Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 13:22

Si le peuple tunisien, ignare politique, par la faute conjuguée de nos deux premiers tyrans, a offert une 3ème tyrannie à Ghannouchi, ce n’est certainement pas à ce dernier de la refuser.

 

Il est admis que Charfi et Jazy, nos défunts démocrates, champions déclarés des droits de l’Homme ont du, certainement sous les menaces de mort de ZABA, rafistoler, chacun à son tour, quelques  articles de la Constitution déjà violée plusieurs fois, par notre super faux-démocrate Bourguiba dans les mêmes desseins de présidence tyrannique prolongée.

 

On pourrait à la limite, pardonner à nos deux défunts ministres, universitaires malades et vieillissants, craignant (tant pour leurs propres vies que pour l’intégrité physique des membres de leurs familles), les colères froides et criminelles du dernier président déchu,

 

Mais, comment accepter qu’un Moncef Marzouki et un Mustapha Ben Jaafar abdiquent et se renient, en  déviant franchement des lignes directrices des politiques arrêtées en commun avec les bases respectives de leurs deux partis.[1]

 

Ces deux partis définis républicains de centre et de gauche, démocrates par essence, anti-tyranniques par définition, présidés par deux hommes se définissant eux-mêmes comme des intellectuels indépendants réfractaires à toute tentative de récupération par le pouvoir  et qui en arrivent à cet état de compromission totale face à l’hégémonie idéologique des Nahdhaouis de l’Assemblée Constituante qui n’éprouvent même plus le besoin de cacher leur soif de pouvoir absolu et qui chargent explicitement ces deux ‘drôles de médecins-présidents’ de maquiller leurs desseins aux yeux d’une certaine élite 'intélo' qui ne demande qu’à se laisser rassurer par des  propos ronflants et contradictoires de leaders qui, non seulement acceptent, mais défendent un régime parlementaire avec des majorités taillées sur mesures pour conforter  une 3ème tyrannie qui n’éprouve aucun scrupule à affubler son essence de Califat par destination, du costume d’une pseudo-démocratie islamique dite ‘hadathiya, mais on ne peut plus ‘Salafiya’ dans les faits.

 

La mascarade jouée avec le concours (dis) gracieux de  MM et MBJ, serait franchement comique avec ces deux présidents réduits au statut de marionnettes, si elle n’était tragique pour notre ‘bon peuple généreux et ignare’ qui n’en finira pas de s’en mordre les doigts, longtemps entraîné qu’il le sera, bardé de chaînes,… vers le mirage d’un paradis déjà perdu !

 

Ce paradis démocratique mort-né dès avant son esquisse via le scénario des fameux spots publicitaires ‘Intikhabèt, Alèche Woukifèche’ où l’on nous détaille (encore aujourd’hui et  si bien), les valeurs d’une certaine démocratie au sein de laquelle tous les Tunisiens vivraient, (c'est-à-dire penseraient et agiraient) comme ils croiraient bon de le faire, sans être contraints dans leurs libertés multiples et variées, tout en s’efforçant de respecter les libertés multiples et variées de leurs concitoyens ; ces libertés qui devraient être garanties, et non pas menacées comme elles le sont déjà, par une constitution en voie de viol collégial par la majorité sous tutelle d’ ‘Ennahdha’ cette fausse Renaissance[2] qui VEUT avoir, vaille que vaille,… la peau de toutes nos libertés !

 

La petite histoire nous dira (bientôt) quel a été le vrai cachet des deux médecins-présidents pour leurs rôles de marionnettes, la grande Hstoire ne le leur pardonnera pas…ou si peu !

 

Avec le temps va…avec le temps va,…tout s’en va (Georges Brassens) !

 

Même les convictions affichées ! Seules restent les ambitions cachées/ou cachetées !)  (Mézigue alias fidelfisher98).

 



[1] A moins qu’il ne s’agisse, là encore du ‘salaire de la peur’,… revu et corrigé à la mode nahdhouie !


[2] Ennahdha est l’équivalent arabe de Renaissance ; et si renaissance il y a en l’occurrence, ce n’est malheureusement ni celle des arts, des lettres ou de la créativité, mas bel et bien … de la Tyrannie, sous toutes ses formes.

Par fika - Publié dans : Propos libertaires
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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 18:06

 

 

En Tunisie, presque tout le monde sait que le jeune Tunisien est le champion du Monde toutes catégories en jurons blasphématoires dans lesquels il s'ingénie à décliner les culs, le ciel, le père, le fils, le cousin et les voisins de tous les Bons-Dieux réunis dans les vagins des voisines et des cousines de tous le saints désunis.

 

Pour s'en convaincre, si ce n'est déjà fait, je vous suggère d'aller faire un tour à la sortie des lycées des quartiers populeux, ou sur une plage populaire, sans besoin de vous aventurer parmi les supporters déchaînés des clubs tunisois et/ou sur tous les stades de l'intérieur; ce que vous entendrez achèvera de vous convaincre...

 

Il restera alors à préciser que par ‘jeune Tunisien’, il faut entendre toute personne de sexe masculin âgée de 5 à 35 ans (sauf rares exceptions où il reste possible d’inclure dans cette tranche d’âge quelques membres de la gente féminine, en mal de virilité et qui n’ont, à l’occasion, rien à envier à la verve blasphématoire hautement vulgaire masculine).

 

Et, en apparence, mais en apparence seulement, on peut être plus qu’étonné, ces jours ci, de voir, qu’en réaction à la diffusion de ‘Persépolis’, ce film iranien par qui le scandale arrive, plusieurs de ces hordes sauvages de jeunes tunisiens, experts en blasphèmes à leurs heures perdues, se mettent à déferler en vagues furieuses et vengeresses, et à tout saccager, au nom du respect du à la sacralité d’Allah, promettant de bruler et d’assassiner tout ce qui aurait la moindre velléité d’y attenter un tant soit peu…même à travers le songe imagé d’une enfant traumatisée…

 

Or, au-delà de cette contradiction apparente dans le comportement syncrétique de la jeunesse tunisienne, telle que définie par sa tranche d’âge indicative plus qu’exhaustive, il nous faut être attentif à deux facteurs :

 

·       D’une part à l’action politicienne manipulatoire foudroyante des partis islamistes en course pour les élections imminentes du Conseil Constitutionnel qui va sceller pour longtemps l’avenir du pays ;

 

·       d’autre part au fond plus ou moins irrationnel de la religiosité du Tunisien, qu’il soit barbu et enturbanné depuis peu ou prou, imberbe par induction familiale ou par choix moderniste plus personnel, pieux observant tous les préceptes de l’islam ou se limitant au seul jeûne ramadanesque, Tunisien qui, fût-il le plus grand soulard, le plus versé dans la déclinaison des jurons blasphématoires, s’arrête subitement de se saouler  et  de jurer,  la veille même de Ramadhan, pour se replonger dans ses vices favoris, presto illico, la veille même du jour de l’aïd…    

 

Il est donc moins étonnant qu’il ne parait de prime abord que des centaines de milliers de jeunes de tous bords se mettent à manifester et à hurler à qui veut,  et à qui ne veut pas, les entendre, leur profond attachement au respect de la sacralité divine et manifester dans le feu de leur réaction, leur désir/intention déclamés de mettre le feu à tous ceux qui auront l’air de vouloir y attenter, d’autant pire, que les politiciens islamistes ont su rebondir sur la connerie d’un minet vieillissant, mais toujours en mal d’exhibitionnisme enfantin ayant à sa disposition un miroir magique dénommé Nessma, dans lequel il n’arrête pas de mirer son narcissisme pathologique.


Ah, si Nébil Karoui, puisque c'est de lui qu'il s'agit, pouvait arrêter de faire sa star et se contenter de réorganiser sa petite StarAcadémy maghrégine pour s'amuser, et nous foutre la paix pour un moment...

Par fika - Publié dans : Printemps arabe
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Samedi 30 avril 2011 6 30 /04 /Avr /2011 16:36

 

Dans mon dernier post j’ai indiqué comment la simple évocation de la ‘présidence’ en présence d’un ministre vindicatif a suffi à le calmer, lui laissant supposer que j’y avais des protections occultes…Cela se passait à un moment où j’avais déjà des responsabilités importantes de doyen dans un milieu universitaire.

 

Mais quelques années auparavant ZABA déjà, sans le savoir, ni le vouloir vraiment, m’avait permis d’éviter de gros problèmes, notamment concernant une expropriation programmée en véritable épée de Damoclès…via une liste d’errements d’une mauvaise copie de Bourguiba :

 

J’ai maintes fois stigmatisé les comportements tyranniques de Bourguiba et de ceux qui l’ont singé à leur niveau, entendant, comme lui, ‘dire la loi’, décider de tout, selon leur bon plaisir du moment ;  et commencer à exécuter leurs décisions arbitraires, en faisant abstraction non seulement des droits des citoyens qu’ils piétinent résolument, mais parfois même en contradiction flagrante avec le simple bon sens.

 

C’est ainsi que durant les années 1956/60, parmi certaines caricatures grotesques de Bourguiba toutes-puissantes-par-ricochet du pouvoir exorbitant de leur maître, (détenteur sans conteste de toutes les vérités), figurait en bonne place le gouverneur de Nabeul et de Kairouan[1], tout deux réunis sous son joug, un certain Amor Chéchia de triste renommée.

 

Celui-ci avait servi jusqu’en 54/55 comme l’homme des basses œuvres du Bourguiba des années de vache maigre, lorsque le chef fort contesté du néo-destour luttait par tous les moyens, y compris la torture, notamment contre ses opposants au sein de ce même parti, et en particulier les partisans du malchanceux Salah Ben Youssef.

