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Incursions dans une vie antérieure avec retours sarcastiques sur des errements sociopolitiques plus actuels,

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(19) Khanadar dans ma mémoire.

Basket quand tu nous tiens !

 

A l’âge de dix ans, donc deux ans avant de réussir au concours de sixième, comme presque tous les enfants de Nabeul, j’avais pris l’habitude d’aller voir l’équipe de basket-ball du Stade Nabeulien chaque fois qu’elle disputait un match à domicile.

 

Nabeul possédait, alors déjà, une équipe de haute valeur, composée de musulmans, juifs et italiens qui rivalisaient d’adresse au panier. Les matchs se déroulaient dans un petit stade à peine plus grand que le terrain accolé à l’hôpital de Nabeul et, comme ce stade ne pouvait recevoir que quelques dizaines de spectateurs payants qui devaient rester debout derrière une simple main-courante, les enfants, dont je faisais partie, étions autorisés à nous asseoir par terre, juste en dessous de la main courante, à peine à un mètre de la ligne de touche.

 

Chaque groupe d’enfants traçait au sol une espèce de tableau de marquage et, à l’aide d’un caillou pointu,  enregistrait le score du moment, chaque fois qu’un panier était marqué ; c’est en regardant jouer les seniors, pendant plus d’une année, que j’intériorisai les règles et les techniques de base de ce jeu, sans jamais oser m’aventurer sur le terrain ou toucher un ballon de basket.

 

C’est Hamadi El B… un camarade de natation qui allait m’encourager à franchir le pas et tenter de mettre la balle au panier ; ce fut donc en 1951, une année avant Khaznadar que je me décidai à m’y essayer.

 

Durant cette année, à force, de jouer avec des camarades, à deux contre deux  et à trois contre trois, sous un seul panier, et de faire des semblants de matchs sur tout le terrain, je me découvris de réelles dispositions pour le basket-ball et je me pris, petit à petit, d’une véritable passion pour ce sport.

 

C’est ainsi, qu’une année plus tard, je débarquai à Khaznadar avec dans mes bagages, outre ma valise contenant mon trousseau[1] et mon cartable bourré de fournitures scolaires, un sac de sport contenant des espadrilles, deux paires de chaussettes, deux shorts et deux tee-shirts pour les cours d’éducation physique, plus un ballon de basket, que j’avais tenu à avoir parmi mes cadeaux de réussite en sixième, et que j’avais dégonflé et emporté en cachette, le fourrant, quelques minutes avant le grand départ pour Tunis, dans mon sac de sport, caché sous d’autres effets.

 

Durant une année, je fus ainsi seul à pouvoir fournir un véritable ballon de basket pour nos matchs de récréations épiques au cours desquels j’étais, forcément, plus ou moins courtisé, héritant, très souvent, de passes décisives me permettant de marquer des paniers, ce qui me permit de gagner en assurance et en adresse, d’autant plus que je faisais quasi-systématiquement partie de l’un ou l’autre des groupes en lice et que, contrairement aux autres joueurs, j’étais constamment sur le terrain. 

 

Mais ce qui fut remarquable, c’est que notre activité spontanée, très peu codifiée et, à peine tolérée au début, par l’administration, fut rapidement récupérée par nos professeurs de sport qui, avec l’aval de la direction de Khaznadar, alléchée par notre victoire de fin d’année en finale de coupe scolaire contre le Collège Sadiki, se mirent à nous inciter à organiser de véritables entraînements, le matin et après déjeuner, suivis d’un match durant la récréation de 16h.

 

Et pour cela, dès ma deuxième année à Khaznadar, ils se mirent à nous fournir des ballons et à nous inciter à tracer les contours du terrain à la poudre de chaux qu’ils nous fournissaient. Même le terrain de basket, (qui avait la particularité bizarre de posséder un premier panneau (et un panier) à une hauteur à peu près aux normes, tandis que l’autre était trop haut de 50cm), vit ses défauts de planéité, corrigés et nous eûmes ainsi droit à un terrain réglementaire.

 

Nous avions, alors, comme Monsieur Jourdain qui, dans Le Bourgeois gentilhomme, pratiquait la prose, sans le savoir,  inventé et organisé des matchs interclasses et inter cycles, avant qu’ils ne soient mis en place officiellement, quelques années plus tard, par les services des sports scolaires :

 

Tous les jours, nous avions deux fois 15 minutes de récréation, le matin de 10h à 10h15 et l’après midi de 16h à 16h15. Après le déjeuner qui finissait autour de 13h-15, nous pouvions également nous adjoindre, de précieuses minutes que nous mettions à profit pour allonger nos matchs et, très vite, nous nous fîmes une obligation d’expédier, au plus vite, le déjeuner, pour nous ruer vers le terrain de basket, éloigné de plus de 150m des blocs de classes.

 

Les derniers arrivés, nous trouvaient déjà en pleine compétition et ils se mettaient à quémander frénétiquement une place au jeu.

