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Incursions dans une vie antérieure avec retours sarcastiques sur des errements sociopolitiques plus actuels,

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Le fruit amer du bigaradier, arbre aussi amer qu'encore méconnu.

Bonjour,
Cela fait plusieurs jours aujourd'hui qu'une bande de malfrats a coupé et volé des centaines de mètres des câbles de téléphone en cuivre dans plusieurs quartiers de la Marsa et de Carthage...ce qui explique mon absence depuis sur ‪#‎facebook‬, absence que mes amis ont peut-être remarquée...
Le retard accusé par les services télécoms pour remettre en service les lignes de téléphone et les connexions internet, m'aura au moins servi à revisiter la mémoire de mon ordinateur et à y retrouver un texte à mes yeux important, que je vais m'empresser de publier sur ma page, sur celles regroupant les amis de ‪#‎Nabeul‬, ainsi que sur mon compte ou blog personnel ‪#‎overblog‬ sur internet...
Il s'agit d'un brouillon de scénario concernant le "‪#‎Zhar_ou_fleur_de_bigaradier‬" que j'avais commencé à écrire à la demande de ‪#‎Anis_Lassoued‬ au tout début de l'année 2004, et dont l'élaboration s'était poursuivie jusqu'en mars de la même année ...
Ce projet de scénario qui, contrairement à celui des‪#‎Poupées_de_Sucre_de_Nabeul‬ qui a connu un succès mondial, n'a pu être concrétisé, faute d'accord avec le producteur... ce qui est certainement dommage à plus d'un titre...

C'est pourquoi, et pour éviter que les précieuses données que j'ai pu amasser grâce à des recherches, sur ouvrages historiques spécialisés autant que sur Internet et auprès de professionnels, de connaisseurs et d'industriels et autres commerçants du Cap-bon ne se perdent pour tout le monde, j'ai décidé de les diffuser et de les porter à la connaissance de celles et ceux auxquels elles pourraient être de quelque utilité... mais également, à la disposition et à titre ‪#‎gracieux‬, de tout metteur en scène ou producteur intéressés par la finalisation de ce que j'avais entrepris, il y a déjà plus de 12 ans ..Dont acte....

A la fin de ce brouillon, le lecteur trouvera des notes que j'avais alors enregistrées en vue de finir d'élaborer le scénario d'un court métrage consacré à "la fleur de bigaradier", à son histoire antique et moderne ainsi qu'à ce que l'on en fait aujourd'hui... et aux sentiers possibles que l'on pourrait lui faire emprunter demain pour mieux pérenniser ses arts millénaires et multiples qui se perdent... en rentabilisant, davantage et mieux, leurs divers commerces et industries...

LE FRUIT AMER... du bigaradier, arbre aussi précieux qu'encore méconnu.

PRINTEMPS / Cap-Bon :
NABEUL/HAMMAMET/DARCHAABANE/BENIKHIAR…

Séquence 1 Belle matinée de mars /Jardins de bigaradiers en fleurs.

La caméra se promène dans diverses plantations de bigaradiers en fleurs qui s’étendent à perte de vue à travers le cap-bon.
Le narrateur fournit une partie des données relatives à l’histoire du bigaradier et à sa culture ( voir le texte de base) et dans le même temps, c’est une symphonie en vert, oranger et blanc, qui s’offre à la vue du spectateur : Un véritable tableau vivant de milliers d’arbres dont les branches, garnies d’une multitude de feuilles d’un vert luisant, plient jusqu’à terre sous le poids de fruits juteux couleur orange, sont littéralement assiégées par des nuées de magnifiques boutons d’une blancheur rendue encore plus éclatante par la rosée matinale.

Certaines de ces propriétés sont clôturées de murs en torchis passés à la chaux, d’autres sont encadrées de conifères touffus ou de ‘tabias’, haies vives de figues de barbarie; d’autres encore sont grillagées de fils barbelés ; ce sont là quelques-unes des plus belles plantations de la région qui prennent place à Hammamet, Nabeul, Soliman, Bénikhalled, Darchâbane, BéniKhiar…ces villes et villages bénis où s’est réfugiée une partie des milliers de familles mauresques chassées d’Espagne notamment entre le 13ème et le 16ème siècles, tout le long de la reconquête des principautés arabes par les Espagnols Cordoue (1236), Jaén (1246), Séville (1248) et Cadix (1250) ... Grenade résistera encore pendant deux siècles et connaîtra une civilisation à nulle autre pareille au cœur de l’Europe du Moyen-âge.
Mais la reprise de Grenade en 1492, par Ferdinand II d’Aragon et la très catholique Isabelle de Castille, sonne le glas pour les anciens conquérants musulmans, qui malmenés par l’inquisition, émigrent en masse vers l’Afrique du nord, accompagnés par les Juifs, ces compagnons de leur fortune, comme de leur infortune, tout le long de ces siècles de grandeur et de décadence.

Les derniers à partir seront les morisques ; chassés définitivement d'Andalousie en 1610 ; et dont plusieurs vagues vinrent s’installer entre autres, dans les régions fertiles de la Tunisie et notamment au Cap-bon, cette presqu’île en pointe sur la carte de la Tunisie, au sommet de l’Afrique, et qui a l’air de s’élancer vers l’Europe, comme pour signifier son regret, voire son rejet de la déchirure des plaques tectoniques qui l’en ont détachée, il y a de cela quelques millénaires….
Les morisques, en s’implantant au cap-bon, y ont tout naturellement implanté leur culture, leur mode de vie et leur savoir-faire, agricole, artisanal et artistique, ainsi que leur organisation sociale si particulière qui intègre sans problème majeur, des familles juives dans les quartiers musulmans et vice-versa...

Ce sont précisément ces morisques qui commençant dès le 9° siècle, à quitter les foyers étincelants de la culture islamique de l’Andalousie conquise et reperdue et qui, revenus s’installer massivement en terre d’islam, entre le 10° et le 17° siècles, y plantèrent les premiers ‪#‎bigaradiers‬... ceux-ci auront vite fait d’envahir toute les régions ensoleillées et bien arrosées et même de les déborder, par-ci par-là ; ce sont ces mêmes morisques qui, là où ils se sont installés, ont développé entre autres us et coutumes, cet art sublime de la distillerie des fleurs, et notamment celles du bigaradier, art qui a traversé sans encombre plusieurs siècles jusqu’à nos jours…

Il y a encore trente ans, il n’y avait pas une seule famille dans les villes et les villages du cap-bon qui n’ait son propre alambic artisanal pour procéder elle-même à la distillation des fleurs d’oranger, des fleurs de jasmins, des bouquets de menthe, de nessri et autres plantes odorantes ...
Aujourd’hui cette tradition ancestrale commence cependant à disparaître des grandes villes ...et seules les familles des villages les plus retirés continuent de la pratiquer couramment ; dans les villes de cette région du cap-bon, et surtout à Nabeul sa capitale, ce sont les usines de traitement de fleurs qui ont pris le relais et qui achètent massivement ces fleurs et autres produits du bigaradier pour en extraire plusieurs huiles essentielles et notamment le néroli qui vaut son pesant d’or dans le marché mondial de la parfumerie de luxe.