 

Chéchia était ainsi à la tête d’une équipe de tortionnaires, équipe terroriste qui s’employait à punir ceux qui n’étaient pas d’accord avec Le Combattant Suprême, en les enfermant pendant de longues heures, voire des jours entiers,  et en leur infligeant les pires sévices dont le moindre était la bastonnade, et ce dans un sombre local sis à Sabbat Edhlem[2]Avant  de créer sa propre prison secrète, dans le même dessein, à Béni-khalled,  son village.

 

 

Et aussitôt que Bourguiba parvint à assouvir sa soif de pouvoir en se faisant introniser Président d’une république qui n’en demandait pas tant,[3] en destituant au passage le Bey (qui, contraint et forcé, en avait fait son Grand Vizir) et en occupant son palais, Chéchia fut l’un de ceux, nombreux,  qui eurent à bénéficier de parcelles de son pouvoir et qui surent en user et en abuser à satiété…

 

Et comme son idole et modèle, ce Chéchia qui avait pour tout cursus académique quelques années de Koutteb et de Jemaa Ezzitouna, se mit à jouer au réformateur et au bâtisseur de la Cité Idéale, selon ses propres canons, ignares…

 

A Nabeul, il s’en prit tout d’abord à un charmant petit hôtel de type colonial sis sur la plage avec une vaste terrasse donnant directement sur la mer avec une clôture basse en fer forgé artisanal d’une beauté rare ; le ‘Nabeul Plage’ qui avait été dès ses débuts le lieu privilégié de toutes les festivités locales et fêtes familiales de Nabeul.

 

On y organisait des bals hebdomadaires ainsi que  les mariages des familles qui en avaient les moyens. Le ‘Nabeul Plage’ avait par ailleurs une quinzaine de bungalows, enfouis parmi de majestueux arbres pluri-centenaires, qui abritaient les quelques dizaines de pensionnaires, notamment allemands, précurseurs du tourisme nabeulien des années 1960…

 

Le Chéchia, voulant y mettre à tout prix son grain de sel, commença par raser quelques dizaines de platanes majestueux à l’intérieur de l’enceinte ainsi que la totalité des bungalows de cet hôtel pour faire construire en leurs lieux et places des chambres modernes à son goût, ou plutôt, avec une absence de goût criarde…

 

Dans la foulée, il détruisit la petite clôture de la terrasse qui permettait aux clients y installés, de déjeuner ou prendre des rafraîchissements, et d’avoir sous les yeux les sables dorés de la belle plage ainsi que l’azur merveilleux et infini de la méditerranée. Il érigea  à sa place une enceinte de prison, haute de près de deux mètres, destinée selon lui à masquer les futures masses de touristes qu’il entendait y amener ; et à les protéger des regards, à ses yeux indiscrets, de la population locale…Sans réaliser, dans sa  bêtise immense, qu’il pénalisait surtout ces touristes en les privant de la vue d’un panorama magnifique en même temps que d’un environnement naturel des plus poétiques qu’il avait littéralement assassinés, par étouffement systématique…

 

Pire encore, moosieur Chéchia en grand gouverneur de Bourguiba, décida d’agrandir  la surface de cet hôtel pour lui permettre d’accueillir les milliers de touristes qu’il rêvait d’y faire amener et se mit à exproprier, tout seul comme un grand, et sans détour (inutile à ses yeux) via les tribunaux et /ou des textes de loi.

 

Il se contenta de convoquer bulldozers et agents soumis pour démolir alentours une petite dizaine de charmantes maisons de plage dont les propriétaires catastrophés ne purent rien y faire, en dehors d’essayer de se jeter devant les excavatrices enragées qui dévoraient leurs maisonnettes…à l’instar de ce que faisaient déjà en catimini, et de ce que font à plus grande échelle, et aux yeux de l’occident complice, les sionistes d’Israël en terre palestinienne, tous les jours un peu plus colonisée, par les blindés américains destructeurs !

 

Et je me souviens que parmi ces charmantes maisons sauvagement démolies, il y avait le bijou architectural et artistique de la plage de Nabeul, en la maison du Cheik TLATLI, père d’Abdelmadjid, l’artiste et poète connu  et de Khaled, le chroniqueur érudit et brillant, notamment de la TV nationale …

 

Cette toute petite maison était enfouie dans un domaine planté des mêmes arbres majestueux de l’hôtel, avec un puits et une citerne à l’ancienne et des chambres basses aux toits en arcades et arabesques magnifiques, aux murs sertis de mosaïques et de fresques en argile cuite, dessinées avec une patience rare et un goût raffiné auxquels la mentalité imbécile du Super Gouverneur du Super Président, était hermétiquement imperméable.

 

Et tout cela partit irrémédiablement en poussières … gâchis et mauvais goût !

 

Ces agissements expéditifs de brigand, remontèrent jusques aux oreilles présidentielles éclairées du despote en chef ; Bourguiba fit mine de ne pas avoir été consulté et transmit des instructions à son démolisseur en chef qui se calma un tantinet et arrêta d’exproprier abusivement dans cette zone là où le mal était déjà fait.

 

Pour la petite histoire, cet élargissement et cette modernisation du ‘Nabeul Plage’ lui furent fatals, puisqu’ayant perdu définitivement son âme, cet établissement n’eut jamais la côte auprès des touristes, et vendu et revendu à plusieurs reprises, ses acquéreurs successifs y ont perdront tour à tour, leurs illusions et investissements…

 

C’est à croire que le fantôme perfide de son ‘concepteur’ continue de le hanter !

 

Bis repetita placent, le Sieur Chéchia, eut le loisir de visiter, entre autre, la riviera espagnole, pour se familiariser avec les bases du développement touristique dont il ignorait tout (comme tout le reste d’ailleurs).

 

A son retour de ces tournées d’études,  notre gouverneur ignorant décida quelques dizaines de mois plus tard de réaliser une riviera tunisienne et commença son projet à l’envers.

 

Au lieu de procéder d’abord à la construction de la route de corniche qu’il voulait tracer pour desservir les dizaines d’établissements touristiques planifiés, il commença par octroyer généreusement[4] aux futurs hôteliers des terrains expropriés pour cause d’utilité publique[5].

 

Ces commerçants se dépêchèrent de faire construire leurs vastes lots, dont de nombreux espaces étaient situés à proximité immédiate de la mer ; et plusieurs de leurs entrepreneurs poussèrent leur outrecuidance jusqu’à faire déborder leurs ouvrages de leurs espaces originels, en les dotant d’annexes et de bungalows les pieds dans l’eau, … de Hammamet à Nabeul.

 

Exit la route de corniche qui ne disposait plus de tracé pour cheminer le long de la mer ? Que Nenni ! Un Chéchia, comme un Bourguiba, ça ne se trompe pas …et ça désarme encore moins !

 

Entouré de présidents de municipalités dépassés par les événements et d’ingénieurs de ponts et chaussées plus que dociles, il traça, d’abord de son bras tendu décrivant d’autorité les courbes envisagées pour faire passer sa route de corniche, juste derrière les hôtels déjà érigés, et devant ceux qui avaient laissé un espace suffisant devant la mer, il fit ensuite réunir illico presto une équipe d’hommes de l’art qu’il contrôla de près, pour faire passer, sur les papiers techniques ad hoc, son rêve de corniche, sur les cadavres de ce qui restait comme maisons de plage de Nabeul, dont la nôtre et celles de nos voisins !  

 

Fort heureusement, pour nos familles, Chéchia fut empêché par les événements de réaliser notre cauchemar de route touristique qui passerait, à défaut d’une corniche déjà polluée par le béton des hôtels, sur nos maisonnettes.

 

Mais, même après cet empêchement de Chéchia,  son épée de Damoclès demeurera suspendue au-dessus de nos têtes.

 

En effet, bien après ce gouverneur que Bourguiba sera obligé d’embastiller pour diverses malversations sous l’effet des émeutes populaires déclenchées  à la fin des années 60 contre le collectivisme et les coopératives pensées par le super ministre Ahmed Ben Salah et imposées brutalement par les deux gouverneurs Hédi Baccouche et Amor Chéchia [6], ce projet de route de corniche sera systématiquement ressorti des tiroirs par tous les directeurs des ponts et chaussées et tous les présidents de municipalité, durant toute la fin de règne de Bourguiba, …puis, fort heureusement, ZAZA[7], comme le Grand Zorro, est arrivé…

 

Entre 1968 et 1987, les conseils municipaux successifs de Nabeul  empêchèrent les propriétaires de ces maisons de plage de les réaménager, embellir ou même de les restaurer, refusant systématiquement de leur accorder des permis de travaux à entreprendre à cet effet ; ils prétextaient, quand ils daignaient répondre aux requêtes, qu’un projet de route de corniche était programmé qui passerait par cette zone et que dans ces conditions, l’Etat pourra leur reprocher d’avoir accordé des permis de reconstructions susceptibles d’alourdir les indemnités de compensation qu’il serait amené à verser en cas d’expropriation légale[8]

 

Dans le même temps, ce projet de route de corniche sera exhumé à une dizaine de reprises par les pseudo-techniciens régionaux soucieux d’embellir la zone de la plage, soi-disant  pour des visées touristiques, alors qu’ils agissaient uniquement en vue de toucher des royalties confortables de la part des riches entrepreneurs et autres sociétés de promotion immobilière qui louchaient sur des terrains qu’ils croyaient pouvoir acquérir pour une bouchée de pain et les revendre sous forme de villas et duplex somptueux, pour d’autres propriétaires, parmi les nouveaux riches de Nabeul et surtout d’ailleurs…

 

Pendant cette même période, j’occupais les fonctions de directeur régional de la Jeunesse et des Sports et j’avais mes bureaux à Nabeul même, c’est dire que j’étais bien informé de ce qui se tramait dans notre dos et je commençais à sensibiliser les propriétaires de ces maisons, à commencer par mes voisins immédiats, ainsi qu’une poignée de restaurateurs de la zone menacée par ce projet.