 

Même certains de nos surveillants venaient admirer nos prouesses et il n’était pas rare qu’un beau tir en suspension, (technique encore rare en ces temps là) ou une contre-attaque rapide, réussis par l’une ou l’autre équipe, ne soulèvent les acclamations des centaines d’élèves qui venaient s’agglutiner autour du terrain de basket. Je me souviens même que l’un de nos surveillants, Monsieur Erraïs de Saint Germain, le frère du fameux Borhène son cadet,[2]s’était mis à jouer avec nous, malgré un début d’embonpoint qui ne l’empêchait guère d’être un basketteur redoutable par sa vista et par la rapidité et la précision de ses passes…  

 

Cet engouement général donna ses fruits et, une année après l’autre, des terrains de volley-ball, puis des terrains de hand-ball, poussèrent plus près des classes et Khaznadar se mit à récolter des championnats à la pelle, en ces divers sports et pour toutes les catégories scolaires, minimes, cadets et juniors ; plusieurs juniors s’offrant même le luxe d’intégrer les sélections nationales civiles seniors ; et j’en fis bien entendu partie quelques années plus tard.

 

Mais déjà minime et cadet, j’eus le privilège, de rapporter à Khaznadar ses premières coupes de basket. J’avais alors pour coéquipiers les nabeuliens Mohamed Rzigue, Ezzedine Chelbi[3], Abdelkader Marzouki, Sadok Gharbi, le hammametois Abdelkader Bouslama, le gabésien Ghazi Mrabet, les deux frères Ben Youssef de Béjà, surnommés les vandales pour leur tignasse blonde et bien sûr Radhouane Ben Salah originaire de Matmata et habitant de longue date le Bardo, qui avait la double particularité d’être l’un des rares externes et d’avoir pour père, comme le mien, un responsable de l’administration régionale.

 

Il y avait évidemment plusieurs autres camarades qui m’excuseront d’avoir omis ou oublié de les citer.

 

Bien entendu, déjà durant mes deux premières années de lycée, en tant que nageur de compétition, j’accordais une grande attention à mon corps, au développement harmonieux de ma  musculature et plus généralement de mes capacités physiques. Je fus aidé en cela, par les conseils de mon frère Bédye qui me servait en quelque sorte de coach et par les cours d’éducation physique de Monsieur Dolidier qui venaient à point nommé, pour accompagner et développer mes efforts en la matière.

 

***

 

Avec Monsieur Dolidier, nous avions, soit trois séances par semaine d’une heure chacune, soit une séance de deux heures et une autre d’une seule, et ce, selon les opportunités offertes par l’organisation générale de l’emploi du temps du lycée.

 

Monsieur Dolidier, formé à l’époque où l’éducation physique était encore toute imprégnée des doctrines suédoises quasi-thérapeutiques avec vocation de donner au corps humain un maintien altier et, à ses différents systèmes, un état fonctionnel satisfaisant, réservait au moins l’une de ces séances, à l’éducation posturale, nous faisant tenir pendant plusieurs séquences minutées des positions corrigées, intercalées avec des exercices d’assouplissement et de musculation.

 

Ces séances de maintien et de rééducation posturale avaient pour objectifs, d’éviter les scolioses ou, à tout le moins, de les corriger un tant soit peu, au cas, fréquent alors, où elles auraient commencé à poindre.

 

Monsieur Dolidier nous incitant à respirer profondément et à sentir chaque partie de notre corps se mettre en place, il passait, sans bruit, dans les rangées et corrigeait les postures qui devaient l’être, sans un mot, mettant parfois son genou de profil, derrière le dos courbé de l’un des nôtres, en lui tirant les bras, ou les coudes, vers l’arrière pour le redresser et lui faire tenir cette position rectifiée.  

 

L’ambiance de ces séances rappelait celles du yoga par leur sérénité, mais elles étaient  moins austères et elles prenaient généralement place, dans l’immense hall aux magnifiques piliers cylindriques sertis de mosaïque bleue et aux murs décorés de belles fresques.

 

Aux deux bouts de ce hall, aujourd’hui dans un état lamentable, il y avait deux grands vestiaires aménagés sous les escaliers d’accès aux étages des dortoirs.

 

Ces vestiaires étaient relativement spacieux, ils étaient équipés d’un coté, d’une rangée de patères, auxquelles nous accrochions nos vêtements pour nous mettre en tenue sportive ; le second coté était équipé de bancs et d’espaliers suédois. Souvent, après quelques minutes de jeux variés, venant entrecouper nos exercices de maintien, nous nous dirigions vers ces vestiaires, leurs bancs et espaliers, qui se transformaient alors, grâce au savoir de Monsieur Dolidier, en instruments de rectification de nos nombreuses scolioses, cyphoses et lordoses.[4]

 

Ces différentes déformations de la colonne vertébrale sont aussi nombreuses, sinon plus, aujourd’hui, parmi la population scolarisée, mais l’éducation physique et sportive qui est venue supplanter les cours de maintien et d’éducation posturale ne les prend plus en charge ; pire encore, elle contribue parfois à les accentuer et leur rectification relève dorénavant de la responsabilité exclusive des parents, qui doivent recourir pour cela, à la kinésithérapie, voire à la chirurgie plastique, pour les cas les plus graves. 

