un ami de longue date, un copain de basket et un camarade de classe de Khaznadar que j’avais déjà essayé de convaincre (mais en vain), de laisser tomber ce projet boiteux et de nous réintégrer dans nos pleins-droits de propriété et de jouissance sereine de nos maisons menacées depuis des décades…

 

Jusque-là, mon ami-copain-camarade, monsieur le maire, avait essayé de me convaincre du bien-fondé du projet Chéchia, de l’aspect inesthétique et délabré de ces maisons qui gagneraient à être rasées (sic), pour laisser la place à une belle route de corniche…essayant même de nier toute responsabilité de la commune dans le processus de délabrement qui les a rongées au fil des années, …

 

Mais un jour de début décembre 87, monsieur le maire me téléphona chez moi pour me tenir un discours d’une heure, plein de reproches amicaux, se déclarant surpris de me voir me plaindre auprès de la présidence, m’affirmant que jamais, il ne se serait permis d’entreprendre quelque chose qui aurait nui à notre très longue amitié.

 

Monsieur le maire, mon camarade-ami-copain avait en fait lu des instructions présidentielles manuscrites sur la marge de ma lettre, instructions qui l’incitaient à ne rien entreprendre qui puisse porter atteinte aux droits inaliénables des citoyens, et à s’efforcer d’agir dans le respect des principes de la nouvelle ère de la Tunisie libre et démocratique,… c’était incroyable, mais vrai, pour un temps !

 

Ben Ali qui ne me connaissait ni d’Adam ni d’Eve, venait de me rendre un premier service, via l’esprit du 7novembre tout neuf, qui malheureusement ne devait durer que le temps d’une rose…pour cette Tunisie démocratique, seulement en surface…

 

Le deuxième service de ZABA me fut rendu, quelques années plus tard, lorsque le projet de raser nos maisons, que nous pensions mort de sa belle mort, ressurgit cette fois sous la forme d’un plan d’aménagement d’une zone dite touristique mixte, dans lequel ces maisons laisseraient place à un ensemble de complexes touristiques et d’animation, entendez par là des boites-de-nuit-lupanars, des casinos, des gargotes et restaurants, mixés avec des ensembles résidentiels à étages multiples…

 

Tout cela, encore une fois, localisé juste sur le cadavre de nos maisons et pas ailleurs, là où il y avait de vastes espaces vierges de toute construction !!

 

Cette fois-ci le maire qui s’était embourbé dans ce marécage-traquenard aménagé de longue date par les sociétés de promotion immobilière, via les techniciens véreux de la municipalité, n’était autre que l’expert en finances qui avait servi de témoin à charge dans le procès d’Ahmed Ben Salah et d’Amor Chéchia en 70 ; et qui avait contribué à établir les malversations et falsifications reprochées aux accusés, condamnés depuis…

 

Au cours d’une réunion mémorable, réclamée à ce maire par des demandes écrites individuelles et collectives des riverains concernés, celui-ci commença par exposer son projet et se fit agresser une première fois par plusieurs intervenants ; puis, au moment où il expliquait vouloir dédommager  honnêtement  les riverains dans le cadre d’une convention appropriée, il se fit à nouveau agresser de manière encore plus virulente, et perdant son sang froid, il menaça de faire jouer le principe de l’expropriation.

 

Je me levais alors dans la salle de conseil remplie de citoyens en colère qui, devinant ce que j’allais dire, sachant ce que j’avais fait pour la défense de nos intérêts communs, se mirent à m’applaudir sans que j’eusse encore prononcé un seul mot.

 

Sadok B... le maire me regarda intrigué, il m’avait connu en tant que jeune basketteur du Stade Nabeulien dont il était alors un fervent supporter, mais cela faisait plus de vingt ans qu’on ne s’était plus rencontrés, il me fit un signe de la main m’autorisant à parler. Et pendant dix bonnes minutes, je lui retraçais d’une voix posée qui tranchait avec l’hystérie dans laquelle il s’était laissé entraîner, l’historique détaillé de ce projet navrant…

 

Tout y passa, Amor Chéchia et ses malversations qu’il  était censé   connaître particulièrement bien, les diverses magouilles qui ont accompagné cette tentative répétée  de nous déposséder et  de s’enrichir sur notre dos, les pots de vin sous jacents à ces magouilles, les réclamations cycliques des riverains de leurs droits à embellir leurs propriétés et le silence que la commune leur a chaque fois opposé, nos diverses pétitions et notamment la dernière adressée à ZABA (qui datait déjà de quelques années et alors même que l’esprit de la déclaration du 7novembre n’avait guère plus cours).