 

Pour ce qui me concerne plus directement, je ne me formalisais plus des fins de non recevoir que m’adressait, verbalement, (sic), le chargé des travaux de la municipalité, en réponse à mes demandes écrites d’autorisation de restauration, ni même de ses tentatives d’intimidation ; et je fis construire des pans de clôture ainsi qu’un vaste abri-voiture, puis entrepris des travaux intérieurs importants de consolidation et d’embellissement, prenant certains risques vis-à-vis des autorités locales, qui ne réagirent mystérieusement pas…

 

Au niveau des riverains qui hésitaient à suivre mon exemple et à entreprendre des travaux d’embellissement, je réussis à leur faire signer une première, puis toute une série de pétitions et de rappels que j’adressais de temps à autre à tous les responsables, locaux, régionaux et nationaux, y rappelant l’historique du projet né des méandres de l’esprit malade de Chéchia et de ses malversations diverses et variées, y soulignant surtout l’aberration d’une route de corniche là où il n’y avait plus que l’espace linéaire des 300mètres occupés par nos maisons et tout l’intérêt qu’aurait la municipalité à nous autoriser à embellir nos demeures, quitte à nous imposer un type architectural adapté aux visées touristiques officiellement mises en avant…

 

L’administration bourguibienne n’ayant jamais réagi à ces missives répétées, l’épée de Damoclès était toujours là qui risquait de nous tomber dessus un jour où l’autre, quand survint le coup d’Etat médical de ZABA et surtout le fameux discours pondu par Hédi Baccouche le 7 novembre 1987 et que nous servit ZABA pour nous enflammer et nous ramener sous sa bannière, pas encore mauve, tous ou presque, comme un seul homme…

 

Il nous lisait des passages pathétiques sur les droits de l’homme, sur plus jamais d’injustice, plus jamais de présidence à vie, plus jamais de malversations ni de corruptions…

 

Un mois après je lui adressais une lettre personnelle accompagnée de copies certifiées conformes de nos dernières pétitions, tous documents qui furent réorientés par les services de la présidence, en direction de la municipalité de Nabeul dont le maire était alors, un ami de longue date, un copain de basket et un camarade de classe de Khaznadar que j’avais déjà essayé de convaincre (mais en vain), de laisser tomber ce projet boiteux et de nous réintégrer dans nos pleins-droits de propriété et de jouissance sereine de nos maisons menacées depuis des décades…

 

Jusque-là, mon ami-copain-camarade, monsieur le maire, avait essayé de me convaincre du bien-fondé du projet Chéchia, de l’aspect inesthétique et délabré de ces maisons qui gagneraient à être rasées (sic), pour laisser la place à une belle route de corniche…essayant même de nier toute responsabilité de la commune dans le processus de délabrement qui les a rongées au fil des années, …

 

Mais un jour de début décembre 87, monsieur le maire me téléphona chez moi pour me tenir un discours d’une heure, plein de reproches amicaux, se déclarant surpris de me voir me plaindre auprès de la présidence, m’affirmant que jamais, il ne se serait permis d’entreprendre quelque chose qui aurait nui à notre très longue amitié.

 

Monsieur le maire, mon camarade-ami-copain avait en fait lu des instructions présidentielles manuscrites sur la marge de ma lettre, instructions qui l’incitaient à ne rien entreprendre qui puisse porter atteinte aux droits inaliénables des citoyens, et à s’efforcer d’agir dans le respect des principes de la nouvelle ère de la Tunisie libre et démocratique,… c’était incroyable, mais vrai, pour un temps !

 

Ben Ali qui ne me connaissait ni d’Adam ni d’Eve, venait de me rendre un premier service, via l’esprit du 7novembre tout neuf, qui malheureusement ne devait durer que le temps d’une rose…pour cette Tunisie démocratique, seulement en surface…

 

Le deuxième service de ZABA me fut rendu, quelques années plus tard, lorsque le projet de raser nos maisons, que nous pensions mort de sa belle mort, ressurgit cette fois sous la forme d’un plan d’aménagement d’une zone dite touristique mixte, dans lequel ces maisons laisseraient place à un ensemble de complexes touristiques et d’animation, entendez par là des boites-de-nuit-lupanars, des casinos, des gargotes et restaurants, mixés avec des ensembles résidentiels à étages multiples…

 

Tout cela, encore une fois, localisé juste sur le cadavre de nos maisons et pas ailleurs, là où il y avait de vastes espaces vierges de toute construction !!

 

Cette fois-ci le maire qui s’était embourbé dans ce marécage-traquenard aménagé de longue date par les sociétés de promotion immobilière, via les techniciens véreux de la municipalité, n’était autre que l’expert en finances qui avait servi de témoin à charge dans le procès d’Ahmed Ben Salah et d’Amor Chéchia en 70 ; et qui avait contribué à établir les malversations et falsifications reprochées aux accusés, condamnés depuis…

 

Au cours d’une réunion mémorable, réclamée à ce maire par des demandes écrites individuelles et collectives des riverains concernés, celui-ci commença par exposer son projet et se fit agresser une première fois par plusieurs intervenants ; puis, au moment où il expliquait vouloir dédommager  honnêtement  les riverains dans le cadre d’une convention appropriée, il se fit à nouveau agresser de manière encore plus virulente, et perdant son sang froid, il menaça de faire jouer le principe de l’expropriation.

 

Je me levais alors dans la salle de conseil remplie de citoyens en colère qui, devinant ce que j’allais dire, sachant ce que j’avais fait pour la défense de nos intérêts communs, se mirent à m’applaudir sans que j’eusse encore prononcé un seul mot.

 

Sadok B... le maire me regarda intrigué, il m’avait connu en tant que jeune basketteur du Stade Nabeulien dont il était alors un fervent supporter, mais cela faisait plus de vingt ans qu’on ne s’était plus rencontrés, il me fit un signe de la main m’autorisant à parler. Et pendant dix bonnes minutes, je lui retraçais d’une voix posée qui tranchait avec l’hystérie dans laquelle il s’était laissé entraîner, l’historique détaillé de ce projet navrant…

 

Tout y passa, Amor Chéchia et ses malversations qu’il  était censé   connaître particulièrement bien, les diverses magouilles qui ont accompagné cette tentative répétée  de nous déposséder et  de s’enrichir sur notre dos, les pots de vin sous jacents à ces magouilles, les réclamations cycliques des riverains de leurs droits à embellir leurs propriétés et le silence que la commune leur a chaque fois opposé, nos diverses pétitions et notamment la dernière adressée à ZABA (qui datait déjà de quelques années et alors même que l’esprit de la déclaration du 7novembre n’avait guère plus cours).

 

Je conclus posément en conseillant amicalement à monsieur le maire,  qui n’était après tout que notre concitoyen respecté,  de prendre connaissance, avant toute décision hâtive, des instructions manuscrites que le Président avait consignées à l’intention de notre ami commun Ezzedine Ch...,  sur la marge de ma lettre.

 

La magie du sésame ZABA joua encore une fois, pleinement et contre toute attente.

 

Monsieur le maire me remercia d’une manière contrite et glacée, mais me demanda si j’avais quelque chose d’autre à ajouter, avant de lever la séance daredare … ZABA venait de me rendre un deuxième service… sans même s’en douter.

 

Les nouveaux maires qui se succédèrent, ainsi que les gouverneurs successifs, bien informés de l’historique du projet et des réactions des diverses parties, ont jusqu’à présent évité de menacer nos droits, tel ne fut pourtant pas le cas pour un triste président d’une certaine association locale bidon…

 

Il y a quelques années, peu nombreuses, le spectre de ce projet fut de nouveau agité par un jeune cadre, parvenu trop vite aux hautes sphères du pouvoir, réussissant à se faire nommer parmi la pléthore de conseillers de ZABA, grâce à des accointances douteuses dont on découvre aujourd’hui le caractère, officiellement reconnu maléfique…

 

Mais durant la fin des années 2000, ce monsieur s’était approprié les clés de tous les arcanes de l’administration régionales, et comme tous les opportunistes, il ne se priva pas d’en abuser…et surtout de se faire valoir auprès  de toutes ces administrations …   

 

Il créa en catimini une association de sauvegarde de la médina et en prit d’autorité la présidence en se faisant entourer par une équipe de jeunes nabeuliens motivés par la sauvegarde de leur ville, mais dont la majorité dût très vite déchanter en découvrant que le monsieur avait lancé son association pour servir son image de marque et accroître son pouvoir local.

 

Portant tour à tour sa casquette de 'conseiller de palais' et celle de président de cette association de 'sauvegarde', (censée préserver un patrimoine) il se permit même le luxe de souvent les porter les deux à la fois, en convoquant  littéralement le Mootamed (sous-préfet) ou même le Wali (préfet de région) du moment, pour leur faire faire des tournées de prospection de la plage, en faisant de grands gestes quasi-bourguibiens, en traçant en l’air des lignes et des projets et en les commentant à mi-voix.

 

Ce cinéma se répétant à chaque nomination d’un nouveau responsable régional, je sautai sur l’occasion d’une nouvelle tournée, pour aborder la petite troupe qu’il promenait et adresser au nouveau gouverneur du jour mes salutations de bienvenue.