 

Monsieur Dolidier, qui était loin d’être rétrograde, persévéra, autant que faire se peut, dans l’organisation de ces séances de maintien dont les résultats sont encore aujourd’hui mesurables à l’aune de la rectitude posturale de nombre d’ex-ressortissants de Khaznadar, mais il fut obligé, par les nouvelles instructions pédagogiques spécifiques, de consacrer deux séances sur trois aux sports dont il n’était pas féru, en dehors de la gymnastique artistique.

 

Monsieur Dolidier qui était toujours d’un calme olympien, rompit tranquillement son contrat et repartit en France, deux ans après l’indépendance, non pas parce qu’il était favorable au Protectorat, mais parce que, non convaincu de la justesse des nouvelles orientations sportives imposées à l’éducation physique.

 

Plus tard, devenu moi-même, en début de carrière, professeur d’éducation physique, j’eus l’occasion de vérifier combien il avait raison…Et combien de sportifs de haut niveau sont aujourd’hui incapables de se tenir correctement …

 

***

 

Un an avant son retour en France, Monsieur Dolidier, qui était professeur coordonnateur de l’éducation physique au lycée, reçut en appoint de nouveaux collègues tunisiens, parmi lesquels Monsieur Hamadi Driss

 

Celui-ci était à l’époque, non seulement l’un des meilleurs basketteurs tunisiens musulmans, mais aussi le meilleur stratège en matière de direction du jeu ; il était par ailleurs le principal responsable technique du basket de la Zitouna Sports.

 

A son  arrivée à Khaznadar, il eut l’agréable surprise de constater l’existence d’une vaste pépinière de jeunes basketteurs, qu’il eut vite fait d’encadrer selon les méthodes américaines de développement du basket universitaire ; il perfectionna l’organisation de nos activités pluriquotidiennes, en les supervisant de près ; et en nous faisant répéter des exercices techniques personnalisés, pour améliorer nos points forts respectifs.

 

Il nous imposa parallèlement, un style de jeu et des combinaisons tactiques simples dont il nous fournissait les schémas commentés. Et, en fin de compte, il embaucha une bonne quinzaine parmi nous dans les équipes, minime, cadette et junior de la Zitouna, allant jusqu’à nous faire rembourser nos tickets de tramway[5] par les dirigeants de ce club, dans les locaux duquel nous allions nous entraîner, chaque vendredi après midi, d’abord au terrain de Bab El Khadhra, avant sa démolition, ensuite au petit complexe de l’avenue Mohamed V qui ne lui survécut d’ailleurs que quelques années.

 

C’est ainsi que plusieurs d’entre nous, notamment Mohamed Rézigue, Radhouane Ben Salah, les deux Vandales, Ali Bouslama[6] et moi-même fûmes champions de Tunisie et détenteurs de coupes scolaires et civiles  plusieurs années de suite.

 

Dans ma mémoire, le souvenir de M Hamadi Driss, le grand joueur et l’entraîneur stratège de Basket est cependant terni par deux méchantes entourloupettes dont il a cru bon de me punir et ce, de manière injuste, en manquant de fair-play, voire d’honnêteté :

 

A l’âge de 14 ans, donc en année de 4° (équivalant à la 3ème année actuelle), il s’opposa à ce que le conseil des professeurs me décerne un tableau d’honneur, qu’il ne consentit même pas à ce qu’on le convertît en satisfecit, prétextant que j’étais trop turbulent durant ses cours et que je bravais continuellement son autorité, ce qui était absolument faux.

 

En réalité ses motivations étaient autres : Au début de l’été précédent, les dirigeants du Stade Nabeulien, m’avaient approché et proposé de signer une licence pour jouer dans le club de ma ville ; ils avaient fini, à force de chantage sentimental et de fausses promesses, par me faire signer une demande de mutation, autorisée selon eux, par les règlements de la fédération, au cas où le club quitté se situerait à plus de 50kms du nouveau, ce qui était le cas, entre la Zitouna et le Stade Nabeulien.

 

Vers la mi-août M. Driss, venu à Nabeul faire signer leur nouvelle licence à ses joueurs nabeuliens de la Zitouna, apprit que j’avais opté pour le Stade Nabeulien et me fit dire par des copains qu’il me fera amèrement regretter ma trahison et que j’apprendrai à le connaître…

 

Il magouilla tant et si bien que, fin septembre, j’appris que je serai suspendu pour une année et qu’ainsi, je ne jouerai, ni pour la Zitouna, ni pour Nabeul.