Séquence2 Extérieur/Jour/ Entrée d’une usine de traitement de fleurs à Bénikhiar à 10kms de Nabeul

Nous sommes au début du mois de mars, monsieur Mohamed KACEM est arrivé devant l’usine qu’il a fondée depuis quelques années à l’intérieur même d’un ensemble de vergers dans la campagne de Bénikhiar, pour faciliter entre autre l’approvisionnement en fleurs, et ce après avoir été longtemps le gérant d’une des plus vielles usines de Nabeul ; il est en pleine discussion avec son fils Farouk et leur chef d’approvisionnement ; il leur apprend que plusieurs courtiers internationaux ont déjà confirmé leur volonté d’acquérir de grosses quantités d’huiles essentielles et notamment du ‪#‎néroli‬ en quantité maximale durant cette saison ; le tout à des prix très avantageux pour l’usine...
M. Kacem et son équipe ont déjà depuis de nombreux mois, pris contact avec les propriétaires de grands vergers et signé de nombreux contrats d’achat de leur récolte ‘‘sur pied’’ ; mais considérant le manque de pluie de ces derniers mois, il craint que ces récoltes ne soient insuffisantes ; il recommande donc d’accroître les achats de fleurs, de fruits, de branches et de feuilles, par leurs collecteurs habituels qu’il faut mandater auprès d’autres propriétaires, et s’il le faut, même sur les marchés locaux de la région ; il rappelle par ailleurs qu’il faut se dépêcher de recruter nombre d’ouvriers occasionnels et instaurer des équipes travaillant sans interruption 24h sur 24h, car la saison ne dure en gros, que trois semaines, et elle démarre bientôt…

Délaissant l’entrée de son bureau qui donne sur la cour et dont la porte est largement ouverte, le gérant s’engage à l’intérieur de la distillerie, puis, toujours accompagné par ses principaux collaborateurs, il se met à arpenter les allées et les recoins de la distillerie en procédant à l’inspection minutieuse des appareils et des tuyauteries…

Séquence2bis /Extérieur Jour/ Cour extérieure d’une vieille usine de traitement de fleurs à Nabeul.

A quelques kilomètres de là, dans une belle avenue menant à la plage de Nabeul, Monsieur Chédly Belkhoja, nouveau propriétaire de l’une des plus vielles usines de cette ville, usine dont monsieur Kacem était précisément le gérant, est également entouré de ses collaborateurs ; ils sont dans la cour centrale de l’usine dont les murs ont été fraîchement passés à la chaux ; les portes et les fenêtres ont, elles aussi, été repeintes ; cette grande cour centrale, ombragée par d’immenses palmiers quasi centenaires, a été soigneusement nettoyée ; là aussi l’on est en pleins préparatifs de la campagne de fleurs dites d’oranger ; Monsieur Belkhoja et son ingénieur conseil, qu’il a fait venir de sa distillerie de Tunis, sont en train de faire à leurs collaborateurs, les mêmes recommandations de maximalisation d’achats de produits de bigaradier ; M. Belkhoja qui est devenu depuis des années l’un des plus grands industriels tunisiens en matière de traitement de fleurs et autres plants odorants et qui s’est rendu dans tous les pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie, est bien placé pour savoir que le bigaradier est un arbre béni qui peut générer des fortunes ; en effet, une fois traitées, les fleurs du bigaradier, mais également ses feuilles, ses branches et ses oranges amères peuvent rapporter de l’or ; aussi, ayant appris que cette usine de Nabeul était à vendre, cet industriel de Tunis, s’est-il dépêché de l’acquérir pour agrandir son patrimoine et se rapprocher davantage du Cap-Bon, centre de production de cet arbre dont même les Nabeuliens ne connaissent pas vraiment tous les avantages et mérites…

Séquence3 Matinée ensoleillée de fin mars
/Jardin de bigaradier à BENIKHIAR (à 6 km à l’est de NABEUL)

Dans un grand jardin comptant des centaines d’arbres fleuris, une équipe de femmes est à la tâche ; elles cueillent les fleurs de bigaradier ; elles ont étendu des bâches et des couvertures au pied des arbres pour empêcher que les fleurs ne se salissent au contact de la terre ; les ouvrières procèdent à la cueillette à la main.

Pour accéder aux branches les plus hautes, certaines ont grimpé sur des échelles doubles, d’autres sur de petits escabeaux ; d’autres encore sont debout au pied de l’arbre, ces dernières se chargent des branches les plus basses qui ploient sous le poids des fruits et des belles fleurs en boutons. Les ouvrières sont d’âge variable, les plus jeunes sont habillées de jeans et de pull-overs, les autres portent des robes en grosses cotonnades ; parmi les plus âgées, certaines portent même le Kadroune ou la Kachabia, vêtements traditionnels plus couramment portés par les paysans de sexe masculin ; les ouvrières sont très bavardes ; elles sont gaies, certaines chantent à voix haute, mais toutes s’activent énergiquement ; leurs doigts habiles cueillent prestement, mais toujours délicatement, les fleurs qu’elles laissent tomber en cascade sur les couvertures au pied de l’arbre ; de temps à autre, lorsque la quantité de fleurs cueillies devient conséquente, certaines ouvrières se chargent de les ramasser, de peur qu’elles ne soient piétinées ; pour ce faire, elles les rassemblent en petites pyramides au centre de chaque couverture étendue, puis en relevant les bords de la couverture pour en faire un creuset, elles vont les verser sur une bâche placée sous un hangar, avant de revenir rapidement étendre à nouveau la couverture vidée de son contenu à sa place, au pied du même bigaradier qu’elle un instant quitté ; entretemps, les autres ouvrières qui n’ont pas interrompu leur travail, ont évité de faire tomber leurs fleurs sur l’espace démuni de couverture.

Le travail des ouvrières est bien synchronisé, elles n’auraient presque pas besoin d’être contrôlées dans leur activité débordante, mais une femme contremaître est bien là ; elle veille énergiquement au respect de la cadence ; ‘‘il faut faire vite et bien’’, ne cesse-t-elle de répéter ; ce qui ne l’empêche pas de prendre part aux discussions et aux chants des ouvrières.

Sous un hangar, légèrement en retrait, deux ouvriers se chargent de ramasser les boutons de fleurs, à la main ou à l’aide de petites pelles en plastique ; ils les mettent ensuite dans des sacs d’emballage en toile de jute neufs, qu’ils alignent au fur et à mesure contre le mur en vue de leur transport vers le marché local, ou vers les usines de traitement ; en effet, certains courtiers et propriétaires d’usine, clients de longue date de la propriété, ont déjà acheté une partie de la récolte, voire toute la récolte sur pied, bien avant l’apparition des premiers bourgeons.

Séquence4 Extérieur Jour/Zone rurale d’EL MEHEDHBA / (à 18 kms au nord de NABEUL) Place du marché ( 8h30)