 

Notre bonhomme fut bien obligé de me présenter à tout le monde et je pris part à la prospection ; bien entendu, cela me permit de lui apporter la contradiction, lorsqu’il fut obligé, malgré ma présence, de continuer à présenter son projet de route de corniche, maintes fois reporté selon lui, ainsi que son projet d’embellissement et d’animation de la zone… comme si son association de sauvegarde de la médina avait vocation de promotion immobilère, par expropriation interposée...

 

Au cours des corrections et compléments que je me fis un plaisir d’apporter à la connaissance de ces responsables qu’il s’évertuait de désinformer, je mis carrément les pieds dans le plat, en rappelant brièvement l’historique, surtout récent de ce fameux projet ; je parlai des pétitions, de ma lettre à ZABA et de ses instructions annotées à la marge de celle-ci, ce qui, ne pouvant être démenti par notre lascar, (qui ne savait plus où se mettre), fit capoter sa tournée de prospection, le gouverneur s’excusant de ne pouvoir rester plus longtemps, s’engouffrant dans sa voiture et quittant rapidement les lieux.

 

Connaissant bien ce genre d’individus, capables de rebondir encore et toujours, je me dépêchais d’adresser copies d'une nouvelle requête  à tous les responsables sectoriels régionaux, Gouvernorat, Commune, Délégation, Ponts et Chaussées, Tourisme, etc. J’y rapportais toutes les péripéties, à commencer par celles  premières d'Amor Chéchia et consorts, jusqu'à celles de ZABA et des derniers présidents de la Commune.

 

Ce petit personnage, c'est maintenant de notoriété publique, a servi, directement et indirectement, pendant ces toutes dernières années, les intérêts maffieux des familles alliées de Ben Ali, dont une bonne partie est actuellement en fuite, qui dans les pays du Golfe, qui au Canada et ailleurs…

 

Il essaie donc de se faire oublier, en se faisant tout petit, mais en bon tourneur de veste professionnel, je ne doute pas du tout qu’un jour prochain, il n'essaiera de refaire surface, dans l’un ou l’autre parti actuellement en quête d’une nouvelle virginité révolutionnaire…

 

Qui vivra verra, j’espère que la jeunesse tunisienne, qui actuellement se bat farouchement contre les nombreuses tentatives de récupération de sa révolution, saura réduire au silence, les voix qui s’élèvent de plus en plus nombreuses, pour prétendre que tous les Tunisiens, y compris les traîtres et les ripoux, devraient avoir droit au chapitre de l’édification de la Tunisie nouvelle, hic et nunc, et ce, sans même le moindre mea culpa.

 

Ô contre-révolution, si jamais tu nous tiens encore…

ce serait à désespérer…de tout !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

* Je rappelle encore une fois que ZABA est l'acronyme de Zine El Abidine Ben Ali...

 

[1] Bourguiba lui adjoindra même un troisième gouvernorat, celui de Sousse tant il était satisfait de sa mauvaise caricature qui passait son temps à l’imiter et à anticiper ses désirs et ordres, avant de le faire jeter en prison quelques années plus tard.

 

[2] Sabbat (rue couverte quasi-souterraine) Edhlem (obscurité) ; ce local se situait à la Kasbah de Tunis, dans une ruelle sombre serpentant sous de vieilles maisons traditionnellement occupées par les ouvriers des nombreuses teintureries des alentours vivant alors dans des conditions où l’hygiène n’avait pas l’ombre d’une place…

 

[3] L’assemblée Constituante envisageait alors d’établir une Monarchie Constitutionnelle, limitant le pouvoir du bey, en lui adjoignant un Premier Ministre investi des plus larges prérogatives de l’exécutif en la personne de Bourguiba, mais l’appétit venant en mangeant et Bourguiba étant déjà Grand Vizir depuis deux ans, fomenta, avec un cercle restreint de ses collabos, un véritable hold-up en prenant la parole pour attaquer via un discours enflammé, la Régence et le Bey, et se faire désigner par acclamation, en 1957, comme Premier Président de La République Tunisienne ; il enverra dans la foulée, le jour même, Driss Gigua, directeur de la Sûreté Nationale, signifier à Lamine Bey sa destitution et le chasser de son palais, convoité par le Combattant de plus en plus Suprême…Bourguiba se fera introniser, deux décades plus tard, en 1975, Président à Vie, par une autre cour, aux désirs de laquelle, il se déclara prêt d’accéder, en acceptant cette nouvelle marque de confiance qui lui était due…

 

[4] Contre royalties généreuses en retour, s’entend !

 

[5] Guidé en cela par le Combattant Suprême, il se permit  cette fois le luxe, inutile à ses yeux, de recourir aux tribunaux dorénavant aux ordres de l’exécutif bourguibien omnipotent,  pour exproprier expéditivement, mais  dans une forme légale avec publications conséquentes sur le JO  de la République Tunisienne…

 

[6] Comme à chaque soubresaut populaire, Bourguiba se dépêcha de faire porter le chapeau de ses errements à ses collaborateurs : en 1970 la Haute Cour de Justice fut convoquée pour juger et condamner et le  24 mai 1970, elle formula ses accusations : ‘‘haute trahison, manque de loyauté envers le chef de l’Etat, irrégularités financières et administratives, falsifications des statistiques, manœuvres politiques en vue d’accaparer le pouvoir’’ ». Et elle prononça sa sentence : 10 ans de travaux forcés, et 10 autres d’interdiction de séjour avec privation des droits civiques et politiques à l’encontre de Ben Salah ; 5 ans des mêmes peines pour Amor Chéchia ; et une peine de prison avec sursis  pour Hédi Baccouche le futur ex-premier ministre de Ben Ali…

.

[7] Je rappelle, pour ceux qui ne le sauraient pas que ZAZA est l’acronyme De Zine El Abidine Ben Ali le président déchu, déboulonné de son piédestal par le peuple tunisien le 14 janvier 2011.

 

[8] Ce qui était hypocrite et fallacieux de leur part, puisque chacun savait pertinemment que ces indemnités auraient été unilatéralement fixées par les proches collaborateurs de Bourguiba et qu’elles seraient dans tous les cas de figures ridicules pour des maisons en bord de mer qui prenaient au fil des ans, une plus value inestimable, ne serait-ce que sur la seule valeur du mètre carré de terrain, les pieds dans l’eau !

 

Par fika - Publié dans : Choses de la vie.
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Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 19:04

 

Le jour où j’ai eu peur de mes réactions face à ZABA*,

ce « président-qui-connaît-tout-mieux-que-personne !» 

 

 

Durant ma carrière, j’ai été appelé à diriger quelques institutions nationales relevant  de divers ministères.

 

Pendant les années 88/90, j’étais à la tête d’un institut supérieur de formation de cadres de l’enseignement qui, comme la majorité des institutions similaires, était doté d’infrastructures usées jusqu’à la corde, de personnel administratif et ouvrier poussif, de budget dérisoire et de collègues parsemés de quelques intrigants, pâles ‘’RCDéistes’’1 jaloux et incompétents et de ‘‘Khobsistes’’2 frileux, mais fort exigeants envers la direction, presque jamais envers eux-mêmes…

 

Parmi ces ‘‘hauts cadres’’ de la Nation, figurait en bonne place un directeur des études, qui aurait du quitter son poste automatiquement à la fin du mandat de mon prédécesseur, comme l’exige le règlement pour permettre au nouveau boss de constituer une équipe de collaborateurs ne comptant pas trop de saboteurs ni de bras cassés.

 

Mais ce magouilleur invétéré et saboteur très qualifié en  RCDéiste patenté qu’il était, s’est maintenu en place contre vents et marées et contre la volonté même du ministre qui m’avait fait nommer, et ce grâce à des appuis occultes parés de mauve*…

 

Ce qui devait arriver, arriva, après m'avoir cependant laissé quelques mois de répit…

 

Ayant demandé et obtenu, dans les premières semaines, une inspection générale administrative et financière, j’eus en mains une pièce officielle constatant dûment l’état général on ne peut plus médiocre de l’établissement, rapport dans la conclusion duquel étaient énoncées plusieurs mesures urgentes, notamment budgétaires en vue de parer au plus pressé…

 

Bien entendu, ces recommandations adressées au ministère restèrent lettre morte, d’autant plus irrémédiablement qu’un nouveau ministre fut désigné à la tête de la tutelle, bien avant que des fonds de sauvetage puissent être envisagés …

 

Bien entendu, des lettres anonymes ‘‘dénonçant’’ la précarité de l’état des lieux que l’on attribuait courageusement à la ‘‘déficience’’ de ma direction, commencèrent à affluer à l’attention bienveillante du nouveau ministre. 

 

De pareilles lettres avaient déjà atterri de temps à autre sur le bureau de l’ancien ministre, qui bien informé quant à la situation et soupçonnant fortement l’identité de leur courageux auteur anonyme, qui spécifiait chaque fois agir pour le bien de l’institution, les jetait à la poubelle…

 

Bien entendu, connaissant bien moi-même la musique, j’avais décidé d’adresser de temps à autre un rapport de rappel reprenant l’essentiel du document de l’Inspection Générale et ses recommandations, y ajoutant un descriptif encore plus détaillé des carences endémiques qui empiraient, faute de mesures énergiques, notamment financières…

 

Et surtout, ayant eu vent des premières dénonciations et me doutant bien qu’elles allaient redoubler avec la nomination d’un nouveau ministre, j’avais décidé d’adresser une copie personnalisée de mon dernier rapport au Président de la République, sous le couvert de mon ministre…

 

Celui-ci, débarquant juste au ministère, tout occupé à marquer son terrain, à pavaner et à faire semblant d'écouter, ne put prendre connaissance de ce rapport, malheureusement pour lui et pour Le magouilleur en chef.

