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Incursions dans une vie antérieure avec retours sarcastiques sur des errements sociopolitiques plus actuels,

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07 La horde sauvage...

 

La horde sauvge à l'assaut des maisons prétendument juives

et la grosse clé en fer.

 

Après la digression ci-dessus, vous aurez compris que durant le début de ces années 1950, les rapports, longtemps cordiaux entre musulmans et juifs de Nabeul, commençaient nettement à se détériorer, cela d’autant plus que l’on avait alors appris, que certains jeunes juifs de la ville avaient rejoint les forces israéliennes, pour se battre contre les Palestiniens. 

 

Et, c’est dans ce contexte tendu, que les enfants nabeuliens musulmans, probablement influencés par les discussions familiales, ont commencé à organiser ces razzias contre les maisons juives, auxquelles il m’est arrivé de participer à mon corps défendant, ne saisissant que très vaguement leur caractère de représailles et ses éventuels fondements, à l’instar de la majorité de mes jeunes camarades, pour lesquels il s’agissait plutôt d’un chahut amusant qui visait d’autant moins exclusivement les maisons juives, que celles-ci étaient difficilement discernables parmi celles des musulmans de la même rue.

 

L’école primaire que nous fréquentions était située place de France, aujourd’hui place des Martyrs . Juste en vis-à-vis de la sortie principale de l’école, s’ouvre une ruelle qui serpente un moment, puis se scinde en plusieurs ramifications, qui, à l’instar des ruelles de toutes les médinas, mènent à leur tour,  à plusieurs endroits stratégiques de la ville.

 

Ainsi, cette ruelle une fois empruntée par notre groupe d’écoliers, pouvait amener chacun de nous, à un endroit très proche de sa maison.

 

Nos incursions punitives démarraient par une horde sauvage d’une vingtaine de garçons au galop, les uns plus excités que les autres et dont le groupe s’amenuisait au fur et à mesure de notre course folle à travers les dédales couverts d’arcades de la médina.

 

Bien entendu, à la fin du parcours, les trois ou quatre derniers éléments du groupe étaient beaucoup plus calmes, se sentant moins protégés et plus susceptibles d’être reconnus et épinglés par leurs voisins.

 

Mais tout au début du trajet, le phénomène de foule jouant à plein, même les plus timorés se sentaient obligés de jouer aux méchants, tout en étant sûrs de l’impunité garantie par le nombre qui rendait anonymes les individus, et le jeu de massacre allait bon train ; la horde, se scindant en groupe de trois ou quatre, mais restant assez soudée pour qu’une assistance mutuelle reste possible, s’attaquait quasi-simultanément aux portes des maisons cataloguées par les meneurs comme étant juives.

 

C’était une avalanche violente de coups de pieds, de jets de pierres et d’injures racistes qui fusaient de partout, à tel point que parfois l’une ou l’autre des portes les moins solides finissaient par être fendues ou dégondées.

 

La première attaque achevée, la horde, toujours au galop, empruntait une autre bifurcation de la ruelle pour s’abattre sur d’autres portes, dans le même brouhaha et le même fracas de bois...

 

Bien entendu, quelques fois, les habitants de ces maisons nous réservaient des surprises assez désagréables ; c’est ainsi que le groupe de tête se faisait parfois tremper jusqu’aux os par des seaux d’eau glacée qu’on lui versait de la terrasse surplombant une porte attaquée ; d’autres fois des adultes nous sautaient dessus, surgissant brusquement de derrière la porte où ils étaient à l’affût, pour empoigner un ou deux gamins à leur portée immédiate… et leur donner quelques coups de pieds bien sentis.

 

C’est ainsi qu’un jour, j’ai été piégé par le hasard du parcours chaotique de la horde.

 

Une porte attaquée s’étant brutalement ouverte, sous le coup de pied méchant de l’un de mes camarades qui galopait devant moi à l’entrée de Souk El Balgha, un homme d’une trentaine d’années en surgit, armé d’une grosse clé de fer à l’ancienne, pesant au moins 250 grammes, qu’il balança violemment en direction de notre groupe en course.

 

Quelques secondes auparavant, à travers la porte ouverte, j’avais eu juste le temps d’entrevoir le bonhomme qui se ruait à travers le large patio à l’intérieur de sa maison, ce qui m’avait incité à accélérer frénétiquement ma course pour le fuir ; j’amorçais déjà le virage pour m’engouffrer dans Souk El Balgha, en m’accrochant à l’angle du mur pour mieux virer, lorsque la grosse clé (qui aurait pu m’atteindre à la tête ou la nuque), entra en contact brutal avec ma main agrippant encore le mur.

 

Je ressentis une douleur fulgurante et je faillis m’évanouir, mais la peur étant plus forte que la douleur, je continuai à courir de plus belle pour m’éloigner de la zone de danger.

 

D’ailleurs le lanceur de clé, devait avoir reçu une douche froide, à la vue du sang tachant l’angle du mur ainsi que sa fameuse clé, et il a dû ramasser son arme de fortune et s’éclipser rapidement.

 

Rentrant chez moi, et me rendant subrepticement dans ma chambre où je m’enfermai, comme chaque fois que j’avais quelque chose à me reprocher, j’examinai l’ampleur de la catastrophe ; le mouchoir dont j’avais enveloppé ma main, était trempé de sang et celui-ci commençait à s’égoutter sur le carrelage. 