Dans cette séquence, on voit des paysans reconnaissables à leur Kachabias, Kadrounes et Burnous, déchargeant leur récolte de fleurs en sacs ; ils les déposent au bord de la route sur les bas côtés, dans la petite place de ce marché saisonnier et ouvrent le haut de leurs sacs pour exposer leurs belles fleurs cueillies la veille, ou le jour même à l’aube ; on voit également des revendeurs exposer leurs fleurs dans de grands couffins ou en tas à même le sol par dessus un sac de jute étalé sur le trottoir ; leurs vêtements les distinguent des agriculteurs, ils portent des pantalons et des pulls, ou bien des salopettes, ou encore de vieux uniformes kakis provenant des surplus de l’armée.
Sur ce marché d’une zone particulièrement rurale, les gens semblent très avertis et leur choix porte presque exclusivement sur les boutons de fleurs exposés par les paysans ; plusieurs clients achètent deux ou trois pesées, ce sont de simples consommateurs venus faire leur petite provision annuelle ; de retour chez eux, ils confieront leurs emplettes à leur femme ou à leur belle mère, qui se feront une joie de les transformer en eau de fleur d’oranger, cet ingrédient indispensable depuis toujours au confort et au bien-être de leur famille ; d’autres clients achètent les fleurs en quantité plus grande ; ce sont des bourgeois aisés et avertis qui ont des besoins plus importants pour leur usage familial ainsi que pour leurs amis citadins qui apprécient et attendent, chaque année, le cadeau d’une belle fiasque odorante ; ce sont par ailleurs des commerçants disséminés dans la foule des clients qui profitent de cette manne pour faire un commerce saisonnier d’eau de fleurs ; ils s’empressent de faire massivement provision de ces fleurs avant qu’elles ne viennent à manquer et que leur prix ne grimpe sensiblement ; ils s’empresseront aussitôt de procéder à leur distillation et à la vente de leur eau en touchant une plus value importante ; les bourgeois et autres consommateurs s’adressent exclusivement aux agriculteurs et évitent même de parler aux ‘‘revendeurs’’ qu’ils soupçonnent de pervertir le marché ; mais ces revendeurs ne chôment pas pour autant, ils ont suffisamment de métier pour attirer quelques consommateurs parmi les moins avertis ou parmi ceux dont les revenus sont plus modestes ; pour cela, ils le savent pertinemment , ils doivent ‘‘casser’’ leurs prix ; et ils le font d’autant plus volontiers qu’ils savent qu’ils vont surtout allécher les commerçants qui achètent les plus grosses quantités et qui tiennent surtout à faire le meilleur bénéfice sur la vente d’eau de ces fleurs, sans s’inquiéter outre mesure de savoir si elles ont été plus ou moins malmenées avant leur distillation...
Les agriculteurs vantent à tue-tête leurs marchandises, chacun y va de sa chansonnette, prétendant que ses fleurs sont les plus belles de la région ; ils citent fièrement la provenance de leur récolte et prétendent que cette année leur produit donnera la meilleure eau de fleur d’oranger ‘‘odorante et pure avec un doigt ‘‘d’huile’’ au sommet de chaque fiasque (feschka) ; il s’agit en fait d’une quantité infime d’essence brunâtre qui n’est autre que ce fameux #néroli…
Les revendeurs eux, mettent surtout l’accent sur les prix qu’ils proposent et sur leur intention déclarée de ‘‘vouloir tout liquider" ...sans faire de bénéfice sur le dos des gens modestes ( Zouawlias, en tunisien)’’.

Séquence 5 /Extérieur jour/NABEUL /Place du marché(9h30)

On assiste, dans cette séquence, ainsi que dans la suivante, aux mêmes scènes de vente des fleurs avec certaines différences de détails surtout au niveau des vêtements des vendeurs et des clients, les uns et les autres, généralement plus citadins à Nabeul, plus campagnards ailleurs.
Ce qui est également caractéristique de Nabeul, c’est que l’écrasante majorité des clients sont des clientes ; la vente se passe dans deux ou trois placettes adjacentes les unes aux autres, tout le long de la rue menant au marché central de la ville.
Le manège de certaines femmes est très révélateur de leur perspicacité ; on les voit monter et descendre la rue en faisant le tour de tous les étals avant de se décider à acheter ; elles n’hésitent pas à toucher à la marchandise en prenant de pleines poignées de boutons de ‪#‎Zahr‬ et en les portant à hauteur de leurs narines pour les humer goulûment ; les revendeurs les houspillent un peu, de peur de voir leurs fleurs abîmées par des contacts répétés, mais les femmes n’en ont cure ; nullement découragées, et pas du tout pressées, elles continuent de circuler, de palper les fleurs et de les sentir, en discutant âprement les prix ; et le plus souvent, elles finissent par obtenir de bien plus avantageux, que la clientèle masculine beaucoup moins agressive…

Séquence6/ Extérieur jour/ Dar Chaabane (à 1km à l’est de Nabeul)/ Place du marché(10h00).
Dans cette séquence répétitive que l’on peut démultiplier à Bénikhiar, Hammamet, Bénikhalled et Soliman, on retrouve des paysans portant Kachabias et Burnous déchargeant leur récolte de fleurs en sacs ; là encore on retrouve les mêmes procédés d’exposition de la marchandise au bord de la route sur le trottoir de la place du marché ; et les mêmes sacs ouverts qui laissent voir les belles fleurs cueillies à l’aube ; on voit également les inévitables commerçants revendeurs exposer leurs fleurs, apparemment moins fraîches, datant de la veille, ou de l’avant veille, mais ayant encore un bon aspect, probablement préservé par le froid du réfrigérateur où elles ont passé la nuit ; les revendeurs exposent leurs marchandises dans de grands couffins ou en tas à même le sol, par dessus les mêmes sacs de jute étalés sur le trottoir . A certains clients, peu familiarisés avec ce rituel de vente et d’achat des fleurs d’oranger, les paysans expliquent qu’il leur faut une ‘‘ouezna’’ ou pesée de quatre kilogrammes de fleurs, pour obtenir une bonne fiasque et deux bouteilles d’eau de fleur d’oranger suffisamment odorante et avec un doigt ‘‘d’huile au sommet de chaque récipient’’.

Séquences7/ Extérieur jour/Nabeul/Maison arabe du R’bat

Dans cette première scène de distillation, il s’agit d’une famille du quartier morisque de Nabeul, le R’bat ; on voit une grand’mère portant de beaux habits traditionnels, les yeux noircis au ‘‘khol’’; elle s’affaire à un alambic qu’elle a installé dans l’arrière cour de la grande maison arabe de sa fille aînée ; il s’agit là de la distillation à l’ancienne ; l’âtre est formé de pierres et de briques réfractaires placées en cercle autour du feu alimenté de bois d’olivier odorant ; un chaudron en cuivre ciselé, le bord bien ajusté au cercle de l’âtre, est en train de chauffer ; il contient de l’eau mélangée à une quantité précise de fleurs, quatre kilogrammes, dont l’artiste va extraire juste de quoi emplir une fiasque de deux litres dite ‘‘de tête’’, c.a.d. de la meilleure qualité ( ‘‘Rass’’, en arabe tunisien) ainsi que deux bouteilles de bonne qualité d’un litre chacune, avant de suspendre la distillation et de recommencer l’opération avec de nouvelles fleurs fraîches ; le haut du chaudron est recouvert par un grand plat en poterie épaisse ; ce plat est renversé par dessus le bord du chaudron ; les deux bordures ont exactement le même diamètre et la grand’mère prend soin de confectionner un joint hermétique entre celle du chaudron et celle du couvercle en poterie ; elle utilise pour cela des bandelettes de tissu qu’elle enduit de temps à autre de terre glaise pour maintenir l’étanchéité parfaite, et empêcher ainsi toute fuite de la précieuse vapeur ; sur le côté de l'ensemble en poterie, on voit sortir un conduit en zinc, en forme d’entonnoir géant, qui se prolonge en s’effilant à l’horizontale jusqu’à une grosse bassine, également en poterie locale, qu’il traverse de part en part pour plonger dans l’eau fraîche qu’elle contient ; ce dispositif artisanal ingénieux est destiné à conduire la vapeur d’eau de fleurs, évidemment brûlante, tout le long de ce cône, et à la rafraîchir assez brutalement, par la traversée de la bassine, ce qui va provoquer sa condensation ; en bout de course l’entonnoir qui s’est progressivement rétréci, n’a plus qu’un centimètre de diamètre ; il s’achève par un bec recourbé vers le bas qui vient s’ajuster au col d’une fiasque posée là, à bon escient par des mains expertes, pour recueillir le précieux goutte à goutte odorant ; la grand’mère est entourée d’une ribambelle d’enfants ; ses petits enfants et leurs copains sont à la fête et chahutent gentiment l’ancêtre ; celle-ci est aux anges, elle fredonne en souriant et en dodelinant de la tête mais, parfois on la voit gronder et menacer les chahuteurs de loin, avec une branche d’olivier qu’elle brandit la main haute; puis elle se rassoit sur sa chaise basse et se remet à contrôler attentivement le débit du goutte à goutte, veillant à éviter qu’il ne s’accélère ; aussitôt qu’elle y perçoit une petite accélération, elle freine l’ardeur du feu en l’aspergeant d’un peu d’eau, puis elle écope l’eau de la bassine devenue trop tiède et la remplace par de l’eau fraîche… Chaque fois qu’une fiasque ou qu’une bouteille s’emplit, la grand’mère pousse des youyous de joie en la retirant d’en dessous du bec de l’alambic et elle la remplace d’un geste synchrone par un autre récipient, sans perdre une seule goutte du précieux liquide parfumé… ; la maîtresse de maison, alertée chaque fois par les youyous de sa mère vient prendre livraison des contenants en s’empressant d’y accoler une étiquette indiquant la qualité du contenu de la fiasque (ras) ou de la bouteille (aakab) ; celles ci seront ensuite exposées au soleil pendant deux à trois jours pour faciliter l’agrégation du précieux néroli et sa remontée à la surface du liquide odorant, et en authentifier ainsi l’indéniable excellence…