 

Puisque, ce dernier voulant battre le fer tant qu’il était chaud, lui adressa des copies fraiches de ses œuvres souterraines, toujours anonymes et toujours pour le bien de l’institution…

 

Monsieur le (tout-nouveau) ministre, ne fit, ni une, ni deux et débarqua dans l’institution, sans s’annoncer, imitant en cela ZABA... il dirigea aussitôt vers le restaurant universitaire de l’institut, accompagné de deux délateurs internes qui s’étaient ‘miraculeusement’ tenus prêts à le recevoir, renonçant  ‘courageusement’ de leur anonymat protecteur…

 

Chauffé à blanc par mon directeur des études et par une autre taupe RCDéiste en la personne d’un vague secrétaire, monsieur le ministre constatant l’état insalubre du resto et la bouffe immangeable servie aux étudiants, monta sur ses ergots et m’envoya chercher en urgence, avec l'intention de me ''sonner les cloches’ comme il se doit…

 

Dûment informé par le chef cuisine dépêché pour me convoquer (qui s’empressa de me préciser, par qui, le ministre était encadré), je lui dis de retourner au resto et d’annoncer que je le suivais de près…

 

Puis, après m’être efforcé de perdre quelques minutes supplémentaires, je saluai un ministre passablement énervé qui commença à m’agresser verbalement en hurlant, presque...

 

Je lui répliquai calmement, mais ironiquement que nous aurions tout intérêt à continuer cet entretien dans mon bureau, pour que je ne sois pas forcé de lui manquer de respect en public et surtout en présence de deux connards de délateurs patentés…fort connus de la Présidence.

 

Douché par mon calme, ma détermination et surtout par l’allusion magique à la Présidence, monsieur le ministre consentit aisément à me suivre, plantant là le directeur des études et sa vague sentinelle…et c’est tout juste si, déjà en me suivant vers mon bureau, il ne s’excusa pas de s’être laissé emporter…

 

Cet épisode fut bouclé normalement lorsque, dûment informé par mes soins et saisi de copies de mes rapports dont celui à la Présidence, ce ministre, comme pour se faire pardonner, croyant bien à tort, que j’avais des protections occultes, me proposa un poste en son cabinet à la place de mes fonctions du moment…

 

Il faut préciser que nous étions alors au cours de la 2ème année du coup d'Etat du 7 novembre et que ZABA, s’il terrorisait déjà ses collaborateurs et ses ministres, jouait encore aux yeux du bon peuple le rôle du réformateur exigeant et incorruptible…J’ajouterais que bien entendu, je déclinai l’offre du ministre, ce qui ne m’empêchera pas de collaborer avec lui en lui adressant, à la demande, des rapports d’expertise sur des sujets pointus.

 

***********

Quelques années plus tard, je fus désigné à la tête d’un autre institut supérieur de la banlieue de Tunis et je retrouvais, sans réelle surprise, une situation comparable à celle qui prévalait dans le premier… restaurant U lamentable à tout point de vue, routes intérieures défoncées, salles de cours et amphis tiers-mondistes navrants et frigorifiants l’hiver, cuisants en été, administration démunie etc. etc.

 

Ben Ali était alors dans sa période de Président-sait-tout-mieux-que-quiconque, s’affichant à la TV7mauve, en visites quotidiennes dans divers patelins perdus dont il déclarait vouloir développer les infrastructures et y soulager les citoyens via les fonds du fameux 26/26 qui s’avéreront, bien plus tard des fonds quasi-familiaux et personnels…

 

Il débarquait dans ces contrées le plus souvent en hélico, faisait semblant d’écouter les doléances, faisait prendre des notes à ses accompagnateurs empressés, embrassait les vieilles paysannes ébahies et reconnaissantes, caressait les cheveux de quelques bambins et s’envolait…

 

Dans le même temps, il visitait aussi des institutions économiques, sécuritaires, observatoires de météo et autres et même d’enseignement et de recherche scientifique…

 

Bien entendu, il faisait tout ce cinéma pour amuser la galerie et donner l’illusion de ne pas se contenter de présider aux destinées du pays de loin, dans son palais usurpé, et qu’il assumait son rôle d’homme de pouvoir qui privilégie le terrain et qui veut se rendre compte de lui-même de la marche du pays.

 

Il faut reconnaître que ce cinéma a largement fonctionné et lui a rapporté un paquet de dividendes en monnaies sonnantes et trébuchantes et en crédibilité aux yeux de très larges masses du bon peuple, facilement bernées, et même auprès de nombre de personnes se croyant moins crédules…

 

Et si lors de ses bains de foules déguisés en visites surprises, il se donnait des airs bon-enfant, en rabrouant gentiment un Omda par-ci, un Mootamed par-là, leur reprochant leur manque d’efficacité,... dans les institutions il en allait tout autrement…

 

On voyait des chefs d’entreprises ou d’établissements affolés de le voir investir les lieux sans crier gare, et se mettre quelque peu à les bousculer :

 

Le Président, coupant constamment la parole, à l’expert en informatique, pour le contredir en lui affirmant qu’il savait de quoi il parlait ... face à l'officier chef de poste de police, il était arrogant, soulignant avec une ironie vindicative sa qualité d'ex-ministre de l'intérieur, dans le laboratoire de l’expert agronome il en savait davantage que le maître des lieux ; face au médecin, il critiquait et conseillait sans savoir vraiment de quoi il parlait ... et même devant le chercheur consterné par tant d’arrogance ignare, il osait avoir son mot à dire !

 

Bien entendu, tous ses interlocuteurs, même maladroitement bousculés, constamment interrompus et vexés de ne pouvoir s’exprimer ni expliquer, ne se sentaient pas le courage de se rebeller, conscients du danger qu’ils encourraient à oser le contredire… et ils se taisaient, lui laissant immanquablement  et toujours le dernier mot !

 

J’avais quant à moi, une trouille bleue qu’un jour il ne se décidât à venir me faire la leçon dans mon bureau en présence de mes étudiants et de mes collègues enseignants-chercheurs, voire en celle de la majorité du peuple via sa TV7mauve…

 

Ce n’était pas tant lui que je craignais,… j’étais quasi-certain de ne pas pouvoir me contrôler et me taire, j’avais peur de mes réactions et de leurs retombées, surtout sur ma famille et particulièrement mon épouse et mes enfants.

 

Ceux de mes lecteurs qui, dans mes précédentes publications sur ce blog, ont déjà pris connaissance de mes attitudes respectives face à l’inspecteur français raciste Boulogne, face au président du tribunal du Kef et à son procureur qui m’accusaient, à tort, de crime et délit de fuite ou face à d’autres détenteurs de parcelles de pouvoir tyrannique savent combien je suis allergique à leurs velléités d’injustices et combien facilement, je peux me transformer en révolté enragé, risquant de grands ennuis…

 

Mais avec Ben Ali, j’étais vaguement persuadé que je lui devais, ne serait-ce qu’indirectement, quelques services et coups de main dans des situations dans lesquelles je m’étais fourré et d’autres dans lesquelles l’injustice des hommes m’avaient mis en demeure de me rebeller…

 

Et je craignais de me rebeller, d’être irrespectueux et surtout ingrat, face ce président qui même sans le savoir expressément, m’avait pensais-je, rendu ces services, sur lesquels je reviendrais, si Dieu Veut, un jour prochain.

 

Toujours est-il que chaque fois que je voyais ZABA bousculer et vexer ces gens qui s’efforçaient de faire leur travail du mieux qu’ils pouvaient, et ce, dans le seul objectif de se confirmer dans la peau du président-qui-sait-tout-mieux-que-le-meilleur-expert, j’avais réellement peur qu’il vienne me bousculer et qu’il finisse par me faire coffrer au grand dam de ma famille, tant j’étais certain de ne pas pouvoir me laisser humilier, sans réagir…

 

Aujourd’hui, je remercie Allah le Magnanime de m’avoir préservé de devoir être acculé à me rebeller publiquement contre ce ‘tyranneau’ ignare et sans envergure, comparé au Grand Bourguiba qui, lui au moins,  était un tyran éclairé.

 

ZABA, est quant à lui, un-Grand-Brigand-et-tout-petit-homme-ignare-sans-scrupules qui ne sut même pas tirer sa révérence dignement et qui a préféré lâchement fuir son pays en emportant avec lui, l’argent de tout le peuple tunisien qui n’a pas fini de le maudire...

 

Dans le post qui suit, je reviendrai InchaAllah, sur les services que ZABA m’a rendus… sans le savoir, ni le vouloir vraiment…

 

 

*********

 

*ZABA, c'est l'acronyme fort connu des Tunisiens de Zine el Abidine Ben Ali, le président  maffieux déserteur.

*Le mauve étant la couleur de ralliement des 'adorateurs' inconditionnels de ZABA, les inféodés au parti maudit  le RCD.

 

  1 Rcédéistes ce sont, dans le jargon tunisien de ces jours, les adhérents au RCD, Rassemblement Constitutionnel Démocratique ancien parti au pouvoir dissous après la fuite de Ben Ali, parce que complices dans tous les crimes du président maffieux...

 

2 Khobzistes ce sont les gens frileux qui se contentent de se taire et de gagner leur Khobz, pain en tunisien.

Par fika - Publié dans : digression
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Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 21:36

 

L’épreuve de contraction de texte.