 

J’eus beau écrire à la fédération et demander à ce que l’on m’entende avant de me sanctionner, rien n’y fit. M. Driss ayant fourni une licence portant ma signature falsifiée, la commission de qualification ne chercha pas plus loin et classa le dossier, m’empêchant injustement de jouer, pour avoir signé deux licences auprès de deux clubs différents ! Ce qui était archi faux !

 

Monsieur Driss, quelques mois plus tard se vengea de nouveau, doublant, comme il n’avait pas le droit de le faire, son injuste vengeance civile, d’une plus injuste vengeance au plan scolaire et scientifique (en me privant d’un tableau d’honneur mérité).

 

Je serais en droit de lui en vouloir, encore aujourd’hui, mais ainsi va la vie …et comme dit la chanson, c’est ainsi que les hommes vivent…

 

Plus tard, durant les années 1990, devenu alors directeur de l’ENSEPS de Ksar Saïd, c’est avec beaucoup de plaisir, que je reçus mon ancien entraîneur et, c’est tout naturellement, que je lui rendis les deux ou trois services qu’il vînt me demander, il promit de revenir me voir, mais ne le fit pas[7]...

 

***

 

Le souvenir de Monsieur Abdelaziz Driss notre professeur d’histoire, n’est, par contre, entaché d’aucun malaise, mais emprunt d’un humour bon enfant.

 

Je garde à l’esprit un homme assez grand de taille, d’une compétence rare et qui débordait systématiquement les contours officiels de nos programmes centrés sur la France et l’Europe, en faisant de brèves, mais combien savoureuses, incursions dans notre histoire vraie, celle de Hannabaal et de Carthage, celle de la Kehna[8] et des berbères, celle de la conquête arabo-musulmane et celle des Beys  de Tunis…. 

 

Il semblait apprécier ma bonne bouille, je devais alors avoir 15/16 ans et je mettais un point d’honneur à être toujours bien habillé, il circulait entre les rangées de nos tables, en nous dispensant des monceaux de son savoir encyclopédique, sans jamais se référer à des notes écrites.

 

Assez souvent, au moins une fois par semaine, il m’interrogeait pour s’assurer que je suivais bien ce qu’il disait et, jamais, il ne me prit de court, je buvais littéralement ses mots, tant son discours m’intéressait. Cela ne l’empêchait nullement de me lancer en souriant gentiment sa plaisanterie favorite :

 

« Monsieur Haouet[9], vous avez beau, porter-beau, croyez-moi Monsieur Haouet, un poisson est plus malin que vous ! »

 

Quelques années plus tard, dans une grotte profonde d’El Haouaria, équipé de mon fusil harpon, de mes palmes et de ma ceinture de plomb, ayant tiré un gros mérou mais ne l’ayant atteint qu’au ventre à la place de la tête que je visais pour le tuer sur le coup, je me suis fait piéger par ce monsieur mérou qui a décidé de jouer effectivement au plus malin et a failli m’entraîner avec lui dans la mort.

 

Atteint par mon harpon, il battit de la queue et des nageoires pour soulever la vase qui stagnait dans la grotte et, j’eus juste le temps de reculer d’un mètre, pour m’extirper de l’entrée de la grotte ; ayant lâché, par réflexe, mon fusil harpon, j’étais remonté précipitamment à la surface pour respirer et me préparer à plonger de nouveau et aller le chercher, une fois que la vase se serait déposée et que l’eau se serait de nouveau éclaircie. 

 

Après avoir nettoyé mon masque et m’être bien oxygéné par une bonne dizaine d’inspirations forcées, je piquai de nouveau vers les profondeurs, en actionnant lentement mes palmes en un pédalage ample et me voilà à nouveau à l’entrée de ma grotte au-dessus de laquelle la bouée rouge, attachée à la crosse de mon fusil par une longue ficelle, était en train de flotter entre deux eaux.

 

Monsieur mérou, blessé mais bien vivant, s’était enfoncé le plus loin possible à l’intérieur d’une cavité profonde, à la paroi de laquelle il s’était agrippé tous aiguillons hérissés à l’avant de ses nageoires dorsales, me défiant visiblement de pouvoir l’en déloger.

 

Pour ce qui me concerne, j’étais  bien décidé à ne pas l’abandonner en le laissant mourir d’épuisement sans le ramener en trophée.

 

Je m’avançais donc prudemment à l’intérieur de la grotte sans faire de mouvements de jambes pour éviter de soulever la vase et, alors que je n’étais plus qu’à 1,50m de mon mérou et que je m’apprêtais à saisir ma flèche pour tirer dessus et la ramener vers moi en même temps que le mérou qui y était empalé, celui-ci, long de ses cinquante centimètres et doté de mâchoires impressionnantes, se rua sur moi en entraînant à sa suite la ficelle attachée au harpon, au moyen de laquelle il parvint à me saucissonner, tout en obscurcissant de nouveau la grotte, par la vase, qu’il avait soulevée dans son mouvement affolé.