Séquence8 /Intérieur jour/Villa d’un quartier cossu de NABEUL.

Là il s’agit d’une maîtresse de maison plus moderne, elle procède au rituel familial dans un local adjacent au garage de sa belle villa donnant sur le jardin dans un quartier résidentiel de Nabeul; ce local a été visiblement agencé pour servir de cuisine additionnelle durant les fêtes et les cérémonies de la famille et éventuellement celles des voisins ; la dame se sert d’un assemblage alambic tout en métal et utilise un grand fourneau en fonte alimenté au gaz butane pour chauffer sa mixture de fleurs d’oranger ; elle est légèrement maquillée et porte un jogging élégant ; plusieurs autres femmes vaquent à ses côtés ; deux d’entre elles finissent de préparer le déjeuner ; une autre dame portant un costume traditionnel avec de belles broderies en soie naturelle, les bras et la poitrine chargés de bijoux en or massif, est allongée sur une chaise longue recouverte d’une couverture en laine écrue ; elle déguste un café noir arrosé de quelques gouttes du ‪#‎zhar‬nouveau tout en vantant le cru 2004 de cette eau de fleur d’oranger ; il s’agit d’une riche parente à laquelle la maîtresse de maison a offert deux de ses meilleures fiasques habillées de satin et élégamment décorées de rubans.
Le matériau de l’alambic et le procédé de chauffage mis à part, le procédé de distillation est comparable à celui de la séquence précédente ; les experts prétendent que rien ne peut remplacer le feu de bois et le feeling d’une vielle grand’ mère pour obtenir le meilleur parfum ; mais cette maîtresse de maison rejette l’argument ; pour elle, il est plus facile de régler l’ardeur du feu par une manette de gaz qu’avec des projections d’eau sur l’âtre ; et elle assure ‘‘ne pas du tout être masochiste et n’éprouver aucune nostalgie pour la fumée de bois et aucun besoin de ses désagréments pour ses yeux et habits’’; par ailleurs, mettant à profit le calibre important de sa cuvette, elle utilise pour chaque ‘‘fournée’’, une quantité plus importante de fleurs à faire bouillir et ne se préoccupe nullement de marquer la chronologie de distillation et d’emplissage des ses récipients; dans cette scène, il n’y a ni enfants, ni cris de joie, et l’ambiance est quelque peu distinguée... sinon snob.

Séquences9 et 10/Extérieur/jour/scènes de rue.
Ces deux autres séquences de distillation, sont le fait de familles, plutôt villageoises de Bénikhiar, où la scène se déroule dans des quartiers périphériques, respectivement de la plage et de la campagne ; dans les deux cas, la distillation prend place carrément dans la rue, devant les maisons arabes modestes mais toujours proprettes ; l’ambiance y est également enjouée ; dans les deux cas, la maîtresse de maison, qui officie elle même, dans un cadre familial traditionnel, est apparemment heureuse d’avoir de la visite ; elle offre des gâteaux parfumés à l’écorce d’orange ou de la confiture de bigarade et du pain pétri à la main et cuit au four traditionnel ‘‘tabouna’’.
Dans les deux cas, ces femmes visiblement expertes en la matière, ne tarissent pas sur les différents aspects de cette tradition, sur ce qu’elles savent de son origine et sur les inestimables bénéfices tirés des différents produits et fruits du bigaradier, dans leur propre vie courante et celles de leurs voisines ; elles sont toutes détentrices de savoirs et de savoir-faire, transmis de mère en fille, depuis des siècles ; us et coutumes plus facilement préservés dans ces familles, modestes, mais très fières de leurs particularités, jusque là préservées des atteintes réductrices de la mondialisation et qui continuent à recourir aux recettes traditionnelles, et à profiter des multiples vertus culinaires et curatives du bigaradier :
Elles utilisent son eau de fleurs, non seulement pour parfumer leur linge après lavage, se parfumer elles-mêmes et se prémunir des coups de soleil de l’été, mais elles en servent également quelques millilitres dans leur café pour en atténuer l’effet quelque peu stressant pour le cœur des adultes et en font même boire aux bébés pour faciliter leur sommeil.
Elles mâchent les feuilles de bigaradier pour se rafraîchir l’haleine aussi bien qu’avec le meilleur dentifrice; elles utilisent le zeste de son fruit pour parfumer les différentes pièces de leurs maisons et en éloigner les mites et les vers ; elles utilisent ce même zeste pour soigner certaines maladies de la peau ; et le jus de la pulpe du fruit leur sert parfois à soigner les yeux de leurs enfants atteints de conjonctivite printanière ; sans oublier les multiples services que leur rend la peau pelée du fruit qui parfume les boissons; et qui est abondamment utilisée dans la confection de pâtisseries traditionnelles, tout comme l’écorce des autres oranges, mais qui donne un goût plus marqué, et un arôme légèrement pimenté…


Notes de l’auteur : Recommandation d’organisation des scènes suivantes avec la collaboration de l’association de sauvegarde de la ville de Nabeul ; la première pour mettre sur pied et filmer une exposition autour de cette tradition du Zhar avec tout le matériel et tous les ustensiles et différents contenants de l’eau de fleurs d’oranger, ainsi que des photos souvenirs ; la seconde permettra de mettre en scène une conférence causerie avec la participation de connaisseurs de l’histoire et des pratiques, ce qui nous donnera l’occasion de faire passer le maximum de ces données dans le texte du narrateur.