 

Le concours de l’INSEP comportait plusieurs entretiens avec différents jurys qui avaient pour tâche de sélectionner les meilleurs candidats, et ce, en sondant leurs connaissances spécifiques en matière de sciences humaines et de sciences de l’éducation, leur culture générale et leur maîtrise orale de la langue française, et même leur aisance face aux examinateurs.

 

Pendant les trois premiers jours, je ne m’en tirai pas mal du tout, vue la satisfaction évidente de mes différents examinateurs ; puis, survint la fameuse épreuve de contraction de texte.

 

S’agissant de sélectionner les futurs doctorants qui devaient être capables de faire le bénéfice de leurs nombreuses lectures, en en rapportant l’essentiel, sans plagiat, (donc d’éviter de les copier et même de les citer trop longuement), cette épreuve, ainsi que la préparation qui devait la précéder, devaient permettre aux candidats, français et étrangers, de faire la preuve de leur capacité à résumer un texte au cinquième,  c'est-à-dire, de produire une copie de quatre pages, après avoir lu et relu un texte qui en comporte vingt.

 

Dans la convocation que j’avais reçue, tout cela avait été clairement explicité et on m’avait cordialement incité, à bien me préparer à cette épreuve particulièrement importante, puisque c’était la seule qui comportât une note éliminatoire.

 

Durant le deuxième jour du concours et pendant que nous étions plusieurs candidats à attendre de passer devant le jury de psychologie, un jeune candidat me salua en tunisien, se présentant à moi, comme étant Tahar B M, un professeur de Tunis ayant assisté à l’une de mes conférences ; et le jour de l’épreuve de contraction de texte, il vint s’asseoir à la table la plus proche de la mienne.

 

Il m’avait dit qu’il était particulièrement préoccupé par la difficulté de cette épreuve, qu’il avait bien essayé de s’y préparer, mais qu’il avait été incapable de résumer  correctement les textes à la contraction desquels il s’était entraîné ; et que, même pour des textes d’une dizaine de pages seulement, il avait mis plus de temps que celui qui nous serait imparti pour en résumer vingt… Il avait fini par me dire qu’il était sûr d’avoir une note éliminatoire, mais qu’il avait tenu à se présenter, surtout pour avoir l’expérience pour une prochaine fois.

 

Cette épreuve se révéla comme étant effectivement, encore plus terrible que tout ce que j’avais moi-même imaginé.

 

Nous devions rendre nos copies impérativement au bout de trois heures et demi et, ayant lu une première fois, assez rapidement (croyais-je), un texte particulièrement tortueux, tiré des fameux séminaires de Jacques Lacan, texte introductif aux trois registres que cet auteur avait isolés (le réel, le symbolique et l’imaginaire), je m’étais aperçu, avec effarement, que j’avais déjà utilisé pour cela, plus d’une heure.

 

Aussi, renonçant à le relire une deuxième fois, je me mis à résumer Lacan, me contentant de jeter de temps à autre, un regard sur le texte où après avoir introduit son sujet, l’auteur s’appliquait avec brio, à approfondir la notion de désir, « en tant que désir de l’Autre », notion fondamentale, puisqu’elle désignerait, selon lui, ce qui, pour chacun des mortels, est susceptible d’être rempli par, ce que nous nous refusons à reconnaître et qui est refoulé dans notre inconscient.

 

C’était un texte long et compliqué, que j’avais la chance d’avoir parcouru auparavant à plusieurs reprises. Mais si, ce jour là, j’avais réussi à éviter dans mon résumé, la plupart des contresens qui guettaient les candidats, je fus terriblement déstabilisé par ce qui survint à mon voisin Tahar.

 

Celui-ci m’avait déjà déconcentré durant la première demi-heure, en demandant à l’examinateur de pouvoir  sortir pour un besoin urgent, puis, à une heure de la fin de l’épreuve, il ne trouva rien de mieux à faire, que de tomber lourdement à terre, perdant visiblement connaissance et se mettant à râler faiblement, comme un mouton égorgé...

 

Quelques candidats accoururent à la rescousse et, avec deux autres candidats français[1], je dus porter mon compatriote, au visage devenu blanc comme neige, dans une autre salle toute proche, où un médecin rapidement alerté s’occupa à le réanimer ; et au bout d’un quart d’heure, il put rejoindre sa place et essayer péniblement de finir l’épreuve…

 

Porter Tahar et l’allonger sur une table, avait n’avait pris que trois minutes ou quatre, mais si les autres porteurs avaient visiblement repris, tout de suite, leur esprit et s’étaient rapidement remis au travail, j’avais été personnellement beaucoup plus perturbé et, pendant plusieurs minutes, je fus incapable d’écrire un seul mot.

 

Je savais qu’il fallait absolument me ressaisir et éviter de perdre davantage de temps, mais plus je me le répétais en mon for intérieur, plus j’étais bloqué !

 

Même quand, quelque vingt minutes plus tard, Tahar regagna sa place, et croyant me rassurer, me chuchota qu’il avait été victime d’une légère hypoglycémie, je ne pus qu’être davantage déstabilisé par la nouvelle, me mettant à imaginer qu’il était diabétique et qu’il allait peut être tomber dans le coma…

 

Et lorsque, près d’une demi-heure plus tard, je dus remettre ma copie, je n’avais même pas eu le temps de la relire et j’étais très pessimiste, me voyant déjà revenir à Nabeul humilié, traînant mon échec, comme le fait un chien battu, pour sa queue qu’il replie honteusement, entre les pattes arrières…

 

La contraction de texte était la dernière épreuve du concours, elle avait eu lieu mercredi matin et j’étais persuadé que j’allais y obtenir moins de 08/20 et être éliminé.

 

Mais, m’accrochant au fait que si cette épreuve était redoutable, elle l’était pour tout le monde, je me forçai donc à envisager la possibilité d’être finalement reçu au concours, en me classant parmi les moins mauvais et j’utilisai les quatre jours qui me séparaient de la proclamation des résultats, pour visiter les différentes facultés de droit de Paris et m’enquérir des dates de la rentrée universitaire.

 

Je choisis finalement celle de Sceaux pour y faire une préinscription pour Alia, cette faculté, à la différence des autres qui avaient programmé leur rentrée au cours du mois d’octobre, étant la seule à prévoir la sienne pour le début novembre, ce qui nous laissait juste le temps de nous marier et venir nous installer en France…

 

Les résultats du concours étaient fixés pour lundi en début d’après midi et je devais reprendre l’avion pour Tunis le mercredi en fin de journée, et j’avais prévu de rendre visite à Si Mokhtar Zneïdi, le mardi matin, une fois que j’aurais été fixé quant au résultat, pour ne pas avoir à lui demander son appui pour l’obtention d’une chambre dont je ne suis pas sûr d’avoir effectivement besoin, mais Hédi me rappela fort à propos, que j’avais intérêt à prendre rendez-vous pour cela ; et étant alors avec lui en sa voiture, non loin de notre ambassade, je lui demandai de m’y conduire tout de suite, pour demander directement un rendez-vous au lieu de téléphoner.

 

J’espérais secrètement que quelque chose, dont je n’avais aucune idée précise, allait survenir pour me faciliter les choses, et ce quelque chose eut effectivement lieu, sans que j’en fusse le moins du monde étonné !

 

Nous avions abouti au bureau du secrétaire de monsieur Zneïdi et je m’apprêtais à lui demander si je pouvais prendre rendez-vous avec monsieur l’attaché culturel pour le mardi, lorsque celui-ci ouvrit la petite porte de service qui séparait son bureau de celui de son secrétaire, avec une pile de dossiers qu’il plaça sur le bureau de son subordonné, en lui demandant de les garder en instance. Puis, levant la tête, pour nous dire bonjour et s’excuser de nous avoir interrompus, il me reconnut et, me souriant, me demanda ce que je faisais là ?

 

Et c’est devant deux cafés tunisiens, que le secrétaire fut prié de nous servir, que Hédi et moi,  nous nous installâmes dans le bureau de Si Mokhtar, qui, devant voir l’ambassadeur, nous demanda de l’attendre, en nous promettant de faire vite…

 

Vingt minutes plus tard, j’eus tout le loisir d’informer Si Mokhtar de ce que je souhaitais obtenir, au cas où je serais admis au concours, tout en lui expliquant que cela n’allait pas du tout être évident, tant cela me paraissait difficile et compliqué…

 

Plus confiant que je ne l’étais moi-même, il se déclara très optimiste, en me donnant de quoi rédiger une demande à lui confier sur l’heure, en me demandant de lui téléphoner, en temps voulu, pour lui faire savoir s’il devait ou non, transmettre ma demande au directeur de la maison de Tunisie, avec prière d’y donner suite, (ce qui équivaudrait alors à un ordre poli de me réserver la chambre que je convoitais).

 

Le mercredi suivant, ce fut d’un cœur léger que je pris l’avion de Tunisair pour retourner au pays et annoncer fièrement ma réussite, sans crier sur les toits que j’avais failli être éliminé…

 

En effet, sur une centaine de candidats, soixante-dix avaient été éliminés, pour avoir obtenu entre 01[2]et 07,50/20 en contraction de texte ; Tahar, qui n’avait pas pu finir l’épreuve, avait été racheté exceptionnellement, (suite à incident de santé) ; et j’avais été classé 22ème sur 30 admis, avec une moyenne générale de 12/20, malgré un 08,50 en contraction de texte, sachant que, pas un seul, de tous les candidats, n’avait obtenu la moyenne à cette épreuve[3] !!

 

Et pendant les deux années qui suivirent, on nous fit faire à l’INSEP, tellement d’exercices de contraction, que certains parmi nous devinrent capables de résumer brillamment des textes, non pas au cinquième, mais au dixième, c'est-à-dire de contracter 10 pages en une seule, sans utiliser une seule fois les termes du texte original tout en en préservant la quintessence !!  