 

J’étais pris au piège, ne sachant plus où était la sortie, étant par ailleurs bien ligoté à mon harpon et à mon mérou et j’ai bien cru que ma dernière heure était arrivée.

 

Après avoir vu en flash le visage de ma mère en pleurs, à l’annonce de ma noyade, c’est celui de Monsieur Abdelaziz Driss qui m’apparut qui me disait ironiquement : « Je vous l’avais bien dit Monsieur Haouet,  un poisson est bien plus malin que vous… »

 

Heureusement pour moi, mon temps d’apnée était à l’époque assez phénoménal[10] et, sans m’affoler, je dégainai calmement le poignard attaché à mon mollet droit[11] et me mis à couper, méthodiquement et presque sans bouger, la ficelle dans laquelle le mérou m’avait entortillé.

 

Quelque trente à quarante secondes après, ayant réussi à me libérer de la ficelle dans laquelle m'avait emmélé le mérou,  et alors que la grotte était encore obscurcie par un nuage de vase, j’eus la chance de voir un rai de lumière à ma gauche et, en me forçant à me déplacer au ralenti, je progressai lentement vers la sortie que je franchis rapidement, alors que mes oreilles commençaient à bourdonner par manque d’oxygène.   

 

Je remontai ensuite vivement en surface, les poumons tellement comprimés, que j’étais tout près de m’étouffer.

 

Je fis pendant de longues minutes la planche sur le dos, en respirant à fond, jusqu’à ce que mon cœur, qui battait la chamade, ait retrouvé un rythme plus normal. Je me mis à nager ensuite lentement vers la côte éloignée de plusieurs centaines de mètres, abandonnant mon fusil harpon, "mon mérou" et ma ceinture de plomb, que j’avais décrochée d’un déclic réflexe pour remonter plus facilement en surface.

 

Je n’ai jamais parlé de ce presque accident à ma mère, par contre, j’eus l’occasion de le relater à Monsieur Driss lors d’une de l’une de mes visites au musée du Bardo dont j’appris à l’occasion, qu’il était alors devenu le directeur. Je me souviens encore de ses yeux apeurés, presque culpabilisés, par mon récit.

 

En le saluant chaleureusement avant de le quitter, je ne pus alors m’empêcher de lui  lancer malicieusement, « j’aurai retenu la leçon Monsieur Driss, un poisson est presque aussi malin que moi… » Sacré Si Abdelaziz!!!

 

***

 

Monsieur Abdelaziz Driss était comme je l’ai déjà écrit, l’un de nos nombreux professeurs d’histoire, Madame Bismuth, une fausse rousse, la quarantaine passée en fut aussi l’un, à la personnalité complexe.

 

Elle était tout aussi compétente que Monsieur Driss, à peine moins brillante. Elle avait l’air d’être plus réservée, évitant les plaisanteries et les risques de familiarité et se cantonnant strictement aux programmes, collant, au mot près, à ce qui était porté dans nos manuels d’histoire, l’agrémentant, à peine, de rares commentaires.

 

Nous n’avons jamais vraiment su si elle était mariée, divorcée ou restée vielle fille, comme l’affirmaient certains de nos aînés des classes supérieures. A quarante ans passés, elle avait un corps superbe, mais un visage et un cou déjà fripés dont elle essayait de masquer les plissures derrière foulards et mèches rebelles.

 

Je ne sais, si elle le faisait exprès ou par simple étourderie ,  mais malgré son apparence, voulue austère, Madame Bismuth qui, aussitôt installée sur sa chaise, étalait livres de références et notes manuscrites sur son bureau et commençait à disserter, tout en écartant largement ses cuisses, à l’instar des vielles laveuses qui, assises sur un escabeau bas, retroussaient les pans de leur robe, en écartant les jambes  de part et d’autre de la bassine à linge posée par terre, par-devant elles.

 

Sauf que, madame Bismuth n’avait là ni bassine, ni linge à laver, et que derrière la simple table qui lui servait de bureau, ses jambes fuselées gainées de bas chatoyants en nylon brun, étaient découvertes jusqu’à l’entre jambe dans une pose plus que suggestive qui faisait que certains élèves en venaient presqu’aux mains, pour se disputer les places du premier rang.

 

Imperturbable, non consciente ou ignorant sciemment l’émoi qu’elle provoquait, Madame Bismuth continuait de discourir devant les yeux exorbités de ces élèves de premier rang, élèves en majorité pubères, qui n’auront, bien entendu, rien retenu du cours, ayant à l’esprit des préoccupations, toutes autres …

 

N’ayant jamais revu depuis madame Bismuth, je n’ajouterai rien à son sujet. 

 

***

 

Monsieur Maamri a été notre premier professeur de littérature française, c’était un algérien titulaire d’une agrégation en littérature et civilisation française ; auparavant, nous avions eu un professeur de nationalité suisse, Monsieur Richtricht qui, durant toute la sixième, s’était cantonné à nous bachoter, comme en primaire, l’orthographe et la construction de phrase.