Séquence11 /Intérieur/jour/salle de conférence dans un hôtel de Nabeul.
Parmi les manifestations parallèles à la foire de Nabeul, l’association locale de sauvegarde de la ville a organisé une causerie pour débattre avec un public choisi, des différents aspects des traditions régionales en matière de culture et de traitement des fleurs et notamment celles du bigaradier ; cette causerie a lieu dans une salle de conférence très éclairée dans un hôtel de Nabeul, situé non loin des bâtiments de la foire.
Les conférenciers sont installés derrière une table semi-circulaire couverte d’une belle nappe brodée parsemée de fleurs de bigaradier, de brins de bouquets de jasmin et de petites branches de géranium ; légèrement en contrebas, l’espace réservé à l’auditoire est meublé de petites tables circulaires entourées chacune de trois à quatre chaises formant un demi cercle orienté vers les conférenciers ; ces petites tables sont également recouvertes de nappes blanches décorées des mêmes fleurs odorantes que l’on célèbre en cette occasion ...
Debout à côté de la table de conférence, le président de l’association organisatrice se charge des présentations d’usage ; il y a là un aréopage de qualité ; deux historiens, un chercheur agronome et un chimiste qui vont faire de courts exposés, puis animer les débats et répondre aux questions que posera le public composé de notables de la Région de Nabeul et de quelques invités de marque de Tunis et d’ailleurs.

Au cours de ces débats on apprendra en substance, que le bigaradier, dont les fleurs, les feuilles et les branches sont largement utilisées dans la région de Nabeul, pour la production de l’eau de fleur d’oranger et surtout celle du néroli et d’autres essences et extraits, descend directement du cédratier, arbre plusieurs fois millénaire, originaire de l’Inde et qui, bien avant l’ère chrétienne, a été remarqué pour ses multiples vertus culinaires et surtout curatives ; les feuilles mâchées du cédratier, rafraîchissent l’haleine et annihilent l’odeur désagréable de l’oignon et de l’ail ; le zeste de son fruit parfume l’espace et en éloigne les insectes et les mites ; mieux encore, ce zeste est utilisé pour soigner l’épilepsie et certaines maladies de la peau ; son enveloppe molle et crémeuse est consommée agréablement ; le jus de sa pulpe allège l’effet du venin, efface les taches d’encre et soigne même certaines conjonctivites ; ce jus blanchit par ailleurs le pain de froment et va jusqu’à gommer les taches de rousseur indésirables ; des pépins de son fruit, on extrait une huile qui soigne les piqûres de scorpion....

Il n’est donc pas surprenant que ce cédratier, véritable arbre-panacée, ait été recherché de tous temps, et acclimaté partout où cela a été possible, de l’Indus à la Méditerranée, en passant par la Perse, la Mésopotamie, le Yémen, les côtes orientales de l’Afrique, l’Ethiopie, l’Egypte, l’Afrique du nord et même certains pays du nord de la Méditerranée.
C’est ainsi que, Sumériens, Babyloniens, Phéniciens, Puniques, Gréco-romains ou Arabes, tous le plantaient, là où ils accostaient, pour négocier ou pour coloniser…
On raconte que le prophète Mohamed lui-même, avait un beau cédratier dans la cour de sa maison.
Et voilà que le premier descendant du cédratier, notre fameux bigaradier, se révèle être l'héritier de toutes les qualités du père, sans avoir à en assumer les défauts ; à titre d’exemple, les fleurs du père sont fades et leur parfum à la limite du désagréable ; celles du fils l’emportent sur toutes les autres par leur parfum, suave et pénétrant à l’envi….

Quand, précisément le bigaradier fit-il son apparition ? Et où ? On le saura peut-être un jour plus précisément ; cependant, des géographes arabes, nous apprennent par leurs ouvrages relatés ici, par M. Mohamed BOUDEN conférencier principal du jour, que du temps des Aghlabides (contemporains de Charlemagne), un jardin d’agrément comportait un millier d’orangers amers du côté de Kairouan ville tunisienne dont ils avaient fait leur capitale; ces bigaradiers ont vite fait de gagner les meilleures terres du nord de la Tunisie, de la Sicile et surtout de l’Espagne où ils ont grandement participé au développement de la civilisation et de l’art andalous, notamment en matière de fabrication de parfums.
C’est ainsi que le monde arabe, n’étant plus satisfait des méthodes d’extraction des arômes, anciennes, mais vétustes, inventa la distillation proprement dite.
C’est au 10ème siècle de l’ère chrétienne que, Al Razi, plus connu en Occident comme Rhazes (v. 864-v. 925) philosophe, grand médecin et non moins grand pharmacien et père de la chimie moderne, améliore le système de la distillation à peine inventé, ce qui lui permet de fabriquer les premiers alcools, (Al Kuhul), terme qui donnera notamment alcohol en anglais et alcool en français ) et ce, en distillant des produits sucrés ( fruits et autres) préalablement fermentés ...
Dès lors, de Bagdad à Kairouan, en passant par Alexandrie, Palerme ou Cordoue, les parfumeurs, et même de simples esthètes amateurs, se mettent à distiller toutes fleurs sentant bon, de la rose aux fleurs de bigaradier, en passant par le jasmin, le santal, la jonquille, le narcisse et le géranium.

Le Califat de Cordoue, fondé en 756, connaît alors son apogée et l’Andalousie devient le centre des civilisations sarrasine et mauresque ; Grenade, Cordoue, Séville et Jaén sont les foyers étincelants de la culture islamique ; mais au début du 11eS, le royaume cordouan se divise en plusieurs principautés mauresques indépendantes et ne vivant pas toujours en harmonie, et la décadence guette…
Les Espagnols reprennent successivement Cordoue(1236), Jaén(1246), Séville(1248) et Cadix(1250).
Grenade résistera encore pendant deux siècles et connaîtra une civilisation à nulle autre pareille au cœur de l’Europe du Moyen-âge.
Mais la reprise de Grenade, (1492), par Ferdinand II d’Aragon et la très catholique Isabelle de Castille, sonne le glas pour les arabes décadents, qui malmenés par l’inquisition, émigrent en masse vers l’Afrique du Nord emportant avec eux leur savoir-faire, et surtout leurs fleurs odorantes.... les derniers à partir sont les fameux morisques qui, chassés définitivement de l’Andalousie en 1610, s’installent dans les régions fertiles de la Tunisie et donc, entre autres, au Cap-bon.

De nos jours, Nabeul comprend encore un grand quartier moresque (le R’BAT), Dar-Châbane-El-Fihry, une localité proche a, elle aussi, abrité une forte proportion de mauresques dont les descendants continuent de s’illustrer par leur maîtrise des arts et le raffinement de leur vie quotidienne, tels que l’art culinaire et pâtissier, le jardinage et les techniques sophistiquées de l’irrigation, et bien sûr la distillation des fleurs et notamment celles du fameux Zahr de Nabeul ; la boucle est pour ainsi dire, bouclée : le bigaradier exporté de Kairouan par leurs ancêtres quelques siècles plus tôt, est ‘‘rapatrié’’ en terre maghrébine par les morisques exilés d’Espagne.
Avec ce ‘‘retour’’ des morisques, l’agriculture connaît un renouveau notoire et le commerce et l’industrie se développent à outrance dans le fameux triangle méditerranéen : Tunis, Marseille, Livourne, où s’installe une forte colonie juive originaire d’Espagne.
C’est justement quelque temps après que Anne Marie de Trémoille, épouse du prince de ‪#‎Nerola‬ découvre, vers 1675, un nouveau parfum : l’huile de fleur d’oranger, appelé depuis #néroli.