 

Affolé, à l’idée de causer du chagrin à ma mère, je me mis à fouiller de ma main valide dans mon tiroir à linge, à la recherche d’un meilleur pansement, lorsque j’entendis Maman m’appeler.

 

Je m’étais bien gardé d’aller l’embrasser comme de coutume à mon retour d’école, ce qui n’a pas manqué de l’alerter, m’ayant probablement entendu rentrer, malgré mes efforts de discrétion.

 

A la vue de ma main sanguinolente, elle n’eut de cesse que de m’assaillir de questions, jusqu’à ce que je lui eusse avoué la vérité, lui rapportant tous les détails, sans en omettre aucun.

 

Papa, rentrant pour déjeuner quelques minutes plus tard, comme à son habitude escorté par un spahi,  celui-ci était resté, comme à son habitude, en bas de l’escalier, au cas où Maman aurait eu besoin de quelque chose qu’il aurait pu, éventuellement, aller lui acheter.  

 

Rapidement informé de tous les détails de ma mésaventure, Papa furieux contre moi, mais encore plus contre "le criminel qui avait failli me tuer" le spahi fut chargé de faire son enquête à Souk El Balgha et de ramener le coupable au bureau de Papa en début d’après-midi.

 

Une fois nettoyée et convenablement pansée par Maman, experte en la matière grâce aux cours d’hygiène reçus à l’Ecole Moyenne Supérieure de la rue Sidi El Bacha de Tunis, ma blessure, bien qu’ayant abondamment saigné, se révéla superficielle et ne concernant que les seuls, annulaire et auriculaire, de ma main droite.

 

C’est pourquoi, Maman craignant pour mon agresseur les colères de Papa, qui était (pré) diabétique et qui, de ce fait, s’emportait parfois plus qu’il ne fallait, multiplia les appels à la sagesse et au pardon et donna même à Papa Killit Essmah s’il décidait de faire emprisonner « le bonhomme qui, après tout, avait été provoqué par les petits Zouaffras  que fréquente notre fils.»

 

Ainsi, le bonhomme comparaissant en début d’après-midi devant la juridiction idoine, dûment encadré par deux spahis, en fut quitte pour un bon sermon accompagné d’une menace d’emprisonnement en cas de nouvelle apparition par-devant mon Khlifa de père…

 

Le mot de la fin de cette histoire, c’est que nous découvrîmes au passage que le bonhomme n’avait rien de juif, qu’il se prénommait Mohamed et qu’il occupait avec sa femme et son jeune fils, deux pièces d’une maison dont les deux autres abritaient un autre jeune couple juif ; les deux hommes partageant par ailleurs la même échoppe de Blaghjias au souk attenant à la maison…

***

Donner Killet Essmah veut dire en tunisien, ne pas pardonner devant Dieu.


Les Zouaffras étant le pluriel tunisien de Zouffri (voyou) singulier qui passa dans la langue française via l’Italien, pour donner « les ouvriers » (prononcez l’article en faisant la liaison par le S), ouvriers qui, comme chacun était censé le savoir, n’avaient pas des manières particulièrement policées, et qui, de ce fait, étaient carrément assimilés par la bourgeoisie (française) particulièrement maniérée…à des voyous.


En tunisien : cordonniers ou savetiers du vocable balgha, (savate ou babouche.)

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S
<br /> j'adore!!!<br /> <br /> <br />
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M
<br /> C’est sous ce très bel article que je te dépose ce matin ce message.<br /> <br /> Bonjour, je viens d’accueillir ton blog, avec plaisir, parmi ceux des Architectes d’intercoeurs. J’ai aussi rajouté sa bannière dans la galerie des Architectes d’intercoeurs. Celle-ci est<br /> accessible en permanence au début de mon blog dans le module « Rencontrer les Architectes d’intercoeurs ». J’ai fait et publié un article afin d’annoncer ton arrivée sur mon blog en me servant de<br /> tes motivations précisées lors de ta demande d’entrer dans notre communauté.<br /> <br /> Je te souhaite la bienvenue en te remerciant d’avoir souhaité nous rejoindre parmi les belles personnalités et les beaux talents que tu connais peut-être déjà ou que tu découvriras si tu le<br /> souhaites. La solidarité est une valeur partagée par beaucoup d’entre nous. Je suis heureux que tu sois des nôtres. Je te souhaite de rencontrer d’autres Architectes d’intercoeurs ici parmi celles<br /> et ceux qui le sont déjà et de passer une très belle journée, @mitié, Marc de Metz.<br /> <br /> Nous sommes en 2011, je te présente mes vœux pour une excellente année en compagnie de ceux qui te sont chers. Bonne et heureuse année.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Très touché par la qualité de ton accueil, je t'en remercie infiniment et je suis heureux de pouvoir partager avec ta communauté qui devient mienne, bien évidemment. Je vous souhaite à toutes et<br /> à tous le meilleur pour l'année 2011 et celles qui suivront. A bientôt.<br /> <br /> <br /> <br />
V
<br /> Merci de ton inscription à ma communauté, contente de t'y accueillir<br /> Ton texte est illisible noir sur noir. Dommage.<br /> Amicalement<br /> Violette<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Rebonjour Violette,<br /> <br /> <br /> En te remerciant d'avoir accueilli mon blog, je souhaiterais que tu supprimes mon article intitulé "épitaphe" que j'ai déjà supprimé dans mon propre blog et qui figure encore dans le tien.<br /> <br /> <br /> Cordialement tien et à bientôt.<br /> <br /> <br /> <br />