 

J’ai connu Monsieur Maamri en 5ème et il m’a fait, ainsi qu’à mes camarades, une très forte impression.

 

Il ne devait pas avoir alors plus de trente ans, mais il avait déjà deux ou trois raies de cheveux blancs et frisés, le reste de sa chevelure étant de couleur noire et lisse. Il zozotait un peu, mais il s’exprimait en un français châtié, avec une grande aisance et beaucoup de musicalité, à tel point qu’il donnait l’air de parler en poésie. 

 

Il avait coutume de nous imposer la lecture d’un roman par quinzaine, il rapportait de la bibliothèque du lycée une pile d’ouvrages qu’il nous distribuait en classe, en prenant le soin d’enregistrer sur un gros cahier, nos noms, les titres des ouvrages qu’il nous confiait et la date de l’opération. Quinze jours après, nous étions tenus de lui restituer avec les ouvrages prêtés, leurs résumés sur une ou deux doubles feuilles, avec l’obligation stricte de ne pas reproduire des phrases de l’auteur.

 

Pour l’examen de fin de trimestre et en guise de sujet de rédaction, il nous demanda de résumer, au moins sur deux pages, un ouvrage qui nous aurait particulièrement intéressés et de consacrer autant de doubles feuilles que nous serions capables de noircir, en trois heures, pour en faire la critique, dire en quoi il nous avait plu ; et ce qu’il y aurait à en retenir.

 

Je me souviens avoir résumé, puis fait la critique de Robinson Crusoé, un ouvrage de Daniel Defoe qui relate le naufrage du bateau sur lequel avait embarqué le personnage principal, près d’une île déserte, Robinson se retrouvant ainsi, seul et organisant sa survie, avec pour objectif premier, de construire une pirogue et retourner rapidement vers la civilisation.

 

Mais, Robinson se prenant au jeu d’une « société solitaire » et tenant un journal de bord, il y raconte comment, au fil des jours et des mois, à force de travail, de patience et de foi en Dieu, il se mettait à apprécier tellement ce qu’il produisait de ses mains dans son jardin (et qui lui suffisait amplement) et combien il commençait à hésiter sérieusement à réintégrer le monde dit civilisé, gouverné par la soif de richesse et de pouvoir.

 

Il finit par se considérer comme étant plus heureux,  plus serein d’esprit, plus fort et plus sain de corps qu’il ne l’avait jamais été auparavant et devint, chaque jour,  davantage persuadé que c’était la Providence qui l’avait guidé en ce lieu désert ; il apprenait ainsi, à apprécier tous les aspects positifs de sa vie, faisant abstraction de ses difficultés…

 

Je développai l’idée, que c’était là, non pas un simple livre d’aventures comme cela pouvait paraître au premier abord avec le récit des incursions de sauvages anthropophages et le sauvetage tumultueux de l’une de leurs proies humaines, Vendredi, dont il fera son domestique et son compagnon, mais que c’était un véritable prêche pour une vie saine, respectueuse de la nature et où les hommes ne produiraient que ce dont ils auraient strictement besoin, sans surplus, sans vanité ou soif de richesse ; et surtout, en dehors de l’intolérance des églises qui finissent par faire dévier l’homme de la véritable foi en la bonté divine.

 

Je conclus que, finalement, le prêche même de l’auteur pour une vie d’isolement et de piété,  ne me semblait être qu’une utopie de société idéale, irréalisable comme toutes les utopies, en rupture totale avec le monde réel : Puisque Robinson qui, entre-temps s’était proclamé Gouverneur de l’île, prenant conscience, que seul le rétablissement de rapports sociaux, fussent-ils fictifs, donnerait un sens à sa vie et le sauverait de la folie qui le guettait, s’obligea à se parler à lui-même et à interpréter les rôles de multiples personnages à la fois,… allant jusqu’à se condamner à des peines de prison …et à les purger dans une geôle qu’il avait construite à cet effet !

 

En nous rendant nos copies d’examen, Monsieur Maamri, s’attarda longuement sur le commentaire de deux devoirs, celui de Moncef Dakhlaoui, qui avait produit un commentaire de texte sur deux doubles feuilles pleines, en alexandrins[12] (ce qui était une performance incroyable en trois heures de temps), et le mien comportant trois ou quatre doubles feuilles ; il nous déclara avoir été époustouflé par notre performance qu’il jugeait digne de très bonnes copies du baccalauréat, alors que nous n’étions qu’en deuxième année du secondaire. 

 

Il hésitait à nous départager et, finalement décida d’accorder un 16/20 à Moncef, en lui expliquant que sa poésie en alexandrins, souffrait de très légers défauts et me gratifia d’un 17/20[13] pour l’effort d’analyse critique et mon dépassement de la lecture au premier degré, avouant que j’avais attiré son attention sur certains faits, dont nous, élèves, n’étions pas en possession alors, nous informant que Daniel Defoe avait effectivement toujours été très critique vis-à-vis de l’Eglise et qu’il fut même mis au pilori[14] pour avoir produit un pamphlet où il critiquait violemment le clergé anglican et l’intolérance de ses membres.