L’un des conférenciers nous apprend que, plus près de nous, c’est dans les années 1900, qu’un certain Jean-Marie VIAL, a commencé à extraire le néroli des orangeraies de Nabeul grâce à un bel alambic tout en cuivre, jalousement gardé de nos jours à Bénikhiar dans le bureau de M. ‪#‎Kacem‬.... pour la petite histoire, cet alambic aurait fait son premier voyage, de Tunis vers Nabeul, à dos d’âne, entre 1920 et 1925 ; et à partir des années 50, la Tunisie est devenue pratiquement le premier pourvoyeur de néroli au monde...
Il ressort des questions et réponses du débat que, dans ces années cinquante, des parfumeurs français de la ville de Grasse, ayant des difficultés croissantes à s’approvisionner en fleurs d’oranger, sont venus fonder, au cap-bon, une société pour le traitement des fleurs et autres dérivés du bigaradier local en vue de leur commercialisation en France ; puis au début des années 60, c’est la société GUERLAIN qui vient investir dans le secteur près de Nabeul ; J.P.Guerlain, lui-même présent dans la salle, nous rappelle que ses ancêtres fournissaient déjà, dès l’année 1854, l’eau de Cologne ‘‘Impériale’’, à forte composante de néroli, pour le bonheur des têtes couronnées de l’Europe du 19° siècle, et notamment pour le bonheur de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III qui en raffolait....
Guerlain certifie que la qualité du néroli tunisien est devenue depuis ces trois dernières décennies, bien meilleure que celle du néroli marocain ou égyptien ; il nous apprend également que le Cap-bon produit la quasi totalité des 400 à 450 kilogrammes annuels de néroli tunisien et que la nouvelle société qu’il vient de fonder avec un tunisien, en utilise chaque année entre 60 et 160 kilos, selon l’importance des récoltes annuelles.

A la fin des débats, le président de l’association de sauvegarde de la ville convie ses invités à le suivre pour la visite d’une exposition qui se tient dans un autre espace du même hôtel.

Séquence12/Intérieur/jour/hall d’exposition du même hôtel.

Description de l’exposition alibi d’une partie importante du texte : exposition autour de cette tradition du Zhar avec tout le matériel, tous les ustensiles et les différents contenants d’eau de fleurs d’oranger, ainsi que des photos souvenirs de tous genres d’alambics anciens et plus modernes de tous formats ; fiasques vides encore translucides, mais plus ou moins vieillies par le temps, fiasques ventrues, habillées de satin et garnies de rubans ; bouteilles multiformes de différents coloris contenant de vieux extraits d’eau de différentes fleurs de la région…Photos montrant les scènes de cueillettes de fleurs, des scènes de distillation des années 50/60 et d'avant
; des photos prises à l’intérieur des usines de traitement de fleurs, montrant le déchargement des produits des charrettes ou leur transvasement dans les bacs d’emmagasinage …description encore à élaborer….

Séquence13 /Extérieur/jour/Place de la Jarre/ Nabeul.

La place est décorée de banderoles et de drapeaux ; les armoiries de la ville de Nabeul aux couleurs orange et vert, flottent au vent à coté du drapeau national rouge et blanc ; certaines banderoles portent des inscriptions de bienvenue en arabe ; d’autres banderoles en arabe, en français et en anglais, explicitent l’occasion des festivités et annoncent la durée de cette foire courue par tous les Tunisiens qui vont en profiter comme chaque année, au courant du mois d’avril, pour faire provision d’eau de fleurs, d’oranger certes, mais également de roses, de nesri, de géraniums et d’autres plantes locales odorantes, sans oublier divers articles, comme les draperies, les ustensiles de toutes sortes et même les meubles et la vaisselle qui sont offerts à des prix défiant toute concurrence, sur les dix hectares de ses bâtiments.

Pour l’instant, la foule est amassée tout autour de la ‘Place de la Jarre’, cette grande jarre, qui trône au centre d’une grande place et qui est fameuse à travers le monde, par l’immense sapin qu’elle contient en son sein, comme un vase qui contenant un simple bouquet ; il y a là bien sûr des Tunisiens, mais également beaucoup de touristes étrangers ; des Français, des Allemands surtout, mais aussi quelques Anglais et même des Japonais et quelques Américains qui regardent, tous, le spectacle de la procession qui se prépare…
Des responsables sont en train de resserrer les rangs de plusieurs organisations de jeunesse et corps de métiers qui vont défiler avec la fanfare et autres orchestres locaux ; la tête du défilé est constituée par l’équipe locale de Basket-ball, foudre de guerre du championnat national et qui va participer aux rencontres de la coupe spéciale de la foire dotée d’une prime importante par la mairie ; suivent les majorettes de la ville de Sousse, les scouts de Nabeul, la brigade des anciens chasseurs avec leurs carabines traditionnelles ‪#‎Karabilas‬ à large canon qui vont cracher bruyamment des salves de poudre, de paille et de fumée acre; chaque groupe est précédé par son porte-drapeau qui exhibe une pancarte en contreplaqué peint, sur laquelle est mentionné le nom de sa formation ; un peu plus haut dans le défilé prêt à démarrer, on voit, derrière une banderole frappée du drapeau allemand et portant des inscriptions en arabe et en allemand, plusieurs coureurs de fond qui s’échauffent en sautillant ou en faisant, presque sur place, de courtes foulées rapides intercalées d’assouplissements ; un certain nombre de ces athlètes, hommes et femmes sont Nabeuliens mais d’autres, encore plus nombreux, sont Allemands ; ils appartiennent à des clubs des ‘Lands’ de Rhénanie et de Westphalie liés à la Région de Nabeul par une convention de coopération et d’échanges sportifs et culturels ; ces clubs participent, depuis des années, à un certain nombre de manifestations à Nabeul en y dépêchant des dizaines de jeunes et moins jeunes représentants.
Les athlètes s’apprêtent à prendre part à une course d’une dizaine de kilomètres, qui va se dérouler à travers les rues et ruelles de la ville et dont le départ est prévu dans quelques minutes, à la fin du défilé … ; l’ambiance est à la fête et l’on entend plusieurs personnes interpeller des amis, tandis que les enfants excités par la musique et le brouhaha, poussent des cris de joie.
Tout à coup, on entend des coups de sifflet, puis le bruit de sirène des motos de la police qui arrivent en trombe, suivies de près, par une imposante voiture officielle de couleur noire ; la voiture s’immobilise tout prêt de la jarre dans un espace relativement dégagé ; les portières arrières s’ouvrent pour laisser apparaître le Gouverneur de la Région, suivi l’instant d’après par le Ministre du tourisme et de l’artisanat tout souriant. La foule applaudit et le ministre la salue avec de grands gestes ; puis, à l’invitation du gouverneur, il se dirige vers un groupe de responsables, figés côte à côte en ligne, presque ‘’au garde à vous’’ ; il leur sert la main, adressant à chacun et à chacune, un petit mot de remerciement et d’encouragement.
Entre-temps, la voiture officielle est venue se ranger à la tête du défilé et le ministre, ayant fini de saluer le groupe de responsables, regagne sa voiture toujours accompagné par le gouverneur ; la voiture démarre en souplesse avec un dernier geste du ministre qui salue la foule ; le cortège des différentes formations s’ébranle derrière la voiture qui accélère ; le défilé va durer une bonne demi-heure sur l’avenue principale de Nabeul, le ministre et son hôte auront tout le loisir de déguster un bon café parfumé à l’eau de fleur d’oranger au siège du gouvernorat, situé à une centaine de mètres des bâtiments de la foire, avant de gagner la tribune officielle et assister au final du défilé…

Séquence14 /Extérieur /jour/ Tribune officielle à proximité des bâtiments de la foire/.