 

Ayant encadré plus tard des recherches à l’Université de Tunis, j’ai toujours exercé mes apprentis chercheurs à maîtriser, un tant soit peu, cette technique pour les aider à éviter les pièges du plagiat, par trop récurrent dans les mémoires et même les thèses ; et je suis convaincu qu’une généralisation de l’enseignement de la contraction de texte, pour les classes terminales des lycées et dans tous les troncs communs des universités, serait un remède efficace contre ce phénomène, qui risquerait autrement de devenir endémique et de décrédibiliser la recherche tunisienne…[4]

 

Alia qui m’attendait à l’aéroport de Tunis Carthage, avec maman et feu Féthi mon frère, était radieuse à l’idée de pouvoir reprendre ses études et qui plus est, de le faire dans une université parisienne…Mais il fallait obtenir l’accord de mon ministre pour entamer des études postuniversitaires et il fallait aussi que nous nous marions au plus vite !

 

Et si notre mariage que nous aurions voulu, le moins onéreux et le moins démonstratif possible, dût se faire, presque contre notre gré dans un hôtel de Nabeul avec orchestre et presque tout le tralala habituel, l’accord de mon ministre posa des problèmes créés de toutes pièces par l’un de ses attachés de cabinet.

 

En 1974, lors de ma mission en Allemagne, (dont certains détails ont été relatés dans un post précédent), ayant transité au retour par Paris, comme j’aimais à le faire lors de toutes mes missions, j’avais rencontré des professeurs d’éducation physique tunisiens qui étaient justement inscrits à l’INSEP et à l’université de Jussieu Paris7.

 

Ceux-ci avaient été alors envoyés par le ministre des sports pour un stage de longue durée, avec préservation de leur statut de fonctionnaires en exercice et ils s’attendaient par conséquent à continuer à bénéficier, (comme on le leur avait promis) de leurs salaires qui leur seraient versés en Tunisie, indépendamment de la bourse de stage qui leur était servie en France, dans le cadre de la coopération.

 

Mais des complications étaient intervenues, suite à la nomination successive de deux ministres des sports différents durant la même année et leurs salaires n’avaient jamais été versés. Si Foued Mbazaâ avait hérité concomitamment du ministère et de leur dossier, ce dernier étant passé entre-temps, aux mains du tribunal administratif, auprès duquel ils avaient fini par porter plainte contre l’Etat.  

 

Ces collègues sachant que j’étais en très bons termes avec mon ministre, m’avaient alors demandé d’intercéder en leur faveur et de l’amener à leur verser leurs salaires, et réparer ainsi le préjudice que leur avait causé le ministre précédent qui n’avait pas tenu ses engagements.

 

Si Foued, après m’avoir écouté avec attention, m’apprit que le dossier étant déjà engagé auprès du tribunal administratif, il préférait s’en remettre à la décision de justice ; mais il me promit que, bien que cette décision, au cas où elle leur serait favorable, n’était pas contraignante vis-à-vis de l’Etat, il l’exécuterait, non pas pour leur être agréable, mais par esprit d’équité.

 

Et le jugement, une fois prononcé quelques temps après, Si Foued tint absolument parole et leur fit verser sans rechigner,  des émoluments complets pour leurs deux années passées en France.

 

Aussi, quand en octobre 77, je lui demandai de partir en France dans le même cadre de stage de longue durée, il me répondit en souriant que s’il l’avait fait plus ou moins contraint pour mes prédécesseurs, il le ferait avec plaisir pour moi, sauf s’il apparaissait que cela serait illégal et dix jours après, le jour même de mon mariage, j’avais reçu son accord écrit avec une décision de stage en bonne et due forme.

 

Ma joie sera néanmoins de courte durée, puisqu’après avoir rêvé de vivre à Paris avec Alia sans restrictions, tout en retrouvant à notre retour de bonnes économies pour nous installer, je reçus un courrier officiel recommandé à la Maison de Tunisie, où un triste attaché de cabinet, signant pour le ministre m’apprenait que, s’avérant que mon départ en France s’était opéré, non pas dans le cadre d’un stage de longue durée, mais pour des études postuniversitaires, je devais impérativement lui adresser, dans les plus courts délais, une demande de mise en disponibilité, faute de quoi, il serait amené à me considérer en situation d’abondon (sic) de poste et contraint de me traduire devant le conseil de discipline…

 

Alia qui, une minute avant la lecture de ce courrier, était une nouvelle mariée heureuse, doublée d’une étudiante parisienne rayonnante, s’assombrit d’un seul coup, nous voyant déjà revenir dare-dare en Tunisie, pour qu’on ne me fasse pas radier de la fonction publique…

 

Mais connaissant les rouages administratifs et étant par ailleurs en situation, on ne peut plus régulière, je rédigeai une lettre cinglante que j’adressai au nom personnel de l’attaché de cabinet, dont l’identité figurait sur le tampon à l’encre apposé à coté de sa signature.

 

Dans cette longue lettre acerbe où je commençais par une allusion des plus ironiques sur la faute d’orthographe du mot abandon, je lui expliquais, en lui servant à tout bout de champ de manière provocante et répétée, du monsieur l’attaché du cabinet, ainsi que des formules pédantes, comme, vous n’êtes pas sans savoir, suivies de, vous semblez ignorer curieusement etc, lui rappelant que, j’étais en possession d’une décision de stage officielle signée personnellement par mon ministre, et ce, suite à une demande explicite et claire où je mentionnais à bon escient que je serai en stage à l’INSEP, (institut supérieur du sport et de l’éducation physique de Paris) pour une durée de deux ans, stage qui sera couronné par un diplôme professionnel et non pas universitaire, comme il l’avait compris à tort.

 

Et que si je mettais à profit mon séjour parisien, pour entamer par ailleurs, des études, c’était, d’une part, mon droit absolu et que, d’autre part, n’en ayant fait aucune mention dans ma demande, l’administration n’était pas censée le savoir ; et qu’à la limite, j’avais la possibilité tout à fait légale de l’attaquer personnellement en justice, tout en renonçant délibérément à mon inscription universitaire, pour ne lui laisser aucune chance de se défendre dans un procès pour abus de pouvoir et chantage en vue de me forcer à renoncer à un stage formellement agréé par mon administration, alors que celui-ci était déjà entamé en France, dans un cadre, on ne peut plus officiel de coopération technique, entre deux Etats souverains !!!

 

Je terminai ma lettre, en lui conseillant de ne pas aggraver son cas, en s’aventurant à prendre des initiatives malheureuses et en l’informant que je mettrai à profit les prochaines vacances de décembre, pour venir à Tunis en vue de clarifier les choses directement avec mon ministre…

 

Dans une seconde missive adressée personnellement à monsieur Foued Mbazaâ, ministre….je pris la précaution, en usant d’un ton autrement plus respectueux, de lui rappeler l’engagement qu’il avait pris envers moi, et que, c’était cet engagement qui m’avait encouragé à partir et à embarquer ma jeune épouse dans cette aventure qui risquait de tourner au cauchemar, par la faute de personne chagrine et envieuse,  en soulignant que j’étais bel et bien en stage et que tous les documents de l’INSEP le prouvaient formellement, ajoutant que, dans peu de jours, durant les vacances de Noël, je lui porterai personnellement en son bureau, une attestation supplémentaire signée par le directeur de l’institut affirmant clairement mon statut de stagiaire et non d’étudiant dans cette institution.

 

Une semaine plus tard, je reçus un bristol express avec une carte personnelle de Si Foued où il me disait, en me tutoyant, qu’il était désolé,… que je serais toujours le bienvenu en son bureau, mais qu’il avait des instructions officielles pour éviter de mettre à nouveau l’Etat en porte-à-faux vis-à-vis de la loi[5]

 

Ce qui était une manière polie de me dire qu’il était inutile de venir le voir et que cela ne changerait rien.

 

J’avais cependant, depuis le début, prévu de considérer notre séjour du mois de novembre à la mi-décembre, comme une espèce de voyage de noces prolongé et de revenir passer les vacances de Noël à Nabeul avec Alia ; et je décidai de ne rien changer à mon programme initial. 