 

Il souligna aux yeux de nos camarades la qualité, remarquable, de nos deux devoirs et les incita à en prendre connaissance et, pourquoi pas, à les recopier…

 

C’est Monsieur Maamri, qui le premier, bien avant la terminale,[15] nous sensibilisa aux idéologies politiques et religieuses, discourant, passionnément, sur l’indispensable séparation de l’Eglise et de l’Etat, et sur la nécessaire, mais toujours insuffisante autonomie des pouvoirs, législatif, judiciaire et exécutif au sein de chaque Etat.

 

 

En dehors de ses qualités pédagogiques indéniables, j’ai énormément apprécié, un peu plus tard dans mes études, le fait que ce soit lui encore, qui prit brillamment ma défense,  durant un pseudo-conseil de discipline devant lequel Monsieur Chlioui, notre censeur,  me fit traduire dans  des circonstances que je relaterai plus loin.

 

Mais j’ai été, par-dessus tout, marqué par les incursions philosophiques et/ou mystiques pendant lesquelles Monsieur Maamri nous ‘promenait’ autour de l’idéologie religieuse et plus spécialement autour de la réincarnation des âmes.

 

 

C’est ainsi qu’il nous relata le fait, étrange pour nous,  qu’il ait connu en France, où il séjourna longtemps, des personnes qui semblaient être munies d’une mémoire exceptionnellement puissante pour que, sous hypnose, certaines parmi-elles, répondant aux sollicitations de praticiens chercheurs, pussent remonter progressivement jusqu’à leur prime enfance et décrire des espaces domestiques, telles que leur chambre de bébé, ainsi que les expressions du visage de leur mère ou de l’un de leurs proches, à des périodes où elles-mêmes n’étaient âgées que de quelques jours, voire de quelques heures…

 

Selon les recherches auxquelles il avait pu avoir accès, certaines personnes sous hypnose pouvaient également  accéder à des périodes prénatales, décrire le ventre de leur mère et rapporter certains de leurs propres sentiments (bien être et/ou angoisse), alors qu’ils étaient encore immergés dans le liquide amniotique.

 

D’autres sujets, auraient enfin été capables, de faire des références précises à des vies antérieures qu’ils auraient vécues sous d’autres identités, à quelques années d’intervalle, mais aussi, parfois  à quelques  siècles d’écart, parfois dans la même ville, parfois dans d’autres pays. Ces sujets étaient capables de fournir des indications et  des descriptions précises, relatives aux endroits et aux périodes concernées par leurs vies antérieures, certaines indications ayant pu être vérifiées et s’étant révélées être exactes, ce qui était, et est toujours,  pour le moins troublant…

 

Ce qui m’avait alors plus particulièrement troublé, c’est que, tout en prenant une infinité de précautions, quant à la véracité de ces faits et à la sincérité effective des prétendus réincarnés, Monsieur Maamri nous disait qu’il était convaincu que, les progrès de la science aidant, l’on pourra mieux valider à l’avenir, cette théorie à laquelle il était plutôt porté à croire… 

 

Je me souviens à cette occasion avoir fait une observation exprimant une espèce d’acquiescement à ce qui me semblait également être une hypothèse recevable :

 

« Monsieur, les chenilles et les têtards connaissent bien plusieurs mues et métamorphoses, alors pourquoi pas l’homme ? »

 

Il me fixa alors assez longuement, sans rien dire puis, puis il lâcha tout songeur cette réflexion : Sont-ils conscients de cette métamorphose qui leur donne ainsi plusieurs stades ou cycles de vie ? Et pourquoi nous-mêmes, nous le serions si nous en étions concernés ?

 

Oui, Monsieur Maamri, jusqu’à quel point sommes-nous réellement plus importants et plus achevés qu’une fourmi ? Et, pourquoi devrions nous être plus conscients de nos états (antérieurs)) et de nos devenirs, que ne le seraient des leurs, une raie, un crapaud ou un papillon ? L’une des lois fondamentales de la biologie n’est-elle pas  «, rien ne se perd, rien ne se crée,  tout se transforme ?[16] »

 

 Pourquoi alors ne pourrait-on pas concevoir que certains d’entre nous, auraient pu être de simples vers de terre ou des serpents à sonnettes, avant de devenir, ce qu’ils sont, en ce moment[17] ?

 

***



[1] Au moment de l’inscription, nos parents recevaient une liste des effets que nous devions obligatoirement présenter à la lingère en chef  au moins 15 jours avant la rentrée, faute de quoi, il n’était pas question d’admission à l’internat. C’est ainsi, qu’un certain nombre de chemises, de tricots de peau, de caleçons slips, de chaussettes,  de pulls en laine, de pantalons et de vestes, plus un manteau, deux paires de chaussures, deux pyjamas, deux paires de draps et deux taies d’oreillers devaient constituer notre fameux trousseau. Chaque pièce en tissu devait par ailleurs avoir notre numéro d’internat cousu à un endroit visible. Mon numéro était le 115 et je revois encore maman coudre chaque année ce numéro. Je doute fort que ce genre d’article (numéros imprimés sur bandelettes de tissu), qui se vendait alors couramment  en mercerie, soit encore disponible aujourd’hui.