Sur une tribune couverte, installée pour l’occasion, à proximité des bâtiments de la foire devant lesquels va s’achever le défilé, ont pris place une cinquantaine de notables de la ville sur des chaises rembourrées ; la tribune est décorée de quantité de drapeaux et banderoles ; en son centre trônent quatre fauteuils en cuir noir destinés au ministre, au gouverneur, au maire et au secrétaire général local du parti au pouvoir ; on voit d’ailleurs ces derniers arriver ; deux voitures viennent de les déposer à quelques mètres de la tribune et ils parcourent le reste de la distance à pied ; le ministre et le gouverneur escaladent prestement le petit escabeau permettant l’accès à la tribune, suivis par le maire, puis par le secrétaire général du parti qui ferme la marche.

Un bref instant après, la tête du défilé apparaît sous les beaux ficus taillés en cubes de l’avenue Habib Bourguiba ; les formations probablement informées de l’arrivée des officiels sur la tribune, ont accéléré leur marche et avancent rapidement ; chaque association, parvenue à hauteur de la tribune, marque brièvement le pas en saluant les officiels qui l’applaudissent chaleureusement, puis continue rapidement vers le rond point de la plage, au bout de l’avenue ; là, les formations toujours alignées, vont attendre de voir la fin de la petite cérémonie d’inauguration de la foire qui va suivre, ainsi que l’entrée des personnalités invitées avant de suivre ce derniers à l’intérieur de la foire et de s’y disperser ;

Séquence15 /Extérieur /jour/Entrée de la foire.

La dernière formation ayant achevé de défiler devant le ministre, celui-ci, guidé par le gouverneur et suivi par le reste des invités officiels, se dirige vers l’entrée de la foire où se sont rangés les athlètes devant participer à la course de demi fond qui va se dérouler dans les rues de Nabeul. Le ministre auquel un responsable sportif présente un pistolet d’alarme, le prend en souriant et très à l’aise dans son rôle de ‘Starter du jour’, tend le bras vers le ciel et fait tonner le signal du départ ; les athlètes s’élancent dans une légère bousculade et le ministre s’avance vers l’entrée de la foire où l’attend un autre comité composé essentiellement de jeunes enfants impeccablement habillés et les cheveux soigneusement peignés ; au centre du groupe se trouve une bambine aux joues roses, portant une belle robe blanche décorée de broderies de Nabeul ; elle se tient droite, les jambes bien serrées, un coussinet exposé sur ses deux mains, les bras mi-fléchis légèrement tendus vers l’avant ; elle a été élue l’avant-veille en qualité de "plus belle fillette de Nabeul" et on l’a soigneusement préparée à la responsabilité, et à l’honneur, de présenter au ministre le beau coussin brodé sur lequel repose une paire de ciseaux en acier inoxydable décorés de deux rubans, oranger et vert ; sa première dauphine, tout aussi mignonne, est à ses côtés ; elle tient un grand bouquet de fleurs qu’elle doit quant à elle, offrir au ministre ; les deux fillettes sont visiblement intimidées, malgré les encouragements de leur entourage ; le ministre souriant, s’avance d’abord vers la dauphine qu’il embrasse sur les deux joues avant de la ‘‘débarrasser’’ du gros bouquet dont elle ne savait plus quoi faire, tant elle avait été désarçonnée par ce geste affectueux pourtant attendu ; le ministre se retourne pour tendre le bouquet à quelqu'un derrière lui qui s’empresse à son tour de le donner à un chauffeur ; le ministre toujours souriant, s’avance ensuite vers la toute jeune ‘‘miss’’ qu’il embrasse également sur les deux joues avant de prendre les ciseaux qu’elle lui présente gracieusement avec une profonde révérence très applaudie ; il s’avance d’un pas vers le cordon tressé de rubans verts et oranger qui barre la porte d’entrée de la foire et invite le gouverneur à cosigner avec lui, le coup de ciseau symbolique ; les deux hommes sont tout sourire, chacun tenant le ruban d’une main ; le ministre y donne un premier coup de ciseaux du côté tenu par le gouverneur et, en maintenant adroitement le ruban de sa main gauche, il y donne de sa main droite croisée, un deuxième coup de ciseaux et en recueille une bandelette d’une vingtaine de centimètres qu’il offre en souvenir à la fillette qui tient maintenant son coussin sous le bras, un peu comme s’il s’agissait d’un cartable.
Ce geste inaugural accompli sous les applaudissements nourris de la foule, le ministre s’avance alors à l’intérieur de la foire suivi de près par le gouverneur et le maire, puis par le reste du groupe officiel pour la visite d’un certain nombre de stands ; il y a là les stands français de parfums de Grasse et de porcelaine de Limoges, ceux allemands de broderies et de cotonnades, ceux pakistanais et chinois de magnifiques tapis faits mains…Au centre de la foire bien en vue il y a un grand kiosque devant lequel s’élève un énorme alambic de trois à quatre mètres....

Séquence17)19 Extérieur/ jour/Cour extérieure d’une autre usine de traitement des fleurs/Nabeul/Route de la plage.