 

Je conclus posément en conseillant amicalement à monsieur le maire,  qui n’était après tout que notre concitoyen respecté,  de prendre connaissance, avant toute décision hâtive, des instructions manuscrites que le Président avait consignées à l’intention de notre ami commun Ezzedine Ch...,  sur la marge de ma lettre.

 

La magie du sésame ZABA joua encore une fois, pleinement et contre toute attente.

 

Monsieur le maire me remercia d’une manière contrite et glacée, mais me demanda si j’avais quelque chose d’autre à ajouter, avant de lever la séance daredare … ZABA venait de me rendre un deuxième service… sans même s’en douter.

 

Les nouveaux maires qui se succédèrent, ainsi que les gouverneurs successifs, bien informés de l’historique du projet et des réactions des diverses parties, ont jusqu’à présent évité de menacer nos droits, tel ne fut pourtant pas le cas pour un triste président d’une certaine association locale bidon…

 

Il y a quelques années, peu nombreuses, le spectre de ce projet fut de nouveau agité par un jeune cadre, parvenu trop vite aux hautes sphères du pouvoir, réussissant à se faire nommer parmi la pléthore de conseillers de ZABA, grâce à des accointances douteuses dont on découvre aujourd’hui le caractère, officiellement reconnu maléfique…

 

Mais durant la fin des années 2000, ce monsieur s’était approprié les clés de tous les arcanes de l’administration régionales, et comme tous les opportunistes, il ne se priva pas d’en abuser…et surtout de se faire valoir auprès  de toutes ces administrations …   

 

Il créa en catimini une association de sauvegarde de la médina et en prit d’autorité la présidence en se faisant entourer par une équipe de jeunes nabeuliens motivés par la sauvegarde de leur ville, mais dont la majorité dût très vite déchanter en découvrant que le monsieur avait lancé son association pour servir son image de marque et accroître son pouvoir local.

 

Portant tour à tour sa casquette de 'conseiller de palais' et celle de président de cette association de 'sauvegarde', (censée préserver un patrimoine) il se permit même le luxe de souvent les porter les deux à la fois, en convoquant  littéralement le Mootamed (sous-préfet) ou même le Wali (préfet de région) du moment, pour leur faire faire des tournées de prospection de la plage, en faisant de grands gestes quasi-bourguibiens, en traçant en l’air des lignes et des projets et en les commentant à mi-voix.

 

Ce cinéma se répétant à chaque nomination d’un nouveau responsable régional, je sautai sur l’occasion d’une nouvelle tournée, pour aborder la petite troupe qu’il promenait et adresser au nouveau gouverneur du jour mes salutations de bienvenue.

 

Notre bonhomme fut bien obligé de me présenter à tout le monde et je pris part à la prospection ; bien entendu, cela me permit de lui apporter la contradiction, lorsqu’il fut obligé, malgré ma présence, de continuer à présenter son projet de route de corniche, maintes fois reporté selon lui, ainsi que son projet d’embellissement et d’animation de la zone… comme si son association de sauvegarde de la médina avait vocation de promotion immobilère, par expropriation interposée...

 

Au cours des corrections et compléments que je me fis un plaisir d’apporter à la connaissance de ces responsables qu’il s’évertuait de désinformer, je mis carrément les pieds dans le plat, en rappelant brièvement l’historique, surtout récent de ce fameux projet ; je parlai des pétitions, de ma lettre à ZABA et de ses instructions annotées à la marge de celle-ci, ce qui, ne pouvant être démenti par notre lascar, (qui ne savait plus où se mettre), fit capoter sa tournée de prospection, le gouverneur s’excusant de ne pouvoir rester plus longtemps, s’engouffrant dans sa voiture et quittant rapidement les lieux.

 

Connaissant bien ce genre d’individus, capables de rebondir encore et toujours, je me dépêchais d’adresser copies d'une nouvelle requête  à tous les responsables sectoriels régionaux, Gouvernorat, Commune, Délégation, Ponts et Chaussées, Tourisme, etc. J’y rapportais toutes les péripéties, à commencer par celles  premières d'Amor Chéchia et consorts, jusqu'à celles de ZABA et des derniers présidents de la Commune.