 

[2] Borhène Erraïs, tout comme Ezzedine Boughzella de Hammamet et du CA Gaz, Rénato Camilièri, Mohamed Marzouki (dit Stop) et Hamadi Chelly du Stade Nabeulien et plus tard, Mohamed Rzigue du même club, les frères Snoussi, Mohamed et Khaled ainsi Taoufik Boudhina de Radès, pour ne citer que ceux-là, fut en son temps un joueur de basket phénoménal…

 

[3] Mohamed et Ezzedine nous ont récemment quittés pour un monde meilleur, avant même d’atteindre la soixantaine et j’ai pour eux une pensée plus qu’émue…

[4] La scoliose, affection de la colonne vertébrale caractérisée par l’apparition d’une courbure provoquant une déviation d’un côté ou de l’autre. La scoliose fait partie des troubles de la statique rachidienne, au même titre que la cyphose (exagération de la «bosse» dorsale normale) et que la lordose (exagération du «creux» cervical ou lombaire normal), déformations qui se font toutes deux dans un sens perpendiculaire à celui de la scoliose

 

[5] Le tramway était alors approximativement ce qu’est aujourd’hui le métro léger de Tunis. A l’intérieur de la médina il y avait le trolleybus que l’on a visité plus haut ; et, dans la périphérie, il y avait le tramway qui, comme le trolley était alimenté en électricité par une perche au contact de câbles aériens. Tout comme aujourd’hui ou presque, la ligne n° 3 allait de l’avenue Jules ferry (H Bourguiba) au Bardo en passant par Bab Souika et la ligne n° 4 poussait, quant à elle, sur le même circuit, jusqu’à la Manouba passant par Khaznadar et le Denden.

 

[6] Avant que celui-ci n’opte plus durablement pour le handball.

 

[7] Au cours de cette entrevue, j’avais bien évidemment soigneusement évité de lui rappeler son double méfait. Mais lui-même m’avait semblé ne pas l’avoir oublié, bien qu’après cet épisode malheureux,  j’eusse de nouveau signé à la Zitouna, sous les couleurs de laquelle j’intégrai l’équipe nationale senior, alors même que je n’étais encore, que junior.

 

[8] C’est de manière délibérée que je n’écris ni Hannibal, la Kahéna…

 

[9] Haouet signifiant Fisher en anglais et Poissonnier en français !

 

[10] Le record du monde d’apnée sous l’eau est aujourd’hui, incroyable mais vrai, autour de 8 minutes! En général un bon plongeur peut rester plus d’une minute et demie, à 20 mètres de profondeur. Mon record personnel a été à 23 ans, de près de trois minutes à 27 mètres de profondeur. La grotte d’El Haouaria  était approximativement à 17 mètres de profondeur et j’ai dû y rester prisonnier près de deux minutes et demie, avant de pouvoir me libérer et remonter en surface en battant probablement mon record.

 

[11] C’est encore à Monsieur Graff que je devais cette habitude d’avoir toujours, sanglé à mon mollet, un poignard à la lame bien aiguisée. Monsieur Graff m’avait également recommandé de ne jamais pratiquer la chasse sous marine en solitaire, mais j’avoue que même après cet incident grave, j’ai rarement respecté cette consigne…

 

[12] Je rappelle à tout hasard qu’en poésie, l’alexandrin est un vers de 12 syllabes.

 

[13] En dehors de ces deux notes exceptionnelles, le reste de la classe avait obtenu entre 07/20 et 13/20, j’ajouterais en toute modestie, qu’avoir alors un 12 en rédaction ou un 11 en dissertation était déjà remarquable ; et que la notation de nos professeurs était inspirée par une espèce de règle qui voulait que le meilleur élève ne pouvait avoir plus de 15/20 que 17 et 18 étaient réservées pour le professeur lui-même, et éventuellement pour les prophètes ; et que 20/20 ne pouvait s’maginer que pour Dieu !!! .

 

[14] Le pilori est un instrument de torture en bois comportant notamment trois orifices dans lesquels on  introduisait la tête et les avant-bras dans une position très inconfortable  pour le supplicié, exposé au regard de la foule durant de longues heures.

 

[15] La Terminale était la classe  à la fin de laquelle on passait la deuxième partie du baccalauréat, la Première étant sanctionnée par le passage de la première partie du bac.

 

[16] Antoine Lavoisier.

 

[17] Pour ce qui me concerne, Monsieur Abdelaziz Driss n’aurait pas manqué de soutenir que j’eusse été d’abord un poisson !

 

 

 

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