Revoir cette séquence chute, peut être la placer en fin de saison au mois de juin, mois charnière de fin et de redémarrage de la saison ; on traite alors les écorces et la pulpe du fruit qui pourraient donner lieu à un nouveau marché de marmelade, de cire pour parquets et pourquoi pas de détergents ……….Nous sommes dans la cour extérieure de l’usine où sont aménagés de grands bacs en maçonnerie parmi lesquels certains sont déjà remplis de sacs de feuilles, d’autres encore de fines branches ; d’autres bacs enfin, sont remplis du fruit de bigaradier : de grosses oranges amères, de forme légèrement aplatie aux deux pôles ; la campagne de fleurs est finie depuis de longs mois et celle des feuilles touche à sa fin, nous sommes au début du mois de juin et le nouveau propriétaire de l’usine a tenu à la faire tourner le plus longtemps possible même au ralenti, surtout pour permette à la plus grande partie de son personnel de ne pas se trouver au chômage technique pendant trop longtemps ; il y a encore quelques années, les ouvriers de ces distilleries travaillaient pendant le seul mois de mars, la campagne était alors uniquement centrée sur le traitement de fleurs ; la floraison du bigaradier commençant au mois de février, la cueillette était finie durant la troisième semaine de mars et parfois la première d'avril; et fin mars, la plus grosse partie de la main d’œuvre, essentiellement saisonnière,devait chercher un autre travail ; avec le traitement des feuilles, des branchages et de l’écorce du fruit, le bigaradier est devenu ces dernière années source de travail quasi permanent pour des centaines d’ouvriers des deux sexes …
Des camions et des charrettes continuent d’arriver pour livrer leurs divers produits ; des ouvriers de l’usine sont là pour les recevoir et les guider vers les bacs appropriés. Un contremaître supervise les opérations de tri et de dépôt dans les différents bacs ; chaque fois qu’une livraison est achevée, le contremaître délivre un bon de réception que le livreur se dépêche d’aller présenter au bureau du comptable pour se faire payer ; la cour grouille de monde et chacun s’affaire à une tâche précise ; dans l’arrière-cour, une vingtaine de femmes sont en train de peler de grosses quantités de bigarades, ces oranges à la pulpe si amère ; Elles découpent la peau avec une dextérité étonnante en faisant parcourir à leur couteau un tracé en colimaçon qui permet d’obtenir une pelure en serpentin et en un seul morceau; cette découpe des pelures de bigarade est une activité qui connaît un regain d’intérêt auprès des industriels ; ceux-ci ont pris conscience qu’elle leur procure des rentrées non négligeables de devises et qu’elle peut s’étendre sur plusieurs mois de l’année alors que la campagne des fleurs ne dure qu’une vingtaine de jours ; non loin de là, on voit d’ailleurs une grande quantité de ces pelures accrochées à des étendoirs multiples d’un séchoir géant bien exposé au soleil et au vent et des centaines de sacs emplis de ces écorces séchées à l’abri d’un hangar prêts à l’exportation vers l’Europe et les U.S.A. ; un peu à l’écart, certains propriétaires venus avec leur chauffeur-livreur, observent la scène en discutant ensemble ; à leur mine, on peut deviner que les prix auxquels sont achetés leurs produits ne leur conviennent pas vraiment ; quelques-uns ont même l’air tout à fait furieux ; ils gesticulent en clamant haut et fort que ces prix couvrent à peine les frais qu’ils engagent pour la culture du bigaradier, les soins qu’ils y apportent, sans oublier ceux engagés pour la cueillette et le transport ; il faut dire que la nappe phréatique de la région n’est plus ce qu’elle était durant les années 60 à 80 ; et qu’au manque chronique de pluie, auquel les agriculteurs avaient jusqu’alors pu faire face par l’irrigation ponctuelle, est venu s’ajouter une surconsommation de l’eau de plus en plus difficile à contenir, avec la démultiplication des piscines et salles de bains des hôtels et des immenses villas cossues qui ont poussé comme des champignons durant les deux dernières décennies, dans cette zone de Nabeul-Hammamet, éminemment touristique. L’irrigation est ainsi devenue beaucoup plus problématique ; et les récoltes, d’année en année de plus en plus aléatoires, sinon de plus en plus maigres ; et les agriculteurs de fulminer contre les courtiers étrangers qui, disent-il, ‘‘ font fortune, sans se fatiguer, en se contentant de faire les intermédiaires entre les usines locales et le marché mondial des essences…’’ Ces agriculteurs sont conscients du fait que leur corporation produisait 2000 tonnes de fleurs, en moyenne durant les années 1970/80 alors qu’en 2002, il n’en a été produit et collecté que 800 tonnes ; ils savent pertinemment qu’ils vendent leurs produits à des prix ridiculement bas quand on considère, comme ils le font chaque année, que le kilo de néroli se vend bon an mal an, entre 2500 et 3000 dollars, et ils prennent conscience du fait qu’ils ne se sont peut-être pas suffisamment impliqués dans la gestion de leur patrimoine qui donne chaque année un nouveau produit à plus-value intéressante. De fil en aiguille, la discussion amène un noyau d’agriculteurs, à envisager sérieusement de fonder une deuxième coopérative ou une société anonyme privée pour exploiter jusqu’au bout leur patrimoine, à l’instar de la première coopérative fondée à Nabeul depuis l’année 1977 et qui est aujourd’hui florissante ; et comme certaines coopératives viticoles de la Région, qui ont été amenées à vinifier elles mêmes leurs récoltes pour maximaliser leur chiffre d’affaires ; les plus jeunes des agriculteurs présents semblent être les plus motivés, ils savent qu’il y a encore de nombreuses places à prendre dans l’industrie exportatrice spécialisée ; d’autant plus que la campagne de fleurs d’oranger que connaissaient leurs parents et qui ne durait alors initialement que trois semaines peut s’étendre maintenant pratiquement à toute l’année avec le traitement nouveau des feuilles et branchages et avec les techniques d’extraction qui produisent les essences, les absolues, les diverses absolues et concrètes sans oublier l’exportation des pelures ; ils se surprennent à sourire et même à se congratuler ; ils semblent enfin décidés à prendre les dispositions légales pour franchir le pas et créer leurs propres unités de traitement de fleurs et pourquoi pas exporter eux-mêmes les essences extraites de leurs produits. Ils sont convaincus que, diversifier leurs activités pour faire barrage à la razzia des intermédiaires de tous bords, éviter d’offrir à ces derniers les occasions de toucher, sans fatigue et sans risques, les plus grosses parts de plus-value des produits de base de leur patrimoine, est la seule voie de salut ; ils ne désespèrent d’ailleurs pas d’amener le reste des agriculteurs à leur emboîter le pas et envisager d’avoir à nouveau, ensemble ou séparément, des lendemains qui chantent ; des lendemains qui sentent bon la fleur d’un arbre qui, après leur avoir paru jusque-là quelque peu ingrat, semble vouloir leur distiller dorénavant, du moins ils l’espèrent, de véritables baumes à leurs cœurs meurtris et qui les rendront, peut être euphoriques ?.. et en tout cas, moins amers /.

Quelques notes pour la finition du texte Narrateur :

Interview de monsieur KACEM le gérant de l’usine
Entretien avec un ou deux agriculteurs
Interview d’un courtier local et de courtiers internationaux
Entretien poussé pour détails nécessaires au scénario.
Quelques questions à poser à Si Kacem et autres personnes ressources :
Le nom complet de Guerlain et ses associés ; depuis quand opère-t-il à Nabeul ; combien y a t il d’usines de traitement au cap bon et où sont elles précisément localisées? recueillir une description sommaire des procédures particulières d’obtention des différentes essences ; l’essence d’orange, extraite de l’écorce du fruit et utilisée comme agent aromatisant, Par qui et pourquoi l’essence du petit-grain, extraite des feuilles et des branches est utilisée en parfumerie comment et pourquoi, et bien entendu l’essence la plus prisée : le néroli dont quelques litres, voire quelques centilitres vaudront leur pesant en millions lourds pour quelques exploitants, les intermédiaires et les courtiers. Déterminer les prix de vente de chaque essence, le nombre et la nationalité des courtiers et intermédiaires ; savoir s’il y a des agriculteurs qui ont constitué des sociétés de traitement en coopérative et sinon pourquoi ? et si cela se faisait est ce que ce serait viable ou non.
Ne pas oublier la Recommandation d’organisation des scènes supplémentaires avec la complicité de l’association de sauvegarde de la ville de Nabeul... et de s’y prendre à temps : deux moins au moins avant la foire donc en février pour avril; la première pour mettre sur pied et filmer une exposition autour de cette tradition du ‘‘Zhar’’ avec tout le matériel et tous les ustensiles et les différents contenants de l’eau de fleurs d’oranger, ainsi que des photos souvenirs ; la seconde permettra de mettre en scène une conférence causerie avec la participation de connaisseurs de l’histoire et des pratiques, ce qui nous donnera l’occasion de faire moisson d'un surplus de données pour le texte du narrateur
Se faire préciser la date de création de l’usine de la route de la plage et le nom de son fondateur.
Retrouver le nom et l’historique de l’usine des Miraour…
Pourquoi le marché de la marmelade n’a pas été prospecté.
Pourquoi celui des détergents n’a pas été ébauché ?
Que fait-on exactement de la pelure de bigaradier avant et après son séchage ?
Quid de monsieur ‪#‎Slama‬ qui essaie d’innover et qui expérimente la distillation des feuilles de ‪#‎citronniers‬ et même celles des citrons doux (bigaradiers) et dont les résultats sont prometteurs puisqu’il aurait obtenu de nouvelles essences au parfum très délicat qui finiront par trouver acquéreur parmi le millier d’industriels spécialisés que compte le marché mondial ( 250 en Europe, 50 au Japon et 750 aux U.S.A.)....

NB; #Zhar est la prononciation tunisoise; Zahr est celle des Nabeuliens et Nabeuliennes...

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