 

En débarquant au ministère, trois semaines après, j’appris que ma lettre à l’attaché de cabinet avait provoqué l’effet d’une bombe et que ce malheureux avait présenté sa démission à Si Foued parce que celui-ci refusait de me faire traduire en conseil de discipline pour outrage à fonctionnaire et encore moins pour abandon de poste et que Si Foued avait refusé la démission de son attaché de cabinet, en lui présentant ses excuses personnelles pour l’avoir ainsi exposé à mes railleries, lui disant que j’étais trop bien éduqué pour ne pas venir lui présenter les miennes, aussitôt que je serais de retour…  

 

Effectivement, la première chose que me demandera Si Foued en me recevant promptement en son bureau, ce fut de présenter mes excuses à son attaché de cabinet qui n’était pour rien dans cette affaire et qui n’avait fait qu’exécuter les instructions de son ministre qui, lui-même était tenu de se conformer à l’avis du Premier Ministère qui avait refusé de me considérer comme étant en stage et avait fait opposition à sa décision de ne pas suspendre le versement de mon salaire

 

Je lui répondis que si je voulais bien présenter mes excuses pour le ton vindicatif et railleur de ma lettre, j’estimais que sur le fond, le ministère était dans son tort de vouloir me considérer en situation d’études et non de stage, et de me forcer à présenter une demande de mise en disponibilité, uniquement pour se couvrir et éviter de me verser mon salaire… et que je trouvais cela particulièrement mesquin de la part de l’Etat, qui voulait faire des économies de bouts de chandelle, dans une affaire de formation de cadres dont il était le premier bénéficiaire…

 

Il me répliqua que sur le plan juridique pur, cela pouvait se discuter et que j’étais libre de me lancer dans une affaire en justice…mais que sur le plan administratif concret, je devais faire un choix : soit obtempérer et rédiger la demande requise, soit refuser de le faire, et courir le risque de sanctions graves, qu’il m’appartiendra par la suite d’essayer de faire casser par le tribunal administratif...Il ajouta que quel que soit mon choix, il le respecterait et qu’il me garderait son estime, mais que pour le moment, je devais d’abord présenter mes excuses…

 

Il fit appeler l’attaché de cabinet qu’il accueillit avec le sourire, en lui disant d’emblée : Si Taoufik est venu, comme je m’y attendais, pour s’excuser de la manière un peu trop abrupte,  avec laquelle il s’est adressé à vous…Et je ne pus qu’enchaîner, en me levant et en adressant des excuses polies, qui furent reçues poliment par le monsieur, qui continuait visiblement à s’estimer comme offensé dans cette triste affaire de petits sous de l’Etat…Ce en quoi, il avait parfaitement raison et à la mine qu’il affichait en partant, je ne pus résister au besoin d’aller le voir en son bureau, avant de quitter le ministère, pour m’excuser auprès de lui, de façon plus chaleureuse et plus convaincante…

 

Avant de me laisser prendre congé de lui, Si Foued me recommanda de prendre l’attache d’un avocat pour me faire conseiller, avant toute prise de décision qui pourrait me valoir des préjudices ; et de bien calculer les risques que je déciderais éventuellement de prendre. En me reconduisant jusqu’à la porte de son bureau, il me dit ne pouvoir attendre, plus d’un mois supplémentaire, ma réponse officielle…

 

En quittant le ministère, je me rendis coup sur coup chez deux brillants avocats de ma connaissance avec les documents que j’avais en ma possession ; et l’un comme l’autre, ces deux juristes me firent la même réponse :

 

Avec l’accord écrit de mon ministère à ma demande et la décision officielle de stage, j’avais deux pièces importantes, mais l’injonction écrite de l’administration, qui m’avait été faite depuis, réduisait quelque peu la valeur de ces documents premiers, et dans l’hypothèse de refus d’obtempérer et une fois que j’aurais subi des préjudices importants, tels que rétrogradation de grade ou radiation des cadres, je n’aurais alors que 50% de chances de gagner un procès contre l’Etat et obtenir réparation de ces préjudices…

 

Devant ce tableau grisâtre, je me dis que, si cette affaire était survenue, avant mon remariage, j’aurais peut-être couru le risque de braver l’administration et de l’attaquer en justice, même en n’étant pas sûr d’avoir gain de cause, mais je venais d’épouser une jeune femme de bonne famille que je ne pouvais me permettre d’entraîner dans une entreprise aussi périlleuse, avec le risque de me retrouver à la recherche de travail… 

 

Aussi, trois jours plus tard, je revins au ministère avec une demande de mise en disponibilité pour études que je déposai au bureau d’ordre, puis me rendis au secrétariat du ministre où j’appris que Si Foued serait absent pour la journée.

 

La secrétaire, que je connaissais de longue date, se chargea volontiers de lui transmettre mes salutations ainsi que l’information relative au dépôt de à ma demande…

 

Et le lendemain matin, mon ancien coursier vint m’annoncer que le ministre avait téléphoné à l’inspection régionale  et demandé que je l’appelle à son bureau ; et lorsque je l’eus au bout du fil, il me fit savoir qu’il était content de voir que j’avais pris la bonne décision, il me dit de nouveau, qu’il était sincèrement désolé d’avoir dû revenir sur son engagement et qu’il serait toujours prêt à me donner un coup de pouce en cas de besoin.

 

Six mois plus tard, je ressentis le besoin impérieux de ce coup de pouce, je devais en effet, collecter une foule de données précises, concernant la situation du sport fédéral et de l’éducation physique scolaire dans toutes les régions tunisiennes, pour les besoins de mon mémoire de fin de stage.

 

J’avais calculé que, si j’avais à recueillir ces renseignements par mes propres moyens, il m’aurait fallu passer six mois à les quémander auprès des clubs, auprès des municipalités et des établissements scolaires, sans aucune garantie d’obtenir in fine, les données fiables que je devais intégrer dans un système informatisé qui venait d’être conçu par un expert espagnol du Conseil de l’Europe…

 

J’élaborai donc trois fiches, une pour chaque secteur concerné (municipalités, clubs sportifs et établissements scolaires), avec divers et nombreux espaces à remplir[6] par les chiffres dont j’avais besoin. Je rédigeai ensuite une requête à Si Foued où, lui expliquant l’intérêt qu’aurait son département à profiter de l’étude exhaustive que je prévoyais de faire dans le cadre de mon mémoire de stage, je lui demandais s’il pouvait m’aider à collecter ces précieuses données pour dresser la carte sportive du pays et faire ressortir ses points forts éventuels, ses manques et ses distorsions…

 

Je savais que Si Foued était un homme intelligent et qu’il verrait l’intérêt de procéder à pareille étude (à un moment où il n’y avait encore en Tunisie, ni carte sanitaire, ni autres données sectorielles exhaustives) ; j’espérais par ailleurs que, même si cette entreprise ne l’intéressait pas trop, il me donnerait le coup de pouce qu’il m’avait promis, mais je n’avais jamais rêvé recevoir de lui, réponse aussi enthousiaste ni promesse aussi ferme, …promesse qu’il tînt au-delà de ce à quoi je pouvais aspirer :

 

Dans un premier temps, Si Foued me répondit, en se félicitant du choix de mon objet d’étude et en me promettant de faire le nécessaire pour m’aider dans mon entreprise, à laquelle il conféra peu après, le caractère d’étude quasi-officielle ; il fit en effet dupliquer mes fiches par centaines et chargea les 23 inspecteurs régionaux de son département de les distribuer, d’insister pour qu’elles soient remplies avec soin et célérité, puis collectées et renvoyées au ministère.

 

C’est ainsi qu’au début du mois de juillet suivant, je trouvais plusieurs boîtes d’archives contenant quelques milliers de fiches dûment remplies qui m’attendaient au ministère et que je pus les collationner tranquillement durant mes vacances estivales, en me faisant d’ailleurs aider par deux jeunes professeurs chargés d’inspection à Nabeul.

 

L’assistance logistique déterminante dont me fit bénéficier Si Foued, me fit gagner un temps précieux et conféra une crédibilité et une efficacité accrues à ma recherche, et mes deux encadreurs, du CNRS et de l’INSEP, furent ravis de m’aider à alimenter l’ordinateur mis à ma disposition, de toutes les données nécessaires pour les diverses analyses multifactorielles alors récemment mathématisées par les experts du Conseil de l’Europe, en vue de calculer le niveau sportif atteint par les différents pays de la communauté européenne[7].

 

Mais pour le moment revenons à Alia et  à la Maison de Tunisie, en cette année de grâce 1977/78…



[1] Nous étions répartis en deux salles immenses et sur la cinquantaine de candidats que comptait la notre, seule une dizaine avait tourné la tête et seuls trois ou quatre avait accouru vers Tahar, tous les autres avaient continué imperturbablement leur exercice, se souciant fort peu de ce qui lui serait arrivé, certains se disant sûrement, que cela ferait un adversaire de moins, dans leur course au classement…

 

[2] Trois ou quatre candidats ayant obtenu 01/20 s’étaient contenté de reproduire de petites parties du texte original en sautant ce qui leur avait paru moins important et l’un de ces derniers, croyant devoir commenter  et expliquer, avait rendu une copie de dix pages au lieu des quatre requises…

 

[3] J’appris plus tard que les deux seuls candidats ayant obtenu 09,50, avaient réussi à résumer correctement 17 pages sur les vingt à traiter et qu’ils avaient dû ensuite bâcler les 3 dernières, faute de temps suffisant…

 

[4] Malheureusement, en plus de 15 ans d’université, je n’ai jamais rencontré de professeur qui le fasse ; et j’ai été déçu de noter que même auprès des meilleurs professeurs de langues vivantes, la contraction de texte, était non seulement absente, mais totalement inconnue de ces derniers qui continuent de se plaindre du plagiat qu’ils rencontrent systématiquement dans les écrits des étudiants, (les leurs et ceux des autres). D’ailleurs cette recommandation vaut pour les enseignements littéraires, mais également (sinon plus encore), pour ceux scientifiques …

 

[5] Il était fait là, allusion au jugement  de 74, au profit des enseignants auxquels le ministère avait été condamné à verser la totalité de leurs salaires…

 

[6] Il fallait obtenir les métrages carrés de chaque infrastructure selon sa catégorie, (terrain, salle, espace de plein air etc) le nombre de bénéficiaires par semaine, le nombre de licenciés civils et scolaires, le nombre de professeurs, d’entraîneurs, le nombre d’heures d’entraînement par catégorie et par sport etc, etc, etc…  et aucune partie sollicitée n’aurait accepté de se charger de ce travail fastidieux en dehors de l’injonction de Si Foued…

 

[7] Cette étude alors unique dans les pays arabes et africains, une fois élaborée, me valut quelques années plus tard, le second prix international de recherche scientifique en matière de développement du sport et de l’éducation physique, prix qui me fut remis lors d’une cérémonie solennelle à Porto (Portugal)

 

 

Par fika - Publié dans : Honneur et fierté
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