 

Ce petit personnage, c'est maintenant de notoriété publique, a servi, directement et indirectement, pendant ces toutes dernières années, les intérêts maffieux des familles alliées de Ben Ali, dont une bonne partie est actuellement en fuite, qui dans les pays du Golfe, qui au Canada et ailleurs…

 

Il essaie donc de se faire oublier, en se faisant tout petit, mais en bon tourneur de veste professionnel, je ne doute pas du tout qu’un jour prochain, il n'essaiera de refaire surface, dans l’un ou l’autre parti actuellement en quête d’une nouvelle virginité révolutionnaire…

 

Qui vivra verra, j’espère que la jeunesse tunisienne, qui actuellement se bat farouchement contre les nombreuses tentatives de récupération de sa révolution, saura réduire au silence, les voix qui s’élèvent de plus en plus nombreuses, pour prétendre que tous les Tunisiens, y compris les traîtres et les ripoux, devraient avoir droit au chapitre de l’édification de la Tunisie nouvelle, hic et nunc, et ce, sans même le moindre mea culpa.

 

Ô contre-révolution, si jamais tu nous tiens encore…

ce serait à désespérer…de tout !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Je rappelle encore une fois que ZABA est l'acronyme de Zine El Abidine Ben Ali...

 

[1] Bourguiba lui adjoindra même un troisième gouvernorat, celui de Sousse tant il était satisfait de sa mauvaise caricature qui passait son temps à l’imiter et à anticiper ses désirs et ordres, avant de le faire jeter en prison quelques années plus tard.

 

[2] Sabbat (rue couverte quasi-souterraine) Edhlem (obscurité) ; ce local se situait à la Kasbah de Tunis, dans une ruelle sombre serpentant sous de vieilles maisons traditionnellement occupées par les ouvriers des nombreuses teintureries des alentours vivant alors dans des conditions où l’hygiène n’avait pas l’ombre d’une place…

 

[3] L’assemblée Constituante envisageait alors d’établir une Monarchie Constitutionnelle, limitant le pouvoir du bey, en lui adjoignant un Premier Ministre investi des plus larges prérogatives de l’exécutif en la personne de Bourguiba, mais l’appétit venant en mangeant et Bourguiba étant déjà Grand Vizir depuis deux ans, fomenta, avec un cercle restreint de ses collabos, un véritable hold-up en prenant la parole pour attaquer via un discours enflammé, la Régence et le Bey, et se faire désigner par acclamation, en 1957, comme Premier Président de La République Tunisienne ; il enverra dans la foulée, le jour même, Driss Gigua, directeur de la Sûreté Nationale, signifier à Lamine Bey sa destitution et le chasser de son palais, convoité par le Combattant de plus en plus Suprême…Bourguiba se fera introniser, deux décades plus tard, en 1975, Président à Vie, par une autre cour, aux désirs de laquelle, il se déclara prêt d’accéder, en acceptant cette nouvelle marque de confiance qui lui était due…

 

[4] Contre royalties généreuses en retour, s’entend !

 

[5] Guidé en cela par le Combattant Suprême, il se permit  cette fois le luxe, inutile à ses yeux, de recourir aux tribunaux dorénavant aux ordres de l’exécutif bourguibien omnipotent,  pour exproprier expéditivement, mais  dans une forme légale avec publications conséquentes sur le JO  de la République Tunisienne…

 

[6] Comme à chaque soubresaut populaire, Bourguiba se dépêcha de faire porter le chapeau de ses errements à ses collaborateurs : en 1970 la Haute Cour de Justice fut convoquée pour juger et condamner et le  24 mai 1970, elle formula ses accusations : ‘‘haute trahison, manque de loyauté envers le chef de l’Etat, irrégularités financières et administratives, falsifications des statistiques, manœuvres politiques en vue d’accaparer le pouvoir’’ ». Et elle prononça sa sentence : 10 ans de travaux forcés, et 10 autres d’interdiction de séjour avec privation des droits civiques et politiques à l’encontre de Ben Salah ; 5 ans des mêmes peines pour Amor Chéchia ; et une peine de prison avec sursis  pour Hédi Baccouche le futur ex-premier ministre de Ben Ali…

.

[7] Je rappelle, pour ceux qui ne le sauraient pas que ZAZA est l’acronyme De Zine El Abidine Ben Ali le président déchu, déboulonné de son piédestal par le peuple tunisien le 14 janvier 2011.

 

[8] Ce qui était hypocrite et fallacieux de leur part, puisque chacun savait pertinemment que ces indemnités auraient été unilatéralement fixées par les proches collaborateurs de Bourguiba et qu’elles seraient dans tous les cas de figures ridicules pour des maisons en bord de mer qui prenaient au fil des ans, une plus value inestimable, ne serait-ce que sur la seule valeur du mètre carré de terrain, les pieds dans l’eau !

 

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F
inner fighting under the dictatorship of both idiots is nothing to be proud of. You agreed to their rules. There is no courage speaking after the revolution.
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